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publié le 7 mai 2011

Irak : la foire internationale du livre de Bagdad renaît après 20 ans d’absence

[#La Foire internationale du livre de Bagdad, qui a fermé ses portes le 5 mai, est vécue comme une renaissance du pays sur la scène culturelle.
Bagdad a accueilli pendant deux semaines, jusqu’au 5 mai, la première foire internationale du livre organisée en Irak depuis vingt ans, avec 200 maisons d’édition originaires de 32 pays, qui ont présenté près de 37 000 livres en arabe, mais aussi en anglais et en français.
#]

[#“Bagdad a retrouvé sa place sur la carte culturelle mondiale”, a déclaré Safrah Naji, membre du comité d’organisation de la manifestation qui s’est déroulée à l’ouest de la ville dans le quartier de Mansour, au milieu d’un étroit dispositif de sécurité.

Avant cet événement public qui avait pour slogan “Parce que la connaissance est notre identité”, tous les salons étaient des initiatives privées et, à en croire Abdelwahab al-Radi, président de l’Association des éditeurs irakiens, le dernier remontait à 1990, avant l’invasion du Koweït par les forces de l’ex-président Saddam Hussein.#]
www.baghdadbookfair.com

publié le 1er décembre 2008

Le cinéma français à l’affiche du Dubai International Film Festival

par Pauline Emaure

Créé en 2004, DIFF( Dubai International Film Festival) célèbre l’excellence du cinéma arabe et international. Cet évènement incontournable à pour devise "bridging cultures et Meeting minds" qui nous montre son engagement à promouvoir l’harmonie des cultures à travers la réalisation de films.Lors du festival qui se tiendra du 11 au 18 décembre, 180 films de 66 pays différents seront à l’affiche.

Dubai International Film Festival ouvre ses portes au cinéma provenant des quatre coins de la planète. Pour l’édition 2008, le réalisateur Olivier Stone sera présent sur le tapis rouge du DIFF, pour la projection en Avant Première de son dernier film "W" qui est un biopic sur Georges W. Bush au pouvoir.

Les stars qui font la DIFF-erence

Certains des plus grands noms du cinéma, vont arriver à dubai pour cette 5ème édition, Nicolas Cage, Brendon Fraser, Danny Glover, Salma hayek, Goldie Hawn, Laura Linney que vous pourrez voir sur le tapis rouge de Madinat Jumeirah, qui souhaite rivalisé avec les hauts lieux des festivals du film, est déjà une ruche en pleine activité avec écrans géants, lumières laser et des systèmes sonores impressionnants.

Les nouveautés de DIFF 2008

Les catégories en compétition sont : films, documentaires, films courts, le festival va aussi introduire une catégorie Asie/Afrique pour honorer les réalisateurs étrangers. De plus, un atelier dédié aux jeunes étudiants journalistes des Émirats, présenteront leurs films à des journalistes et critiques de cinéma régionaux et internationaux qui feront part de leurs points de vue tout en les informant sur la technologies des nouveaux médias et comment ces ressources peuvent être utilisées à leur avantage.
Le cinéma français sera bien sûr à l’affiche, avec trois courts métrages Choisir d’aimer (fiction, drame et amour) par le réalisateur Rachid Ami, la Route du Nord fiction (comédie dramatique) par le réalisateur Carlos Chahine et Souvenirs d’Algérie (fiction, comédien dramatique, guerre, religion) par les réalisateurs Jean-Luc Ayach et Mohamed Zemaîch.

Le meilleur film se verra recevoir le prix Muhr d’une valeur de 500 000 US $.


Dubai International Film Festival
Dubai Media City, CNN Building
Boîte postale 53777
Dubai (Émirats Arabe Unis)
Tél : +971 4 391 3378
Fax : +971 4 367 2892
www.dubaifilmfest.com

publié le 18 mars 2007

Festival de jazz à Dubaï

L’actualité musicale de Dubaï est dense puisque des milliers d’amateurs de jazz s’y sont également rassemblés pour le 5e Festival de jazz annuel des Emirats arabes unis qui a eu lieu du 8 au 10 mars 2007.

Les artistes locaux ont partagé la scène avec les idoles internationales de jazz le trio local Kamal Musallam, le compositeur éclectique libanais Guy Manoukian et la diva du jazz classique américain Dee Dee Bridgewater.

Le musicien jordanien Kamal Musallam est le fondateur d’un trio du même nom basé aux Emirats.Kamal Musallam, ex-architecte, pense que le Festival de jazz de Dubaï est un tremplin essentiel pour sa nouvelle carrière.

«  Il reste un des meilleurs festivals de la région. Nous espérons nous développer et nous améliorer chaque année. Cette année, ça a très bien démarré, sur scène comme dans le public, tout le monde semblait prendre son pied, et ce malgré les problèmes techniques. Le fait est que la musique doit toujours être plus forte que tout.  »

Guy Manoukian, lauréat de divers prix, a déclenché la frénésie de ses fans quand il a entamé sa propre interprétation d’une chanson de la diva libanaise Fairouz.

Dee Dee Bridgewater a également mixé un nombre d’influences musicales dans son spectacle. Elle était en tournée pour son dernier album "Red Earth", mélange de musique traditionnelle africaine du Mali et de jazz classique. Sa formation s’est élargie puisqu’elle compte à présent des musiciens et des chanteurs de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Le festival de cette année était divisé en 3 parties : une soirée "Jazz Fusion", une soirée de "Rock Jazz" avec en vedette les légendes du jazz Toto, et enfin une soirée "Pop Jazz" avec en guest-star le très talentueux Anglais, Jamie Cullum, chanteur et pianiste autodidacte, qui met le feu partout où il passe.

publié le 16 septembre 2010

Mort de l’islamologue algérien Mohammed Arkoun

[#Avec Mohammed Arkoun, c’est l’un des plus illustres penseurs algériens qui est décédé mardi soir à Paris à l’âge de 82 ans. Professeur des plus influents dans l’étude islamique contemporaine, il a enseigné pendant plus de trente ans à la Sorbonne l’islamologie appliquée, discipline qu’il a également développée dans diverses universités marocaines, européennes et américaines.#]

[#Prônant le modernisme et l’humanisme islamique, Mohammed Arkoun a développé une critique de la modernité dans la pensée islamique : son travail d’historien et de critique se trouve illustré notamment dans Lectures du Coran (1982), Critique de la raison islamique (1984), Humanisme et Islam (2006) etc.

Né en 1928 en Algérie, cet agrégé en langue et en littérature arabes, et docteur en philosophie honoré et célébré dans le monde entier, avait été exclu de la scène intellectuelle et culturelle algérienne, ce que n’ont pas manqué de souligner certains titres de la presse algérienne paraissant hier, à l’annonce de son décès.

Il a formé et initié plusieurs générations d’étudiants, notamment au Maroc et en France à la pensée arabo-islamique.

Il sera prochainement inhumé à Casablanca. Un hommage lui sera rendu le 27 septembre à l’institut du Monde arabe à Paris à 18h30.#]

publié le 10 novembre 2008

Abou Dhabi donne rendez-vous aux amateurs d’art

Du 17 au 21 novembre, Abu Dhabi s’affirme ainsi comme un point de ralliement pour tous les amateurs d’art contemporain du Golfe Arabique mais aussi de tout le Moyen Orient, et au delà.

En 2007, artparis s’exportait pour la première fois à Abu Dhabi et créait le plus grand salon d’art moderne et contemporain jamais organisé dans les Émirats Arabes Unis. Un événement historique ! Résultat : un chiffre d’affaires de 15 867 000 US $ pour un salon qui a attiré 9 200 visiteurs et collectionneurs pendant trois jours…

… des chiffres pleins de promesses pour les organisateurs qui attendent cette année plus de 15 000 visiteurs.

ArtParis-Abu Dhabi revient en 2008 présenter dans la capitale culturelle des Emirats Arabes Unis un large panorama de la création moderne et contemporaine, du 17 au 21 novembre.


Pour sa seconde édition, artparis-Abu Dhabi retrouve l’Emirates Palace du 17 au 21 novembre. Elle présente dans la capitale culturelle des Émirats Arabes Unis un large panorama de la création moderne et contemporaine des XXème et XXIème siècles. Cette année, avec un taux de renouvellement de 40 %, la foire renforce sa politique de sélection et la participation de galeries d’art contemporain actives sur le marché international.

Le temps de la foire, l’Emirates Palace va abriter 57 galeries internationales. Aux 17 françaises (dont une franco-russe et une franco-japonaise) s’ajoutent 6 galeries émiriennes ; d’autres viennent du Liban, de Syrie, du Sultanat d’Oman, du Barhain, d’Iran et de Tunisie. L’Europe est bien représentée à travers l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse, l’Autriche, la Finlance, l’Espagne. Si l’on regarde plus à l’Ouest, on trouve 4 galeries américaines, tandis que l’art asiatique est promu par des exposants venant d’Inde, d’Indonésie, de Corée.

Dans le cadre de l’Emirates Palace, 58 galeries exposent près de 3 300 œuvres d’art, plus de 700 artistes sont représentés, parmi lesquels : Kader Attia, Paul Cézanne, Shilpa Chavan, Jim Dine, Bernard Frize, Alberto Giacometti, Damien Hirst, Henri Matisse, Shirin Neshat, Julian Opie, Yazid Oulab, Pablo Picasso, Thomas Ruff, Faisal Samra, Niki de Saint Phalle, Massimo Vitali ou encore Andy Warhol.

Nouveauté 2008 : 8 jeunes galeries issues du marché de l’art contemporain international sont réunies dans le cadre de « Artparis-Abu Dhabi Young Talent ». Elles présentent chacune les œuvres d’un jeune artiste qui reste encore à découvrir. Ainsi, du 17 au 21 novembre, Abu Dhabi promet d’être le point névralgique de l’art contemporain non seulement pour le Golfe arabe, mais pour l’ensemble du Moyen-Orient et au-delà.

Avec le soutien des autorités pour la culture et le patrimoine (ADACH), ce salon d’art contemporain joue un rôle actif dans le rayonnement culturel d’Abu Dhabi. Ainsi, l’inauguration officielle du salon aura lieu lundi 17 novembre, en présence de son Altesse Majesté Sheikh Mohammed Bin Zayed Al Nahyan, Prince héritier de l’émirat d’Abu Dhabi.


Lien : artparis-abudhabi.com

Contacts presse
Sylvia Beder - communication culture - Romane Dargent
227, boulevard raspail 75014 Paris
Tel : +33 (0)1 42 18 09 42
Fax : +33 (0)1 43 21 18 95
Email : sylvia@sylviabeder.com
Website : www.sylviabeder.com

publié le 7 août 2012

“Opération Omar” : les cheikhs aboient, la caravane du feuilleton passe !

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Depuis le début de ramadan, la grande bataille du feuilleton est lancée (sauf pour les Syriens qui, hélas pour eux, ne font pas dans la métaphore). Comme à l’accoutumée, rien ne filtre sur les statistiques d’audience mais le brassage médiatique fait autour de la diffusion d’Omar confirme qu’il s’agit bien de la grosse opération de la saison. Signe des temps, c’est sur les réseaux sociaux que les adversaires du feuilleton se mobilisent en ouvrant, non sans succès, des pages Facebook pour exhorter les bons musulmans à ne pas regarder cette œuvre quasi impie, tandis qu’un richard local se propose de couvrir les pertes ( en arabe) au cas où la MBC accepterait d’arrêter la diffusion !#]

[#

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La plus grande production de dramatiques dans l’histoire arabe : 1970 épées, lances 650, 1500 chevaux, 3800 chameaux, 4000 flèches, 400 arcs , 15 tambours, 14200 mètres de tissu, 137 statues, 39 créateurs de costumes et tailleurs, des morceaux de poterie 1600 , 10000 pièces d’argent, 7550, 322 pantoufles acteurs et actrices, 10.000 figurants pour les scènes de batailles, 299 techniciens venus de 10 pays.
La vieille ville de La Mecque et de ses zones ont été reconstruites dans 12.000 mètres carrés, 29 jeux en studio, 89 lieux de tournage en plein air, 322 jours de tournage et de post-production.

La MBC, la chaîne coproductrice, a tout de même innové en enrôlant les traditionnels « prédicateurs de carême (en arabe) pour que leurs causeries portent, comme par hasard, sur cette grande figure de l’islam. Sur Al-Arabiyya, qui n’est en principe pas concernée en tant que chaîne d’information, la querelle entre autorités religieuses est un bon prétexte pour faire la promo du feuilleton tout en défendant la licéité de ce type de divertissement. Comme le confessionnalisme est une thématique à la mode en ce moment, on trouve même un article (en arabe) rappelant que l’acteur qui incarne le second calife n’est pas chrétien. S’il avait été chiite, aurait-il pu interpréter Omar ? Intéressante question de casuistique !

Néanmoins, les réactions à la diffusion du nouvel opus posant la question de la figuration des prophètes et autres figures saintes – réactions synthétisées dans cet article sur L’Orient-Le Jour en version anglaise quasi identique sur Middle East Online – montrent bien que « si les cheikhs aboient, la caravane du feuilleton passe ! » En dépit de toutes les protestations des zélotes, la nouvelle doctrine (sunnite) vis-à-vis de l’image et de la représentation humaine est en passe de s’imposer. C’est une évidence qu’il faut tout de même rappeler : dès lors qu’on s’y intéresse en tant que fait social, l’islam est une religion comme les autres… et donc à même d’évoluer comme les autres. Les pratiques rituelles les plus installées dans la tradition (à la mode wahhabite, la version dominante aujourd’hui) changent, pour peu que les enjeux soient à la hauteur. Naguère, le veau d’or de l’argent roi avait fait plier l’interdit de la figuration (les souverains saoudiens se laissant tirer le portrait sur les billets de banque) ; aujourd’hui, les enjeux de puissance propres à la géopolitique de l’audiovisuel sont en train de redessiner les frontières de l’interdit de la représentation des figures saintes de l’islam.

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Au-delà de la compétition entre sunnites et chiites, évoquée à maintes reprises dans ces billets, cette évolution de la doctrine wahhabite – à grand renfort de fatwas qui ne sont probablement pas toutes données gracia pro deo (pour la gloire de Dieu, i.e. gratuitement) – est le résultat d’une lutte pour le leadership sur la « communauté des croyants ». Avec l’éternel problème de ce que l’on appelle en langue arabe la oumma, problème qui tient à l’absence d’adéquation entre deux univers de légitimation, en principe distincts bien que ce soit loin d’être vrai dans les faits : le religieux et l’ethnique (ou l’ethnico-culturel). Car si tous les croyants sont en principe égaux en islam, la réalité est quelque peu différente dans les faits et en tout cas dans les esprits, à cause de l’arabité, cette « fierté d’être arabe », une donnée culturelle fort ancienne (en témoigne l’œuvre d’un poète comme Bachar ibn Burd au VIIIe siècle) renforcée par le nationalisme de l’époque moderne. Consciemment ou non, les pratiquants arabes de l’islam ont bien souvent du mal à se départir d’un sentiment de supériorité dans le pire des cas, en tout cas de la conviction qu’ils bénéficient d’une proximité particulière avec la parole divine, ne serait-ce que pour des raisons linguistiques (puisque le message divin a été délivré dans cette « langue arabe claire » que les pratiques cultuelles ont conservée).

Ces réalités sont à l’arrière-plan de l’étonnante alliance entre la télévision officielle qatarie et l’officieuse MBC saoudienne (voir le précédent billet) pour la production de l’ultime à ce jour muslim saga de ramadan. Manifeste dans des domaines qui vont des compétitions sportives planétaires aux interventions en politique internationale comme on le voit sur le terrain syrien en ce moment, l’irrésistible appétit de puissance des dynasties pétrolières arabes est particulièrement patent dans ce qu’il conviendrait d’appeler, à la mode des fictions hollywoodiennes, « Opération Omar ». L’objectif, c’est bien d’imposer le sceau de la puissance du Golfe à la diffusion du message religieux. Comme le proclame fièrement cet article (en arabe) d’Al-Arabiyya, c’est presque un tiers des musulmans vivant dans le monde qui peuvent profiter du feuilleton Omar traduit – une volonté présente dès l’origine du projet – dans les principales langues de la oumma musulmane : le turc et surtout l’indonésien (la première communauté nationale musulmane, avec plus de 200 millions de fidèles)…#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 28 octobre 2011

« Black Gold », une grande fresque arabe en ouverture du festival Doha-Tribeca

[#La capitale du Qatar, Doha, accueil pour la troisième année le festival international de cinema Doha-Tribeca du 25 au 29 octobre. Or Noir, le dernier film du réalisateur français Jean Jacques Annaud et produit par Tarek Ben Ammar, met en scène Antonio Banderas et de Tahar Rahim dans le rôle de princes arabes en lutte pour la possession de l’or noir.#]

[#« Le film défend des valeurs nobles sur l’Islam et montre une autre vision du monde arabe » a déclaré Tahar Rahim, à Doha à l’ouverture du festival. L’acteur récompensé en 2011 par une palme d’or à Cannes pour « un prophète » s’est dit ému par l’histoire extraordinaire du film qui fait eco au printemps arabe. Le film a été tourné en partie au Qatar et en Tunisie. « Black Gold » raconte la saga de la découverte du pétrole à travers la rivalité entre deux émirs d’Arabie et l’ascension d’un jeune prince dynamique, qui va unir les tribus du royaume du désert. Le film de Jean Jacques nous fait découvrir les magnifiques paysages du Qatar à travers les scènes épiques dignes d’un Lawrence d’arabie. Loin des clichés et des stéréotypes sur les sociétés arabes, le film raconte un aspect méconnu de la découverte de l’or noir et donne une image différente de la civilisation arabe. Les stars internationales à l’affiche du film comme Antonnio Banderas, Frieda Pinto, ou encore Mark Strong donne une dimension internationale voulue par le producteur pour concurrencer hollywood et toucher le plus large public.
La superproduction très attendue reflète le tournant qui touche les peuples arabes dans le monde.#]
Festival International du Film de Doha


La rédaction

publié le 29 novembre 2009

« Politisation du ballon » et « ballification de la politique »

Trop « arabes » en France au goût de certains, les Algériens sont paradoxalement souvent perçus chez leurs voisins arabes comme « trop français » ! Depuis l’invasion de leur pays, suite à la réaction d’orgueil national d’une France outragée par le coup d’éventail donné par le bey d’Alger à son représentant en 1830, les Algériens sont, certes, respectés pour l’ampleur de leurs souffrances (certains évoquent la disparition d’un tiers de la population lors de la colonisation, et 1,5 million de morts ont péri selon les historiens locaux durant la guerre de décolonisation). Mais ils sont également toujours suspects de vivre une arabité un peu dérangeante par rapport aux idées reçues, à l’image de la langue qu’ils utilisent au quotidien, à la fois profondément arabe et métissée, comme l’exprime ce slogan, martelé dans une superbe lingua franca par les supporters algériens après la victoire finale de leur équipe : One, two, three ! Viva l’Algérie !!!.

Difficile de l’ignorer en effet, l’Algérie s’est qualifiée pour la phase finale du prochain Mondial, et représentera donc le monde arabe aux dépens de l’Egypte, vingt ans tout rond après que cette dernière l’ait elle-même éliminée à l’issue d’un match particulièrement houleux : en 1989, l’arbitre – un Tunisien ! – avait été accusé d’avoir volé un but aux frères algériens (ceux-ci n’avaient pu retenir leur colère et, entre autres violences, un joueur avait été condamné pour avoir blessé un supporter égyptien dans un hôtel : article dans leGuardian).

Sportive en principe, la confrontation entre les deux pays s’est transformée en sévère crise diplomatique, source d’inquiétudes dans le monde arabe à propos de cette nouvelle fitna qui interroge la réalité des liens de fraternité entre les populations de la région et donc, par conséquent, l’efficience des récits fondateurs développant les thématiques identitaires de l’arabisme ou de l’islam. Même s’il y a fort à parier que tout cela sera très rapidement oublié si l’équipe algérienne réussit quelques beaux matchs lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, il reste que la violence entre les deux entités nationales a atteint des sommets.

De quoi d’ailleurs nourrir les interrogations de bien des commentateurs qui constatent que, dans cette région où les médias n’échappent pas à la censure, ou tout au moins aux conseils avisés du pouvoir, ce dernier, tant en Algérie qu’en Egypte, s’est bien gardé d’intervenir. Au contraire, emporté – ou se laissant porter – par la vague de chauvinisme, il a dans les deux cas sa part de responsabilité dans la crise.


Laquelle était parfaitement prévisible, et même annoncée au regard des affrontements par médias nationaux interposés et sur internet depuis bien des jours. Mais tandis que les Algériens l’emportaient sur internet où leurs détournements de films célèbres (Brave Heart par exemple) se révélaient bien plus percutants que ceux des internautes égyptiens (article en arabe dans Elaph), la presse algérienne n’a pas pesé bien lourd face à la « puissance de feu » des commentateurs sportifs sur les chaînes égyptiennes (Dream, Hayat, Modern…).

La palme de la bêtise raciste revenant sans conteste à un célèbre commentateur sportif, un certain Amr Adib qui, entre autres gracieusetés distribuées avant le match décisif, s’est interrogé via le bouquet panarabe Orbit sur les raisons qui faisaient que (tous) les Algériens haïssaient de la sorte (tous) les Egyptiens ! (vidéo sur YouTube pour les arabophones). Après la défaite égyptienne à Khartourm, le même inconscient a cru bon, en réponse aux rumeurs (totalement infondées) évoquant de très nombreux blessés parmi les supporters égyptiens présents au Soudan, d’appeler ses concitoyens à se venger sur les Algériens résidant en Egypte !…

De tels propos ne sont qu’un faible échantillon des insultes en tous genres échangées surtout après le caillassage du bus des joueurs algériens lors de leur arrivée au Caire (dans un pays qui vit tout de même depuis 1981 sous le régime de l’état d’urgence !). La presse algérienne n’a pas été en reste et a bien souvent colporté, avec la même totale absence de professionnalisme, n’importe quelle rumeur susceptible d’alimenter les passions chauvines.


Mais la presse n’est pas la seule en cause. Outre les sociétés, multinationales ou non, « communiquant » avec ou plutôt sur la fièvre nationale, les politiques des deux pays sont montés au front. Certes, les deux chefs d’Etat n’ont pas fait le déplacement jusqu’au stade de la banlieue de Khartoum, mais ils ont envoyé leurs représentants les plus proches, Abdelaziz Belkhadem pour l’Algérie et les deux fils du rayyis pour l’Egypte : Gamal, le successeur putatif (déjà évoqué ici), et le bien plus discret ‘Ala, qui s’est brutalement rendu follement sympathique auprès des masses populaires en traitant les Algériens – c’est tout de même le fils du président – de « hérétiques terroristes mercenaires » (ارهابيين مرتزقة), précisant un peu plus tard sur une autre chaîne qu’il « y avait en eux quelque chose de bizarre » (شيء غريب في تركيبهم).

La récupération politique n’a cependant pas totalement fonctionné et certains studios ont coupé les émissions où l’on entendait trop certains Egyptiens, dont des stars du foot, hurler leur colère parce que le gratin politique était tranquillement rentré dans l’avion privé d’un homme d’affaires par ailleurs député du parti au pouvoir, tandis que les supporters égyptiens se faisaient (prétendument) égorger par les hordes algériennes : إيه مصر ؟ مع فيهاش غير جمال مبارك؟ حرام عليكم تهينو الناس بالشكل دا !!! C’est quoi l’Egypte ? Il n’y a que Gamal Moubarak au monde ? C’est pas une honte d’humilier les gens ainsi ?!!!

Impossible de résumer cette affaire dans tous ses détails mais il faut savoir que les dégâts pour les sociétés égyptiennes installées à Alger sont estimés à quelque 5 millions de dollars, que des centaines d’émigrés égyptiens ont quitté l’Algérie en catastrophe, que le Conseil de sécurité nationale égyptien a été réuni en urgence, que l’Egypte a officiellement menacé le Soudan d’intervenir si ses ressortissants n’étaient pas protégés, ou encore qu’une trentaine de policiers ont été blessés pour empêcher que l’ambassade algérienne au Caire ne soit prise d’assaut (pour ne rien dire des 14 morts et des 250 blessés associés aux 175 accidents de la route qui ont marqué, en Algérie, la célébration de la qualification).

Impossible également de relater le déluge de déclarations de chauvinisme flamboyant submergeant de trop rares tentatives pour « calmer le jeu » : artistes déclarant boycotter à tout jamais le pays frère, abandon des feuilletons cairotes en Algérie contre mise en quarantaine des artistes algériens, listes noires de personnalités désormais indésirables, etc.

Quelques remarques en guise de conclusion pour ce billet trop long déjà ! Comme le mentionnent certains commentateurs (voir par exemple cet article en arabe dans Al-Akhbar), l’efficacité des ponts aériens mis en place par les deux pays pour transporter des milliers de supporters au Soudan tranche avec l’absence de réactions pour Gaza ou même pour le Darfour, sans parler des ambassadeurs précipitamment rappelés dans leurs pays respectifs quand le représentant de l’Etat israélien au Caire n’a pas eu si souvent à se plaindre d’un tel traitement, quelle que soit la politique de son pays…

On notera également le rôle aussi dangereux que peu « démocratique » joué par les médias, plutôt ceux du secteur privé, livrés à une concurrence effrénée, que ceux du secteur public d’ailleurs. Comme quoi la multiplicité des canaux ne résout pas tout …

Et s’il est vrai que cette « guerre » fratricide oblige à s’interroger sur la puissance du référent panarabe au regard des identifications étatiques, et plus encore sur l’état de décomposition du projet national arabe, force est de constater aussi que le lien religieux est bien incapable de lui servir d’alternative en pareilles occasions, même si les imams des mosquées, la main sur le cœur, ont dénoncé dans leurs sermons, a posteriori, cette bouffée de haine.

Détournés, parodiés, manipulés par un discours chauvin et raciste, que valent encore les symboles de l’histoire aux yeux des générations nées deux ou trois décennies après les événements qui ont tant fait pour associer les deux pays, notamment au temps de la guerre d’indépendance algérienne soutenue par Nasser ? A l’évidence, la « politisation du ballon » ou encore la « ballification de la politique » (تسييس الكرة / تكوير السياسة) n’a pas fini d’être utile pour canaliser les passions populaires et pour faire oublier les malheurs d’une jeunesse sans espoir, sans avenir, sans représentation politique digne de ce nom, et dont la frustration sexuelle n’est pas la moindre des souffrances.


Scène de violence à Zamalek (image tirée du site The Arabist. Celle de Coca est reprise de The Lede, un blog du New York Times

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 18 juillet 2006

Biennale des cinémas arabes

Du 22 au 30 juillet 2006 à l’Institut du Monde Arabe- Paris

La Biennale des cinémas arabes a pour vocation de favoriser la connaissance et la diffusion de ces cinémas en France et en Europe. Cette année la manifestation prendra une envergure toute particulière avec une plus grande décentralisation : dans les lieux de projection parisiens (grand auditorium et parvis de l’Ima, cinéma Le Quartier latin), dans les villes de Poitiers et de Marseille. Au programme, plus d’une centaine de films de fiction et de documentaires (courts, longs et moyens métrages).


Une section compétitive, réservée à des films produits au cours des deux dernières années avec un jury spécial pour les fictions (Dominique Cabréra, Rachida Krim, Mohammed Asli, Daoud Abdel Sayed...) et un autre jury pour les documentaires (Malek Bensmaïl, Yasmine Kassari, Abbas Arnaout, directeur du Festival al-Jazeera...).
Parmi les films concourant pour les diverses récompenses (Grand prix Ima, Prix Maroun Bagdadi, Prix de la première œuvre, Prix de la meilleure actrice, Prix du meilleur acteur, aide Ima pour la distribution...), on remarque une sélection variée en provenance d’Algérie (Barakat ! de Djamila Sahraoui, El Manara de Belkacem Hadjdadj), d’Arabie Saoudite, d’Egypte (L’immeuble Yacoubian de Marwan Ahmed, adaptation du formidable roman de Alaa El Aswany), d’Irak, du Liban, du Maroc (Juanita de Tanger de Farida Benlyazid), d’Oman, de Syrie, de Tunisie, du Yemen.
Idem pour les courts et moyens métrages où les films proviennent d’Algérie, parfois en coproduction avec le France comme Les volets de Lyèce Boukhitine, d’Egypte (6 titres), des Émirats Arabes Unis, d’Irak, de Jordanie, du Liban, du Maroc (5 titres), de Palestine, du Qatar, de Syrie, de Tunisie (4 titres). Idem pour les documentaires originaires d’Algérie, d’Arabie Saoudite, d’Egypte, des Emirats Arabes Unis, du Liban, du Maroc et de Palestine.

Un hommage en 10 films au comédien Ahmed Zaki récemment disparu. Les films seront présentés tous les soirs à 22h sur le parvis et Halim, de Cherif Arafa, sa dernière prestation (2006) ouvrira le festival.
Un gros plan sur les productions “hot spot” pour la chaîne al-Jazeera : les émigrés arabes en Amérique latine, littérature de prison, Il était une fois...
Signalons encore une séance spéciale pour un genre encore peu pratiqué : Le fils de la forêt, premier dessin animé Koweïtien.
Ajoutons enfin, que du 2 au 13 août, tous les soirs à 22h sur le parvis de l’Ima, confortablement installés sur des transats à la belle étoile, les amateurs pourront voir et revoir quelques uns de leurs films favoris.
Nous ne citons que quelques titres, de façon très subjective, il faut bien sùr se procurer le programme complet pour effectuer un choix qui de toute façon sera embarrasssant. On peut en outre espérer que la manifestation servira de tremplin à de nombreuses œuvres qui trouveront par la suite leur place dans les circuits de distribution.

publié le 29 octobre 2007

Bonnes à tout faire dans le monde arabe (2/2) : étrangères et domestiques

par Yves Gonzalez - Quijano
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Amour partagé (dessin de presse marocain)

La présence, nuit et jour, de jeunes bonnes dans l’intimité des familles qui les emploient ne va pas sans créer toutes sortes de problèmes. Le quotidien électronique Elaph a ainsi publié récemment une enquête au titre racoleur : Le sexe, fonction secrète de la domestique dans le Golfe الجنس وظيفة سرية للخادمة في الخليج ). Tirant la sonnette d’alarme quant aux conséquences sur l’éducation des enfants livrés à des femmes étrangères, en majorité non musulmanes, peu éduquées et même analphabètes, l’article évoquait également, sans dire vraiment à qui en revenait la faute, les services sexuels rendus par ces bonnes à tout faire. Selon une statistique, reprise sur de nombreux forums internet féminins du Golfe, les "bonnes", qui pour les deux tiers d’entre elles n’ont pas 30 ans, accepteraient pour 59% d’entre elles selon les termes de l’enquête "d’entretenir des relations sexuelles avant le mariage"...

Toujours dans cet article, une sociologue des Emirats expliquait, non sans malice, que les maîtresses de maison veillent souvent à choisir des employées qu’elles considèrent moins attirantes qu’elles-mêmes, ce qui n’est pas toujours du goût de leur mari ! Un peu plus loin, M. Zayyât, spécialisé dans la fourniture de personnel de maison, indiquait que, pour les mêmes raisons, les Asiatiques ont la préférence des femmes alors que les hommes penchent davantage pour de "jolies Libanaises, chrétiennes de préférence, ou [au moins] des Marocaines" ! Il faut à l’évidence faire la part des fantasmes car il est proprement inimaginable que des Libanaises, de confession chrétienne qui plus est, travaillent dans les pays du Golfe pour de tels salaires, en tout cas pas pour ce type de services !

Néanmoins, le marché des tâches ménagères n’est pas totalement réservé aux étrangères et la contribution active d’une main-d’oeuvre domestique, ou plus exactement en provenance du monde arabe, est très souhaitée. Il suffit d’ailleurs de lancer une requête sur Google pour trouver rapidement des annonces rédigées dans un arabe pas toujours très assuré et accompagnées de portraits tels que celui qui figure ci-dessous :

السلام عليكم
جمعية متوفرة على يد عاملة جد مهمة لدينا فتيات مغربيات راغبات في العمل في احدى دول الخليج الى من يهمه الامر الاتصال بينا العرض جاد و مهم شكرا

Traduction : Que la paix soit sur vous ! Association disposant de main-d’oeuvre très importante [l’association]. Nous avons de jeunes Marocaines désireuses de travailler dans un pays du Golfe. Pour ceux que la question intéresse, contactez-nous. Offre sérieuse et importante.

Il ne s’agit pas toujours d’initiatives privées car certains Etats aimeraient bien développer des échanges entre populations sur une plus grande échelle. A la fin du mois de mai dernier, un protocole d’accord entre l’Egypte et l’Arabie saoudite a ainsi suscité de violentes réactions au Caire. Certainement animée de bonnes intentions, la ministre du Travail, Mme Aisha Abdel Hady, avait prévu avec ses homologues saoudiens l’envoi, sur une dizaine d’années, de quelque 120 000 "jeunes égyptiennes" (moins de 30 ans) pour travailler auprès des personnes âgées, dans les salons de coiffure et naturellement dans les maisons...

Certains en Egypte ont réagi avec humour, en publiant dans le bien nommé journal d’opposition الكرامة (La Dignité) une petite annonce pour embaucher une bonne saoudienne "anglophone et bien éduquée". Mais, en général, la nouvelle, comme le révèlent les commentaires accompagnant cet article en anglais, a surtout provoqué consternation et fureur. Moins à cause des salaires proposés, pourtant assez médiocres (800 rials, à peine 200 dollars) que pour défendre l’honneur national menacé par le sort probable de nombre de ces jeunes filles envoyées sans protection familiale derrière ces murs où elles auraient à travailler de jour comme de nuit...

Pourtant - heureusement oserait-on dire -, la sexualité hors mariage n’a pas nécessairement pour seul exutoire le secret des foyers domestiques. Les hôtels de luxe servent de lieu de rencontre pour la prostitution de haut vol. En Syrie, où l’on est moins hypocrite qu’ailleurs apparemment, la presse parle ouvertement de "prostitution 5 étoiles" (دعارة خمس نجوم في سورية). La clientèle moins fortunée trouve son plaisir ailleurs, notamment dans les salons de massage qui offrent des soins spéciaux même si la législation, souvent récente d’ailleurs, impose désormais une sévère séparation des sexes.

A Dubaï, l’année dernière, ce sont quelque 35 salons qui ont été sanctionnés pour avoir contrevenu à la loi faute, ont affirmé les gérants, de professionnels masculins en nombre suffisant ! La situation est pire encore en Jordanie où la presse parle de 45 établissements fermés dans le "Grand Amman" pour les seuls cinq premiers mois de l’année 2007 !

Et dans ce secteur d’activité également, la concurrence entre main-d’oeuvre étrangère et domestique est sévère. On parle de plus en plus de professionnelles chinoises entrées dans le monde arabe avec de simples visas touristiques... Leur présence dans la région mettra-t-elle en péril les quelque 35 000 Marocaines qui, à en croire Hespress (une publication électronique marocaine en arabe dont est tirée l’illustration de ce billet), exercent pour la plupart leurs talents "d’artiste" dans les clubs jordaniens ?

Cela paraît peu vraisemblable tant le Maroc, dont nos médias vantent le décollage économique à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy, est un pays qui, même face à la compétition chinoise, reste très compétitif dans ce domaine. Selon une étude réalisée en 2005 par l’Unicef (citée dans un article en arabe d’Al-Arabeyya), 800 000 enfants - sur une population totale de 30 millions d’habitants - ne fréquentent pas l’école et 600 000 d’entre eux, entre 7 et 14 ans, travaillent. Même si le gouvernement marocain vient (enfin) d’adopter une législation réglementant le travail domestique, c’est bien le terreau sur lequel prospère le négoce des petites bonnes dont le savoir-faire et le dévouement sont tellement appréciés dans les autres pays arabes, plus favorisés économiquement.

Au point de faire dans nombre de pays arabes - voir par exemple cet article sur le site Elaph - du qualificatif de "marocaine" un synonyme de "prostituée". Juste retour des choses : dans le jargon professionnel de la prostitution maghrébine, un "saoudien", selon M.-E. Handman et J. Mossuz-Lavau (La prostitution à Paris, 2005), c’est un "client" !
Source : http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/

publié le 17 novembre 2006

Cinéma : Un premier film Saoudien et des espoirs

Produit par le groupe Rotana, propriété du prince saoudien Al Walid Ben Talal, milliardaire et neveu du roi Abdallah, Keif al hal ? a été tourné à Dubaï par un réalisateur canadien d’origine palestinienne.

Le scénario est l’œuvre d’un Libanais et d’un Egyptien. Il a été projeté dans une séance spéciale au dernier Festival de Cannes et a été ovationné par le public. Il a également été diffusé au début du mois d’octobre à l’ouverture du Festival de cinéma de Stockholm, en Suède. Actuellement, il connaît un certain succès dans les salles de cinéma du Golfe, où il est programmé depuis peu. Mais le « problème » réside dans le fait que les Saoudiens sont obligés d’emprunter le chemin du petit royaume de Bahreïn pour voir ce film. Cette fiction, selon des sources médiatiques, reflète la tension entre modérés et extrémistes religieux en Arabie, pays déchiré, surtout chez les jeunes, entre la mondialisation et le poids de valeurs islamiques conservatrices. C’est l’histoire du Sultan, joué par le Saoudien Hicham Abderrahman, idole de la jeunesse saoudienne depuis sa victoire en 2005 dans l’édition arabe de Star Academy. Sultan a un style de vie occidental et, pour cette raison, entretient des rapports conflictuels avec son cousin Khaled, un ultraconservateur. Dans le but d’attirer l’attention de la belle Sahar, sœur de Khaled, un personnage opportuniste, interprété par l’acteur saoudien Mechaâl Al Mutairi, gagne la sympathie de Khaled en se laissant pousser une longue barbe et en prétendant être pieux. Sahar fuit les tensions familiales en sortant avec sa meilleure amie, Dunya, incarnée par l’actrice saoudienne Hind Mohammad, 25 ans, dont c’est le premier rôle. Le film ne comporterait aucun rendez-vous amoureux, ni flirt, afin de ne pas heurter les sensibilités de certains. L’objectif principal, dans un premier temps, est de « lancer » la machine dans un pays où de nombreuses voix continuent à s’élever pour présenter toute ambition de modernisme et de libre expression par l’art, notamment le cinéma, comme « un attachement immoral aux valeurs occidentales ». D’où l’intérêt de ne pas lâcher prise. « Ce type d’expériences aura l’avantage de multiplier les sources de financement, de conjuguer les talents, d’apporter d’autres regards et sensibilités et de dynamiser la production cinématographique arabe, actuellement en état de faiblesse », a déclaré Bilal Fadl, le scénariste égyptien (l’un des deux auteurs de Keif al hal ?), dans Al Ahram Hebdo de la première semaine de novembre. La Saoudienne la plus connue dans le monde du cinéma est Haïfa Mansour, qui a produit l’an dernier un documentaire controversé, Nissa’ bila dhil (femmes sans ombre), projeté dans 17 festivals cinématographiques dans le monde. Ce film, dans lequel un religieux réformiste déclare qu’il n’est pas obligatoire pour les femmes de se couvrir le visage en public, a provoqué un tollé parmi les religieux radicaux.

publié le 11 octobre 2006

Création du "prix Zayed" d’une valeur de 2 millions de dollars

Le président des Emirats Arabes Unis, Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan, a annoncé, mardi à Abou Dhabi, la création d’un Prix scientifique annuel du nom de "Prix Cheikh Zayed du Livre" d’une valeur de 7 millions de dirhams émiratis (1,9 millions de dollars US).

Le président des Emirats Arabes Unis, Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan, a annoncé, mardi à Abou Dhabi, la création d’un Prix scientifique annuel du nom de "Prix Cheikh Zayed du Livre" d’une valeur de 7 millions de dirhams émiratis (1,9 millions de dollars US).

Le président émirati a indiqué dans une allocution, lue en son nom par le ministre des Affaires de la Présidence, Cheikh Mansour Ben Zayed Al Nahyan, lors d’une conférence de presse, que ce prix vise à encourager les créateurs et penseurs dans les domaines du savoir, des arts, de la culture arabe, islamique et humaine.

Le prix tend à rendre hommage à la personnalité qui a le plus influé dans la dynamique de la culture arabe en terme de production et de création, a-t-il indiqué, ajoutant qu’il vise à encourager le mouvement culturel et créatif au moyen du livre et de son écriture, édition, traduction et distribution.

Ce prix est décerné pour les meilleures productions dans neuf domaines dont "Développement et édification de l’Etat", "Littérature pour enfants", "Jeunes auteurs", "Traduction", "Lettres", "Arts", "Meilleure technique dans le domaine culturel", "Edition et distribution" en plus du Prix Zayed pour la personnalité de l’année.

publié le 1er juin 2013

Début des travaux sur les sous-sols du Louvre Abou Dhabi

Tourism Development and Investment Company (TDIC), maître développeur du tourisme, des lieux culturels et résidentiels à Abou Dhabi, annonce le début des travaux permettant l’imperméabilisation des sous-sols du Louvre Abou Dhabi.

Les travaux marquent le début d’une des étapes les plus critiques dans le processus de construction, par laquelle une membrane d’imperméabilisation à double couche est installée au-dessous des zones dalle de fondation. Cette étape intervient après la pose de 3200 pieux en acier situées dans le fondement du musée et conçus de manière à pouvoir empêcher la corrosion de l’acier, utilisant un système connu sous le nom de protection cathodique.

Ce travail se déroule dans les sous-sols du musée, situés à sept mètres sous le niveau de la mer, où toutes les œuvres du Louvre Abou Dhabi doivent passer à travers un tunnel dédié et hautement sécurisé menant aux différentes galeries situées à l’intérieur du musée.

Ali Alhammadi, directeur général adjoint de TDIC, déclare : “Nous sommes ravis de l’avancement rapide de la construction du musée avec 600.000 heures de travail enregistrées à ce jour, y compris l’achèvement de deux sections de la dalle du sous-sol.”
Conçu par le célèbre architecte Jean Nouvel, gagnant du prestigieux Pritzker Prize, le Louvre Abu Dhabi comprendra 9.200 mètres carrés de galeries d’art. La galerie permanente de 6.681 mètres carrés abritera la collection permanente du musée emportant le visiteur dans un voyage universel à travers des œuvres d’art de différentes civilisations. La galerie temporaire sera un espace dédié de 2.364 mètres carrés présentant des expositions temporaires.

Le Louvre Abou Dhabi sera l’une des institutions culturelles de premier plan du Saadiyat Cultural District. Ce district sera formé par le Musée National Zayed, qui ouvrira ses portes en 2016, et Guggenheim Abou Dhabi, qui ouvrira ses portes en 2017, deux musées également conçu par des architectes primés de renommée mondiale.
Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 7 août 2006

Dubaï, le nouvel eldorado des jeunes Français issus de l’immigration

07/08/2006

Les jeunes diplômés issus de l’immigration sont les premierès victimes de la discrimination à l’embauche. Certains, la rage au cœur, décident de faire une croix sur la France pour les grandes agglomérations du Golf.



" J’ai rencontré énormément de jeunes qui s’installent sur Dubaï et se font leur petite vie au soleil. Dubaï est en plein boom. Les opportunités sont incroyables ici. Notamment pour les Arabes. Maintenant, tout n’est pas aussi facile non plus"
, affirme Merwanne qui travail à Dubaï après avoir quitté Rennes.
Depuis 4 ans, les Emirats Arabe Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar n’attirent plus seulement les Français expatriés des grandes sociétés, mais aussi les Beurs qui ont grandi dans le Val Fourré où à St Denis.
Les chaînes satéllitaires du Golf Persique inondent les foyers des banlieues et dévoilent une société de consommation en pleine effervescence.

Dubaï, la New York du Moyen Orient


Dans les vitrines des agences de voyages, Dubaï figure désormais en bonne place à côté d’Agadir, d’Istanbul ou Montréal. Dubaï, musulmane et arabe, se transforme en ville occidentale du troisième millénaire avec son Dubaï Internet city, the World, Burj Dubaï etc.
Parmi toutes les villes, les Emirats attirent par ses richesses et ses gigantesques complexes touristiques et immobiliers. La cité ressemble un peu à New York au début du siècle.
Avec un taux de croissance économique de 24,5%, les opportunités de carrières sont énormes. Les jeunes Beurs maîtrisant l’arabe et l’anglais imaginent un meilleur avenir. Sur les forums, les candidats au départ se pressent. Selon Pascal Maigniez, directeur de la représentation française du ministère du tourisme de Dubaï, "10000 visiteurs français ont débarqué à Dubaï en 2005", soit une augmentation de 24% par rapport à l’année 2004. Les jeunes diplômés en fin de cursus entament des recherches sur place pour trouver un travail. D’autres découvrent la ville un peu à l’aventure sans préparation.
Depuis peu, le petit émirat ouvre ses portes au tourisme et aux étrangers souhaitant acheter dans l’immobilier. Des célébrités mondiales comme Michael Jackson, Lionel Richie ou David Beckham viennent passer des vacances ou acheter une résidence dans le Palm Island visible depuis l’espace.

FB

publié le 7 juin 2010

Festival International de Byblos : où les maitres de la scène bercent les jeunes talents

BEYROUTH, par Adib Sayegh | iloubnan.info

Une année de plus et la légende continue. Le Festival International de Byblos rendez-vous ultime de différentes cultures promet pour cette année une édition pas comme les autres dont la programmation a été annoncé hier à Eddé Sands lors d’une conférence de presse en présence du ministre de la Culture Sélim Wardé et du nouveau président de la municipalité de Jbeil, Ziad Hawwatt.
Prévue du 1 au 30 juillet 2010 au bord d’un port historique vieux de plus de 7000 ans , l’édition 2010 du Festival International de Byblos mettra en vedette des artistes montants venus des quatre coins du monde ainsi que des artistes libanais confirmés. Caetano Veloso, Jesse Cook, ou le groupe Gorillaz font ainsi partie de la programmation, comme le grand Wadih el Saffi, les chanteurs Wael el Kfoury et Najwa Karam ou encore le groupe Mashrou’ Leila. Un répertoire varié, donc, allant du rock aux airs brésiliens, en passant par des sonorités mélodieuses de quelques formations de musique jazz sans oublier les airs libanais traditionnels.

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Wadih el Saffi

“Je remercie le ministre de la culture pour sa présence aujourd’hui parmi nous pour annoncer la programmation de l’édition 2010 du Festival International de Byblos” a déclaré Lattifé Lakkis présidente du festival international de Byblos, saluant aussi la banque IBL pour le soutien apporté depuis des années afin de garantir la bonne marche “d’un festival jeune (lancé tout de même en 1998), qui n’a rien à envier aux grands festivals de la région” dit-elle. Quant au producteur Naji Baz il a profité de l’occasion pour mettre en évidence la qualité des huit manifestations prévues au festival. “ Pour certaines formations, se produire au Moyen-Orient est une grande première, et cela est rendu possible par le Festival International de Byblos” lance-t-il tout en annonçant les noms des artistes qui animeront les soirées de juillet au cours de 30 jours de festivités.


L’édition 2010 du Festival fera son coup d’envoi le Jeudi 1er juillet avec un hommage au Liban. Un hommage au grand chanteur libanais Wadih el-Safi (auteur compositeur et chanteur libanais souvent nommé « La Voix du Liban ») qui fêtera ses 90 ans et ses 60 ans de carrière, “sachant que c’est lui même qui a inauguré la première édition du Festival de Byblos dans les années 60” précise Naji Baz. Le géant de la chanson libanaise se produira au côté des célèbres artistes libanais Waël Kfoury et Najwa Karam pour un trio exceptionnel. « Loubnan Ya Kit’aat Sama » ou « Al laylou ya layla » : frissons garantis devant ce maitre de la chanson libanaise.

Les jeunes talents sont eux aussi attendus à Byblos. C’est le groupe Mashrou’ Leila, élément phare d’une scène underground libanaise inventive et généreuse, dont les membres sont des universitaires, qui se produira le vendredi 9 juillet : de quoi réjouir le public jeune puisque les prix des billets de ce concert sont à la portée de tous les étudiants. Les fidèles du Festival voyageront au Brésil sur les airs chaleureux de bossa nova du chanteur brésilien Caetano Veloso, le plus primé du monde avec 5 Grammy Awards, et auront droit à une séance de la guitare acoustique du Canadien Jesse Cook qui mélange flamenco, jazz et rumba au fil d’un spectacle dansant.

Le rock, maitre de tous les festivals sera également à l’honneur avec l’événement rock de l’année : la venue de la troupe Gorillaz pour son premier concert au Moyen Orient. Considéré comme le groupe virtuel le plus célèbre de la planète avec plus de 30 millions d’albums vendus, Gorillaz fera danser Byblos jusqu’au petit matin sur des rythmes de rock, de hip-hop, de duble mardi 20 juillet 2010.

Après l’Europe, les Etats Unis et l’Asie, la formation de danse Riverdance avec ses 60 membres débarque dans la cité phénicienne pour 5 soirées pour faire vibrer le public sur leurs mouvements rapides des jambes, et la tonicité de leurs corps : un vrai régal pour les yeux.

Mais Byblos n’oublie pas le classique. « Les Noces de Figaro », chef-d’œuvre de Mozart, seront au rendez-vous le 30 juillet 2010 pour une superbe coproduction libano-italienne réalisée en collaboration avec l’Institut culturel italien et l’Université Antonine. Le jeune chef d’orchestre, Francesco Cilluffo, sera accompagné par la chorale de l’Université Antonine dirigée par Gulliver Ralston. Cette coproduction mise également sur une distribution jeune, comprenant des chanteurs d’opéra de talent des deux pays : Samar Salamé (soprano), Toufic Maatouk (baryton-basse), Raymond Ghattas (baryton), Caroline Solage (soprano), Alessandro Karbon (basse), Gabriella Collechia (mezzo-soprano), Ziad Nehmé (ténor), Aline Maalouf (soprano) et Rosa Bove (mezzo-soprano).

En dehors du cadre du Festival International de Byblos, certaines manifestations gratuites auront lieu le long des murs du vieux Souk : le comédien Joe Kodeih présentera sa nouvelle pièce satyrique « Achrafieh » (déjà présentée au théâtre Monnot à Beyrouth le mois dernier), le mardi 13 juillet. Un concert de chant avec la participation d’Élie al-Rahi aura lieu le jeudi 15 juillet alors qu’une troupe de rock arabe UTN1 présentera à son tour une séance de chant pop rock le samedi 17 juillet.

Consultez le programe complet du Festival sur le site :www.byblosfestival.org

iloubnan.info

publié le 7 juillet 2016

Inauguration du Centre Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan au Musée du Louvre à Paris

Le Centre Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan a été inauguré lors d’une cérémonie spéciale au musée du Louvre dans la capitale française.Le Centre, situé dans le Pavillon de l’Horloge, rend hommage au Père fondateur des Emirats Arabes Unis et raconte l’histoire du Louvre tout en aident à interpréter les collections conservées au musée pour les millions de visiteurs.

Son Altesse Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le président François Hollande, Mohamed Khalifa Al Mubarak, Président de l’Autorité du Tourisme et de la Culture Abou Dhabi (ADTCA), Zaki Nusseibeh, Conseiller culturel du ministère des Affaires présidentielles, et Saif Ghobash, le Directeur général d’ADTCA, assistaient à la cérémonie.
Dans son discours, SA Cheikh Abdullah a remercié le Président Hollande pour ses paroles chaleureuses, qui dit-il, étaient une traduction des liens forts entre les dirigeants, les gouvernements et les peuples des Emirats et de la France. SA Cheikh Abdullah a dit : « Aujourd’hui, nous sommes présents dans l’un des plus prestigieux monuments culturels dans le monde, où la culture humaine et ceux qui sont à la recherche d’inspiration se rencontrent. »
SA Cheikh Abdullah a poursuivi en saluant ce qu’il a décrit comme l’un des projets culturels les plus ambitieux du 21e siècle, celui qui représente le fruit des liens culturels bilatéraux entre les deux pays, à savoir l’ouverture prochaine du Louvre Abou Dhabi, le premier musée du Moyen-Orient et une reconnaissance de la culture arabe et du Golfe.
Le président français a également prononcé un discours dans lequel il a dit : « Il y a un grand projet culturel commun hors de France, des milliers de kilomètres d’ici, à Abou Dhabi. Je salue la clairvoyance de ceux qui ont lancé ce projet il y a près de dix ans.” “Ce musée sera important dans la région, ainsi que pour l’ensemble du monde, parce qu’il est un message de la culture, de l’humanité, du dialogue et de la paix..’’
Pour le Président de l’ADTCA, Mohamed Khalifa Al Mubarak, « La présence des Emirats au cœur du Louvre Paris fait écho à l’esprit du Louvre Abou Dhabi comme une alliance sans précédent entre les deux pays, et surtout, la vision de notre père fondateur, le regretté Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, pour construire des ponts entre les nations à travers le monde. »
La mise en place du nouveau Centre est un hommage à l’engagement de Cheikh Zayed au patrimoine et à la culture. Un partisan actif des premières fouilles archéologiques dans les Emirats, il y a plus de 50 ans, il était responsable de la fondation du Musée national d’Al Ain, le plus ancien dans les Emirats Arabes Unis, au moment de la création de la fédération.
Situé au Musée du Louvre entre la Cour Carrée et la Cour Napoléon, le Centre Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan a ouvert ses portes après une rénovation complète du Pavillon de l’Horloge. Le Centre raconte l’histoire de la forteresse française, construite par le roi Philippe Auguste en 1200, et qui est devenue la résidence des rois de France.

Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 1er mai 2014

Inauguration du Théâtre Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan au Château de Fontainebleau

Le Théâtre Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan au Château de Fontainebleau à Paris a été inauguré lors d’une cérémonie en présence de Cheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan, Président du Département des Transports d’Abou Dhabi et Président de l’Autorité d’Abou Dhabi pour le tourisme et la Culture ( TCA Abu Dhabi ) et de fonctionnaires du ministère français de la culture et de la communication.

Le célèbre Théâtre Impérial au Château de Fontainebleau a été nommé par la France d’après le Président Son Altesse Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, en reconnaissance de son soutien généreux à la restauration de la salle, suite à un accord historique entre le gouvernement d’Abou Dhabi et la France en 2007.
Le Théâtre Impérial au Château de Fontainebleau, un des exemples des théâtres du Second Empire, a longtemps attendu sa restauration. Son Altesse Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, grand amateur et mécène, a généreusement financé la rénovation du théâtre et son ouverture au public.
Son Altesse Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan a aussi soutenu un certain nombre de projets artistiques, dont le Louvre Abou Dhabi, et promis un budget annuel renouvelable de cinq millions d’euros pour restaurer le Théâtre Impérial à Fontainebleau. En reconnaissance de ce don, le ministre français de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres avait rebaptisé le théâtre le 27 avril 2007 en présence de Son Altesse Sheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan.
Le théâtre a été conçu par l’architecte Hector Lefuel à la demande de Napoléon III et construit entre 1853 et 1856 afin de remplacer l’ancien théâtre Comédie, construit au 18e siècle dans l’aile Belle Cheminée.
Le théâtre fait partie de la partie ouest de l’aile des Princes, aujourd’hui connue sous le nom aile Louis XV, et qui borde la cour du Cheval Blanc. Malgré un espace restreint, Lefuel est néanmoins parvenue avec brio et avec beaucoup d’ingéniosité à construire un espace moderne avec 400 places, y compris tous les équipements associés : hall, couloirs, escaliers, et salles des acteurs et des musiciens.
Le théâtre se compose de quatre niveaux distincts, correspondant à la hiérarchie sociale imposée à l’époque : le parterre, le premier cercle dont la loge impériale, le deuxième cercle et enfin le dernier niveau. Ce théâtre est directement inspiré par le petit théâtre de Marie-Antoinette à Versailles, sans doute pour satisfaire l’impératrice Eugénie qui l’admirait beaucoup, et inauguré en mai 1857 lors de la visite du grand-duc Constantin de Russie, le frère du tsar Alexandre II.

–Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 27 mars 2009

Israël interdit la culture arabe à Jerusalem

L’Etat Hébreu essai d’effacer d’effacer l’histoire des arabes de Jérusalem dans l’indifférence de la communauté internationale.

La semaine de la culture arabe avait pour objet début mars de rappeler le prestige du patrimoine arabo musulman dont Jérusalem est un haut lieu. Depuis l’invasion israélienne, la capitale de la Palestine est chaque jour davantage occupée illégalement par Israël. Cette semaine la police israélienne a empêcher le déroulement de plusieurs événements organisés à Jerusalem Est ainsi que les protestations du projet qui vise à détruire l’un des plus vieux quartier arabe de Jérusalem.
La Ligue arabe a choisi Jérusalem comme capitale de la culture arabe pour l’année 2009. Ce groupe de 23 nations choisit une ville différente chaque année.

Ces événements avait pour objectif de faire de Jérusalem la "capitale de la culture arabe" et à soutenir la revendication palestinienne sur Jérusalem Est.
Une centaine de personnes devaient assister à ces manifestations dans les quartiers arabes de Jérusalem et dans la Vieille Ville.

Au final deux employées de l’Université Al-Quds, qui prévoyaient de distribuer des tee-shirts liés à l’événement, ont été placées en détention.
Une conférence pour jeunes femmes au centre Al-Hiyala a également été annulée.

Vingt-deux individus ont été arrêtés pour avoir organisé ces manifestations interdites par le ministre de la Sécurité publique Avi Dichter. Ces arrestations se sont faites sans violence.

La police a aussi empêché des étudiants arabes de manifester sur le mont du Temple avec des drapeaux de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine).
Elle a en outre confisqué une torche venant de Syrie qui devait être allumée au coucher du soleil dans le quartier Ras el Amud.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a critiqué l’intervention de la police en expliquant qu’elle minait les chances d’arriver à la paix. "La politique de discrimination, de suppression de vol de terre, de destruction de quartier, de maison, de falsification du passé, qui détruit le présent et vole le futur, doit être stoppée si la paix veut avoir une réelle chance d’aboutir sur cette terre", a-t-il déclaré.

L’action de la police israélienne à Jérusalem Est a également été condamnée par des députés arabes israéliens des partis Hadash et Taal (Liste arabe unie).

La rédaction

publié le 15 mars 2014

La collection du Louvre Abou Dhabi à l’affiche du Musée du Louvre à Paris

La première présentation de la collection du Louvre Abou Dhabi en dehors des frontières et composée de plus de cent soixante des plus beaux chefs-d’œuvre de la collection permanente du musée, seront présentés au Musée du Louvre, Paris à l’Hôtel Napoléon du 2 mai jusqu’au 28 juillet.

L’exposition intitulée Naissance d’un musée permettra aux visiteurs de Musée du Louvre Paris d’avoir un aperçu du musée dont l’ouverture est prévue fin de l’année prochaine dans le district culturel de Saadiyat, également le foyer du Musée national Zayed et du Guggenheim Abou Dhabi. Situé dans le quartier culturel d’Abou Dhabi, le Louvre Abou Dhabi est un musée universel conçu pour abriter les expressions esthétiques de différentes civilisations et cultures de l’antiquité à la modernité.
Se référant aux philosophes et à l’universalisme hérité du siècle des Lumières au 18ème siècle, le concept universel du Louvre Abou Dhabi conteste les catégories traditionnelles de l’histoire de l’art et examinera des approches stylistiques classiques. Il explorera aussi des liens artistiques, historiques et anthropologiques non révélés entre les cultures.
Les visiteurs pourront découvrir des œuvres d’art de l’Antiquité dont l’un des plus beaux exemples de Bactriane de la fin du 3e millénaire avant notre ère, un bracelet d’or du Moyen-Orient, des sculptures datant de 3000 ans et un tableau d’Oman Hemdy Bey de 1878. Les œuvres modernes comprennent un Piet Mondrian, une peinture par Alexander Calder et une série de neuf toiles de l’artiste contemporain Cy Twombly.
Commentant l’exposition, Cheikh Sultan ben Tahnoon Al Nahyan, Président d’Abu Dhabi Tourism and Culture Authority ( TCA Abu Dhabi ) affirme : « C’est un jalon important pour Le Louvre Abou Dhabi et un moment important de l’histoire où les deux pays, les Emirats Arabes Unis et la France, collaborent et partagent une vision et un dialogue interculturel. » Les commissaires de l’exposition sont Vincent Pomarède, directeur de la Médiation et de la programmation culturelle / Directeur du département des Peintures du musée du Louvre, Laurence des Cars, directeur du Musée de l’Orangerie et Khalid Abdulla Abdulkhaliq, conservateur adjoint pour l’exposition de TCA Abu Dhabi.

– Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 7 juillet 2010

La culture du vélo arrive au Liban

BEYROUTH, par Maude Girard | iloubnan.info - Le 02 juillet 2010

[#Quelques boutiques de vélos ont fleuri à Beyrouth depuis quelques années. Un nouveau magasin a ouvert ses portes jeudi 1er juillet, non loin de Beit el Tabib. Un projet qui est né dans la tête de neuf férus de vélo, et de leur envie de faire partager une passion commune. Au pays du deux-roues, bienvenue chez Bike Generation.#]

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Crédit photo : Maude Girard

[#Il était une fois neuf copains : Marc, Jean, Toni, Wadih, Tony, Selim, Karim, Fadi et Georges. Amis depuis des années, des bancs de la fac au premier costume cravate, la team est restée soudée autour d’une passion : le vélo. "On avait pris l’habitude de se faire des petites balades pendant 4 ou 5 jours entre copains. On a même entrepris de visiter le Liban en 2 ans : le sud en une année, et le nord l’année d’après" se souvient Jean. Très vite, les 9 sportifs réalisent que le matériel haut de gamme manque cruellement au Liban, et qu’ils sont obligés d’importer. D’abord établie pour équiper le groupe mais aussi les autres amateurs du deux-roues, Bike Generation est parti d’un désir de transmettre et de rendre le vélo attrayant et accessible à tous. " Le cyclisme est à la mode, un peu comme le tennis dans les années 80 ou le golf dans les années 90" explique Jean Traboulsi, venu exprès de Dubaï pour l’inauguration de la boutique. "Lorsqu’on fait du vélo on entretient son corps et on roule propre. En bref, ce sport remporte tous les suffrages" rappelle le cycliste. Même si aujourd’hui certains d’entre eux vivent à l’étranger une partie de l’année, chacun a investi la même part financière dans le projet.


Bike Generation n’est pas qu’une boutique. En effet, c’est le shop "Specialized". Le magasin met au service de la clientèle à la fois la marque américaine, mais il prépare, répare et conseil aussi les amateurs de vélo. "On a voulu faire un endroit où l’on puisse tout faire : s’équiper, échanger sur le sport et participer à des évènements" explique Wadih Bachour responsable du comité d’activité et de son développement au sein de BG. En effet, la boutique organisera bientôt des rendez-vous sportifs. "Notre but est de promouvoir le sport, que les enfants puissent, dès leur plus jeune âge, apprendre à faire du vélo avec ou sans leurs parents. On pense aussi à des balades, des circuits prédéfinis au Liban et, pourquoi pas, préparer des compétitions. Mais tout sera fait selon les capacités de chacun, avec trois niveaux différents. Bike Generation est là pour inculquer la culture du vélo" affirme Wadih.
"Ça ne peut que marcher, dans le sens où BG peut servir tous les budgets confondus" lance Tony.
De la finance, au luminaire en passant par la vente de produits dentaire, a priori rien n’associe Jean, Toni, Selim, ou Karim. Pourtant, plus rien ne les séparent lorsqu’il s’agit de selle, de roue, et de guidon.#]

Iloubnan.info

publié le 21 janvier 2010

La french touch à l’honneur lors de l’inauguration du Burj Khalifa

Le 4 janvier dernier, Dubai inaugurait la plus haute tour habité au monde culminant à 828 mètres. Le
spectacle son et lumière qui accompagnait l’inauguration du Burj Khalifa est l’oeuvre du français Pierre Marcout qui dirige la société Prisme International installée à Dubai. Salué par l’étranger, le savoir faire français n’a trouvé que peu d’échos dans les médias français où l’on s’est contenté de traiter l’événement sous l’angle encore une
fois de la démesure. On sait moins que la musique a été produite par Mick Lanaro et écrite par le Compositeur et Chef d’Orchestre français Hélène Blazy. La bande son du spectacle a été enregistrée en Studio avec l’Orchestre Symphonique de l’Opéra de Paris, 75 musiciens parmi les meilleurs au monde. Compositeur de nombreuses musiques de films, Hélène Blazy revient pour France-moyenorient sur l’inauguration du Burj Khalifa.

Comment avez vous été contacté pour participer à un tel événement ?

C’est Mick Lanaro, le réputé producteur français qui m’a appelée un mois avant l’inauguration pour écrire une grande partition symphonique. Nous avions déjà collaboré ensemble il y a quelques années. C’était une proposition inattendue et j’ai dû réagir très vite car les 75 musiciens de l’Opéra et le Studio étaient réservés pour enregistrer
trois semaines plus tard ! J’ai accepté dès que j’ai vu les photos de la Burj Khalifa , majestueuse, élégante aux lignes pures, elle m’a inspirée immédiatement. Le stress généré
par le manque de temps pour ce genre d’orchestration m’a demandé une grande concentration ! J’avais un Script précis à suivre, le ballet des fontaines, une atmosphère mystérieuse sur le lys du désert précédant le thème de la construction de la tour et enfin le final avec l’immense explosion du feu d’artifice.

Avez vous pu visiter le Burj Khalifa avant son inauguration ?

Non, je n’étais malheureusement pas invitée, je le regrette mais j’espère avoir un jour l’occasion de venir visiter les Emirats et monter au sommet de ce défi architectural,
Adrian Smith étant parmi les grands artistes de notre époque !

Les 828 mètres de hauteur vont t-il inspirer pour la composition de votre musique ?

Absolument, au milieu du Show pour évoquer la construction de la tour, j’ai pensé ma musique à la verticale, elle monte crescendo progressivement jusqu’au sommet étage par
étage. Je me suis volontairement inspirée de Serge Prokofiev pour ce passage, je voulais
faire entendre un Orchestre puissant, structuré, rythmiquement régulier et fort, telle
une machine infernale lancée à la conquête du ciel.

Etiez vous présente lors de l’inauguration ?

J’étais à Paris sous la neige ! et j’ai regardé les chaines françaises qui couvraient largement l’inauguration. Les commentaires étaient enthousiastes tant sur le spectacle
que sur la musique. Pendant 48h la "Burj Khalifa" a fait le tour de la planète avec des
images spectaculaires diffusées sur les chaines du monde entier, je ne pouvais rêver
émettre de si haut et je suis fière d’avoir participé à cet évènement !

Depuis plusieurs années, Abou Dhabi , Doha et Dubai accueillent des festivals internationaux de films. Avez vous des projets dans la région dans le domaine de la musique de films ?

Pas encore ici mais pourquoi pas, je suis ouverte aux propositions. Je travaille le plus souvent sur des Films qui se passent aux Etats-Unis, notamment " Murder on Sunday
morning" qui a reçu un Oscar en 2002.

Contact :
Agent Hélène Blazy

publié le 19 juillet 2014

La saison estivale à Abou Dhabi

L’émirat d’Abou Dhabi se prépare pour la saison d’été la plus exaltante, amusante et pleine d’évènements de tous les temps !
La saison d’été à Abu Dhabi - trois mois extraordinaires de divertissements, s’étendant du 5 juin au 31 août - qui propose du théâtre à succès, des spectacles de ballet international, des premières de films et de théâtre, des concerts de musique, des soirées de comédie, des illusionnistes, des spectacles de cirque contemporains, des évènements pour les enfants, les célébrations de la Coupe du monde, des offres lors du Ramadan le matin et le soir.

Il y a bien plus à Abu Dhabi cet été avec des activités dans tous les hôtels de l’émirat, dans les centres commerciaux ainsi que dans les parcs d’attraction. Des offres promotionnelles et des forfaits avantageux sont également à retrouver cette saison.
Du 6 au 16 juin à l’ADNEC
La saison d’été à Abu Dhabi démarrera avec un conte de fée. Le prestigieux Ballet royal de Moscou, avec deux solistes principaux venant du renommé Bolshoi, mettront en scène Cendrillon.
Du 12 juin au 13 juillet sur l’île de Yas
Le du Forum se verra transformé en le plus grand endroit de célébrations de la Coupe du monde de l’émirat. Il sera également le quartier des festivités du Ramadan. L’entrée est gratuite, avec une zone à thème réservée aux fans, une « heritage zone », un bazar intérieur, avec des zones séparées pour les dames, les familles et les fans de football. L’on vous y proposera également des offres lors du Ramadan le matin et le soir. Tout au long de la coupe du monde, les portes du du Forum s’ouvriront à 19h avec le premier match commençant à 20h, heure des E.A.U.
Du 31 juillet au 2 août à l’Emirates Palace
Le dessin animé le plus célèbre de l’émirat s’animera à l’Emirates Palace avec le tout nouveau théâtre familial « Freej Live Abood’s Dream », une expérience qui propose une pirouette culturelle locale, à ne pas rater. Suivez les singeries hilarantes de notre héros, Abood.
Du 8 au 18 août à l’ADNEC
Soyez stupéfait par le spectacle révolutionnaire Shadowland, de la troupe de danse acclamée dans le monde entier Pilobolus Dance Theatre, dans un mélange de théâtre d’ombres, de danse, de cirque et de concert.
Le 14 août à l’Emirates Palace
Quelques-uns des meilleurs talents et des anciens vainqueurs d’Arab Idol, d’Arabs Got Talent et de The Voice Moyen-Orient se donneront en concert à Abu Dhabi le temps d’une soirée. Ne manquez pas l’Arab Stars Showcase, avec Mohammad Assaf, Ahmed El Bayed et Mohammed Al-Dairi en direct du Palace.
Le 15 août à l’Emirates Palace
Appréciez, dans un style purement Bollywoodien, la star Sunidhi Chauhan et sa troupe de danse énergique.
Du 21 au 23 août à l’Emirates Palace
David Blaine : Réalité ou Illusion ? L’illusionniste mondialement renommé et artiste d’endurance fera ses débuts dans le Golfe arabique avec trois spectacles au Palace. Préparez-vous pour des exploits qui vous feront frissonner ainsi qu’un final à ne pas rater !
Du 21 au 31 août à l’ADNEC
Ne manquez pas le cirque théâtral contemporain La Verità, récompensé à plusieurs reprises, par le créateur de ‘Corteo’ du Cirque du Soleil. Vous y apprécierez une toile de fond immense et originale créée en 1944 par le peintre surréaliste espagnol, Salvador Dali.
Les 28 et 29 août à l’Emirates Palace
Les Nations unies de la Comédie reviennent dans les E.A.U une deuxième fois, avec un nouveau groupe de comédiens hilarants. Parmi les humoristes, vous retrouverez Nemr Abou Nassar, Aron Kader, Mo Amer, Fahad Al Butairi, Khaled Khalafalla, Amir K et Sammy Obeid.
Pour plus de renseignements, rendez-vous sur www.abudhabisummerseason.ae

publié le 20 janvier 2013

Lancement du chantier Louvre Abu Dhabi

[#La construction du Louvre Abu Dhabi peut désormais être lancée. L’entreprise Arabtec a été récemment désignée pour exécuter les travaux de ce musée, dessiné par Jean Nouvel, le concepteur du musée du quai Branly à Paris. Le contrat est évalué à 653 millions de dollars (490 millions d’euros).

Le Louvre Abu Dhabi, né d’un partenariat culturel entre la France et les Emirats Arabes Unies conclu en 2007, s’étendra sur une superficie de 24 000 m2 et sera coiffé d’une coupole de 180 m de diamètre.

En empruntant le nom du Louvre, Abu Dhabi pourra avoir accès aux collections du musée français le plus visité au monde afin de constituer des expositions temporaires dans les Emirats.

L’ouverture du musée est prévue pour 2015. Il s’inscrit dans la volonté politique de faire d’Abu Dhabi une destination touristique culturelle dans les prochaines années et ainsi diversifier son économie. Le musée national Zayed et un musée Guggenheim, du nom du musée d’art moderne situé à Bilbao en Espagne, devraient aussi voir le jour en 2017.#]

publié le 21 septembre 2013

L’Université Paris-Sorbonne Abou Dhabi accueille l’Age d’or de la Science arabe et islamique

L’Université Paris-Sorbonne Abou Dhabi annonce l’ouverture mardi 24 septembre de l’exposition Age d’or de la science arabe et islamique.
L’exposition mettra en lumière une sélection de réalisations scientifiques et intellectuelles des civilisations islamiques, des réalisations ayant toujours un impact énorme sur les civilisations à travers le monde, y compris l’étude du ciel, de la terre, de l’humanité et des arts et des sciences.

L’exposition est une première dans les Emirats et révèle un aperçu fascinant d’une ère de découvertes révolutionnaires et d’innovations par les intellectuels arabes et musulmans dans le domaine scientifique.
La période entre les 8e et 15e siècles a ainsi été marquée par de nombreuses percées intellectuelles qui ont encore une importance énorme dans la science moderne. L’exposition devrait attirer l’élite académique et des représentants de haut niveau des missions diplomatiques.

Dr Mugheer Khamis Al Khaili, Directeur général Abu Dhabi Education Council (ADEC) et vice-président du Conseil de gestion de l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi, déclare : « Cette vitrine scientifique et culturel prouve que le monde arabe a un héritage fort des contributions intellectuelles et humanitaires. Ces innovations profondes résonnent encore dans les communautés universitaires du monde entier. J’appelle tous les élèves de toutes les écoles et universités dans les Emirats Arabes Unis à venir redécouvrir les réalisations pionnières de nos ancêtres, de sorte que nous pouvons reconquérir notre place légitime en tant que meneur mondial et pionnier dans le domaine académique, tout en inspirant le reste du monde à suivre nos traces. » Le professeur Eric Fouache, vice -chancelier de l’Université, affirme : « Nous apprécions les contributions remarquables apportées par les penseurs arabes et musulmans fixant les bases modernes de la science et de l’art et, en accueillant cette exposition, nous allons réveiller la même soif des connaissances dans l’esprit des élèves contemporains. » “L’Université Paris-Sorbonne Abou Dhabi est un pont entre les civilisations en mettant en évidence le lien entre les penseurs anciens et modernes. Cela enrichira la compréhension des défis contemporains en réexaminant la richesse des connaissances que nous avons hérités des débuts scientifiques.” Une série de conférences scientifiques, des séminaires et d’ateliers sont organisés afin de compléter les connaissances et de sensibiliser les étudiants, avec la collaboration de chercheurs de renommée internationale.


Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 10 mai 2007

Le Cirque du Soleil présentera un spectacle permanent à Dubai

DUBAI (PC) - Un important promoteur immobilier privé accueillera un spectacle permanent du Cirque du Soleil, à Dubai, dans les Émirats arabes unis.

Le promoteur est Nakheel, qui construira un théâtre de 1800 places conçu par le Cirque du Soleil. Les deux entreprises ont conclu une entente initiale de 15 années, selon laquelle le spectacle prendrait l’affiche au quatrième trimestre de 2010.

Le Cirque du Soleil et Nakheel dévoileront prochainement les membres de l’équipe de création ainsi que le thème de ce tout nouveau spectacle, qui sera produit spécialement pour le site de Dubai.

Ce partenariat a été conclu dans la foulée du succès retentissant qu’a connu le spectacle de tournée « Quidam » du Cirque du Soleil, de passage à Dubai, en janvier 2007.

L’entente s’inscrit dans la stratégie à long terme de Nakheel visant à attirer à Dubai des projets de divertissement culturel de calibre international.

Source Corus Nouvelles

publié le 19 janvier 2009

Le Fayoum, escapade dans « le jardin de l’Egypte »

[#
Tant de choses viennent immédiatement à l’esprit quand on se prend à rêver de l’Egypte…
Les pyramides, le Nil, le Caire, la mer Rouge, Cléopâtre, le mont Sinaï, Louxor, le Sphinx,
Alexandrie, les Pharaons et les trésors hérités de l’Antiquité… On en oublierait presque que
cette terre abrite l’un des plus beaux déserts de la planète et de superbes oasis. A proximité du
Caire, il existe un lieu bien connu des égyptiens, idéal pour les voyageurs en quête de
tranquillité et de paysages à couper le souffle… l’oasis du Fayoum.

Une palette de couleurs pour des paysages extraordinaires

Cet endroit encore méconnu des touristes a pourtant beaucoup à offrir. Situé à environ 100 km
au sud-ouest du Caire, sur une superficie de 60 km, le Fayoum est réputé pour son incroyable
beauté et son climat toujours chaud même en hiver. Bassin fertile alimenté par les canaux du
Nil, la végétation y est luxuriante : figues, agrumes, olives, raisins, canne à sucre… y poussent à
profusion. Le Fayoum était d’ailleurs l’un des principaux greniers à blé du monde antique.
Coincé entre le désert libyque, le Nil et le lac Qarun, le plus grand lac salé d’Egypte, le Fayoum
offre des paysages exceptionnels où les couleurs changent sans cesse, passant du vert intense
de la végétation au bleu clair du lac, un contraste saisissant avec les dunes et les roches du
désert qui l’entoure. Le Fayoum est le lieu de villégiature et d’escapade privilégié pour les
Cairotes en quête de paix et de tranquillité.

Nature et histoire, la découverte au rendez-vous

Mais plus qu’un simple lieu d’excursion, le Fayoum propose une multitude de découvertes et
d’activités.
Les réserves naturelles : sur le lac Qarun, animé par le défilement des barques et des
pêcheurs, les visiteurs peuvent s’adonner à la voile, au windsurf, à la natation et bien sûr à la
pêche. L’oasis abonde en sources et chutes d’eau dont les plus célèbres sont celles d’Ain Al-
Siliyin et Wadi Al-rayan avec leurs paysages pittoresques, véritables refuges pour les amateurs
de l’observation des oiseaux et des animaux sauvages (fennecs, chacals, chats sauvages,
gazelles…). Dans la région des fossiles, à Wadi Al-Hitan, le sol de la vallée des baleines est
blanc. Les coquillages fossiles, parmi lesquels on trouve des dents de requin et des fossiles de
baleines, offrent un formidable témoignage de la présence de la mer qui recouvrait la région il y
a 40 millions d’années.

Les sites archéologiques : Le Fayoum abrite de nombreux sites archéologiques et monuments
antiques qui témoignent de l’héritage historique et culturel laissé par les pharaons, mais aussi
par les civilisations gréco-romaines, chrétiennes et musulmanes. Parmi tous les temples,
monastères, mosquées, pyramides et autres ensembles de ruines que compte l’oasis, le temple
de la cité antique de Karanis à Kome Aushim et les pyramides d’Amenmhet III et Senusert II
offrent une vue magnifique sur la région. Le Fayoum est célèbre pour ses portraits, les plus
anciens portraits peints qui subsistent. Les portraits du Fayoum, peints sur bois ou sur du lin,
recouvraient le visage des momies, et constituaient l’équivalent des photos d’identité, mais à
l’usage des dieux pour le voyage vers le royaume d’Osiris.

L’artisanat : La plupart des habitants des petits villages du Fayoum vivent de la fabrication de
paniers en feuilles de palmiers, de pots traditionnels en terre cuite et de savons faits à base
d’huile d’olive produite localement. Car le Fayoum est également célèbre pour ses produits
artisanaux, en particulier ses poteries qui sont admirées dans tout le Moyen-Orient, et dont
certains exemplaires sont exposés au Musée du Caire. A Tounès, une école de poterie a même
vu le jour pour les enfants du village. Les visiteurs de cet atelier peuvent acheter de belles
pièces rustiques, observer les techniques traditionnelles de poterie avant d’essayer d’en
fabriquer de leurs propres mains.

Le Fayoum est au coeur d’une des premières zones protégées d’Egypte qui a compris que son
avenir se jouait aussi dans la conservation de la nature et le développement de l’écotourisme.
Territoire de contrastes aux paysages ahurissants, proche du Caire et encore peu exploré par
les touristes, le Fayoum est un site exceptionnel riche de vestiges du passé.

À propos de l’Egypte

Bordée par la Mer Méditerranéenne au nord et par la Mer Rouge au sud est, l’Egypte est l’écrin
de trésors cachés. Bercé par ses mythologies pharaoniques, ce territoire aux multiples facettes
offre un patrimoine historique, culturel et géographique d’une extrême richesse. L’Egypte est
également le point d’ancrage privilégié de récifs coralliens et de stations balnéaires de luxe.
L’Egypte est la toile de fond idéale pour des vacances ensoleillées tout au long de l’année et offre
à ses visiteurs des séjours de qualité à des prix très compétitifs.
#]

Pour de plus amples informations :
Bureau du Tourisme d’Egypte
Tel : 01 45 62 94 42 - Fax : 01 42 89 34 81
www.egypt.travel

Contacts presse :
Fleishman-Hillard
Emilie Demange / Julien Vuidard
Tel : 01 47 42 91 17 – Fax : 01 42 66 39 59 - Email : vuidardj@fleishman.com

CMC
Catherine Magnien / Grazyna Bilinska
Tel : 01 56 81 31 21 – Fax : 01 56 81 31 20 – Email : cmagnien@cmcrp.fr

publié le 14 janvier 2016

Le Louvre Abou Dhabi inauguré en décembre 2016

L’inauguration du Louvre Abou DHabi est désormais fixée au 2 décembre 2016, jour de la fête nationale des Emirats arabes unis, alors que le calendrier initial prévoyait une ouverture en décembre 2015. Mais peut importe, les travaux de l’édifice sont terminés. Le dôme est posé, les salles d’exposition, les espaces d’accueil ainsi que l’administration sont achevés, il ne reste que la mise en place des œuvres et à organiser les départements selon les schémas imaginés.

Coiffé de sa coupole d’inox scintillant sous le soleil et percée comme une résille pour laisser pénétrer des rayons de lumière naturelle, l’édifice de 50 000 mètres carrés, et d’un coût de 500 millions d’euros, ressemblera à une médina. Une ville arabe éclatée en cubes blancs, entre lesquels le visiteur se promènera à son gré, flânant de vitrine en vitrine. Avec toujours, au bout de chaque « ruelle » ou passage aménagé entre les « quartiers », la mer en perspective. « Nous avons choisi de raconter l’histoire de l’homme à travers l’art, indique-t-on chez TDIC, l’entreprise émiratie qui gère le chantier.

Nous voulons une collection cohérente, nous avons acheté ce qui nous semblait pertinent. Mais quand le musée ouvrira, seulement un tiers des collections nous appartiendra. » Le reste viendra de douze musées français réunis au sein de
l’Agence France-Muséums. Cette dernière organise les échanges entre Paris et Abu Dhabi et veille à ce que le savoir-faire français soit transmis. L’île de Saadiyat qui
accueille le Louvre du sable et qui s’étend sur 2 700 hectares est destinée à devenir « l’Île aux musées ». D’ici à 2020 elle comptera entre autres un musée national signé
Norman Foster, un Guggenheim de Frank Gehry, une salle de spectacle conçue par Zaha Hadid, et un musée de la Marine dessiné par Tadao Ando.
Source : Chambre de Commerce Franco-Arabe

publié le 24 août 2008

Nour » fait rêver les téléspectateurs du monde arabe

On ne parle que d’eux : Nour et Mohannad sont les héros de « Nour », feuilleton turc doublé en arabe qui tient en haleine depuis des mois des millions de téléspectateurs au Liban et dans tout le monde arabe. De Beyrouth à Alger, en passant par Ramallah ou Djeddah, ils sont des millions à ne pas rater un seul épisode de cette saga familiale qui raconte les péripéties d’un jeune couple turc tiraillé entre tradition et modernité.

Dans une rue de Saida, dans le sud du Liban, des jeunes filles libanaises contemplent des affiches représentant les héros du feuilleton turc ’’Nour’’(photo ci-contre)

"J’adore !" s’exclame Safaa Abdel Hadi, une Cairote de 65 ans, a propos du feuilleton « Nour » . "C’est aussi glamour que les feuilletons mexicains ou américains, et en plus, la famille dans ’’Nour’’ est musulmane, on a donc plus d’affinités avec les personnages". Ibtissam Issa, ménagère libanaise de confession chrétienne, renchérit : "Ils nous ressemblent... J’aime leur attachement à la tradition et leur solidarité en tant que famille". La série montre toutefois une femme qui quitte la maison conjugale avec son bébé pour vivre seule dans un appartement et une autre femme qui tombe enceinte avant le mariage, de quoi choquer certains fans. "Il ne faut pas se leurrer, le feuilleton reflète bien une culture et des problèmes occidentaux, pas les nôtres", affirme Nadia Abdel Rahmane, une Egyptienne de 34 ans.

Pour ne pas heurter les "sensibilités" du public arabe, la société de doublage à Damas a pris soin de censurer les passages intimes dits "inappropriés". "Sama production" a réussi un coup de maître en choisissant de doubler en arabe parlé, moins cérémonieux que l’arabe littéraire, avec l’accent syrien, apprécié des téléspectateurs arabes en raison des feuilletons syriens à succès des dernières années. Et c’est surtout l’acteur Kivanç Tatlitug, alias Mohannad - blond, yeux bleus, sourire ravageur - qui fait palpiter le cœur de ces dames, au point que des télévisions arabes ont fait état de demandes de divorce de maris... jaloux. Le phénomène est tel, que le mufti d’Arabie saoudite a lancé récemment une fatwa contre ce feuilleton jugé "subversif" et "anti-islamique", affirmant que toute chaîne qui le diffuse est "ennemie de Dieu et de son prophète". Paradoxalement, c’est bien une chaîne satellitaire saoudienne, la MBC, qui diffuse la série et qui a même organisé un dîner à Dubaï en l’honneur des deux acteurs principaux au printemps dernier, provoquant une hystérie générale.
AFP

publié le 16 décembre 2007

Orient déserté de ses danseuses...

par Yves Gonzalez - Quijano


"Elle finit par se plaire au singulier jeu de se balancer, à droite, à gauche, les genoux écartés, la taille roulant sur les reins, avec le frémissement continu d’une almée dansant la danse du ventre." É. ZOLA, Nana, 1880.
( ci-contre Danseuses à Baghdad, VIIIe siècle)

Francisation du mot ’âlima (عالمة : "savante", experte, en danse mais aussi en chansons et autres savoirs utiles en société), l’almée n’existe plus guère que dans les dictionnaires. Les almées d’aujourd’hui, on les trouve surtout dans les académies de danse orientale des pays... occidentaux ! Dans les cabarets du Caire et d’ailleurs, elles sont le plus souvent russes ou ukrainiennes... Depuis les années 1990 en effet, les danseuses d’Orient sont victimes d’une blonde concurrence étrangère qui, bien souvent, accepte de se produire pour des prix très largement inférieurs et dans des tenues encore plus suggestives.

A la fin de l’année 2005, les services officiels égyptens - la profession est réglementée en Egypte - dénombraient ainsi un peu moins de 500 professionnelles locales contre plusieurs centaines d’étrangères, illégales pour la plupart même si 150 d’entre elles étaient dûment enregistrées. En 2003, le ministère du Travail avait bien tenté de mettre un terme à cette invasion en interdisant aux étrangères la pratique de la danse orientale (voir cet article en arabe sur le siteislam-online). Mais la mesure avait dû être levée, en septembre 2004, sous la pression des professionnels du tourisme en mal d’animatrices pour les soirées organisées à l’intention des touristes de passage !

Héritières d’une longue tradition savamment glosée par les auteurs de l’époque classique arabe mais aussi invention du regard orientaliste, les "danseuses du ventre" de la colonisation européenne restent au coeur de toutes les contradictions : femmes dévergondées, esclaves du plaisir des hommes, qui se vendent au pouvoir, elles sont également celles qui témoignent d’une liberté et d’une sexualité que les conventions sociales ne pourront jamais totalement réduire...


Pourtant, à l’image de la célèbre Fifi Abdo qui s’entête à défendre son art, tant contre les attaques du Syndicat des artistes que celles des pudibonds qui suggèrent aux nécessiteux d’éviter de s’asseoir aux "tables de charité" qu’elle finance, en bonne musulmane, à l’occasion de ramadan, les grands noms de la danse orientale appartiennent au passé. Bien sûr, les feuilletons continuent à comporter leur lot de déhanchements obligés, mais à lire cet article publié dans al-quds al-’arabi, tout le monde se rend bien compte que ces séquences ne servent qu’à faire durer des séries interminables et que celles qui se trémoussent sans âme n’aspirent à rien d’autre qu’à attirer l’oeil d’un éventuel producteur fortuné.


Signe que cet art est en passe d’être momifié en folklore, la vie d’une des grandes vedettes du genre, Tahia Carioca, devrait faire l’objet d’un feuilleton (article dans al-akhbar) si les prétentions financières des héritiers ne sont pas trop exorbitantes. Mais qui pourrait tenir son rôle ? Nadia El Guindy en principe, au grand désespoir de Fifi Abdo d’ailleurs, mais elle approche tout de même de ses 70 ans ! Et quelle image de Tahia Carioca diffusera-t-on sur les petits écrans ? Celle de la femme repentie, fervente musulmane de ses dernières années ou celle de la femme libre, avec ses 14 maris et ses engagements politiques qui lui valurent de connaître la prison du temps du roi Farouk, puis de Nasser et de Sadate ?

Le bel hommage posthume à "cette grande figure Nanaesque" adressé en 1999 par l’auteur de L’Orientalisme, Edward Said, lui-même décédé depuis, résonne dans un théâtre vide, déserté de ses danseuses.


(...) La vie et la mort de Tahia symbolisent l’incroyable volume de tout ce qui, dans notre vie de cette région du monde, n’a tout simplement jamais été ni enregistré ni préservé, malgré les vidéos qui vont sans doute se multiplier, malgré les rétrospectives de ses films, les cérémonies commémoratives où l’on fera son éloge comme on a pu faire celui de sa grande rivale, Samia Gamal, dont le cortège funéraire fut interdit il y a quelques années. Il n’existe aucune filmographie détaillée de Tahia, aucune bibliographie, aucune biographie digne de ce nom, et il n’y en aura probablement jamais. De tous les pays arabes que je connais, aucun ne dispose d’archives d’Etat en propre, de bureau des archives publiques, ni de bibliothèque officielle, pas plus qu’ils n’exercent de contrôle adéquat sur leurs monuments, leurs antiquités, l’histoire de leurs villes, les œuvres d’art architectural particulières telles que les mosquées, les palais, les écoles. Cette prise de conscience ne saurait en rien susciter un sentiment moral, mais évoque une histoire fourmillante, qui déborde de la page, s’étend au-delà du champ visuel et auditif, en devient hors de portée, largement irrécupérable. Pour les Arabes d’aujourd’hui, Tahia me semble incarner cette vie poussée au-delà des limites.

("Hommage à Tahia Carioca", Courrier international, 10 novembre 1999)

Un peu de la mémoire de ce passé, malgré tout, sur cette charmante vidéo qui réunit les deux éternelles rivales, Samia Gamal et Tahia Carioca.Et l’intégralité de l’hommage (en anglais) à Tahia Carioca écrit par E. Said en 1999.


Source : http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/

publié le 31 mai 2007

Société : La fièvre du portable en Egypte

Etisalat, compagnie des Emirats, lance le 3ème réseau de téléphonie mobile en Egypte, éveille la concurrence et met le feu au marché. Bénéficiaire d’une licence de 15 ans, comme ses compétiteurs, d’une valeur de 16,7 milliards LE (environ 2,9 milliards US $), ce 3ème opérateur veut attirer une partie de la clientèle de ses concurrents, grâce aux mêmes services et ceux de "troisième génération"

En 2003, l’Egypte est devenue un des premier pays du monde à compter davantage d’abonnés à la téléphonie mobile qu’au téléphone fixe. Avec 20 millions d’abonnés, soit 25.5% de la population, Etisalat pense que le marché est encore prometteur.

La Rue Abdel Aziz, est un témoignage de la fièvre du pays. Les magasins d’électro-ménager sont devenus vendeurs de mobiles. Leurs enseignes sont des publicités géantes aux couleurs très vives qui vantent les lignes des trois compagnies. Une foule énorme, toute la journée, suit les dernières modifications de prix et de matériels et fait jouer la concurrence. A l’approche d’une de ces boutiques, un vendeur court et demande si vous souhaitez un cellulaire neuf ou d’occasion. D’autres troquent l’ancien appareil pour un neuf, plus sophistiqué. Un grand souk d’accessoires se trouve en pleine rue : coques, écouteurs, chargeurs, etc. Les offres des chaînes se développent, dans les quartiers chics du Caire, "Mobile Shop" offre chaque jour des appareils avec plus d’options.

Un pour le travail, un pour la famille, un pour la petite amie
Le mobile est devenu la préoccupation majeure des gens et notamment des classes inférieures. Etudiants et écoliers échangent des sonneries, des vidéo clips et les dernières chansons. Dans cette couche sociale, le budget de la téléphonie portable constitue une dépense très importante. En 1999, une association contre les portables s’est formée pour combattre ce fléau. Elle a disparu, chacun trouvant ses satisfactions : travail, informations, musique, vidéo, photo, agenda... Sur les tables, chacun expose deux ou même trois portables ; un pour le travail, un deuxième pour la famille et les amis, et le dernier pour la petite amie.

Les bruits, les chansons et même les appels aux prières se multiplient pour limiter l’usage exagéré malgré toutes les interdictions : dans les classes des écoles, les conférences, au cinéma, dans les lieux de cultes et même durant des funérailles.
Etisalat et Vodafone sont les héros de la 3G, mais la nouvelle technologie attirera-t-elle un nombre d’usagers aussi important que le GSM ? Ou se limitera-t-elle à une catégorie sociale aisée ? Mais, on voit déjà sur les bureaux, des portables avec écran large, des écouteurs et des employés regardant béatement ces lanternes magiques.

publié le 13 juillet 2010

Un art sans frontières ? L’art arabe face au marché global

par Yves Gonzalez-Quijano

[#Dans le monde arabe, le grand public le connaît pour son talent de dessinateur de presse car il a longtemps travaillé pour Al-Khaleej, un des grands quotidiens de la région, jusqu’à ce qu’on lui refuse la marge de liberté qu’il jugeait nécessaire à l’expression de son talent. En Syrie, pays dont il s’est “tenu à l’écart” pendant 25 ans et qu’il n’a retrouvé qu’en 2005, Youssef Abdelké (يوسف عبد لكي Yusuf Abdelki) est avant tout une des figures les plus importantes du monde de l’art, pour son œuvre plastique bien entendu, mais aussi pour son itinéraire personnel (voir cet article en anglais dans Al-Ahram) et encore plus encore pour sa capacité à réfléchir sur les conditions sociales et politiques de la pratique artistique.#]

Autant dire que la violente diatribe qu’il a publiée (en arabe : “Les fondements monétaires de l’esthétique céleste de Khaled Samawi”) il y a quelques semaines dans le quotidien libanais Al-Safir n’est pas passé inaperçue. A travers la personne de Khaled Samawi (خالد السماوي), le propriétaire de la galerie Al-Ayyam qui a ouvert à Damas en 2006 et qui est désormais au cœur du boom, artistique et financier, de la peinture arabe contemporaine (voir ce précédent billet), Youssef Abdelké pose en fait la question du devenir d’un art arabe contemporain arrivé à la croisée des chemins.

Pour ne pas s’en tenir à “l’écume des choses” et comprendre les véritables motivations de cet artiste lorsqu’il déclenche cette polémique, il faut probablement revenir à un autre article, un peu plus ancien publié en décembre 2009, toujours dans Al-Safir. “Un art sans frontières (فــن بــلا حــدود) propose en effet une analyse de l’art arabe contemporain qui associe optimisme et pessimisme, une appréciation extrêmement positive de la scène artistique arabe et une inquiétude manifeste sur son devenir. Ci-dessous un résumé qu’on espère fidèle aux idées de l’auteur (du moins c’est ce qu’on espère), mais pas nécessairement à la lettre de son texte.


Abdelké ouvre sa contribution par le constat de la vitalité (حراك) de l’expression plastique dans le monde arabe. Une vitalité dont témoignent les nombreuses biennales qui sont organisées dans la région et qui révèlent un tournant artistique, le tableau de chevalet cédant de plus en plus la place à d’autres techniques en lien avec les pratiques actuelles dans le monde.

Sur la scène plastique arabe, toujours selon Abdelki, les premières décennies du XXe siècle ont ainsi été “hantées” par le désir d’assimiler les techniques occidentales, en lien avec une gamme de sujets incontournables (portraits, natures mortes, etc.). Face au désir d’identification (تماه) avec l’Autre tout-puissant, les pratiques plastiques héritées du passé ont pu sembler avoir perdu tout leur attrait. Mais vers le milieu du siècle, dans le contexte des indépendances, de nouveaux courants ont vu le jour, s’efforçant de concilier techniques occidentales et identité locale en exploitant l’héritage plastique arabe, musulman et même antique (pharaonique, byzantin, assyrien…). A cette époque également, et dans le contexte bien particulier de la guerre froide, a surgi l’opposition entre les tenants de “l’art pour l’art” – et de l’abstraction – d’un côté, contre les partisans de “l’art au service du peuple” et du réalisme, de l’autre.

La tension entre ces deux grandes tendances n’a cessé de se perpétuer, si ce n’est qu’une évolution a fini par s’affirmer de manière de plus en plus manifeste, avec l’apparition de nouvelles pratiques en rupture avec la peinture de chevalet. L’essor des vidéo-art, des installations rendait vaines toutes les discussions sur la spécificité de l’héritage plastique local, sur le réalisme et l’abstraction, sur l’intégration de pratiques esthétiques populaires traditionnelles… Si toutes les écoles pouvaient se reconnaître dans ces nouvelles formes artistiques, elles reflétaient également – c’est Abdelki qui s’exprime ! – un fossé croissant entre les intentions de l’artiste et les réceptions du public.

La scène plastique qui s’est ainsi constituée resterait marginale si elle ne recevait deux soutiens importants : celui des biennales arabes (avec leurs délégués occidentaux qui ne retiennent que ce type d’œuvres), et celui des institutions étrangères dont l’intervention, comme dans d’autres domaines (droits de l’homme, de la femme et autres questions sociétales), influe sur l’évolution naturelle des choses. Il va de soi, souligne Abdelki, que ces pratiques esthétiques sont parfaitement légitimes, mais elles posent la question de leur réception dans leur société d’origine (tout comme les pratiques des pionniers de l’art arabe moderne d’ailleurs, lorsqu’ils s’identifiaient totalement avec les formes occidentales).

Le marché reflète, lui, une réalité toute différente, en ce sens que le tableau y règne en maître, au détriment des formes d’art conceptuel. Il consacre les artistes disparus, et incorpore à petites doses des créateurs actuels, par le jeu de la publicité et des ventes aux enchères organisées par les grandes maisons internationales (Christie’s, Sotheby’s…). En d’autres termes, le marché règne sur les artistes, un marché qui se moque des choix esthétiques et qui ne retient comme seul critère que les bénéfices potentiels d’un investissement financier.


La “carte de l’art arabe actuel” est donc aujourd’hui parfaitement inédite, conclut Abdelki. La recherche d’une inspiration locale, puisée dans l’histoire de la région, a fait place à une identification totale avec l’Occident, en lien avec la domination du marché et alors que le soutien de la puissance publique a disparu depuis longtemps. Si les artistes avaient su résister aux intrusions étatiques dans leur pratique artistique, rien ne dit qu’ils sauront faire face aux assauts de l’argent roi. On peut seulement penser que, comme lors des générations précédentes, certains se contenteront de profiter de la situation en tirant leur épingle du jeu. On peut aussi espérer qu’ils seront quelques-uns à montrer plus de maturité et à faire entendre la voix de l’art.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 21 mars 2014

Un opéra de 2.000 places à Dubaï

Dubai Opera dans le quartier Opéra en centre-ville de Dubaï prendra la forme d’un boutre traditionnel. La ville apportera ainsi une contribution durable aux arts de la scène et des événements avec un ensemble d’une capacité de 2.000 places pour l’organisation d’opéras, de pièces de théâtre, de concerts, d’expositions d’art, de séances de cinéma et d’autres événements dans l’Opera District, le tout nouveau développement d’Emaar Properties.

L’initiative permettra de promouvoir les arts, la culture et les événements à Dubaï tout en assurant les échanges mondiaux et la promotion des talents locaux. Le quartier de l’Opéra disposera aussi d’hôtels de luxe, d’appartements résidentiels, d’un centre commercial, d’espaces de loisirs et de parcs. Dubai Opera, un chef-d’œuvre technologique, sera doté d’une technologie audio-visuelle ultramoderne soutenant une expérience inégalée des événements.
A l’entrée du Boulevard Mohammed Bin Rashid Boulevard, l’artère principale de Downtown Dubai, le quartier de l’Opéra fait face à la Burj Khalifa, le plus haut bâtiment du monde, Burj Park, et la fontaine de Dubaï.
Prévu d’être tout aussi emblématique en apparence que le Sydney Opera House, Dubai Opera adoptera la forme des bateaux à voile traditionnels du Golfe arabe, synonymes de la célèbre crique de Dubaï.
Mohamed Alabbar, président d’Emaar Properties, déclare : « Le projet met en évidence la vision de Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, Vice- président et Premier ministre des Emirats arabes unis et Souverain de Dubaï, pour développer une communauté culturelle dynamique et des événements encourageant nos talentueux artistes locaux et les échanges culturels. »
Downtown Dubai bénéficie déjà de références claires en matière des arts et de la culture. La communauté accueille ainsi plusieurs œuvres d’art exquises, y compris Al Sidra, une sculpture en bronze du sculpteur koweïtien Sami Mohamed Al Saleh, deux sculptures de l’artiste syrien Lutfi Romhein, et des œuvres par des sculpteurs espagnol, sud-africain et sud-coréen.

– Source : WAM

publié le 8 novembre 2012

Une chanson pour Gaza : le Crif pour la censure ?

par Alain Gresh

[#La liberté d’expression a des limites, tout le monde vous le dira. Il est bien sûr légitime de publier des caricatures du Prophète de l’islam, de conspuer l’islam à longueur de colonnes, de considérer les musulmans comme des « ennemis de l’intérieur » qu’il nous faut dénoncer, en revanche, critiquer Israël devient de plus en plus risqué.#]

[#Dans un article publié le 15 octobre sur le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Une chanson qui risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes », l’auteur prend à partie la chanson « Une vie en moins », du groupe Zebda, dont les paroles ont été écrites par Jean-Pierre Filiu. Il écrit :

« Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, “Une vie de moins”, qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel “Celui qui tue un homme tue toute l’humanité”. »

Ainsi donc, les auteurs de la chanson ne sont pas seulement des anti-israéliens, mais des antijuifs, soit des antisémites. Accusation qui devient habituelle contre tous ceux qui critiquent la politique de l’Etat d’Israël. L’auteur de ce texte ne réalise pas (ou peut-être, au contraire, le fait-il délibérément) le danger qu’il y a à assimiler Israël aux principes du judaïsme. L’armée israélienne, qui envahit le Liban en juin 1982, qui réprime par la force les Intifadas, qui attaque encore le Liban en 2006, défend-elle les valeurs du judaïsme ? L’Etat qui a utilisé la torture à grande échelle défend-il la valeur supérieure de la vie humaine ? En le prétendant, l’auteur favorise tous les amalgames entre Israël, le judaïsme et les juifs du monde, pris en otage par une politique dont ils ne portent pas la responsabilité.

Dans l’introduction de l’article, il est précisé que « Richard Prasquier a adressé une lettre à Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, à propos de la nouvelle chanson du groupe Zelda “Une vie de moins”. Nous publierons cette lettre dans une prochaine newsletter. » Et le site du CRIF a publié « Incitations à la haine » de son inénarrable président. Ce n’est pas une lettre à France Télévisions ; en revanche dans cet éditorial, l’auteur reproche à la chaîne d’avoir diffusé la chanson. « On pourrait penser, dans le contexte actuel, que chacun dans son domaine prendrait garde à ne pas ajouter de l’huile sur le feu qui flambe de l’antisémitisme. Que non ! Au contraire peut-être. Il convient avant tout de montrer que cet antisémitisme — pardon cet antisionisme, vous demanderez la différence à ceux qui hurlent contre les “yahoud” — est au fond justifié. Et France Télévisions se prête au jeu. Vous avez dit “irresponsable ?”… » Donc, il faut interdire la chanson...

Cette campagne contre Zebda et Jean-Pierre Filiu s’est intensifiée sur toute une série de sites pro-israéliens. Le comble de l’ignominie allant à Sylvie Bensaid de Tribune juive (24 octobre) qui résume la chanson : « Traduisons : Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens. »

Elle ne déshonore que ses auteurs.

Une seule réponse, écouter cette chanson et la diffuser.

#]

publié le 22 mars 2014

Yarmouk et ses images

par Yves Gonzalez-Quijano

Comment ne pas s’interroger en voyant cette photographie anonyme prise lors d’une distribution de nourriture dans le camp de Yarmouk, dans la banlieue de Damas ? Dans Le Nouvel Observateur, Sylvie Duyck propose son commentaire sur « l’incroyable destin » de cette image. On rappellera avec elle que le premier scandale, c’est tout même que ceux qui se pressent dans ce paysage de fin du monde, ce sont les réfugiés palestiniens et leurs descendants, victimes d’un injustice auquel le monde, depuis 1948, n’a pas voulu apporter de solution.

Interrogeant le porte-parole de l’UNRWA qui revient notamment sur les circonstances du cliché et sur son authenticité, la journaliste se demande si cette image, dont la force résiderait « en partie dans le fait qu’elle est diffusée par l’ONU, à l’abri de la moindre récupération politique », ne constitue pas un tournant dans le terrible conflit syrien, un tournant capable de faire basculer l’opinion et de permettre l’arrêt des combats. On voudrait l’espérer avec elle, mais on n’ose plus tenir le compte des « tournants » de ce conflit depuis plus de trois ans. Elle évoque aussi la « sidération », cette stupeur qui peut aller jusqu’à la « suspension brusque des fonctions vitales » selon la définition du dictionnaire que provoque, chez ceux qui la découvrent, cette photographie.

Un choc émotionnel, par conséquent, un effroi moral qui, nécessairement, s’accompagnent d’une lecture politique. En effet, quand bien même la terrible image est-elle mobilisée par l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA), rejointe par 130 autres organisations, dans le cadre d’une campagne humanitairevisant à convaincre l’ensemble des belligérants de laisser passer les convois d’aide à destination des civils, on a rapidement pu constater que les acteurs du conflit se sont efforcés, de chaque côté, d’utiliser à leur profit l’émotion suscitée par la situation des habitants de Yarmouk. Le 20 janvier par exemple, le site du quotidien Le Monde titrait ainsi, assez brutalement, sur « le calvaire des réfugiés de Yarmouk affamés par le pouvoir syrien » alors que l’article expliquait que si la plupart des Palestiniens vivant dans ce « verrou stratégique » s’étaient efforcés de rester à l’écart du conflit, des éléments armés avaient fini par s’engager, du côté des forces gouvernementales ou des rebelles. Le camp lui-même était d’ailleurs passé sous le contrôle de « brigades radicales » en décembre 2012. De la même manière, les accusations des autorités de Damas contre des forces rebelles qui auraient ouvert le feu sur les convois de distribution d’aide ont provoqué, quelques jours plus tard, des batailles de communiqués, dans les médias traditionnels et plus encore au sein des réseaux sociaux.

Naturellement, au cœur de ces affrontements à propos de la situation dans ce « quartier palestinien » de Damas, on trouve une puissante charge symbolique. « Capitale » palestinienne en Syrie – le pays, il faut le rappeler tout de même, où la situation des Palestiniens réfugiés n’était pas la pire –, Yarmouk draine en effet les multiples enjeux émotionnels d’une « cause arabe » dont certains s’étaient imprudemment aventurés à affirmer qu’elle avait (fort opportunément) disparu avec le « Printemps arabe ». Même dans les propos en principe policés de Filippo Grandi, le Commissaire général de l’UNRWA, l’absurdité atroce de la situation des réfugiés de Yarmouk ressurgit lorsqu’il se fait le relais du désespoir d’une de ses habitantes, Oum Ahmed : « I am a Palestinian refugee, what is our fate ? What are we supposed to do, where are we supposed to go ? What is the solution for us Palestinians ? »


C’est naturellement pour les Palestiniens eux-mêmes, où qu’ils se trouvent, que la vision de ces scènes de souffrance est la plus révoltante. Cette émotion est d’ailleurs probablement à l’origine d’une courte vidéo dont la diffusion, il y a quelques jours, a suscité des critiques d’une étonnante violence. Sous le titre Yarmouk, cette courte fiction (visible à la fin de ce billet) raconte l’histoire d’une famille palestinienne réduite à une telle misère que le père se trouve contraint, pour assurer la survie des siens, de « vendre » une de ses filles. Si l’histoire est loin d’être sans fondement – ce type de mariage concernerait ainsi une fille sur cinq parmi les réfugiés syriens en Jordanie selon un rapport de l’UNICEF –, il faut bien reconnaître que c’est à peu près le seul élément à peu près « réaliste » du récit. Le traitement de l’histoire n’est en effet guère crédible, y compris pour ce qui est de la scène où « l’acheteur », un homme du Golfe, ne donne que la moitié de la somme convenue après avoir découvert que l’adolescente n’a pas une bonne dentition.

Mais pour le scénariste du film, Saleh Bakri, ou pour son père, Muhammad Bakri, célèbre acteur et militant palestinien (porteur de la citoyenneté israélienne) qui joue le rôle principal de ce court métrage dans lequel interviennent également plusieurs autres membres de la famille – de tels reproches n’ont aucun fondement. En effet, le récit filmique n’a aucune prétention au réel mais se veut au contraire symbolique (voir cet article, en arabe, dans Al-Akhbar). C’est d’ailleurs à la suite de l’émotion suscitée par la situation des Palestiniens en Syrie que le titre aurait été choisi, mais sans être précédé de l’article défini, de manière à laisser entendre qu’il s’agit de n’importe quel camp et surtout pour jouer sur les différents sens du mot en arabe (yarmouk, « ils te tirent dessus » en dialecte), pour un film qui s’ouvre sur une dédicace « à la nation arabe » (ilâ al-umma al-’arabiyya). Ils ajoutent qu’on ne saurait juger de leurs intentions à partir de la seule version qui a été diffusée sur Internet, contre leur volonté, car elle n’est pas achevée et ne devait servir qu’à trouver des financements pour achever le projet, imaginé bien avant les événements du « Printemps arabe ».

Autant d’explications, et même de justifications, qui peinent à contrecarrer le flot de protestations, et même d’insultes, lancées à l’encontre d’une famille d’artistes palestiniens, célèbres pour leur engagement. Entre autres « combats », Muhammad Bakri a livré une longue bataille judiciaire en Israël pour que son film sur les exactions de l’armée israélienne dans le camp de Jénine n’y soit pas censuré [le film, dont on se souvient qu’il a été déprogrammé par Arte est visible ici).

Outre l’attaque du réalisateur palestinien Nasri Hajjaj (longuement cité dans cet article en arabe) qui a lancé la polémique et qui a apparemment aussi mis en ligne sur Internet le court-métrage, les critiques à l’encontre de Yarmouk ne manquent pas d’arguments. Dans Al-Quds al-’arabî, un articledu Palestinien Salim El-Beik « exécute » un film qu’il juge non seulement médiocre mais surtout politiquement scandaleux tant il revient à épouser le point de vue des autorités syriennes. Ce raisonnement se retrouve d’ailleurs dans la plupart des interventions (ici par exemple, dans le même quotidien) : faute de toute mise en contexte (la « révolution syrienne » y est ainsi présentée par les termes d’ « événements sanglants »), et sans mention des vrais responsables du siège de Yarmouk – l’armée syrienne en l’occurrence –, Saleh Bakri et les siens se rangent totalement, et d’une manière totalement inacceptable pour leurs nombreux critiques, sous la bannière du tyran de Damas… Plus grave encore, manifester de la sorte une « pitié » généreuse et larmoyante pour les Palestiniens de Yarmouk (sur fond de Wagner !), c’est, pour beaucoup également, faire injure à leur dignité et insulter leur courage dans l’adversité (ce point est évoqué, pour le réfuter par Muhammad Bakri dans unentretien publié par le quotidien Al-Akhbar).

Huit minutes d’images seulement, qui ne mériteraient pas qu’on s’y arrête tant il s’agit, à l’évidence, d’un brouillon inachevé et même manqué. Huit minutes d’images qui, en définitive, en disent bien moins sur Yarmouk que sur les terribles déchirements que continue à susciter, au sein des gauches arabes, le cours qu’ont pris les combats nés des soulèvements populaires en Syrie.

publié le 18 janvier 2009

Yehoshua (en 2004) : “On ne le souhaite pas, mais ce sera une guerre de nettoyage.”

[#Responsable de la page culturelle du quotidien Al-Hayat, Abdo Wazen (عبده وازن) a publié à propos de Gaza un article, traduit par Courrier international.

Le poète - qui a connu il y a quelques années des problèmes avec la censure pour un recueil (Le Jardin des sens حديقة الحواس ) un peu trop audacieux sur le plan des moeurs - s’en prend violemment à Amos Oz, David Grossman et autres A.B. Yehoshua. Les représentants du « plus beau visage d’Israël » - comme on peut le lire dans cet article publié sur le site littéraire du Nouvel Observateur à l’occasion du dernier Salon du livre de Paris dont Israël était l’invité d’honneur - se font aujourd’hui sans nulle honte les propagandistes d’une attaque proprement monstrueuse contre une population civile qui n’a aucun moyen de se défendre ou même de fuir les combats, prisonnière qu’elle est dans son ghetto.

A.B. Yehoshua, David Grossman et Amos Oz sont considérés comme faisant partie du “camp de la paix”. Voilà pourtant les propos que tenait A.B. Yehoshua dans le quotidien israélien Haaretz, le 19 mars 2004. Ils inquiètent sur ce qui se passe dans la tête de certains intellectuels de ce pays, et ils obligent, à tout le moins, à se poser des questions sur le camp qu’ils ont choisi.

Il se peut qu’il y ait un jour une guerre contre les Palestiniens. Ce n’est pas certain mais ce n’est pas exclu. Mais si une telle guerre a lieu, elle sera très courte. Une guerre de six jours, peut-être. Quand on aura évacué les colonies, quand on aura cessé d’être une armée d’occupation, les règles de la guerre seront différentes. Nous déploierons toute notre puissance. Nous n’aurons plus besoin d’aller chercher tel terroriste ou tel meneur, nous emploierons la force contre la population toute entière. Nous interviendrons de façon différente… Ce sera une guerre totale… Elle sera beaucoup plus dure pour les Palestiniens. S’ils tirent des roquettes Qassam sur Ashkelon, nous couperons l’électricité à Gaza. Nous couperons les communications hertziennes à Gaza. Nous priverons Gaza d’essence. Nous déploierons toute notre puissance comme nous l’avons fait avec l’Egypte, contre les villes du canal en 1969, et là, quand la souffrance des Palestiniens sera tout autre, beaucoup plus intense, ils mettront d’eux-mêmes fin au terrorisme. Le peuple palestinien neutralisera lui-même le terrorisme. Il n’aura pas d’autre choix que de faire cesser les tirs. Peu importe qu’il s’agisse de l’Autorité palestinienne ou du Hamas. Quand les responsables de l’essence, de l’électricité et des hôpitaux verront que plus rien ne fonctionne, ils interviendront en quelques jours pour faire cesser les tirs de Qassam. La nouvelle donne changera complètement les règles du jeu. On ne le souhaite pas, mais ce sera une guerre de nettoyage. Une guerre qui montrera aux Palestiniens qu’ils sont souverains. La souffrance qu’ils subiront, quand l’occupation aura pris fin, leur montrera qu’ils doivent en finir avec la violence puisqu’ils sont désormais souverains. A partir du moment où nous nous serons retirés, je ne veux plus connaître leur nom. Je ne veux plus entendre parler d’eux. J’en aurai fini avec le régime de l’occupation, les opérations policières et les associations de défense des droits de l’homme. Ce sera peuple contre peuple. Etat contre Etat. Je ne vais pas commettre de crimes de guerre contre eux, mais je vais leur montrer toute ma puissance. S’il y a des tirs sur Ashkelon, il n’y a plus d’électricité à Gaza.

Cette traduction figure dans Le nouveau philosémitisme européen et le ‘camp de la paix’ en Israël (La Fabrique, 2007, p. 97-99), un livre d’un autre écrivain israélien, Yitzhak Laor (déjà mentionné dans ces chroniques) dont nous citons également les commentaires :

Remarquez la phrase : « Nous n’aurons plus besoin d’aller chercher tel terroriste ou tel meneur. » En mars 2004, date de l’interview, « les assassinats ciblés de militants de l’Intifada dans les territoires occupés avaient pris l’allure de chasses à l’homme quotidiennes. Les maisons d’arrêt et les prisons étaient pleines, les camps de détention bondés, les Palestiniens bloqués aux barrages faisaient la queue pendant des heures, l’armée tuait sans distinction ceux qu’elle qualifiait de « terroristes préparant un attentant en Israël. » C’était une généralisation systématique des opérations des escadrons de la mort de l’armée. Analysons la logique terroriste du stratège A.B. Yehoshua : « Ils » tirent des Qassam. Que désigne ce « ils » ? Nous leur coupons l’électricité. Que désigne ce « leur » ? Comme il est facile de priver d’électricité les bébés de Gaza, comme il est facile de priver les hôpitaux de Gaza d’essence et d’eau, et ce, « parce qu’ils tirent des Qassam ». C’est la logique du terrorisme par excellence. [...] Pourtant, dans le genre, A.B. Yehoshua atteint un summum dans son interview de 2004 : « On ne le souhaite pas, mais ce sera une guerre de nettoyage. Une guerre qui montrera aux Palestiniens qu’ils sont souverains. » C’est un discours fasciste ou je me trompe ?

Pour ceux qui souhaiteraient un autre éclairage sur A.B. Yehoshua, Pierre Assouline propose dans son blog cette « conversation animée » avec l’écrivain, en juin 2007, où il est question de morale et d’éthique…#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 12 septembre 2005

“ Singapour du Moyen-Orient ”

Loin des clichés et des images d’épinales, les Emirats Arabes unis offre une image souvent méconnue. Le journaliste Hichem Ben Yaïche nous dévoile cette autre réalité.

Dans une certaine presse, dès qu’il s’agit d’Orient arabe, d’émirs et autre désert de sable, on se laisse aller volontiers à des clichés, des lieux communs et des images pittoresques. Pourtant, le B. A. BA du journalisme - pourquoi, où, comment, etc. - est de s’appuyer sur la réalité et de l’observer, en tentant de privilégier ce qui donne sens. Armé de ces principes de base, on peut dire que le voyage aux Emirats arabes unis (EAU) peut commencer. Cette fédération de sept Etats (Abou Dhabi, Dubaï, Charjah, Ras Al Khaymah, Ajman, Foujeirah, Oum Al Qaïwayn), d’une superficie de 77 700 km carré, fonctionne sans grandes difficultés depuis 1971. C’est un cas unique dans le monde arabe, où le mot union reste un pur exercice de style.

Situés au carrefour des continents, les Emirats arabes unis - présidés par le cheikh Zayed Ben Sultan al-Nahyan - constituent, incontestablement, un laboratoire d’expérimentations humaines, politiques, économiques et commerciales.

Dans ce puzzle de petits Etats, dont le concept s’approche étonnamment du modèle fédéral américain, deux en constituent la locomotive : Abou Dhabi, capitale politique et Etat le plus riche, qui contribue à hauteur de 90% au budget de la fédération ; et Dubaï, épicentre de l’activité économique et commerciale.

Parcourir la ville d’Abou Dhabi est le meilleur baromètre pour prendre la mesure de ce qu’on entend ou lit ici et là. Voilà une capitale conçue à l’européenne, avec de grandes avenues tracées presque au cordeau, des gratte-ciel partout et des immeubles à perte de vue. Tout cela est ponctué de centaines d’arbres et autre gazon. On se croirait en Suisse ou ailleurs, tant la volonté de “ verdir ” le désert est farouche dans cette contrée. Cinq usines de dessalinisation (dont deux en réserve) fonctionnent nuit et jour pour rendre vivable la vie ici. Des millions de mètres cubes d’eau, qui coûtent beaucoup d’argent, servent à entretenir ce paysage artificiel, qui est presque plus vrai que nature. Il y a là une lutte féroce contre l’adversité des terres arides et contre aussi une température qui oscille constamment entre 35 et 45 degrés. Devant une telle chaleur, la climatisation, qui est répandue partout, est l’autre arme utilisée pour atténuer le choc thermique avec le monde extérieur.

Aux Emirats, on peut, en effet, se permettre ce luxe, puisque qu’Abou Dhabi détient 9% des réserves mondiales de pétrole (100 milliards de barils), et ses réserves gazières le placent à la quatrième position. Au stade des connaissances actuelles, la durée de vie de ces richesses naturelles est estimée entre cent et cent trente ans. C’est beaucoup et très peu !

Dans ces conditions, il est toujours intéressant de connaître l’état d’esprit et d’écouter les analyses de certains dirigeants. Tout au long des six jours passés sur place, dont trois à Abou Dhabi, de nombreuses rencontres avaient été organisées — Ibrahim Al-Abed, directeur et responsable de la communication extérieure au ministère de l’Information ; Fahim Bin Sultan Al Quasimi, ministre de l’Economie et du commerce ; Abdullah Rashed, sous-secrétaire d’Etat des Affaires étrangères ; Sultan Naser Al Suwaidi, gouverneur de la Banque centrale ; Mohammed Omar Abdullah, directeur de la chambre de commerce d’Abou Dhabi (ADCCI) ; Jamal Al Suwaidi, directeur du centre d’études et de recherches stratégiques - pour pénétrer la “logique” des choix politiques du pays. Petits Emirats certes, mais cela n’empêche pas de nourrir de grandes ambitions économiques pour réduire son statut de rentier du pétrole (le PIB par d’habitant est de 21 000 dollars, en 2001). Cette source financière lui rapporte quelque vingt milliards de dollars par an. En outre, on estime les capitaux placés à l’étranger à 330 milliards. C’est dire s’il faut ici apprendre à raisonner dans des ordres de grandeur considérables.

Plus que nulle part ailleurs, la phrase de Fernand Braudel - “ la géographie façonne et détermine l’histoire des nations ” - trouve son véritable sens. Situés au confluent de plusieurs continents et de plusieurs cultures, les Emirats sont au cœur d’une intégration économique régionale. Dès l’aéroport et la composition cosmopolite de ses passagers, on observe la densité des réseaux d’échanges à travers le tableau des destinations (Inde, Pakistan, Iran, Japon, Philippines, Hong Kong...). De quoi donner le tournis ! Sur deux millions d’habitants, on compte 1,3 million d’Indiens, 700 000 Pakistanais, 100 000 Iraniens, 50 000 Britanniques, 30 000 Français, autant de Libanais et d’Egyptiens et d’autres nationalités. Les 350 000 autochtones sont largement minoritaires dans un pays composé à 80% d’étrangers ! Au-delà des contradictions liées au statut des uns et des autres, les Emirats font véritablement vivre - on ne le dit pas assez - une partie du sous-continent indien. Il n’y a qu’à voir le nombre de Dhows (des petits bateaux en bois) accostés sur les quais pour mesurer l’intensité des échanges commerciaux dans toute cette région. On y trouve de tout.

Doubaï, le “legoland” du business roi
C’est Dubaï, autre destination obligée dans ce périple, qui incarne le plus le business-roi ! Cette capitale économique se rêve en “ Singapour du Moyen-Orient ”. Et se donne les moyens pour y parvenir. Ici, on conjugue commerce, affaires, tourisme sur tous les tons. On a fait du commerce de réexportation l’alpha et l’oméga de cette ville - il se situerait autour de 80% des 40 milliards de dollars d’importations annuelles. Dubaï ressemble à un “ legoland ” (une expression d’un Iranien qui m’a été rapporté par un confrère) tant la ville se transforme tous les jours. Tous les six mois, des quartiers entiers se créent, il suffit d’aller à l’un des 260 hôtels pour se rendre compte de son cosmopolitisme échevelé. Par exemple, à Emirats towers, on y rencontre quelque 113 origines ethniques.

Les dirigeants politiques de la famille royale des Maktoum, gèrent cette ville comme une véritable entreprise. Le novlangue est l’anglais, une langue des affaires incontournable qui est émaillée d’expressions vernaculaires (hindi, arabe, ourdou, farsi...).

Tout porte ici à l’étonnement, parfois à la démesure. L’hôtel Bourj Al-Arab, construit sur une île artificielle dont l’architecture représente une voile, est une véritable curiosité dans cet univers.

Consommer, marchander, faire des affaires..., ce sont les maîtres mots de Dubaï, mais on n’entend pas en rester là. Des zones franches (free zone) se multiplient pour pousser des grandes entreprises multinationales à venir s’implanter dans la région. Etalée sur 400 hectares, la zone franche d’Internet City est d’ores et déjà entrée en action : IBM, Canon, Microsoft, Intel, HP, Oracle, Cisco, Card, Master sont présents pour tirer profit de ce “ hub ” régional. Ici, on parie sur les technologies high-tech, à travers le “ braindrain ” des informaticiens indiens, pakistanais et autres compétences des peuples de la région, comme le savoir-faire japonais. On veut y croire et on y met les moyens (plusieurs milliards de dollars d’investissement).

L’autre pari, c’est celui de la communication. Le Media City, l’autre pôle de cette “ free zone ” a pour mission d’inciter les grands médias à utiliser cette plate-forme pour confectionner et diffuser leurs programmes : CNN, Reuters, MBC, Bloomberg, et d’autres sont déjà à pied d’œuvre. Ce n’est que le début... d’un long processus.

On peut s’interroger sur des questions existentielles, sur les fragilités des choix engagés, sur cette extraordinaire frénésie. Certains iront jusqu’à évoquer une certaine folie des grandeurs, mais on ne peut rester indifférent à cette expérience unique dans la région, où les cartes politiques sont en train d’être redistribuées. Malgré toutes les incertitudes, aux Emirats arabes unis, on semble avoir choisi le pari du mouvement pour lutter contre l’adversité.
Hichem Ben Yaïche, Chercheur à l’IRIS
L’Economiste, Le Quotidien d’Oran

publié le 24 octobre 2008

13ème Salon international du Livre d’Alger

Le 13è Salon international du Livre d’Alger se tiendra du 27 octobre au 5 novembre au Palais des expositions des Pins maritimes. Baptisée "Raconte-moi un livre", l’édition 2008 est placée sous le thème de l’enfance et de la jeunesse.

Outre les traditionnels cafés littéraires, des rencontres professionnelles et une multitude de ventes dédicaces, des hommages seront rendus en particulier à Mahmoud Darwich et Aimé Césaire, disparus cette année, ainsi qu’à une pléiade de personnalités algériennes dont les travaux ont touché au théâtre, à la poésie, au roman et à la presse, en arabe, en tamazight et en français.

La commémoration du 1er novembre sera, une nouvelle fois, l’occasion de rencontres sur la guerre d’indépendance et d’un hommage à P’tit Omar (Omar Yacef), "agent de liaison de 13 ans mort à la Casbah d’Alger, le 8 octobre 1957, aux côtés de Hassiba Ben Bouali, Ali la Pointe et Hamid Bouhamidi".

Le clou du Sila 2008 sera assurément un colloque sur le Proche-Orient, prévu en présence de l’économiste et ancien ministre libanais Georges Corm, du géopolitologue Pascal Boniface, du journaliste et directeur-adjoint du Monde diplomatique Alain Gresh et du démographe et ancien expert des Nations Unies Youssef Courbage. Intitulé "Monde arabe et Occident : choc des civilisations ou stratégies d’hégémonie ?", celui-ci sera présidé par l’universitaire Mustapha Cherif.

Avec l’Afrique du Sud à l’honneur, le Sila recevra l’écrivain Mandla Langa qui fut aussi conseiller culturel de Nelson Mandela. Parmi une soixantaine d’invités nationaux et étrangers, l’édition 2008 accueillera des écrivains, universitaires, chercheurs, journalistes, personnalités de la société civile et professionnels du livre et de l’édition, d’Algérie, du Maghreb, d’Afrique, du Proche-Orient, d’Europe et d’Amérique latine.

Cette année, sept prix nouvellement créés, du roman (en arabe et en français), du livre de jeunesse (en arabe et en français), du beau livre et du patrimoine (en arabe et en français) et du texte littéraire en tamazight (berbère), iront récompenser des ouvrages d’auteurs nationaux publiés entre les deux salons.

Selon ses organisateurs, l’Entreprise Algérienne de Communication d’Edition et de Publicité (Anep), en collaboration avec la Société Algérienne des Foires et Exportations (Safex), le Syndicat National des Éditeurs de Livres (Snel) et l’Association des Libraires Algériens (Aslia), la précédente édition du Sila a passé le cap des 300.000 visiteurs plaçant ainsi le Sila "parmi les tous premiers salons littéraires au monde en termes d’affluence".

publié le 16 février 2008

14ème édition du Maghreb des livres

Le traditionnel rendez-vous livresque “ le Maghreb des livres ” se tiendra du 23 au 24 février prochain à la mairie du 13e arrondissement de Paris (Place d’Italie). Cette rencontre, qui en est à sa 14e édition, mettra cette année la Tunisie à l’honneur, après l’Algérie, l’an dernier. “Coup de Soleil”, l’association organisatrice de ce rendez-vous aspire à rassembler “ les gens originaires du Maghreb et leurs amis".

Elle travaille à renforcer les liens entre ces populations, quelles que soient leurs origines géographiques (Algérie, France, Maroc ou Tunisie), culturelle (arabo-berbère, juive ou européenne), ou historique (immigrés ou rapatriés).
Elle a, aussi, pour objectif de mettre en lumière les apports multiples du Maghreb et de ces populations à la culture et à la société françaises” se définit Coup de Soleil. Près de 10 000 ouvrages seront proposés lors de cette manifestation qui compte recevoir pas moins de 6.000 visiteurs, ne doivent pas excéder les 12 mois depuis leur publication. Ces produits concernent les publications établies en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie et sont acceptés les ouvrages en langues française, arabe et tamazight. Ils sont au cœur de la manifestation avec une grande librairie (et des milliers de volumes) dans la salle des fêtes. Quelque 120 à 140 auteurs, originaires du Maghreb, établis ou dans leur pays d’origine, ou alors en France, seront présents durant les deux journées de cette rencontre qui célébrera la création littéraire du Maghreb. En plus des ventes-dédicaces, une dizaine de cafés littéraires sont prévus avec un animateur et deux ou trois écrivains que rapproche le thème de leurs ouvrages. Il y aura également, des débats, rencontres et tables rondes autour de la chose littéraire.

A ce titre 4 tables rondes dont 2 sur la Tunisie, portant respectivement sur : l’actualité (le Maghreb face à la mondialisation) ; l’histoire (les origines historiques du modernisme tunisien) ; l’intégration (la Cité nationale de l’histoire de l’immigration –CNHI- : conception et réalisation) et la littérature (traduire des livres de l’arabe au français et du français à l’arabe : l’expérience tunisienne), sont au menu. Quatre autre rencontres aborderont, respectivement les thèmes sensibles comme “ Le théâtre en Tunisie ” ; “ Femmes cinéastes au Maghreb” ; “ Juifs et musulmans en Tunisie ” ; “ Mostefa Lacheraf et le système éducatif algérien. ” Présenté comme un haut lieu de convivialité, ce rendez-vous permet aux visiteurs de se rendre sur place dans les cafés-maures, où l’on peut boire, se restaurer et poursuivre les conversations et les rencontres avec les auteurs et les amis retrouvés. Organisé depuis 1994, à Paris, par l’association Coup de soleil, le “ Maghreb des livres ” permet au nombreux public qui s’y retrouve chaque année, de découvrir non seulement des livres mais aussi d’en acheter. Des milliers de romans, essais, poésie, beaux-livres, policiers, BD, etc (en langues arabe, française et tamazight), seront ainsi disponibles à la grande librairie du Maghreb des livres.

lien : www.coupdesoleil.net

publié le 23 novembre 2008

32ème édition du Festival International du Film du Caire

Le Ministère égyptien de la Culture organise du 18 au 28 novembre la 32ème édition du Festival International du Film du Caire.Une sélection de plus de 100 films issus de 33 pays différents sera programmée.

La compétition officielle distingue quatre catégories : les films occidentaux, numériques, arabes et enfin les films africains.Cette 32ème édition mettra l’Espagne à l’honneur et aura pour thème " la dignité et la justice pour tous ", occasion de célébrer le 60ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme (UDHR).

Plus d’information sur : http://www.cairofilmfest.org/

publié le 8 décembre 2008

6ème festival de musique et des arts d’Abou Dhabi

[#La Fondation de la Musique et des Arts d‘Abu Dhabi (ADMAF) annonce aujourd’hui le 6ème Festival de Musique et des Arts d’Abu Dhabi, sous le haut patronage se son Altesse le Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan, prince héritier d’Abu Dhabi. Le Festival est l’événement culturel le plus important de la région et reçoit les artistes internationaux parmi les plus réputés.

Le Festival 2009 ouvrira avec une soirée de gala le samedi 21 mars et se déroulera pendant deux semaines, pour se terminer le samedi 4 avril. Les réservations seront ouvertes à partir du 25 janvier prochain. A cette date le programme détaillé du Festival sera publié.

« Le Festival de Musique et des Arts d’Abu Dhabi est aujourd’hui reconnu comme l’un des sommets de la saison culturelle du Golfe et nous sommes très heureux de recevoir à nouveau pour cette sixième édition les artistes parmi les plus prestigieux au monde. En 2009 le programme artistique sera certainement le plus remarquable depuis la création du Festival.
« Mais l’autre aspect du Festival est tout aussi important que le programme artistique : le programme éducatif et les remises de prix organisé par la Fondation de la Musique et des Arts d’Abu Dhabi. Tout au long du Festival des ateliers et des conférences seront organisés permettant au public de mieux appréhender les spectacles présentés.
En particulier, nous allons renouveler la « journée des enfants » qui a rencontré un très vif succès l’an passé ; au cours de cette journée des élèves de plusieurs écoles locales se joindront aux artistes pour donner plusieurs concerts. Et bien entendu nous proclamerons à nouveau le palmarès de l’édition 2009 du Festival »

Son Excellence Madame Hoda I. Al Khamis-Kanoo,
Fondatrice de la Fondation de la Musique et des Arts d’Abu Dhabi

Le 6ème Festival se développe sur les bases du très grand succès du Festival 2008, au cours duquel plus de 9000 spectateurs ont applaudi des spectacles allant du ballet à la musique contemporaine arabe et occidentale. Pour la première fois l’an passé, une exposition d’arts plastiques a été intégrée dans le programme. Suite au succès de cette exposition ainsi que des ateliers et des programmes éducatifs organisés en parallèle, ces événements seront étendus cette année.

Le 5ème Festival a proposé au public 35 événements et 2150 billets ont été vendus pour les 10 concerts principaux, presque tous complets. Pour l’édition 2009, les organisateurs attendent une demande plus forte encore autour d’un programme élargi. L’an passé, 507 artistes et accompagnateurs se sont rendus à Abu Dhabi et ont générés plus de 2100 nuits d’hôtels dans la ville.

Les spectateurs intéressés peuvent s’inscrire sur le site du Festival (www.admafestival.com) pour recevoir toutes les informations pratiques dès leur publication.

Le Festival est une partie intégrante de l’action culturelle menée par la Fondation de la Musique et des Arts d’Abu Dhabi. La fondation œuvre pour proposer la plus grande qualité en matière d’intégration sociale, de développement artistique, d’éducation, de culture et de créativité dans les Emirats.

À propos de l’ADMAF (Fondation pour la Musique et les Arts d’Abu Dhabi) :

La Fondation pour la Musique et les Arts d’Abu Dhabi (ADMAF), créée en 1996, est une organisation non lucrative basée sur un travail bénévole, qui a pour but de compléter la mission culturelle d’Abu Dhabi, apportant aux institutions sociales la plus haute qualité de programmation. L’ADMAF soutient les arts, l’éducation, la culture et la créativité dans l’Emirat.

L’ADMAF est placée sous la présidence et le patronage de son excellence le Cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’ADMAF a créé le Festival de Musique et des Arts d’Abu Dhabi en 2004.

Parmi ses autres réalisations nous pouvons citer le programme des « jeunes leaders de la presse » qui accompagne les jeunes émiratis dans les métiers du journalisme, l’exposition consacrée au « Langage du Désert » autour d’artistes contemporains du Golfe ou encore le Festival bi-annuel de la bande dessinée….

Toujours dans le cadre de sa mission éducative, l’ADMAF organise et apporte son soutien à un grand nombre de récompenses au sein des Emirats Arabes Unis : Le Prix de la Créativité (depuis 1999), le Prix du Festival de Musique et des Arts (depuis 2004) et le Prix du Festival de la bande dessinée (depuis 2007).#]

Contact presse :
associés en communication | imagine
01 40 26 35 26
Pierre Collet, collet@aec-imagine.com
William Chatrier, chatrier@aec-imagine.com

publié le 21 février 2011

8ème édition du Festival d’Abu Dhabi du 19 mars au 04 avril 2011

[#La Fondation des Arts et de la Musique d’Abu Dhabi vient de révéler les détails de la programmation internationale de la 8ème édition du Festival d’Abu Dhabi, qui se tiendra du 19 mars au 04 avril 2011.#]

[#Le Festival d’Abu Dhabi présente cette année une affiche prestigieuse réunissant des artistes de renommée mondiale. Avec une programmation riche alliant musique, danse, jazz, ballet et théâtre, il met en valeur l’excellence d’une large scène artistique.

Le Festival d’Abu Dhabi est une expérience unique, qui propose à la fois de grands concerts, des récitals et des représentations théâtrales mais aussi des expositions, débats et activités éducatives adressées aux différentes communautés et programmées dans les sept émirats.
Parmi les artistes présents au festival figurent entre autres les danseurs Sylvie Guillem et Russell Maliphant ; mais aussi l’un des plus talentueux pianistes virtuoses du monde Yefim Bronfman ou encore la légende du jazz, Al Jarreau.#]


Pour plus d’information : www.abudhabifestival.ae

publié le 29 avril 2014

Abou Dhabi inaugure son exposition "Naissance d’un musée" à Paris

François Hollande a inauguré mardi 29 avril l’exposition « Naissance d’un musée - Louvre Abu Dhabi » au musée du Louvre à Paris en présence d’Aurélie Fillippeti, la ministre de la Culture et de Cheikh Sultan Bin Tahnoon Al Nahyan, le président de l’Autorité du Tourisme et de la Culture d’Abu Dhabi.

Vincent Pomarède, conservateur général et directeur du Département de la peinture au musée du Louvre à Paris, a déclaré que l’exposition Naissance d’un musée, proposée aux visiteurs du Musée du Louvre à Paris, sera un aperçu passionnant des collections du Louvre Abou Dhabi, prévue d’ici la fin 2015 dans le district culturel de Saadiyat. L’île aux musées accueillera également le Zayed National Museum et le Guggenheim Abu Dhabi. L’exposition, forte de 130 œuvres sera ouverte au public du 2 mai au 28 juillet et mettra en valeur les collections historiques du Musée du Louvre Abu Dhabi

publié le 29 septembre 2008

Abou Dhabi : Festival International du Film du Moyen-Orient

Plus de 60 films de 32 pays du monde entier prendront part à la Compétition officielle de la deuxième édition du Festival International du Film du Moyen-Orient qui se tiendra du 10 au 19 octobre 2008. Cette année, le festival accueillera une sélection de 138 films originaires de pays orientaux et occidentaux, un chiffre en hausse par rapport aux 80 films présentés lors du festival inaugural du MEIFF en 2007.

La Compétition officielle de cette année distingue quatre catégories : les longs métrages, les documentaires, les courts métrages et les films étudiants. « J’ai le grand plaisir de constater que le MEIFF de 2008 a attiré quelques-uns des films, des réalisateurs et des invités les plus prestigieux des quatre coins du monde, et nous sommes honorés de les accueillir à Abou Dhabi », déclare Mohamed Khalaf Al Mazrouei, vice-président du MEIFF.

« Au sein du MEIFF, la Compétition officielle est la manifestation incontournable où l’on peut voir des films prometteurs et des premières du monde entier », déclare pour sa part Nashwa Al Ruwaini, directrice du MEIFF. « Ces films devraient être l’événement de prédilection pour les cinéphiles passionnés résidant ou de passage à Abou Dhabi. Parmi nos nombreuses premières mondiales et régionales, les longs métrages de la Compétition officielle O’Horten (Norvège) et Mermaid (Russie) sont tous deux en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger ».

Le Festival de cette année se déroulant sur dix jours, la liste des films s’est donc allongée en trouvant un juste équilibre entre les films arabes et les films internationaux. À l’affiche se partagent les films acclamés par la critique, les films primés et les favoris du grand public. Les prix en espèces « Perle Noire » venant s’ajouter au trophée des lauréats sont plus importants cette année, leur total dépassant le million de dollars. Tous les lauréats des Prix Perle Noire seront désignés par un jury divisé en deux catégories, le jury longs métrages et documentaires et le jury courts métrages, films étudiants et publicités. Les vainqueurs seront annoncés lors de la cérémonie de clôture du 19 octobre 2008.

Jon Fitzgerald, directeur de la programmation du MEIFF observe qu’ « avec un Festival amplifié en 2008, il était logique d’augmenter le nombre de films en compétition. Nous sommes ravis de présenter une sélection d’une aussi grande qualité, en nous appuyant sur la réussite du Festival de l’an passé, à l’occasion duquel nous avons accordé le Prix du Jury à Counterfeiters, avant qu’il reçoive également par la suite l’Oscar du meilleur film étranger. Cette année, les sélections comprennent un pourcentage élevé de drames psychologiques axés sur les femmes, leurs relations ainsi que les difficultés de caractère universel auxquelles elles sont confrontées dans l’univers qui les entoure. »

Les Prix Perle Noire distingueront les vainqueurs dans les catégories suivantes :

Films de long métrage et films documentaires :
La Perle Noire pour le meilleur film narratif - 200 000 $
La Perle Noire pour le meilleur documentaire – 150 000 $
La Perle Noire pour la meilleure actrice – 75 000 $
La Perle Noire pour le meilleur acteur – 75 000 $
La Perle Noire pour la meilleure contribution artistique - 75 000 $ (pour tous les métiers du cinéma, à l’exception de la mise en scène et du jeu des acteurs)
* Le Prix spécial du Jury- 125 000 $

Courts métrages :
La Perle Noire pour le meilleur film narratif - 75 000 $
La Perle Noire pour le meilleur documentaire – 75 000 $
La Perle Noire pour le meilleur film d’animation - 75 000 $

Films étudiants :
La Perle Noire pour le meilleur film narratif - 25 000 $
La Perle Noire pour le meilleur documentaire – 25 000 $
La Perle Noire pour le meilleur film d’animation – 25 000 $

Catégorie spéciale - Publicités
Prix spéciaux du Jury (3)

Prix Choix du public
Il sera demandé aux cinéphiles de voter pour leur film favori, à partir de la sélection des 130 films du festival, et un prix sera décerné au film gagnant.

Dans la Compétition des Films narratifs sont en lice 15 films, dont sept sont des premières mondiales et deux des premières régionales. Parmi les films en première figurent Beirut : Open City de Samir Habachi (Liban), Fawzia : A Special Blend de Magdi Ahmed Ali (Égypte), Henna de Saleh Karama (UAE), et le très attendu Laila’s Birthday de Rashid Masharawi, en première régionale. Parmi les autres films internationaux en compétition au Festival se distinguent Zara de Ayten Mutlu Saray (Suisse, Autriche, Pays-Bas et Kurdistan), en première mondiale, Terra Nova d’Alexander Melnik (Russie) en première régionale et Gulabi Talkies de l’Indien Girish Kasaravalli’s.

Parmi les films participant à la compétition Documentaires notons Seven Blind Filmmakers (Iran) de Mohammed Shirvanini, Youssou N’Dour : I Bring What I Love (Sénégal, Égypte, France) réalisé par Elisabeth Chai Vasarhelyi et Man on Wire (Royaume-Uni, États-Unis) de James Marsh, pour ne citer que quelques-uns des huit films en lice.

Dans la catégorie des Courts métrages, 30 films de 21 pays différents se disputeront la prestigieuse Perle Noire. Le programme des courts métrages est divisé en quatre genres, « Aspects de la Vie », « Monde de la Jeunesse », « Vision du Moyen-Orient » et « Animation et Expérimental ». Parmi les courts métrages figurent Sometimes (Égypte) de Mahmoud Soliman, Boxing Lesson (Roumanie) d’Alexandru Marrodinue, Breadmakers (Royaume-Uni) de la réalisatrice Yasmin Fedda, Boutellisse (Tunisie) de Nasreddinee Shili et The Graffiti of Mister Tupaïa (Nouvelle-Zélande) de Christopher Dudman.

Au nombre des 17 Films étudiants sont en compétition Ali the Iraqi (Liban) de Vatche Boulghourjian, Kate Wakes (États-Unis) de Jasmine Kosovic, The Morning with Other Eye (Russie) de Philipp Yurev, Ya Halawood (Jordanie) réalisé par les étudiants de l’atelier de la coopérative des cinéastes d’Amman, entre autres films en lice pour gagner ces trois Prix Perle Noire de 25 000 $.

Les Prix Perle Noire comportent par ailleurs une catégorie Publicités spéciales avec trois Prix spéciaux du Jury.

Le MEIFF, qui se déroulera à Abou Dhabi, est une manifestation annuelle qui est le fruit d’un projet de l’Autorité d’Abou Dhabi pour la Culture et l’Héritage (ADACH). Le Festival est un événement culturel dont l’ambition est de faire profiter d’une grande diversité de films et de programmes internationaux à la communauté des cinéphiles et de mettre en rapport des cinéastes originaires du monde entier avec l’ensemble des ressources humaines et matérielles de la région.

L’édition de cette année du MEIFF verra plusieurs nouveautés s’ajouter à un programme déjà passionnant. Pour la première fois, le Festival comportera une catégorie axée sur les films traitant de l’environnement et une présentation de documentaires mettant en lumière les 60 années qui se sont écoulées depuis la division de la Palestine, ainsi que diverses initiatives de grand retentissement engagées par l’industrie du cinéma.

Pour les questions de la presse, les photos de plateau et autres renseignements, veuillez envoyer un courriel à press@meiff.com
Contacts
Festival International du Film du Moyen-Orient
Hana Al-Hirsi, Directrice des relations
avec la presse et de la publicité
hana@meiff.com

publié le 12 mars 2008

Abou Dhabi : La mosquée aux trois records du monde

Résolument haut de gamme et culturelle, Abu Dhabi, la capitale des Emirats Arabes Unis, attire
particulièrement les voyageurs d’avant-garde. Ensoleillée toute l’année, Abu Dhabi propose à la fois une
hôtellerie et une restauration d’excellente qualité (Shangri La, Emirates Palace…), de nombreuses activités
sportives (Golf, safaris en 4x4, plongée, voile…), d’intéressantes opportunités pour faire son shopping et des
activités culturelles . Elle porte en plus cet héritage oriental qui révèle à la fois exotisme et authenticité.
L’Emirat confirme sa volonté de s’inscrire comme une destination touristique incontournable dans le
Golfe. Après les projets d’implantation du Louvre, du Musée Guggenheim d’art moderne et contemporain et
l’ouverture récente d’une antenne de la Sorbonne, Abu Dhabi affirme sa position de capitale culturelle de
l’année 2008 en enrichissant son patrimoine d’une des plus belles réalisations architecturales actuelles
de la région : la mosquée Sheikh Zayed.

Abu Dhabi se dote d’un site touristique incontournable la mosquée Sheikh Zayed
Une des plus grandes mosquées au monde
Plus grand tapis au monde
Plus grand lustre au monde

Pour réaliser ce chef d’oeuvre à l’initiative du défunt souverain des Emirats Arabes Unis : Sheikh Zayed
Bin Sultan Al Nahyan , le travail d’artisans venus du monde entier ainsi que des matériaux spécifiques furent
sollicités. Parmi ces derniers, citons les marbres Lasa et Aquabianca acheminés d’Italie, ceux de Civec venus
de Grèce, le Makrana venu d’Inde… Etant considérés comme plus durables, le recours à des matériaux
naturels fut privilégié. La hauteur de ses quatre minarets donne le vertige : 107 m ! chacun !
Deux zones bien distinctes : une pour les hommes, l’autre pour les femmes sont spécialement dédiées
aux ablutions des fidèles (« wahdu » en arabe). Les 99 noms d’Allah sont représentés sur le mur selon le style
calligraphique Kufi.
En extérieur, les 1 096 colonnes impressionnent par leur grandeur tout comme les 96 colonnes présentes
dans l’entrée principale. Pour parer les colonnes, plus de 20 000 pans de marbre faits main et ornés
de pierres semi précieuses ont été utilisés ! Parmi les 82 dômes de l’édifice, le dôme en
lumachelle est un des plus grands au monde avec un diamètre d’environ 33 mètres et une hauteur de 70 mètres !

A l’image de la folie des grandeurs des autorités émiriennes, plus d’un million de cristaux
Swarovski
décorent les sept lustres du lieu de culte. Ces derniers constituent désormais les plus
gigantesques lustres au monde
.
En prime, la mosquée est l’heureuse propriétaire du tapis le plus étendu au monde. L’oeuvre, cousue main
par des artisans iraniens ne recouvre pas moins de 7 119 m² de surface au sol !

Abu Dhabi est à la fois traditionnelle, sophistiquée et cosmopolite. Au carrefour de l’Orient et de
l’Occident, ce territoire sûr et tranquille accueille tous les types de voyageurs, qu’ils soient en recherche d’un
circuit aventure, d’un séjour balnéaire ou bien de découvertes culturelles.

Conditions de visite

Située à 20 minutes du centre ville d’Abu Dhabi et
faisant désormais partie des plus grandes mosquées
au monde, ce projet spectaculaire est maintenant
ouvert au public du dimanche au jeudi, de 9h30
à 11h30, après réservation au bureau de l’ADTA
(Abu Dhabi Tourism Authority). Les visites de
groupe mixte sont autorisées et encadrées par un
membre de l’ADTA. A partir du mois prochain, des
visites guidées en anglais et en arabe seront
proposées au public.

Quelques recommandations d’usage

Les photos sont autorisées à l’intérieur de la mosquée.
Les visiteurs sont priés de s’habiller de manière
simple et non ostentatoire (pas de vêtements
moulants, shorts ou jupes courtes de préférence).
Les femmes doivent être voilées.
Il également conseillé de porter des chaussures
facilement retirables (tongs).

contact :
ADTA c/o INTERFACE TOURISM
11 bis rue Blanche – 75009 PARIS
Tel : + 00 33 (0)1 53 25 03 52
fax : + 00 33 (0)1 53 25 11 12
Email : abudhabi@interfacetourism.com
website : www.visitabudhabi.com

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Abou Dhabi :2ème édition de la foire internationale d’art contemporain

[#La foire internationale d’art contemporain d’Abou Dhabi, Abu Dhabi Art 2010, qui s’est tenu du 4 au 7 novembre a connu cette année un énorme (...)
publié le 16 août 2012

Abou Dhabi en passe de devenir « LA » destination pour la production internationale

Twofour54, le centre névralgique de l’Industrie du Média & du Culturel, et la Commission du Film d’Abou Dhabi ont lancé pour la première fois dans le Golfe des mesures visant à inciter les producteurs régionaux et internationaux à privilégier les Émirats comme premier choix pour leurs besoins d’emplacements et de services de production et de post-production.

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[#Cette mesure – un remboursement pouvant aller jusqu’à 30% des dépenses admissibles dans l’émirat – est en vigueur depuis le 1er septembre et touche la production de films et télévisuelle, mais aussi les documentaires, la publicité et les clips vidéos. Sont compris dans les dépenses admissibles, les biens et les services en provenance d’Abou Dhabi ainsi que les frais jugés pertinents relatifs au tournage à l’extérieur ou en studio et à la post-production. Par ailleurs, ces dépenses incluent également les coûts découlant de la sous-traitance de toute équipe enregistrée aux EAU dans le cadre d’activités à Abou Dhabi. Les frais d’hébergement temporaires dans l’émirat, ainsi que les billets d’avion et le fret réservés sur Etihad Airways, seront également considérés comme admissibles.

Parmi les productions récentes tournées avec succès avec twofour54 on peut retrouver « The Bourne Legacy » avec en vedettes Jeremy Renner and Rachel Weisz et dirigé par Tony Gilroy, nominé pour l’ Academy Award, pour Universal. On retrouve également la production à gros budget de Bollywood « Oru Maru Bhoomi Khatha » dirigée par le légendaire Priyadarshan, ainsi qu’un film tamoul, « Oru Kal Oru Kandadia » de Manickavasagom et la BBC’s Wild Arabia.#]


Source : http://visitabudhabi.ae/fr/

publié le 13 mars 2008

Abou Dhabi ouvre les portes de son salon international du livre

La 18ème Foire internationale du livre (ADIBF) se déroule du 11 au 16 mars à l’Abou Dhabi. Les autorités ambitionnent d’en faire un moment incontournable de l’édition mondiale.

"La foire du livre invite tout le monde à assister à un grand évènement et à l’occasion de voir et d’acheter les dernières publications du monde arabe, d’Inde, de Chine, de France, d’Allemagne, des États-Unis, le Royaume-Uni, de Russie et de nombreux autres pays », a déclaré le cheikh Sultan qui a ouvert le salon.

C’est plus de 430 éditeurs qui seront présents lors de manifestation, dont 70 % originaires de pays arabes. Une centaine d’ éditeurs internationaux se sont joints à la foire, et c’est une première pour nombre d’entre eux. Le choix de livres est d’une grande variété.
Le premier jour du salon qui est réservé aux professionnels prévoit des table ronde pour les commerciaux, pour discuter des questions de traduction, la mise en place d’une base de données pour imprimer des livres en arabe. Un forum sur l’enfance est prévu. La question sensible du traitement des droits et licences, et une introduction du marché arabe du livre à l’international éditeurs seront abordés.
Le marché du livre est un secteur qui intéresse tout particulièrement les autorités d’abou dhabi qui ambitionne de devenir un centre culturel mondiale.

La rédaction

Pour plus d’information : http://www.adbookfair.com

publié le 9 avril 2009

Abou Dhabi veut devenir une vitrine culturelle

[#
En 2005, Abou Dhabi a lancé une autorité, l’ADACH (Abu Dhabi Authority Culture & Heritage) pour conserver et promouvoir la culture de la capitale administrative des Emirats Arabes Unis.

Et si Abou Dhabi, capitale administrative des Emirats Arabes Unis, devenait une ville culturelle importante ? Une idée qui peut paraître étrange quand on sait que dans cette ville, le passé est souvent remplacé par du neuf. Une métropole, souvent jugée, comme Dubaï, sans passé, ni histoire. Et pourtant, l’héritage culturel d’Abou Dhabi, comme des autres émirats, est souvent peu mis en valeur. Comment le préserver alors que le pétrole coule à flots et que la mondialisation a tendance à remplacer les petits commerces par de grands centres commerciaux ? C’est le rôle de l’ADACH. Depuis sa création en octobre 2005 par le gouvernement de l’émirat, cet organisme, sous l’égide du Cheikh Sultan bin Tahnoun Al Nahyan, est chargé de préserver la culture d’Abou Dhabi, et d’en faire une ville culturelle incontournable.
Une programmation éclectique
Depuis le 29 mai 2008, l’ADACH a lancé un vaste plan de développement. « Notre inspiration et notre ambition sont aussi importantes que l’amour de notre pays et la fierté que nous avons pour la culture arabe. C’est pour cela que nous souhaitons proposer des activités informatives, éclairantes mais aussi faire réfléchir sur notre culture et notre héritage », déclarait Mohammed Khalaf Al-Mazrouei, directeur de l’ADACH, lors de ce lancement.
De nombreux évènements sont ainsi organisés par l’organisme, comme des lectures, des conférences, des récitals, des expositions d’art moderne, mais aussi des festivals qui valorisent les Emirats Arabes Unis et la culture islamique. L’autorité a également programmé des manifestations inspirées de ce que l’on trouve en occident, à l’instar de la foire du livre international, de l’adaptation de la pièce de William Shakespeare par Sulayman Al-Bassam : « Richard III : une tragédie arabe », de la compétition des princes de la poésie, ou encore du prix littéraire Al Majdi Ibn Dhahar. Même le festival WOMAD, un festival international mettant en avant les musiques et danses du monde entier qui parcourt le globe depuis 1982, se tiendra à Abou Dhabi à la fin du mois d’avril 2009. « WOMAD partage les visions de l’ADACH en rapprochant des gens de cultures différentes. La musique, les arts et la danse des pays de par le monde permettent aux différents peuples et civilisations de communiquer », expliquait Mohammed Khalaf Al-Mazrouei.

Une rude concurrence

Ambitieuse certes, la ville ne cherche toutefois pas à s’imposer à l’échelle du Moyen-Orient. Certaines villes comme Beyrouth, par exemple, montrent une diversité culturelle et religieuse plus importante, attirant de nombreux artistes du monde entier. Le programme de l’ADACH cherche plutôt à promouvoir la culture arabe et islamique dans les pays du Golfe. Mais pour s’imposer culturellement, Abou Dhabi, qui devrait ouvrir son Musée du Louvre en 2012, va devoir redoubler d’imagination. En novembre 2008, le Qatar a inauguré son Musée d’art islamique. Riche d’une collection décrite comme l’une des plus prestigieuses du monde arabe, le Qatar vise à faire de Doha la capitale culturelle régionale. A l’ère du XXIème siècle, les pays du Golfe semblent rivaliser d’initiative dans cette nouvelle bataille de la culture et ambitionnent chacun d’être la vitrine culturelle du Moyen-Orient.
#]

Julie Schneider

publié le 21 mars 2008

Abou Dhabi, capital de la mode

Abou Dhabi s’est transformé en capital de la mode du 15 au 18 mars dernier.

Abou Dhabi n’a pas froid aux yeux. De jeunes créateurs arabes ont pu pour la première fois proposer des tenues assez dénudés. La monarchie ambitionne à travers cette semaine de la mode de rayonner sur le plan culturel. Elle lance un grande signe d’ouverture aux créateurs de tous horizon.
Les stylistes comme Rabih Kayrouz qui a travaillé pour Dior à Paris a pu exprimer sans complexe tout son talent. "Je suis heureux de ce mélange que nous voyons aujourd’hui à Abou Dhabi et qui témoigne de l’avenir de l’industrie de la mode", a declaré à l ‘AFP.Les créateurs comme Milia Maroun, Rabia Z ont dévoilé leurs chef d’œuvre sur des thèmes tournant autour de l’héritage arabo-islamique avec des clin d’œil à Grenade et au génie andalou. La styliste et modéliste émiratie Layal a souligné que la «  mode n’avait pas de frontière ».

La rédaction

publié le 6 mai 2011

Abou Dhabi : appel d’offres pour la construction du futur musée du Louvre

[#La Société d’investissement et de développement touristique d’ Abou Dhabi (Tourism Development and Investment Company (TDIC)) a annoncé le concours d’appel d’offres pour la construction principale du futur musée du Louvre-Abou Dhabi dont le fameux dôme(photo ci-contre) sur l’île de Saadiyat, l’île aux musées.#]

[#L’ouverture du musée du Louvre est prévue pour septembre 2013 et
une vingtaine d’ entreprises ont été selectionnés pour la construction à déclaré Felix Reinberg directeur chargé du suivi des projets de la division musée chez TDIC en marge d’une visite de l’île.

L’île aux musées de 27 milliards de dollars abritera aussi le musée
Guggenheim de New York, le Zayed National Museum conçu par Lord Norman Foster et un centre des arts conçu par l’architecte d’origine irakienne Zaha Hadid. Le projet de construction du musée du Louvre à Abou Dhabi est l’œuvre de Jean Nouvel. Il a été décidé en 2007 par le ministre de la culture français et le gouvernement d’Abou Dhabi. L’émirat a versé à l’état français près de 400 millions rien que pour l’utilisation du nom Louvre.#]
Vidéo de Saadiyat Island


La rédaction
Toute reproduction est interdite

publié le 14 avril 2015

Abou Dhabi : Foire internationale du livre du 7 au 15 mai 2015

La Foire internationale du livre d’Abou Dhabi fête son Jubilé d’argent en revenant en mai 2015 pour sa 25ème édition.

La Foire internationale du livre d’Abou Dhabi est la plus grande de son genre dans la région. Elle a attiré plus de 1 125 maisons d’édition l’année dernière, avec plus de 100 auteurs participant à ses séminaires et débats, et plus de 248 000 visiteurs.
Pour cette 25ème édition du Livre international d’Abou Dhabi, c’est Feu le Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, fondateur des Émirats Arabes Unis, qui sera mis à l’honneur.La Foire internationale du livre d’Abou Dhabi a été lancée par feu le Cheikh Zayed en 1981 sous le nom "Foire islamique du livre", qui deviendra en 1986, la Foire internationale du livre d’Abou Dhabi. La première édition s’est tenue à la Fondation culturelle de Qasr Al Hosn avant que son ambitieux programme de conservation ne commence. La Foire est donc devenue un évènement annuel fixe - en 1993 - se déroulant à l’ADNEC.

publié le 1er mai 2013

Abou Dhabi : naissance d’un musée

[#En 2015 le musée du Louvre-Abou Dhabi devrait ouvrir ses portes pour accueillir les plus grandes collections du monde. Avant-goût de l’histoire et de la collection du musée, environ 130 œuvres d’art seront exposées au centre Manarat al Saadiyat.#]

[#Résultat d’un accord conclu entre les gouvernements d’Abou Dhabi et de France, le Louvre Abou Dhabi exposera des œuvres et des manuscrits, ainsi que des pièces historiques, culturelles et sociologiques. Cet édifice emblématique, dessiné par Jean Nouvel, se compose d’un ensemble de pavillons, places, allées et canaux, évoquant une cité flottant sur la mer. Une construction s’inspirant de l’architecture traditionnelle arabe surplombera l’ensemble : un immense dôme d’environ 180 mètres de diamètre percé de formes entrelacées laissant filtrer une lumière diffuse et envoûtante.#]

www.saadiyatculturaldistrict.ae

publié le 24 avril 2014

Abou Dhabi : salon international du livre du 30 avril au 5 mai

La 23e édition de l’Abu Dhabi International Book Fair ( ADIBF ) aura lieu au Centre des expositions d’Abou Dhabi ( ADNEC ) du 30 avril au 5 mai 2014. Organisée par l’Abu Dhabi Tourism and Culture Authority et Kitab, ADIBF 2014 devrait attirer plus de 1025 exposants de 50 pays et mettre en valeur plus de 500.000 œuvres littéraires du monde entier.

Kitab , une joint-venture entre l’Autorité d’Abou Dhabi pour la Culture et le Patrimoine (ADACH) et la Foire du livre de Francfort, continuera à créer des synergies dans le secteur de l’édition au niveau régional et international.
La Suède est le pays invité de cette édition qui mettra aussi l’accent sur l’œuvre du poète irakien classique Al Mutannabi (Xe siècle).
ADIBF fournit une plate-forme pour les éditeurs arabes et internationaux et les autres opérateurs du monde de l’édition, intégrant des séminaires sur les nouvelles tendances de l’industrie, de l’édition numérique, de la littérature pour enfants et des traductions dans le cadre d’un programme unique visant à encourager l’amour de la lecture et la littérature.
Dans ce contexte, ADIBF 2014 invite les amateurs de la littérature à travers l’organisation de séances de contes, de dédicaces et de conférences littéraires dans différentes langues.
Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 3 octobre 2008

Abou Ibrahim : le voiturier incontournable des nuits beyrouthines

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Photo Mark Mansour

Mohammad Ibrahim Maziad, surnommé
Abou Ibrahim, est le voiturier
le plus célèbre de la ville. Il est
le fondateur et le gérant de la société VPS :
Valet Parking Services qui emploie aujourd’hui
plus de 235 personnes (dont 120 fixes
en hiver). Quelque 45 établissements de
Saïda à Byblos lui font confiance, dont 27
restaurants rien qu’à Beyrouth.

Le surnom d’Abou Ibrahim est le seul capital
et le principal atout de la société. Mais
l’entrepreneur ne s’en contente pas : depuis
le 2 janvier 2008, VPS est la première société
de services de voituriers à avoir été certifiée
ISO 9001 : 2000.
Né en 1968, Abou Ibrahim, marié et père de
trois enfants, est un des pionniers au Liban
en matière de services de valet parking. Les
débuts ont été laborieux. Au Saint-Georges,
en 1991, lorsque le service de valet parking
était géré par Moustapha Younès, Abou
Ibrahim travaillait dans une station-service
l’avant-midi et comme voiturier au Saint-
Georges le soir. Il y reste jusqu’en 1993,
encaissant de 8 000 à 15 000 LL par jour.
En 1993, il est transféré à la boîte de nuit
Caracas Inn à la rue Caracas, où il travaille
trois à quatre jours par semaine et n’encaisse
pas plus de 20 000 LL quotidiennement.
Deux années plus tard, il change encore de
lieu et prend en charge, en novembre 1995,
la supervision du Hard Rock Café avec 14
employés sous sa supervision ; il y encaisse
25 000 LL par jour. Mais à cette période,
Abou Ibrahim est endetté et a du mal à
joindre les deux bouts.
Du premier au 15 décembre 1998, le Hard
Rock Café propose une promotion à ses clients
(rabais de 50 %) qui donne à Abou Ibrahim
l’idée de proposer ses services au McDonald’s
voisin. Il devient ainsi le premier voiturier au
monde de la célèbre enseigne américaine.
Un an plus tard, il est contacté par les partenaires
du restaurant-bar Circus au
moment de son ouverture pour qu’il y assure
le service des voituriers ; il y emploiera
plus de 15 personnes. Son contact privilégié
avec la clientèle lui ouvre alors une longue
liste de restaurants et bars qui le réclament.
En 1999, il est en charge de six restaurants
avec 20 employés sous sa responsabilité et un
revenu variant de 800 000 à 1 000 000 de
livres la semaine. Les difficultés du début sont
peu à peu oubliées. Il crée alors le système de
la caisse commune encore en vigueur aujourd’hui
qui consiste à centraliser tous les pourboires
qui sont ensuite distribués au mérite.
Chacun de ses employés encaisse 35 000 LL
par nuit.
En 2001, avec 11 restaurants et 35 employés
fixes, il génère un revenu moyen d’environ
1 000 dollars par semaine. Et les offres
continuent de pleuvoir, notamment en provenance
des pays arabes. Ainsi on lui propose le
Qatar et l’Égypte, entre autres, mais il refuse
préférant concentrer ses activités au Liban.
L’été 2001, il a dirigé deux opérations spéciales
 : le concert de Tiesto organisé par Mix
FM qui a attiré plus de 16 000 personnes et à
l’occasion duquel Abou Ibrahim a dû engager
150 employés ! Et la soirée de mariage du fils
du président de la République pour laquelle
Abou Ibrahim peut se vanter d’avoir été le premier
valet parking à entrer à Baabda !
Au total, il gère quelque 100 000 voitures
par saison d’été, à raison de 800 voitures
par jour dans certains établissements.
Parti de rien, Abou Ibrahim est aujourd’hui
propriétaire d’une villa et d’un appartement.
Très respecté de ses employés qu’il accompagne
sur le terrain tous les soirs, il peut se
permettre le luxe de déclarer « ne pas être
intéressé par Gemmayzé, car il n’y a aucun
système réglementaire et surtout pas de
parking ». Car une des recettes d’Abou
Ibrahim, c’est de louer à ses frais des terrains
afin d’y garer toutes ces voitures.
De notre partenaire Le Commerce du Levant

publié le 17 janvier 2008

Abu Dhabi projette la création d’un musée dédié au patrimoine bédouin

par Nadia Faris

L’Autorité d’Abu Dhabi pour la Culture et le Patrimoine (ADACH) prévoit l’élaboration d’une étude sur de faisabilité pour la création d’un musée du patrimoine bédouin, a déclaré le directeur général de l’ADACH Mohammad Khalaf Al-Mazroui. Il a ajouté que ce projet, le premier du genre, vise la préservation du patrimoine matériel et immatériel des Bédouins, de retracer leur histoire dans le monde arabe, ainsi que de promouvoir leurs culture et valeurs authentiques.

Le "Smithsonian Institution" à Washington DC, le plus grand complexe muséal, a donc la charge, en collaboration avec des experts de l’ADACH, de mener cette étude qui portera sur les objectifs du projet, le processus de planification, la conception et l’élaboration de la mission et des activités du musée. Celui ci comprendra un département pour la recherche et des salles de projection.

Notant que ce projet de musée s’inscrit dans les perspectives de l’ADACH qui oeuvre pour la promotion du patrimoine culturel d’Abu Dhabi.

publié le 17 mars 2011

Abu Dhabi, émirat éminemment culturel

[#L’émirat d’Abu Dhabi continue à renforcer sa place de capitale
culturelle en développement, dont le hub tant attendu est l’île-musée
de Saadiyat, plus importante concentration culturelle au monde, qui
accueillera notamment les grands projets du Louvre et du Guggenheim en perspective 2013. Mais Abu Dhabi ne vit pas que dans le projet, l’offre
culturelle actuelle y est particulièrement exhaustive.
#]

[#L’Emirates Palace accueille notamment une exposition temporaire sur le district culturel de Saadiyat Island, véritable succès depuis des mois,
qui décrit les différents projets des musées en construction.
Sur l’île même de Saadiyat Island, le centre culturel Manarat Al
Saadiyat, s’il doit être agrandi d’un théâtre et de nouvelles galeries,
propose un parcours découverte « Saadiyat Story » plus complet et
divisé en 8 chapitres mettant en lumière la transformation
spectaculaire d’Abu Dhabi, époque après époque, qui a conduit au projet
révolutionnaire de l’île-musée de Saadiyat.

C’est au tour d’Al Ain de contribuer à l’image culturelle de l’émirat,
en organisant depuis le 2 février jusqu’au 2 mai, l’exposition
intitulée « The Dawn of History : Revealing the Ancient Past of Abu
Dhabi », qui se tient près du Fort Al-Jahili, nouvelle icône culturelle
de l’émirat depuis sa réouverture en 2008 suite à une complète
rénovation. Elle retrace l’histoire d’Abu Dhabi au travers des
découvertes d’archéologues danois entre 1958 et 1972 et d’une
collection de 147 pièces, riche témoignage de l’héritage du passé. Des
visites sont organisées par de jeunes archéologues, ainsi que de
multiples ateliers pour les enfants et les familles.#]

Pour en savoir plus :
dawnofhistoryadach.com
Tourism Development & Investment Company (TDIC)

Contact :
Abu Dhabi Tourism Authority c/o Interface Tourism - Promotion Department
11 bis, rue Blanche
75009 Paris,
France
Tel. : +33 1 53 25 03 52
www.visitabudhabi.ae

publié le 4 mars 2007

Aida "on stage" à Abu Dhabi


Aida, Radamès et Amnéris, les héros d’une histoire d’amour impossible, seront les invités d’honneurs d’Abu dabhi. Ramenés de l’Antiquité, ils joueront un opéra des plus célèbres dans l’émirat arabe. un rendez vous pour les amoureux de cet art qui auront ainsi l’occasion de voir des tableaux impressionnants avec de belles paroles et de belles voix.

L’opéra Aida, l’un des plus populaires au monde, sera alors mis en scène à Abu Dhabi le 29 mars. Jouée pour la première fois au Caire en 1871, Aida constitue dès lors l’une des pièces maitresses dans le répertoire de l’opéra mondial. C’est pour cette raison que l’ADTA, l’autorité de tourisme d’Abu Dhabi présentera ce fameux opéra du compositeur italien Giuseppe Verdi dans l’un des prestigieux hôtels des EAUs, à savoir le "Emirates Palace Hotel".

On s’attend à ce que cet opéra exceptionnel qui allie histoire, musique, culture et spectacle à la fois, attire plus de 500.000 téléspectateurs, qui viendront admirer les prestations artistiques d’une centaine de chanteurs, sopranos et ténors, danseurs et figurants.


L’histoire de "Aida" en bref

Aida c’est l’histoire d’un amour triste qui se termine dans la mort. Dans le palais du roi d’Égypte, Aïda, fille du roi éthiopien Amonasro vit comme esclave à la cour d’Égypte. Elle s’est éprise du jeune capitaine Radamès, qui éprouve les mêmes sentiments à son égard. Radamès est aussi aimé d’Amnéris, fille du roi d’Égypte. Le grand prêtre Ramfis nomme Radamès commandant en chef des troupes égyptiennes, pour aller combattre le roi éthiopien Amonasro qui vient d’envahir l’Égypte. Aïda est partagée entre son amour pour son bien-aimé et son père. Dans le temple de Ptah, prêtres et prêtresses invoquent le dieu tout-puissant avec des chants et danses rituels. Radamès reçoit de Ramfis les armes sacrées qui lui assureront la victoire.

Amnéris languit entourée de ses esclaves et parmi elles, la belle Aïda dont elle soupçonne l’amour pour Radamès. Amnéris fait croire à Aïda que Radamès a été tué au combat : Aïda tombe dans le piège et avoue son amour. Les deux femmes s’affrontent. Radamès est accueilli en vainqueur aux portes de Thèbes. Le roi accepte de libérer les prisonniers – dont Amonasro qui se fait passer pour un soldat éthiopien – et offre à Radamès la main de sa fille Amnéris. Radamès et Aïda sont séparés à jamais.

Sur les rives du Nil, dans le temple d’Isis, Amnéris prie afin que Radamès lui voue son amour. Mais Radamès veut revoir Aïda. Celle-ci, forcée par son père Amonasro, parvient à se faire révéler le chemin qu’emprunteront les troupes pour vaincre les derniers résistants éthiopiens. La trahison de Radamès est découverte. Amnéris, qui tient le destin de Radamès entre ses mains, tente d’obtenir de lui qu’il renonce à Aïda en échange de sa vie. Mais Radamès choisit d’être emmuré vivant. Aïda l’a précédé dans la crypte et, apaisés, les deux amants font leurs adieux au monde.

Nadia Faris

publié le 28 juillet 2009

Alaa EL ASWANY - J’aurais voulu être égyptien

“Si je n’étais pas né égyptien, j’aurais voulu être égyptien”, la célèbre citation de Mustapha Kamel donne le ton de ce recueil : voici l’Egypte placée sous le feu d’un écrivain amoureux de son pays et qui, par le détour de la fiction, fait apparaître les turpitudes et les contradictions d’une société à la dérive.

Les blessures les plus douloureuses nous sont souvent infligées par nos plus proches. Partant de cette épineuse conscience, on retrouve dans ce recueil qui réunit une novella et neuf nouvelles, la vraie maîtrise et le faux détachement avec lequel Alaa El Aswany aime à disséquer l’hypocrisie, la violence, les abus de pouvoirs d’une société en profonde crise de foi comme de moralité. Thèmes qui lui sont chers mais qu’il attaque cette fois par le prisme de l’individu, de la famille, d’une salle de classe ou d’une relation amoureuse.

Refusé de publication par l’Office du livre, pour cause d’insulte à l’Egypte, le premier de ces récits “Celui qui s’est approché et qui a vu”, donne précisément à voir un monde où règne faux semblants et hypocrisie. Est-il possible pour un homme qui déteste tant la société dans laquelle il évolue qu’il assimile ses membres à des microbes s’agitant sous un microscope, de survivre en son sein ? Le cynisme religieux peut-il triompher contre la décence humaniste ? Un homme peut-il mettre de côté la pensée d’un délicieux plat de haricots assez longtemps pour porter le deuil de son père ?

En plus d’exceller à décortiquer ce genre de questions narquoises, J’aurais voulu être égyptien offre aussi une attachante galerie de portraits : où l’on voit notamment une danseuse de cabaret vieillissante accorder la bénédiction d’un monde en fuite à l’amant de son fils ou un garçon infirme remporter une victoire subjective sur un désastre objectif.
Encore une fois, Alaa El Aswany fait s’élever, vibrante, la voix passionnée de l’humanité bouillonnante du Caire d’aujourd’hui.

Biographie

Alaa El Aswany Né en 1957, Alaa El-Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Il parle français, anglais et espagnol, mais c’est un authentique égyptien populaire, enraciné dans la terre noire de la vallée du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz.
Son roman L’Immeuble Yacoubian, porté à l’écran par Marwan Hamed en 2006, est devenu un phénomène éditorial international.
Alaa El Aswany est aussi l’auteur de Chicago.

biblioL’Immeuble Yacoubian
Actes Sud, 2006 et Babel n° 843

biblioChicago
Actes Sud, 2007 et Babel n°941
#]

publié le 25 avril 2010

Aladin et l’antisémitisme arabe

[#Les protestations égyptiennes contre les décisions des responsables français s’obstinant, lors des Rencontres de l’image organisées par le CCF du Caire, à maintenir une programmation jugée « pro-israélienne » (voir le précédent billet) sont loin d’être uniques. Les incidents se multiplient, donnant des arguments à ceux qui, dans le monde arabe, considèrent qu’il y a un véritable infléchissement de la politique culturelle française.#]

[#En dépit du contrôle assez vigilant que les autorités tunisiennes imposent à la circulation de l’information, certains quotidiens arabes ont relayé les protestations d’intellectuels tunisiens lorsque l’ambassade de France en Tunisie a organisé, en février dernier, le premier débat du projet Aladin. Avec son titre tout droit sorti des Mille et Une Nuits, ce programme, en collaboration avec l’Unesco, a pour but de sensibiliser les populations arabes et musulmanes du pourtour méditerranéen (la Turquie est concernée) à la question de l’antisémitisme.

Un article publié dans Al-Akhbar ironise cruellement sur cette série de conférences et de débats sur l’holocauste qu’organise la nation dont les propres autorités, au temps de Vichy, ont collaboré avec les nazis. Elles n’ont d’ailleurs toujours pas reconnu le rôle des autorités coloniales vichystes lorsque les forces allemandes et italiennes ont envahi le pays en 1942, et que les juifs tunisiens ont été obligés de porter l’étoile jaune. Cinq mille d’entre eux ont été alors envoyés dans des camps de travail. C’est le bey d’Egypte qui prit alors leur défense, et ce sont des Tunisiens tels que Khaled ‘Abd al-Wahab (خالج عبد الوهاب), un riche propriétaire terrien, qui prirent le risque, alors, de cacher chez eux des juifs pour les sauver de la persécution.

Bien oubliée, l’histoire de Khaled ‘Abd al-Wahab fait l’objet aujourd’hui d’une campagne (voir cet article dans Al-Quds al-‘arabi) menée en particulier par le Washington Institute for Near East Studies. L’enjeu est de faire reconnaître l’action de ce « Schindler musulman » qui a risqué sa vie pour sauver celle de ses compatriotes juifs. Malgré les témoignages de certains des descendants des familles protégées, le Yad Vashem a jusqu’à présent refusé d’inscrire dans ses registres le nom de ce « Juste » tunisien.

En Algérie également, la population locale, alertée par ses autorités religieuses, a refusé d’occuper les maisons que les autorités vichystes avaient confisquées aux « nationaux » juifs… Ce qui n’a pas toujours été le cas de colons originaires de la métropole, bien moins scrupuleux…

A l’heure des « devoirs de mémoire » si souvent rappelés en France au sujet des persécutions subies par les juifs, l’histoire de Khaled ‘Abd al-Wahab et des autres « Justes » musulmans est là pour nous dire que cette mémoire est bien sélective et bien oublieuse parfois de ses propres fautes, alors même qu’elle prétend donner des leçons aux autres, qui y entendent les échos d’une certaine morgue coloniale … Elle devrait aussi aider à comprendre que l’histoire du judaïsme dans le monde arabe n’est pas celle de l’Europe. Aux bonnes âmes qui s’inquiètent de voir aujourd’hui prospérer dans certains milieux les traductions arabes des Protocoles des sages de Sion et des autres ouvrages de cette nature, il faut rappeler qu’elles ne font que réutiliser, hélas, les déchets de l’antisémitisme européen.#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 26 octobre 2008

Année de la femme en Arabie saoudite

Par Yves Gonzalez-Quijano

Au risque de donner raison à ceux qui l’accusent de surfer sur le succès facile, Al-Sâqi, grosse maison d’édition au très intéressant catalogue anglais et arabe, a récemment publié une autre de ces jeunes romancières saoudiennes qui, à l’image de Rajaa Alsanea avec ses Filles de Riyad (voir ce billet) suscitent l’intérêt passionné des lecteurs arabes et occidentaux (le roman, traduit à ma connaissance en anglais, français, espagnol et italien, fait partie des 100 meilleures ventes mondiales en 2005).

Lancé en avant-première à la dernière foire du livre de Beyrouth, la nouvelle romancière, Samar al-Muqrin, y a battu tous les records de vente (article en arabe). Son très mince ouvrage (77 pages) se nomme Nisâ’ al-munkar (نساء المنكر), quelque chose comme “Les Femmes de l’opprobre”, titre qui fait clairement allusion en arabe à la dénomination de la célèbre police des mœurs locales (هيئة الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر). C’est le récit, par la voix de l’héroïne elle-même, d’une femme qui, après un mariage imposé et malheureux pour lequel elle a vainement cherché huit ans durant à obtenir le divorce, finit par vivre une passion illégitime que la justice punira sévèrement.

Même si la critique est réservée sur les qualités littéraires (article en arabe) d’un ouvrage tiré sans trop d’efforts stylistiques d’une série d’enquêtes menées par la romancière, qui est aussi journaliste, dans les prisons pour femmes d’Arabie saoudite, le succès du livre auprès du public arabe est le signe que la question féminine agite, comme jamais, les sociétés du Golfe.

Le phénomène n’a pas échappé à la presse arabe et une publication électronique comme Islam-online (article en arabe), pourtant très proche des Frères musulmans égyptiens, a pu parler de 2008 comme de “l’année de la femme” en Arabie saoudite, en évoquant différentes mesures confirmant une certaine émancipation des citoyennes du Royaume : désormais, les femmes chef d’entreprise peuvent voyager pour affaire sans un “garant” masculin puisqu’il existe depuis mars dernier à Riyad un hôtel réservé à la clientèle féminine (de 70 à 200 euros la chambre paraît-il) ! Et les lectrices des bibliothèques universitaires peuvent maintenant retirer leurs livres toute seules…

Certes, pour les lecteurs - et sans doute plus encore les lectrices ! - qui n’appartiennent pas à la région, ces conquêtes du féminisme saoudien peuvent paraître très modestes ! Faute d’être replacées dans leur contexte, certains progrès pourraient même être interprétés à contresens.

Ainsi, la toute récente proposition parlementaire (article en arabe) visant à permettre aux Saoudiennes de faire figurer sur leurs documents d’identité non pas leur photo mais leurs empreintes digitales peut très bien passer pour une marque supplémentaire du poids des traditions locales. Sauf que, dans l’esprit des législateurs, il s’agit très clairement de rendre plus difficiles les cas de fraude, notamment dans les affaires d’héritage, et donc en fait de protéger plus efficacement les droits des citoyennes du Royaume.

Il en va de même pour la décision d’imposer des vendeuses féminines dans les boutiques de lingerie du Royaume. On peut le voir au premier regard comme une preuve supplémentaire d’un bigotisme, véritable marque de fabrique du wahhabisme saoudien. Mais cette décision, reportée à plusieurs reprises depuis sa promulgation en 2004, entre en fait dans le cadre d’une campagne nationale visant à étendre les domaines dans lesquels la femme saoudienne peut trouver l’occasion de travailler. D’ailleurs, une association féministe locale - comme quoi cela existe ! - a menacé de boycotter systématiquement les magasins qui n’appliqueraient pas la nouvelle mesure !

De fait, c’est sur le plan professionnel que l’affirmation des femmes saoudiennes trouve son expression la plus frappante. Durant ces derniers mois, celles-ci ont obtenu le droit d’intervenir dans des secteurs qui leur étaient jusqu’alors inabordables, voire interdits : certaines professions juridiques (précisément, la fonction de ta‘qîb, chargée devant les tribunaux de défendre les intérêts publics lors de litiges à propos de contrats avec des sociétés ou des personnes privées), les professions du tourisme avec une première promotion d’étudiantes spécialisées dans ce domaine en mai 2008, ou encore les entreprises de travaux public désormais ouvertes au femmes (مقاولات) … Récemment, le toujours très intéressant site Menassat (article en arabe) signalait la prise de fonction de la première saoudienne (une mère de famille de quatre enfants) reporter-photographe.

Et il devient urgent d’intervenir, sans doute parce que la société saoudienne supporte de moins en moins bien les agissements de sa redoutable police des mœurs, mais surtout parce que le système social local n’est manifestement plus adapté à la situation présente. En effet, dans un pays à la natalité très forte, les jeunes femmes représentent désormais près des trois quarts des diplômées de l’enseignement supérieur (article en anglais).

Aujourd’hui, cette jeunesse féminine hautement qualifiée ne trouve pas d’emploi en rapport avec ses aspirations professionnelles et elle n’a d’autre solution que de s’expatrier dans les pays voisins (Bahreïn, Koweït) qui offrent encore, notamment pour les diplômées des filières littéraires, des débouchés dans les métiers de l’enseignement. Même si l’on a organisé sur place des logements pour ces jeunes célibataires, qui bénéficient également de transports organisés pour retrouver leur famille durant le week-end, on imagine l’embarras des “chefs de famille” (أولياء الأمور) partagés, comme partout ailleurs, entre le désir de voir leurs filles réussir dans la vie et la nécessité de les laisser partir pour cela, seules, à l’étranger…

Pour reprendre une expression assez frappante utilisée par Imtithâl Abu al-Su‘ûd, directrice d’un centre pour le développement de la femme (article en arabe), l’autre moitié de la société saoudienne est bien résolue désormais à “sortir de la ‘abayya des hommes” (الخروج من عباءة الرجل - ‘abayya est le nom de l’ample manteau masculin traditionnel) en réclamant qu’on distingue davantage entre “l’héritage religieux et l’héritage social représenté par des traditions et des coutumes qui n’ont pas de traces attestées religieusement” (بالتفريق بين المأثور الديني والموروث الاجتماعي المتمثل العادات والتقاليد غير الواردة في الآثار الدينية).

Une partie des autorités, au moins, semblent ouvertes à une telle évolution. Récemment, le gouverneur de La Mecque a ainsi modifié les termes de la loi qui n’interdit plus la mixité (عدم جواز الاختلاط) mais se contente de rappeler le “respect des obligations de la charia” (الالتزام بمقتضيات الشريعة).

Une évolution qui ne peut que plaire aux pionnières qui, dans les pays du Golfe, occupent désormais de hautes fonctions publiques dans les gouvernements du Koweït, du Qatar, des Emirats arabes unis où une femme vient d’être nommée juge, tandis qu’une autre a été désignée ministre du commerce extérieur. (On notera également, le fait a rarement été évoqué par les médias occidentaux, que l’ambassadeur du Bahreïn aux Etats-Unis est une femme, de confession juive qui plus est !)

Cheikha Mozah et son mari, émir du Qatar

Incontestablement, l’Arabie saoudite reste à la traîne dans ce domaine mais le fait que l’interdiction de conduire - pas toujours strictement respectée - soit désormais largement dénoncée, y compris par certaines princesses de la famille royale, montre bien que les temps sont mûrs pour le changement. Copiant une Asma El-Akras en Syrie ou une Rania en Jordanie, on peut compter, pour hâter les changements, sur certaines des “grandes dames” de la région telles que la princesse Haya à Dubaï, ou Sheikha Mozah au Qatar - citée parmi les 100 femmes les plus influentes du monde selon le magazine américain Forbes.

Illustration : en haut, www.elmaqah.net, un très bon site yéménite (en arabe) sur la littérature et ci-dessus, www.middle-east.com.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo

publié le 28 décembre 2006

Arabie Saoudite : Affluence pour le pélerinage à la Mecque

Plus de deux millions de musulmans ont entamé, jeudi, à La Mecque, leur pèlerinage annuel, le Hadj.

Les pèlerins ont d’abord fait le tour de la Kaaba, grand cube noir placé au centre de la Grande Mosquée de La Mecque, qui contient la Pierre noire, offerte selon la légende par l’archange Gabriel à Abraham.

Ils ont ensuite entamé une marche rituelle de 13 kilomètres vers la vallée de Mina, pour se recueillir et prier.

Après Mina, les fidèles se dirigeront dès l’aube, vendredi, vers le mont Arafat, où le prophète Mahomet prononça, toujours selon la légende, son dernier discours.

En haut de cette colline, ils passeront la journée à prier et à implorer le pardon de Dieu. L’attente des pèlerins au sommet symbolise l’attente du Jugement dernier.

Ils reviendront ensuite samedi à Mina pour sacrifier une bête, généralement un mouton, marquant l’Aïd Al-Adha, la fête du sacrifice, qui rappelle celui d’Abraham.

Puis ils passeront deux autres jours à Mina pour le rite de la lapidation des stèles symbolisant Satan. Lors du dernier Hadj en janvier, 345 fidèles avaient péri dans une bousculade durant ce rituel.

Les mesures de sécurité ont été particulièrement renforcées cette année pour éviter les bousculades meurtrières, mais aussi pour prévenir l’éruption de violences liées aux tensions politiques qui agitent le Moyen-Orient.

Les trois quarts des pèlerins venus participer au Hadj proviennent de l’extérieur du pays, dont de nombreux Iraniens et Irakiens.

« Nous nous attendons à tout [...]. Et nous agirons avec fermeté et vigueur » face à tout risque, a lancé le ministre de l’Intérieur Nayef Ben Abdel Aziz, en guise d’avertissement, avant de rappeler qu’aucune autre activité que les rites du pèlerinage ne sera tolérée.

Le Hadj est une obligation pour tout musulman apte à accomplir le pèlerinage et constitue un de cinq devoirs fondamentaux de l’islam. La plupart des pays établissent cependant des quotas pour éviter un afflux excessif de pèlerins vers La Mecque.

publié le 24 mars 2007

Arabie Saoudite : Un "hôtel pour dames" à Riyad

Un hôtel réservé aux femmes sera bientôt ouvert à Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite, a annoncé un journal saoudien.

Les propriétaires du nouvel hôtel, un groupe de femmes d’affaires saoudiennes, constatent une demande élevée et grandissante pour les hôtels de ce type.Ces derniers temps, les femmes saoudiennes participent de plus en plus activement à la vie sociale et d’affaires, ce qui implique des voyages à travers le pays. Cependant, dans la plupart des cas elles se voient refuser une réservation, car selon les normes existantes, c’est l’homme qui doit réserver une chambre d’hôtel.

Chaque femme en Arabie Saoudite, quel que soit son âge, doit avoir un homme garant : père, mari ou autre membre de sa famille. Sans l’autorisation de cet homme, la femme ne peut pas faire ses études, obtenir un emploi ou sortir du pays. C’est en tant que membres de famille que les femmes sont généralement admises dans les hôtels.

Une telle situation est extrêmement incommode pour les femmes effectuant des voyages d’affaires, participant à des conférences scientifiques organisées à Riyad ou qui viennent dans la capitale pour faire des courses. Le nouvel "hôtel pour dames" est appelé à remédier à cette situation.

publié le 23 mars 2013

Arabtec, remporte le contrat pour la construction du musée du Louvre Abou Dhabi

[# Les travaux de ce projet, retardé à plusieurs
reprises, va commencer immédiatement
a annoncé l’émir d’Abou Dhabi qui a
confirmé par ailleurs qu’il sera inauguré en
2015.#]

[# La construction du Louvre s’inscrit dans
le cadre d’un ambitieux projet d’Abou Dhabi
pour la création d’un district culturel sur l’île
de Saadiyat, au large de la capitale émiratie. Il
comprend outre le musée du Louvre Abou
Dhabi, un musée national et un musée
Guggenheim Abou Dhabi.

La construction de
ces musées devait initialement être achevée
entre 2013 et 2014, mais les autorités d’Abou
Dhabi avaient confirmé l’an dernier un retard
dans les travaux, sur fond de réévaluation des
dépenses de l’État. Conçu par l’architecte
français Jean Nouvel et inspiré par l’architecture
traditionnelle arabe, ce “Louvre des
sables” s’étendra sur une superficie de 64 000
mètres carrés et sera surmonté d’un dôme
reprenant à l’infini le motif des feuilles de palmier
qui s’entrecroisent, laissant passer la
lumière. La France et les Émirats avaient signé
en 2007 un accord sans précédent, pour trente
ans et en contrepartie d’un milliard d’euros,
portant sur la conception et la mise en oeuvre
par la France du Louvre Abou Dhabi.#]
Source : Chambre de Commerce Franco-Arabe

publié le 16 août 2012

Art Abou Dhabi 2012 du 7 au 10 novembre 2012

[#La quatrième édition d’Abu Dhabi Art Fair, qui se déroulera dans le quartier culturel de Saadiyat du 7 au 10 novembre 2012, réunira les principales galeries d’art provenant des quatre coins du monde.#]

Avec 80 % de galeries qui reviennent, la foire de design et d’art moderne et contemporain d’Abou DHabi s’annonce comme un rendez-vous entre collectionneurs, artistes et amateurs d’art à ne pas manquer cette année.
La cinquantaine de galeries, dont dix nouvelles, représenteront plus de 400 artistes d’une vingtaine de pays.

Elles présenteront des artistes émergents et reconnus de tous les arts visuels : peinture, sculpture, dessin, installation, et photographie ainsi que de la vidéo et de l’art numérique.

L’exposition proposera une variété d’œuvres d’une qualité artistique indubitable, certaines étant réalisées par des artistes émergents. L’événement a lieu au District Culturel de Saadiyat, dans le centre d’expositions Manarat Al Saadiyat et au Pavillon des EAU. C’est dans ce District Culturel que l’on pourra visiter dans quelques années le Louvre Abou Dhabi, le Musée national de Zayed et le Guggenheim Abou Dhabi.

Pour plus d’informations, veuillez consulter www.abudhabiartfair.ae

publié le 2 novembre 2012

Art Abou Dhabi du 7 au 10 novembre 2012

[#Une foire d’art populaire et une estrade d’art moderne et contemporain avec des programmes publics, Art Abou Dhabi (du 7 au 10 novembre 2012) réunit les principales galeries d’art provenant des quatre coins du monde.

L’exposition propose une variété d’œuvres d’une qualité artistique indubitable, certaines étant réalisées par des artistes émergents. L’événement a lieu au District Culturel de Saadiyat, dans le centre d’expositions Manarat Al Saadiyat et au Pavillon des EAU. C’est dans ce District Culturel que l’on pourra visiter dans quelques années le Louvre Abou Dhabi, le Musée national de Zayed et le Guggenheim Abou Dhabi.#]

Pour plus d’informations, veuillez consulter www.abudhabiartfair.ae

publié le 17 mars 2014

Art Dubaï stimule la réussite des artistes

Art Dubai, le principal salon international de l’art dans la région Asie du Sud / Afrique du Nord / Moyen-Orient / (MENASA), joue plus que probablement un rôle majeur dans la carrière de nombre d’artistes et d’esprits créatifs.

Depuis sa création, Art Dubai a en effet aidé plusieurs artistes et galeries atteindre le succès, comme l’affirme Antonia Carver de Dubai Art Fair : « Beaucoup d’artistes et de galeries des Emirats ont grandi avec Art Dubai et nous nous efforçons de soutenir la scène locale des arts et de collaborer avec tous les acteurs, à savoir artistes, galeries, collectionneurs, institutions, conservateurs et étudiants. »
Le programme de résidence de trois mois organisé dans le cadre d’Art Dubaï est autre un exemple de la façon dont les artistes et les conservateurs, émiriens et étrangers, se rejoignent pour partager des expériences et de s’informer, ajoute Carver. “Campus Art Dubai, notre école du samedi pour les artistes et les conservateurs des Emirats, offre aussi deux programmes intensifs axés sur la carrière et les ateliers.’’
Au niveau des écoles, Carver déclare : “Nous espérons vivement que le soutien dont nous bénéficions de la part du gouvernement aidera notre programme novateur de grande envergure pour les enfants âgés de 5-16 ans. Dans ce cadre, nous organisons des ateliers et des séances avec des artistes émirien et venus du monde entier.”
Art Dubaï joue d’autre part un rôle important dans la réussite des galeries d’art, offrant aux artistes établis et émergents une plate-forme pour des projets ambitieux. –

publié le 19 mai 2010

Art dubai 2010 récompense tous les arts

[#

Dubaï rend hommage à tous les mécènes régionaux et internationaux des arts qui ont contribué financièrement à renforcer la scène artistique de Dubaï, avec un événement destiné à exprimer sa reconnaissance, le premier de ce type jamais organisé dans le monde arabe.

La Dubai Culture & Arts Authority (Dubai Culture), qui représente l’organisation des Émirats dédiée au développement, à la promotion et à la préservation de la culture, du patrimoine et des arts, invite actuellement les mécènes à s’inscrire en vue des prix Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum Patrons of the Arts Awards, qui distingueront les mécènes ayant parrainé des événements artistiques ou culturels à Dubaï ou des initiatives affiliées à Dubaï.

L’organisation de ces Prix a été annoncée lors de Art Dubaï 2009 par son Altesse Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, Vice-président des Émirats arabes unis, Premier Ministre et dirigeant de Dubaï.

En étendant les prix Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum

Patrons of the Arts Awards aux mécènes de la région et au-delà, Dubaï mène une nouvelle dynamique de promotion des arts , explique

Mishaal Al Gergawi, responsable projets et événements de Dubai Culture.

Si nous tenons à donner une dimension internationale à ces Prix, c’est pour exprimer notre gratitude à tous les mécènes de l’art qui soutiennent la scène artistique de Dubaï. Leur parrainage a aidé Dubaï à se construire une plateforme bien établie, aujourd’hui apte à générer la croissance artistique , poursuit Mishaal Al Gergawi.

Ces prix viennent honorer les contributions financières ou les dons en nature destinés aux arts visuels, aux arts du spectacle, au cinéma et aux initiatives littéraires à Dubaï, effectués entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2009. Les prix seront décernés dans quatre catégories : Distinguished Patrons of the Arts , Patrons of the Arts ,

Supporters of the Arts , et Friends of the Arts .

M. Al Gergawi a souligné que la sphère culturelle de la ville avait beaucoup profité du soutien des mécènes non seulement aux Émirats arabes unis, mais aussi de toute la région CCG et du monde entier. Ce mécénat de grande portée envers la littérature, les arts visuels, le cinéma et les arts du spectacle met en valeur l’évolution de Dubaï qui, d’une plateforme destinée à l’exposition de contenu, est devenue une plateforme de création de contenu.

Les récompenses ont été présentées en mars 2010, à Art Dubai 2010.

Les particuliers comme les organisations peuvent proposer leur candidature en téléchargeant le formulaire d’inscription à l’adresse http://www.dubaiculture.ae/paa. Les candidatures doivent être adressées par courrier à :

Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum Patrons of the Arts Awards, Dubai Culture & Arts Authority, Level 15, The Gate Building, Dubai International Financial Centre, PO Box 125115, Dubai, Émirats arabes unis.#]

publié le 2 décembre 2008

artparis-AbuDhabi 08 a accueilli 12 000 visiteurs

[#La deuxième édition d’artparis-Abudhabi, salon international d’art moderne et contemporain vient de s’achever, après avoir accueilli 12 000 visiteurs

Lundi 17 novembre au soir, 4 500 personnes – dont de nombreux collectionneurs, curateurs, critiques et amateurs d’art présents à Abu Dhabi – ont convergé vers l’Emirates Palace pour assister au vernissage de la deuxième édition d’artparis-AbuDhabi.

Au total, 12 000 visiteurs et collectionneurs ont ainsi déambulé entre les stands de 59 galeries internationales et dans les allées du Monumental Art Garden, installé sur la terrasse de l’Emirates Palace. Ceci représente une augmentation d’environ 30% en terme de fréquentation, puisqu’ils étaient 9 200 visiteurs l’année dernière.

Collaborant étroitement avec les autorités culturelles (ADACH) et touristiques (TDIC) d’Abu Dhabi, les organisateurs d’artparis-AbuDhabi – Caroline Clough Lacoste, Laure d’Hauteville et Henri Jobbé-Duval – ont confirmé leur volonté de prendre activement part au développement culturel d’Abu Dhabi en instaurant un dialogue fécond entre galeries, artistes et collectionneurs du Moyen Orient et de l’Occident.

Parce qu’elle contribue à l’émulation culturelle d’Abu Dhabi, la foire d’artparis-AbuDhabi prépare ainsi, à sa manière, le lancement du district de Saadiyat Island qui réunira les plus grandes institutions culturelles dès 2012-2013.

Rendez-vous est pris en Novembre 2009, pour la troisième édition d’artparis-abudhabi.

En attendant, artparis vous invite au Grand Palais du 19 au 23 mars 2009

Visuels disponibles sur le site www.artparis-abudhabi.com grâce au password : press08.#]

Contacts presse
Sylvia Beder - communication culture - Romane Dargent
227, boulevard raspail 75014 Paris
Tel : +33 (0)1 42 18 09 42
Fax : +33 (0)1 43 21 18 95
Email : sylvia@sylviabeder.com
Website : www.sylviabeder.com

publié le 16 avril 2006

Arts de l’Islam : De Cordoue à Samarcande

Chefs-d’œuvre du nouveau Musée d’Art Islamique de Doha

En avant-première de l’ouverture du musée d’Art Islamique de Doha, le Louvre présente une cinquantaine de chefs-d’œuvre choisis dans la magnifique collection constituée par l’État du Qatar.

Les pièces d’exception sélectionnées par les commissaires de l’exposition du Louvre sont parmi les plus représentatives de cette collection. Elles témoignent d’une civilisation très riche et variée, couvrant trois continents et treize siècles, du VIIe au XIXe.
L’ensemble des œuvres sera bientôt exposé dans le futur musée de Doha. Résolument novateur, ce musée qui est en cours d’achèvement et qu’évoqueront deux maquettes présentées à l’espace Richelieu, a été conçu par Ieoh Ming Pei et Jean-Michel Wilmotte.

Cette exposition s’inscrit dans la programmation culturelle du musée, accompagnant le projet de redéploiement des collections des Arts de l’Islam du Louvre dans de futurs espaces créés Cour Visconti.
L’ exposition bénéficie du soutien de l’État du Qatar.
Date d’ouverture : du 30-03-2006 au 26-06-2006
source : www.louvre.fr

publié le 22 février 2010

“Harragas” : de la décolonisation à la mondialisation

[#Il faut avoir le talent d’un Dilem (évoqué dans ce billet) pour résumer, en un dessin de presse, un demi-siècle d’histoire. Novembre 1954 : le FNL lance son premier appel au peuple algérien, point de départ d’une lutte qui prendra fin avec l’indépendance de juillet 62. Près d’un demi-siècle plus tard, la jeunesse algérienne – 1/3 des 35 millions d’Algériens a moins de 15 ans – “brûle” ses papiers (en arabe : ﺣﺮﺍﻗـة, haraga) avant de risquer sa vie, armée de ses seules rames, sur les “barques de la mort” pour tenter de gagner l’Eldorado européen.#]

Plus que jamais, l’Algérie vit en effet à l’heure des harragas, ces milliers de jeunes qui désespèrent de leur pays et partent tenter leur chance dans un ailleurs qu’ils imaginent meilleur. Illégal, le phénomène échappe par définition à l’approche statistique mais il y a tout de même des chiffres qui parlent : entre 2005 et 2008, le nombre des victimes retrouvées sur les côtes algériennes a ainsi plus que triplé. En 2008, les garde-côtes algériens ont arrêté plus de 1300 candidats à l’émigration (âgés de 21 à 27 ans), tandis que les statistiques européennes recensaient quelque 67 000 arrivées clandestines (données mentionnées par Madjid Talbi dans un bon dossier sur la question). Pour combien de tentatives réussies ? Et combien de morts durant les traversées périlleuses sur les fragiles pateras ?

Face à l’augmentation des candidats à l’exil au sein d’une jeunesse désespérée, les autorités algériennes ne semblent avoir trouvé de meilleure réponse que la répression. A l’image des législations déjà adoptées par la Tunisie et le Maroc (voir cet article), la “sortie illégale du territoire” est devenue, à l’automne 2008, un délit, passible de 6 mois de prison (10 ans pour les passeurs), en dépit de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui stipule pourtant que “toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13).


Après avoir suggéré aux imams des mosquées (voir cet article) de participer à la lutte contre ce fléau social au nom de l’interdiction, par l’islam, de ce qui revient à une forme de suicide au vu des risques encourus, les autorités appellent-elles à l’aide, aujourd’hui, les artistes ? La question peut se poser au regard du soutien accordé par le ministère de la Culture algérien à Harragas, le dernier film de Merzak Allouache (مرزاق علوش) récemment présenté au “Sierra Maestra”, une des rares salles de cinéma dignes de ce nom (depuis sa récente restauration) à Alger, dans une ville qui en comptait près de 60 au début des années 1960. (C’est par une décision du président Boumediene que l’ancien “Hollywood” a pris ce nom, inspiré de la région montagneuse où les barbudos de Fidel Castro tenaient maquis au temps de la révolution cubaine, et le “Che” en personne avait assisté à l’inauguration de la salle, en 1963 ! Sur Alger et son passé, je recommande chaudement Biladi, le blog d’un amoureux d’Alger d’où j’ai tiré cette image).

Auréolé de plusieurs prix remportés aux festivals de Valence et de Dubaï, Harragas renoue avec un procédé utilisé par le cinéaste au tout début de sa carrière, en 1976, avec le très bon Omar Gatlato (عمر قتلتوا الرجلة : “Omar, sa virilité le tue !” en arabe). L’odyssée tragique des candidats à l’émigration est en effet racontée a posteriori, par un témoin, en voix off. C’est lui qui retrace la destinée de la petite embarcation qui quitte la côte de Mostaganem, à l’ouest d’Alger, pour tenter de gagner les Canaries. Sous la conduite d’un passeur par ailleurs policier véreux, et lui-même tenté par l’exil, les dix passagers connaîtront le sort de milliers de leurs semblables, parfois arrivés à bon port (si l’on ose s’exprimer ainsi), mais plus souvent encore, nul ne le sait, disparus en mer ou repris par la police…


Les avis sont partagés sur un film qui sera distribué en France à partir de cette semaine. Il a en tout cas le mérite d’avoir donné leur chance à un groupe de très jeunes acteurs, issus de l’Institut national des arts dramatiques d’Alger ou encore du Théâtre de Mostaganem. Il rappelle également l’existence d’un cinéma algérien qui continue à produire en dépit des impasses de la société algérienne. Après une longue éclipse, Mascarades (مسخرة) d’Elias Salem (إلياس سالم) et peut-être plus encore Inland (Gabla – قابلة) de Tariq Teguia (طارق تقية) ont montré comment de jeunes réalisateurs étaient capables d’œuvres marquantes, malgré toutes les difficultés. Des difficultés qui, en dernière instance, sont bien d’ordre politique quand les écarts de rémunération, comme l’explique l’auteur d’Inland dans un entretien donné au Monde, vont de 1 à 10 entre le Nord et le Sud.

Des propos qui nous rappellent que les vraies questions – malgré tous les commentaires nauséabonds à propos des sandwichs halal et autres burqas – sont posées par l’accélération de la mondialisation qui rend insupportables les écarts de richesse entre les pays de la décolonisation et ceux du Nord de la Méditerranée.

Une Méditerranée aujourd’hui devenue, comme le dit le titre de ce blog (en arabe), le cimetière de ceux qui ont un rêve (المتوسط مقبرة الحالمين).

Ci-dessous, la bande-annonce de Rome plutôt que vous (روما ولا أنتوما), le très remarqué premier film de Tariq Teguia. Pour expliquer le choix de la seconde citation, “Arabes ça veut dire ceux qui bougent“, il faut savoir que le mot “Arabes” désigne à l’orgine, dans la sociologie d’un Ibn Khaldoun par exemple, les bédouins nomades, par opposition aux sédentaires.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/
Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 2 mai 2009

“Jodhaa Akbar” : ailleurs qu’en Méditerranée

[#Un « film indien » : dans le monde arabe, l’expression a longtemps été réservée à ces navets sentimentaux dont les copies hors d’âge faisaient l’ordinaire des salles les plus pauvres des quartiers les plus déshérités. Mais les choses pourraient bien changer avec l’énorme succès du feuilleton indien récemment diffusé par la MBC qui rafle à nouveau la mise après l’incroyable réussite, la saison dernière, des feuilletons turcs.#]

[#La nouvelle production étrangère, doublée en arabe et diffusée par la chaîne à capitaux saoudiens, s’appelle Jodhaa Akbar. C’est une épopée historico-sentimentale, dans le style « bollywoodien », qui raconte les aventures, tirées de faits réels, d’un empereur moghol du XVIe siècle, Jalaluddin Muhammad Akbar, amoureux fou de la belle Jodhaa.

L’intérêt de la chose, pour les spectateurs de la MBC en tout cas, c’est que le couple impérial est « mixte », comme on dit curieusement en français : lui est musulman, elle est hindoue ; tous deux, ils sauront vivre en harmonie en surmontant les barrières culturelles, sociales et religieuses.

Preuve qu’il n’est pas uniquement composé de fanatiques à tous crins, le public arabe a réservé un accueil enthousiaste à cette image d’un islam tolérant. Au point d’amener la presse à se demander pourquoi le cinéma et la télévision arabes sont incapables de produire des oeuvres aussi abouties et qui montrent de surcroît l’islam sous son meilleur jour.

Les limites de la production audiovisuelle arabe sont rendues plus évidentes encore par le triomphe, pour la seconde année, de feuilletons étrangers doublés en arabe. Si le phénomène devait se poursuivre, et nul doute que le réservoir indien, par exemple, soit immense, quel peut être l’avenir de la production locale ?

Le succès de Jodhaa Akbar appelle un autre commentaire sur la nature des consommations télévisuelles, et peut-être « culturelles », que révèle le triomphe d’un tel feuilleton, produit « populaire » par excellence. En effet, si la réception de cette série indienne dans le monde a dépassé toutes les attentes, la MBC, comme le signale cet article (en arabe) publié sur le site Arab Online, ne prenait pas un grand risque par rapport à son premier cercle de téléspectateurs.

En effet, dans la Péninsule arabe où les immigrés en provenance du sous-continent indien sont légion, on regarde depuis longtemps vers cet Est-là : on y commerce, on s’y rend en voyage d’agrément, et on partage avec lui bien des choses, à commencer par le goût des épopées historico-sentimentales ponctuées de couleurs éclatantes et de musiques entêtantes !

Au moment où l’on constate les difficultés de tous les projets qui voudraient créer une « union méditerranéenne », il y a quelque ironie à constater que, pour une partie du monde arabe au moins, les choses se jouent déjà ailleurs, bien au-delà des rives partagées avec l’Europe !#]

Avec un autre article en arabe sur Jodhaa Akbar, cette fois dans le quotidien jordanien Al-Raï, un petit extrait du feuilleton avec son doublage, dans le plus pur arabe dit « classique », un choix qui s’explique sans doute, par rapport au très contemporain Nour importé de Turquie l’année précédente et doublé en syrien, par le caractère historique de l’intrigue.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 29 décembre 2008

“Miséricorde” en Arabie saoudite

par Yves Gonzalez-Quijano

[#Semaine après semaine, les nouvelles en provenance d’Arabie saoudite montrent que les choses bougent. Après le cinéma, le rap, et l’émancipation des femmes, c’est une campagne de publicité, lancée à la mi-novembre, qui mérite quelques commentaires.

« Rahma » (رحمة ; miséricorde) est le nom de la campagne réalisé par l’agence publicitaire saoudienne Full Stop, dirigée par Qaswara al-Khatib (déjà rencontré ici). Pour 1,5 million de dollars (création et achat d’espaces), offerts par un homme d’affaires local qui a souhaité rester anonyme, l’agence a réalisé trois spots télévisés et trois encarts imprimés pour alerter l’opinion locale contre les mauvais traitements infligés aux travailleurs immigrés.

Même si les mauvais traitements ne sont pas forcément la règle, le problème - qui est loin de concerner ce seul pays (voir cet ancien billet, « Bonnes à tout faire dans le monde arabe ») - n’en est pas moins réel dès lors que les 22,5 millions de Saoudiens « accueillent » 5,6 millions de travailleurs immigrés, dont 1,5 million de travailleuses domestiques principalement originaires d’Indonésie, du Sri-Lanka et des Philippines (chiffres extraits de « Comme si je n’étais pas un être humain », un rapport publié en juin dernier par Human Right Watch).


Relayant l’impact des trois visuels qui illustrent ce billet, les slogans sont particulièrement efficaces : Pas de miséricorde [divine] pour celui qui n’est pas miséricordieux (من لا يَرْحَم لا يُرْحَم) dit le premier en faisant allusion à un hadith (parole du Prophète) célèbre, histoire d’en appeler aux sentiments de la population qui habite sur les Lieux saints de l’islam ; Ne me prive pas de mon humanité (لا تجردني إنسانيتي) dit le second qui a le mérite de dépasser l’appel aux bons sentiments des exploiteurs en donnant, au moins symboliquement, la parole aux victimes.

Les vidéos sont tout aussi mordantes. Le plus long des trois clips (pour les deux autres, voir ci-dessous) met en scène un homme d’affaire qui commence par insulter la domestique qui a mal repassé son linge, qui répond à un autre qui lui réclame trois mois de salaire en retard qu’il n’a pas d’argent, qui insulte l’immigré épuisé qui traverse devant son 4×4 et qui, une fois rendu au bureau, refuse d’autoriser un employé à se rendre à l’hôpital pour prendre des nouvelles de sa fille pendant son temps de travail. La vidéo se termine sur un gros plan de l’homme en prière - cette prière dont la célèbre police des mœurs locales s’assure qu’elle est bien accomplie en pourchassant ceux qui traînent encore dans la rue à l’heure des dévotions. L’homme s’adresse à son Dieu dont il implore, en écho au slogan de la campagne, la miséricorde pour la pauvre créature qu’il est…

Il est vrai que certains journaux locaux, jugeant ces images trop choquantes, ne les ont pas acceptées, et que des voix se sont élevées pour protester contre cette insulte faite à l’honneur du peuple saoudien ! De même, les clips n’ont pas été repris sur les chaînes officielles du Royaume, mais elles ont été diffusées en revanche sur plusieurs télés privées, parmi les plus importantes (MBC, Rotana…) Et Al-Hayat, un des plus grands quotidiens panarabes imprimé à Londres mais à capitaux saoudiens, a relayé la campagne qui a réuni, sur Facebbok, un groupe de 3000 membres affichant leur soutien.

Semaine après semaine, les choses bougent en Arabie saoudite : combien de sociétés acceptent de donner d’elles-mêmes une image aussi cruelle, même dans le cadre d’une campagne de ce type ? Qaswara Al-Khatib, le PDG de Full Stop, qui ne manque jamais de souligner l’importance de s’appuyer sur des publicitaires locaux en prise avec la sensibilité réelle du pays, a raison de souligner la signification politique, au sens large du terme, de l’évolution que révèle “Miséricorde”, la première opération de ce type dans le pays (article en anglais) : « Notre société devient plus mûre, plus tournée vers elle-même. Je n’aurais pas pu lancer une telle campagne il y a six ans. »

En prime, les deux autres clips :Dans « Casse-toi pauvre conne ! » - c’est ma traduction ! - la bourgeoise chic hurle à la domestique de poser le riz, lui reproche de ne rien comprendre et finit par la chasser en la traitant, devant les convives, d’anormale.

Une patronne encore dans le second clip (mise en scène habile), qui intime à l’employée de faire tout briller avant d’aller se coucher.#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 18 avril 2010

“Presque normal” : le film-catastrophe de la diplomatie française au Caire

[#On l’a vu souvent dans ces chroniques, la question du boycott d’Israël est loin de faire l’unanimité dans le monde arabe. Toutes sortes d’opinions s’expriment, qui vont du refus absolu et sans exception du moindre contact avec tout ce qui vient d’Israël (fût-il palestinien) à l’acceptation totale des faits accomplis et d’accords tels que ceux de Camp David depuis 1978. Certes, on trouve des positions qui font l’amalgame entre motivations politiques et religieuses. Néanmoins, et en particulier dans les milieux intellectuels et artistiques, les points de vue font très clairement la distinction entre la question du judaïsme et celle du sionisme.#]

[#Il faut donc toute la mauvaise foi de ce très médiocre quotidien qu’est devenu Libération pour parler de “chantage” et “d’antisémitisme filmique” (!) lorsqu’un cinéaste égyptien démissionne d’un jury pour protester contre la présence, dans la programmation, d’un film réalisé par une Israélienne. Et cela alors même que ledit cinéaste se donne la peine de préciser que sa décision est motivée par des raisons politiques, sans rapport avec la religion de sa consœur israélienne. Il faut dire que le journaliste anonyme de Libération n’est pas le seul à faire preuve d’autant de stupidité bornée, voire de malhonnêteté intellectuelle. Grâce à l’insigne maladresse de l’actuelle diplomatie française, la sixième édition des Rencontres de l’image au Centre culturel français du Caire, s’est ouverte sur un lamentable fiasco.

Au départ, ce festival annuel, qui permet de mieux faire connaître la jeune création cinématographique, choisit de programmer des œuvres de réalisateurs égyptiens, roumains et français. Pour le jury, on retient notamment Ahmed Atef (أحمد عاطف), critique au quotidien Al-Ahram et lui-même réalisateur de plusieurs courts-métrages. Une bonne semaine avant la manifestation, celui-ci renonce à participer aux délibérations au motif que, dans la programmation française, figure Presque normal, un film réalisé par Keren Ben Rafael, une étudiante de la Fémis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son) de nationalité israélienne.

Rien de bien extraordinaire au Caire où les centres culturels étrangers ont l’habitude de jongler avec ce type de problème, d’autant plus que le critique et cinéaste égyptien tient un discours très modéré : il publie un communiqué dans lequel il précise que sa décision n’est en rien dictée par la religion de la cinéaste concernée mais qu’il se conforme aux directives des syndicats égyptiens des journalistes et des cinéastes, syndicats qui demandent à leurs membres d’adopter cette position en cas de participation d’Israéliens à des événements auxquels eux-mêmes sont conviés.

Comme cela se produit en pareil cas, et quiconque travaille dans l’action culturelle dans le monde arabe sait que ce type de difficulté revient régulièrement, on bricole une solution : on trouve quelqu’un pour remplacer le membre du jury démissionnaire, et on retire de la programmation le film qui fait problème. Sauf que cette fois-ci, à l’initiative du ministère français des Affaires étrangères si l’on en croit Le Monde, on annonce le 30 mars le retrait du film pour confirmer, le 31, son maintien. Toujours selon Le Monde, il s’agit, explique “l’entourage du ministre”, d’appeler à juger “le film pour ce qu’il est, pas en fonction du CV du metteur en scène”.

La décision parisienne, et la volte-face qu’elle entraîne pour les responsables du CCF du Caire transforment cette affaire mineure en scandale national. L’intelligentsia égyptienne se mobilise contre un tel coup de force qui démontre – s’il en était encore besoin comme le pensent beaucoup – que la politique française montre une fois de plus que son seul but consiste à favoriser “les-visées-de l’ennemi-sioniste-dans-la-région”… La manifestation organisée devant le CCF et les pétitions qui circulent réunissent une bonne partie des élites intellectuelles et culturelles du pays, toutes tendances confondues. (La place manque pour citer tous les noms mais on y retrouve les cinéastes Tawfik Saleh, Khaled Youssef, Mohammed Khan, Yousri Nasrallah, les essayistes Galal Amin et Tarek al-Bishri, la comédienne Nadia Lutfi, le plasticien Ahmed Nawwar, les écrivains Baha Taher, Sonallah Ibrahim, Ibrahim Aslan, Ibrahim Abdel-Méguid, Muhammad al-Bosati, et une brochette de parlementaires.) Pour finir, l’ensemble des films égyptiens disparaissent du festival où ne seront projetées que quelques œuvres françaises (dont Presque normal !) et roumaines…

Pour que le scénario du film-catastrophe soit vraiment complet, on se garde bien, côté égyptien, de voler au secours des Français. Au contraire (et on peut y voir une petite vengeance à la suite de l’élection ratée de Farouk Hosny à l’Unesco : voir ici ou encore là), les autorités égyptiennes font savoir qu’elles organiseront leur propre festival pour permettre aux cinéastes locaux de faire connaître leur travail. Elles publient également un communiqué assassin, qui regrette en substance (article en arabe) les “commentaires” français sur la position d’un artiste égyptien s’exprimant dans le cadre des lois de son pays, alors qu’elles-mêmes se gardent bien de “commenter” les propos des intellectuels français sur toutes sortes de questions qui les concernent. (Et on leur accorde qu’il y aurait beaucoup à dire !!!)

Au-delà de l’anecdote, les observateurs constatent une évolution de plus en plus marquée de la supposée “politique arabe” de la France, inflexion relayée par une diplomatie culturelle qui risque de payer fort cher en terme d’image et de crédibilité, et pour longtemps, les choix d’une “Union pour la Méditerranée” aujourd’hui paralysée à force de grands écarts douloureux. A ne pas vouloir tenir compte d’une opinion arabe qui refuse, pour de très bonnes raisons – même s’il en est aussi de moins bonnes – le passage en force que constitue toute forme de normalisation imposée avec l’Etat israélien, on va droit à la catastrophe. C’est “presque normal” pour reprendre le titre du film de Keren Ben Rafael…

Fort heureusement, les premiers concernés par le conflit, à savoir certains cinéastes palestiniens et israéliens, font preuve de plus de clairvoyance, et proposent un travail qui pose des questions dérangeantes à propos de la situation dans leur pays. Il faut ABSOLUMENT aller voir Ajami, le très très remarquable film de Yaron Shani (à droite) et Scandar Copti (à gauche). Dépêchez-vous : le film n’a pas été programmé pour durer longtemps sur les écrans français… La presse arabe en a parlé (ici ou là ou encore là par exemple), et on aimerait savoir s’il sera distribué dans les salles arabes. En tout cas, il faut souhaiter qu’il y sera vu, d’une manière ou d’une autre, et qu’il fera débat…#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/
Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 1er avril 2007

« Hollywood diabolise les Arabes »

Le pourvoir du cinéma américain a connu un essor extraordinaire au XX siécle. Il a été un vecteur de l’American way of life et un des leviers de la politique étrangère américaine.

"Depuis des décennies, Hollywood, c’est-à-dire le cinéma et la télévision américaine, avilit et déshumanise les Arabes et les musulmans. Voilà pourquoi le drame palestinien reste entier depuis 60 ans, et pourquoi le public a consenti à l’invasion de l’Irak en 2003. Les préjugés contre eux sont antérieurs aux attentats du 11 septembre, bien que ceux-ci aient contribué à les diaboliser encore davantage" explique Jack Shaheen.

Cette lecture est de Jack Shaheen, né en 1936 à Pittsburgh de parents libanais chrétiens et qui examine et documente depuis 30 ans l’image de l’Arabe dans les médias de son pays - cinéma, télévision, radio et imprimés.

« Jack Valenti, longtemps président de la Motion Picture Association of America, disait que Hollywood et Washington ont les mêmes gènes. Sur le Moyen-Orient, Hollywood a toujours collé aux choix politiques de Washington », a-t-il dit hier à La Presse lors d’une rencontre à Montréal.

« La propagande que véhicule la fiction est d’autant plus efficace qu’elle n’est pas perçue comme telle. Mais s’il est si facile de tuer, de torturer, de terroriser les Arabes, c’est que 1200 films recensés par mois les présentent comme soit des monarques lubriques attirées par des blondes, soit des voleurs, des tueurs et des menteurs, soit des terroristes sans foi ni loi, et souvent sans compétence », a-t-il affirmé.

Ce travail est présenté dans un livre, Reel Bad Arabs, ou Comment Hollywood avilit un peuple. Le livre a inspiré un documentaire d’une heure, du même titre, qui a été projeté en première nord-américaine lundi à Concordia, en présence de l’auteur, dans une salle pleine à craquer. Shaheen s’était fait connaître dès 1984 avec un livre, The TV Arab.

Il s’est illustré par son combat contre l’empire Disney après la sortie d’Aladdin en 1992. La chanson d’ouverture de ce film d’animation parlait d’un pays « où l’on vous coupe les oreilles si on n’aime pas votre face », et le chanteur ajoutait : « C’est barbare, mais c’est chez moi. » Disney a fini par enlever la chanson de la version DVD.

Régression, mais espoir

« Mais ça ne change pas assez vite. Ça régresse même. Dans le film Rules of Engagement, des GI sont accusés d’avoir massacré des civils au Yémen. Mais leur avocat tombe sur une cassette audio qui lui permet de prouver que les civils, femmes et enfants, étaient les vrais agresseurs ! Dans la série 24, un jeune Arabe est sauvé du lynchage par des voisins après une attaque nucléaire, mais il se révèle être un terroriste et il massacre la famille qui lui a sauvé la vie. Ça nous dit que tout Arabe et tout musulman est un terroriste, et qu’on ne peut se fier à aucun d’entre eux ! » a expliqué Shaheen.

Souriant et plein d’énergie malgré ses 71 ans, Jack Shaheen reste optimiste malgré tout. « On a déconstruit les stéréotypes négatifs qu’on avait sur les peuples autochtones, sur les Noirs, sur les Japonais, sur les Allemands. On finira par abandonner nos préjugés contre les Arabes et les musulmans aussi, et par les voir comme des êtres humains comme nous-mêmes, avec leurs extrémistes et leurs lunatiques, mais aussi avec leur beauté, leur amour de la vie, leurs rêves et leurs espoirs. Il y a les cinéastes arabes qui montent, et il y a aussi le marché que représente les 1,5 milliard de gens de cette communauté », a-t-il conclu.


Jooneed Khan , La Presse de Montréal
www.lapresse.ca

publié le 1er mai 2013

Bassem Youssef, Mon Qatar chéri et l’utopie arabe

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Y a-t-il toujours un « rêve arabe » ? La question est posée par Bassem Youssef, une des voix les plus incisives du monde arabe d’aujourd’hui, l’équivalent égyptien du comique nord-américain Jon Stewart. Dans un contexte très différent naturellement, le succès de cet ancien chirurgien cardiaque ne peut manquer de faire penser aux remous provoqués sur la scène politique par des personnalités comme Coluche en France ou Beppe Grillo en Italie.#]

[#De plus en plus en effet, les interventions de cet animateur télévisé – sur YouTube d’abord, juste après la chute de Moubarak, puis sur la chaîne ONTV et depuis novembre dernier sur CBC (Capital Broadcast Center) – ne relèvent plus seulement du phénomène de société. Elles donnent désormais une dimension nouvelle à un affrontement éminemment politique. On y mesure les transformations qui secouent la société égyptienne, et plus largement le monde arabe.

Bien entendu, la forte parole de Bassem Youssef pose au régime la question de la liberté des médias. Une question brutalement rappelée dans un rapport publié par l’ANHRI, une ONG locale, qui résumait la situation en écrivant que le président Morsi avait fait « mieux » que tous ses prédécesseurs en réclamant, en 20 mois de pouvoir, pas moins de 24 actions en justice envers des journalistes (contre 14 seulement durant les 112 années qui ont précédé) ! Une statistique à manier avec précaution cependant car nombre d’autocrates du passé se dispensaient de tout formalisme juridique ; par conqéquent, le recours à l’action légale constitue une sorte d’avancée démocratique !

De plus, la mise au pas des médias peut s’exercer d’autre manière. A l’image des menaces à l’encontre de Bassem Youssef qui prennent un tour juridique comme on le verra mais qui passent aussi par toutes sortes d’autres pressions. Parmi bien d’autres intimidations, parfois physiques, on trouve ainsi la mise en examen de certains de ses invités (le comédien Ali Kandil (article en anglais) ou encore des menaces de fermeture administrative exercées par l’Organisme en charge des zones franches, d’où émet la chaîne de celui qui est devenu aujourd’hui le plus célèbre des animateurs télé (30 millions de visionnages sur YouTube !).

Après avoir déjà été inquiété au tout début de l’année (article en arabe sur le site Al-Arabiyya), Bassem Youssef a donc été convoqué à la fin du mois de mars par le Procureur général égyptien, sous l’accusation d’insultes au chef de l’Etat et à l’encontre de l’islam. Une entrevue de cinq heures qui s’est soldée par la libération de l’animateur contre une caution de 2 200 dollars (ce n’est pas trop cher payé !). La presse du monde entier (article dans L’Orient-Le jour par exemple) a abondamment parlé d’une action en justice qui a même tourné à l’affaire d’Etat lorsque l’ambassade des USA au Caire a jugé bon d’intervenir dans les débats en diffusant via Twitter le soutien apporté par Jon Stewart à son émule égyptien (article dans le Washington Post).

Démontrant une fois de plus son humour et son sens politique, Bassem Youssef a eu l’intelligence de continuer son émission dont l’importance – et le danger pour le pouvoir – tient peut-être moins à son aspect satirique qu’au travail d’éducation publique qu’elle permet. En effet, au fil des séquences hebdomadaires de son émission (en arabe égyptien, du début à la fin), Bassem Youssef entraîne derrière lui le public, conquis par son humour dévastateur, à une analyse, largement inédite dans la région, des images et des mots de la politique. Dans un univers particulièrement dominé par la langue de bois de responsables figés dans des rôles d’un autre temps, l’œuvre est non seulement salutaire mais à la vérité totalement révolutionnaire…

A travers son émission née avec les soulèvements arabes et qui n’aurait pas été possible sans eux, al-Bernameg (« Le programme », prononcé à l’égyptienne,ici sur YouTube) met en évidence la rupture que réclame une partie au moins des populations arabes, à savoir ces nouvelles générations dont les pratiques culturelles, telles qu’on les évoque dans ce blog, témoignent d’aspirations nouvelles, visiblement en totale rupture avec une grande partie des normes héritées du passé. Dans quelle mesure ces jeunes générations seront-elles suivies par le reste de la population ? Comment arriveront-elles non seulement à traduire politiquement leur refus de l’ordre ancien mais également à « reconstruire du politique » dans un contexte très difficile, ne serait-ce que du point de vue économique, pour ne rien dire de la géopolitique locale dominée par les monarchies du Golfe ?

A défaut de solutions, Bassem Youssef a, sans l’ombre d’un doute, une parfaite maîtrise des données de la situation. En témoigne ce que l’on pourrait appeler la contre-attaque qu’il a su mener en riposte au harcèlement juridique dont il fait l’objet. Suivie avec passion par le public égyptien – témoignage de l’ambiance dans les cafés-trottoir du quartier de la Bourse au Caire dans cet article en arabe dans al-Quds al-’arabi –, sa dernière émission a déclenché un déluge de commentaires dans la presse mais plus encore peut-être dans les médias sociaux tels que Twitter et Facebook.

En plongeant sans ménagement le scalpel dans la plaie de l’amour-propre national, avec pour seul anesthésiant une très forte dose d’humour, l’ancien chirurgien a vraisemblablement ruiné à jamais tout espoir, de la part du régime, de le faire taire. Plus que jamais, il bénéficie désormais de puissants soutiens, non seulement parmi les défenseurs dans le monde de la liberté de parole, mais plus encore auprès des Egyptiens, touchés au cœur, le mot n’est pas trop fort, par une parodie d’opérette nationaliste qui a suscité à la fois exaspération et enthousiasme.

Dans la culture arabe contemporaine, l’« opérette » (en arabe dans le texte) est un genre musical à part entière. Evénement commercialo-culturel à l’échelle de toute la nation lors de la sortie de clips qui associent un grand nombre de chaînes télévisées autour de la célébration, par les vedettes locales, du « rêve » ou de la « conscience arabe »s (voir ces précédents billets, ici et ), l’opérette a, dans ses formes les plus récentes en tout cas, perdu une partie de sa charge politique (voir ici Bokra, dont l’arrangement a malheureusement été commis par le grand Quincy Jones). Aussi édulcorées soient-elles, elles n’en font pas moins toutes référence à un modèle fondateur, évoqué d’ailleurs à l’occasion de la mort de Warda, la chanteuse algérienne qui avait participé en son temps à ce monument de la musique arabe moderne. Au temps de la splendeur du nationalisme arabe, lorsque l’Egypte guidait tous les pays de la région vers des lendemains qu’on imaginait forcément radieux, le régime nassérien avait en effet demandé à quelques-unes des vedettes de la scène musicale de l’époque de participer à l’enregistrement d’une œuvre à la gloire de la « grande patrie » (Watani al-akbar), la nation arabe bien entendu.

Un bon demi-siècle plus tard, l’imaginaire politique arabe reste marqué par un thème (musical et politique en somme) qui ne cesse de hanter les mémoires et les consciences, comme un rêve impossible à oublier… Cet imaginaire, Bassem Youssef a pris le risque énorme de l’évoquer avec humour, au risque d’ailleurs de retourner contre lui une partie de son public. Ironisant férocement surles temps présents, l’animateur d’al-Bernameg a osé une parodie dévastatrice de ce « rêve arabe » transformé, aujourd’hui, en hymne sardoniquement dédié au Qatar. La grande patrie, chantée dans les années 1960, est devenue Mon Qatar chéri (Qatari habibi), mon tout petit frère – le pays fait un peu plus de 10 km2, avec beaucoup de cailloux riches en pétrole il est vrai – jour après jour tu t’enrichis… Impossible de traduire l’ensemble des paroles (on les trouve en arabeici) dans lesquelles les Egyptiens, entre rire et larmes, retrouvent sans difficulté la triste litanie de leur déchéance politique actuelle, depuis les avanies subies par Morsi lors de sa dernière visite au Qatar jusqu’aux offres – paraît-il – du riche Emirat gazier de leasing des richesses nationales, du Canal de Suez aux pyramides (sachant que la Grèce, elle, lui a déjà venducinq de ses îles !)

Nouvelle étoile de la scène médiatique arabe, Bassem Youssef ne manque pas de flair politique, et il en faut pour manier l’ironie sur un terrain aussi sensible. Etait-ce pour désamorcer les éventuelles accusations de tous ceux pour lesquels le « rêve arabe » a encore un sens ? On note que Hamdeen Sabbahi était invité lors de la fameuse émission. Le candidat « nationaliste de gauche » issu de la tradition nassérienne et arrivé, à la surprise générale, en troisième position aux présidentielles égyptiennes a d’ailleurs avoué avoir pleuré en découvrant la parodie de Ma grande patrie.

De rire, de rage ? Probablement les deux à la fois… Oser se moquer ainsi de soi-même et de ses souvenirs les plus chers, avec Bassem Youssef à la baguette (dans le rôle d’Abdel-Wahab, l’auteur de cette mélodie éternelle, qui apparaît dans la version d’époque), c’est vraiment le signe qu’on a changé d’époque, mais pas forcément de rêve.
#]

Pour visionner, et la version originale, et la parodie Yousséfienne (il y a désormais un parti de Bassemiyyoun, des Bassemistes, du prénom de l’auteur qui signifie, littéralement, le Souriant), le mieux est encore d’ouvrir cet article dans Al-Akhbar. Figurent à la fin les deux versions. Même les non-arabophones reconnaîtront facilement un mot passé en français, flous (associé à l’adjectif “qatari”). Signalée par The Arabist, il y a pas mal de temps déjà, un extrait sous-titré en anglais permet de se faire une idée de l’humour de Bassem Youssef.
Grâce à leur flair, les jeunes arabisants de Normale Sup’ ont eu l’idée brillante d’inclure un débat, le 18 avril, avec Bassem Youssef en personne, dans leur désormais célèbre Semaine arabe. Bravo à eux !

publié le 19 août 2009

BERNARD MADOFF, L’ESCROC DU SIÈCLE

Qu’est-il arrivé aux 50 milliards de dollars confiés à Bernard Madoff par des milliers d’investisseurs, dont au moins 4000 pourraient avoir perdu tout ce qu’ils avaient dans le plus grand scandale financier de tous les temps ? 50 milliards ? Comment un homme perd-il 50 milliards de dollars — qui ne lui appartiennent même pas ? C’est ce que Peter Sander journaliste économique propose de découvrir avec cette enquête exclusive !

C’est l’un des tout premiers livres publiés sur le sujet. Les brigands et les méchants fascinent plus que les saints et les gentils – peut-être parce qu’une part obscure de nous-mêmes aimerait être à leur place.C’est ainsi que le 11 décembre 2008, quelques jours avant les fêtes de fin d’année, alors qu’un vent de panique souffle depuis plusieurs mois sur
la planète devant la crise dramatique des places financières internationales et ses conséquences économiques, on apprend qu’un grand nom de la finance, Bernard Madoff, fondateur d’un prestigieux fonds d’investissement américain et ancien patron du NASDAQ, a réussi à faire disparaître 50 milliards de dollars grâce à un montage financier frauduleux, une chaîne de Ponzi.
Ce livre revient en détail sur ces événements et le contexte dans lequel ils ont eu lieu, les différents acteurs de ce scandale aux proportions planétaires, démonte les mécanismes à l’œuvre, explique comment une affaire d’une telle ampleur est possible dans un monde où tout semble pourtant hypersécurisé, analyse les conséquences d’une telle fraude et revient sur les pertes des victimes de cette affaire.

publié le 29 décembre 2005

Beyrouth exhibe sa fureur de vivre

En cette période hivernale, le soleil continue à darder ses rayons dans cette région du Moyen-Orient, autrefois théâtre d’une guerre civile.
Aujourd’hui, retrouvant sa paix, Beyrouth devient un centre industriel, hub commercial et culturel. C’est aussi le fief des décideurs politiques, et des grosses transactions financières.

Une chose est sûre, le Liban a bel et bien entrepris son décollage économique. Le commerce y semble prospère, dans des quartiers comme Hamra (rouge) et autres centres commerciaux tels que l’ABC ou le City Mall de Nahr El Mott. Des touristes venus des quatre coins du monde y battent le pavé, sans relâche, émerveillés de voir qu’avant, pendant et après la guerre, Beyrouth a gardé sa fureur de vivre.

Au Liban le pouvoir d’achat demeure toutefois limité. De même, le salaire minimum oscille autour de 200 dollars (environ 1.800 DH). les classes populaires s’approvisionnent aux souks de quartiers où les prix sont à la portée de toutes les bourses. Le marché local regorge, à son tour, de produits provenant de Turquie et de Chine. L’artisanat libanais, très prisé dans le monde arabe, est réputé pour ses cartes postales peintes ou dessinées, les tissus et nappes brodées, le fer forgé, le verre soufflé... le tout aux couleurs très orientales. Les commerces les plus prisés au Liban sont, sans conteste, les restaurants, les cafés, les laiteries... Tout au long des avenues, les bureaux de change (devises) et les affiches publicitaires poussent comme des champignons. La créativité est débordante : visuels, coloris, accroches... C’est dire que Beyrouth est une métropole à la fois moderne et traditionnelle.

Les années de guerre civile sont encore dans les esprits. Les séquelles sont encore visibles sur quelques bâtiments. A ce jour, d’importants travaux de rénovation et de reconstruction au centre ville sont en cours. Ces travaux ont été confiés à la Société libanaise pour le développement et la reconstruction (Solidere). En revanche, les automobilistes ont tout intérêt à être prudents, car les panneaux de signalisation, au centre ville, ne sont pas légion. La ville est une zone animée, mêlant l’habitat, les montagnes avec les affaires, les magasins et les loisirs. Avec un plus grand panel de modes de vie, Beyrouth abrite aussi une diversité de langues, de nationalités et de religions (18 communautés religieuses). Les églises et mosquées se côtoient.

Sur la route de Baâlbeck, les photos des dignitaires musulmans sont affichées le long du trajet. Les chiites représentent, en effet, 33% de la population libanaise et sont situés dans le sud et dans la plaine de la Beqaa. Sur le passage, on remarque l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Borj-el-barajneh avec une forte présence militaire à proximité. Une zone sous haute surveillance.

Patrimoine

Forte de 1,5 million d’habitants, Beyrouth peut être visitée en deux heures. Phéniciens, Egyptiens, Grecs, Romains, Omeyyades... tant de civilisations se sont succédé sur ce temple civilisationnel. Elle est appelée Birûta, Beryte ou Berytus qui viennent du mot « bir : le puit ». Beyrouth est célèbre par son patrimoine. Baâlbeck, site romain, est considérée comme l’une des merveilles du monde. Elle comprend les temples de Jupiter, Bacchus et Venus.

A la sortie du site, les marchands à l’étalage proposent aux visiteurs des cartes postales, des livres de l’histoire et de géographie et font même de la cuisine traditionnelle. La grande cour de Baâlbeck, le temple de Jupiter, le palais de l’émir Béchir à Beït ed-Dine et la petite ville de Deïr El-Kamar... constituent un patrimoine classé et reconnu mondialement. S’y ajoutent, le musée national de Beyrouth, Jounieh, Harrissa (notre Dame du Liban), les inscriptions commémoratives de Nahr El Kalb outre les grottes de Jeïta (cavernes célèbres avec leurs figures et motifs de stalactites et stalagmites). Ces grottes sont situées à 20 kilomètres au nord de Beyrouth, dans la mythique vallée verdoyante de Nahr el-Kalb. A 40 Km au nord de Beyrouth, Byblos : l’une des plus anciennes villes du monde. Aujourd’hui, Byblos est une petite ville qui vit essentiellement du tourisme. Pour sa part, le port de Byblos est établi dans une crique naturelle protégée au nord et au sud par des récifs sur lesquels ont été construites des jetées.

Le Liban (4,3 millions d’habitants), qui s’étend sur une petite superficie (10.400 km²), est connu aussi par ses montagnes : Faraya-Mzar , station de ski reconnue par la Fédération internationale de ski. De retour au centre ville, les nationaux et étrangers se recueillent sur la tombe du défunt Rafik Hariri. La place est entourée d’une grande mosquée devenue un patrimoine national.

Fiesta

Beyrouth est une ville qui ne dort jamais. Les rues sont condensées et la circulation bloquée. Les Libanais sont de bons vivants : la journée au travail et le soir, c’est la fiesta ! Parmi les quartiers branchés et animés : la rue Monot, le centre ville, Aïn El Mreisseh, Sodeco ou encore Jouneih. Les fumeurs de narghilé, eux, se regroupent, plutôt, dans le centre de Beyrouth. Sans oublier le grand casino du monde arabe, une ville dans la ville. Pour les lève-tôt, la promenade autour de la corniche (encore comme chez nous) de Ramlet el-Baïda est très prisée par les promeneurs et les pêcheurs. A Raouché, des cafés ponctuent le littoral avec une belle vue sur la grotte aux Pigeons.

Merveilleux fossiles

A quelques kilomètres de la ville de Byblos (Jbeil), se trouvent Haqel, Hadjoula, et Ennammoura. Ces trois villages sont connus par leurs grottes qui renferment de merveilleux fossiles : poissons, crustacés, étoiles de mer, etc. Leur état de conservation est quasi unique et rivalise avec les gisements du Monte Bolca en Italie, de Solnhofen en Allemagne ou de Green River aux Etats-Unis.

publié le 28 avril 2006

Biographie de Massoudy Hassan

Né en 1944 dans une ville du sud de l’Irak, Najef.
Dès son plus jeune âge il dessine et calligraphie. En 1961, il part pour Bagdad comme apprenti chez différents calligraphes. Il y apprend son métier. Il visite des expositions d’art moderne qui l’émerveillent et rêve de faire des études d’art.

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La femme est le rayon de la lumière divine

En 1969, il part pour Paris et entre à l’Ecole des Beaux-Arts. Là, il y fait de la peinture figurative. Il n’abandonne néanmoins pas la calligraphie, elle lui sert à financer ses études en réalisant des titres pour des revues arabes. Petit à petit, la calligraphie va s’infiltrer dans sa peinture figurative, pour, à la fin, prendre sa place et la faire disparaître.

En 1972, avec le musicien Fawzi Al Aïedy et le comédien Guy Jacquet, il commence à faire des démonstrations publiques de calligraphie projetée sur grand écran, à la recherche de la spontanéité du geste et de l’instantanéité de l’expression. Cette expérience marque un tournant dans son travail. Le tracé de sa calligraphie devient plus rapide et son geste plus large. Il introduit la couleur afin de mieux exprimer ses sensations.

Ses créations sont le fruit d’une rencontre entre le passé et le présent, entre l’art oriental et l’art occidental, entre la tradition et la modernité. Il perpétue la tradition de la calligraphie tout en rompant avec elle. Il épure son trait, tend vers une grande simplicité de la ligne. Le contenu : les mots, les phrases qu’il calligraphie, ont été écrits par de poètes, des écrivains du monde entier, ou dits simplement par la sagesse populaire. Son oeuvre est traversée par une culture humaniste. L’émotion que l’on ressent à la vue de ses calligraphies est procurée par le mouvement des lignes, leur poids, leur légèreté, leur transparence, le rapport entre le noir et le blanc, le plein et le vide, le concret et l’abstrait.

Hassan Massoudy a gardé de sa formation de calligraphe, en Irak, l’esprit noble de l’artisan qui fabrique ou invente ses outils, prépare lui-même ses encres à partir de liants et de pigments colorés.
Site de l’artiste : http://perso.wanadoo.fr/hassan.massoudy/

Lien culture : La vitrine de l’art arabe
http://www.arab-art.org/

publié le 22 octobre 2007

Bonnes à tout faire dans le monde arabe : un marché mondialisé

par Yves Gonzalez - Quijano

Le quotidien Le Monde a publié récemment un article sur les traitement réservé aux employées de maison au Liban. Un traitement qui, trop souvent, prend la forme d’un véritable "esclavage moderne", et pas seulement au Liban mais dans toute la région.

Si le sujet n’est pas totalement tabou dans les journaux arabes, il est tout de même le plus souvent relégué dans les pages "société" de la presse à sensation. En revanche, il suffit de parcourir la Toile, et les forums en particulier, pour comprendre que le sujet, brûlant, fait partie des questions qui agitent singulièrement les sociétés de la région. En général, on se préoccupe surtout des conséquences pour les enfants ou encore pour l’équilibre "sentimental" de la famille d’un phénomène de plus en plus répandu.

Pourtant, on observe également une lente prise de conscience. Ainsi, à l’occasion de la fin du ramadan, une agence saoudienne (celle de Qaswara al-Khatib, dont on a déjà parlé ici) a financé, avec d’autres donateurs, la réalisation de trois clips destinés à inciter les téléspectateurs et employeurs de domestiques - la quasi-totalité de la société saoudienne en fait - à user de plus de clémence vis-à-vis de leurs employées, sur le thème du précepte coranique : "Celui qui n’est pas clément avec les autres, Dieu ne sera pas clément avec lui". Il est prévu que le clip soit diffusé sur la MBC et la LBC, deux très grosses chaînes satellitaires privées.

Aujourd’hui, l’emploi de domestiques étrangères, en provenance d’Asie (Philippines, Indonésie, Sri Lanka, Thaïlande...) ou d’Afrique (Ethiopie, Erythrée...) n’est plus limité à quelques pays riches et à leurs classes aisées. C’est le cas de la Syrie par exemple, où on n’en trouvait pratiquement pas il y a encore 4 ou 5 ans et où l’on considère maintenant, y compris dans les familles très "ordinaires" voire modestes, qu’il faut s’offrir ce type de service (voir cet article en arabe). Avec les conséquences que l’on peut imaginer dans des sociétés peu ou mal préparées à ces réalités nouvelles, ne serait-ce que sur le plan légal. Toujours dans le cas de la Syrie, traditionnellement exportatrice de main-d’oeuvre peu qualifiée, il a fallu adapter la législation à la nouvelle situation. En novembre 2006, une législation pourtant récente - elle avait été adoptée en 2001 - sur l’emploi de personnel étranger a modifié le cadre légal des "bureaux" spécialisés dans l’importation de ce type de personnel (voir cet article en arabe dans la publication économique syrienne Al-Iqtissadiya).

Dans nombre de pays, il est devenu difficile, avec les progrès de l’éducation, de trouver du "personnel autochtone" : plus instruites, les bonnes deviennent exigeantes, voire rebelles ! Les étrangères, corvéables à merci, sont venues à point nommé pour remplacer les petites paysannes adolescentes et analphabètes, louées par leurs familles, faute de meilleure solution, pour un salaire de misère...

Mais il s’agit aussi d’une véritable mode, que contribuent à propager, indéniablement, les conceptions locales du paraître social (التباهي) et le plaisir, trop humain, de se faire servir, 24 heures sur 24, pour souvent moins de 100 dollars par mois. Une mode favorisée par une mondialisation qui abolit les frontières pour les marchandises et les services tant il est clair qu’il s’agit d’un commerce de "commodités" et non de personnes : d’ailleurs, les "zones de réception" pour domestiques dont parle Dominique Torrès dans l’article du Monde existent dans la plupart des aéroports de la région.

La "traite des bonnes" - comme on a pu parler de "traite des noirs" - est un commerce lucratif. Gérer un "parc" d’employées de maison est un business qui rapporte gros quand on sait que l’importation de la "tête" représente, selon les pays, un investissement qui ne dépasse guère les deux mille dollars entre billet d’avion, taxes et inévitable petite corruption pour graisser les rouages de la machine importatrice. Les journaux publient sans problème les annonces que passent les centaines de bureaux spécialisés, offrant aux éventuels clients, parmi d’autres précisions..., de choisir, parmi une gamme de nationalités plus ou moins chères, selon la réputation, la "bonne" dont ils souhaitent acquérir les services.

Car il y a bien marché, capable par moment d’imposer sa propre logique. Il arrive ainsi que les besoins se développent au-delà des capacités de l’offre, avec pour conséquence de faire monter les prix inconsidérément ! Dans les pays du Golfe, ramadan est ainsi synonyme de pénurie : un vrai scandale ! A en croire les journaux, c’est presque à prix d’or qu’on s’arrache alors les rares employées disponibles (et même les chauffeurs dans les pays du Golfe). Un article du quotidien saoudien Al-Watan s’offusquait ainsi, en 2005, de voir qu’il fallait parfois payer jusqu’à 1700 rials par mois pour une Indonésienne (un peu plus de 450 dollars) ! Heureusement, l’Ethiopienne restait un peu plus abordable (1000 rials) pour ne rien dire de la Somalienne, disponible pour 800 seulement !

On en arriverait presque à plaindre les pauvres employeurs contraints de passer par tous les caprices de celles qui acceptent de travailler chez eux... Il va de soi que la réalité quotidienne est assez différente et que ce sont bien les femmes de maison, souvent privées de passeport et plus généralement de tout droit, qui sont, littéralement, "bonnes à tout faire", y compris dans le domaine sexuel.
Source : culturepolitiquearabe.blogspot.com

publié le 8 avril 2008

Boycott du Salon du livre : quand une langue est réduite au silence

par Yves-Gonzales Quijano

Choisir l’Etat israélien, à l’occasion du soixantième anniversaire de sa création, comme invité d’honneur du Salon du livre de Paris n’était pas, à l’évidence, totalement dénué d’intentions politiques. Venu officiellement pour l’inauguration, le président Shimon Pérès fut d’ailleurs reçu avec tout le protocole d’un chef d’Etat comme en témoigne cette photo des Champs-Elysées. Dans ce contexte, le boycott arabe et musulman était inévitable.

Boycott qui a suscité des prises de position, tout aussi inévitables, critiquant cette attitude de refus et justifiant la position israélienne, sans craindre d’affirmer, par méconnaissance sans doute, des contrevérités.

Pierre Assouline par exemple justifie l’invitation des seuls auteurs écrivant en hébreu par le fait qu’il s’agit de la langue nationale en Israël : il oublie, avec beaucoup d’autres il est vrai, que l’Etat israélien a deux langues officielles, l’hébreu et l’arabe.

On a donc choisi délibérément, y compris en invitant un auteur arabe écrivant en hébreu, de faire hommage à l’occasion de ce Salon du livre à la seule partie que l’on veut bien reconnaître de la création littéraire israélienne...

Réduire au silence l’arabe, l’une des deux langues officielles en Israël, ce n’est tout de même pas exactement indifférent, en termes politiques.

La question du boycott est certainement difficile, douloureuse dans bien cas. Pourtant, dans ce cas précis, l’exploitation politique de cet événement en principe culturel, était assez évidente.

Une fois de plus, à l’exception d’un seul article, assez fade, du Safir libanais traduit dans Courrier international, les voix en provenance du monde arabe n’auront pas été données à lire en français. Voici donc, à la fois résumées et librement traduites, deux opinions publiées le même jour (le 28 mars).

Le Salon du livre de Paris et le boycott arabe.

(texte publié par Samir Taher, poète irakien, dans le quotidien panarabe et propalestinien Al-quds al-‘arabi du 28 mars 2008)

Des écrivains arabes participant au Salon du livre de Paris nous disent que boycotter cette manifestation c’est boycotter la littérature en hébreu. Ils savent bien que faux ! Il y avait au moins deux bonnes raisons : d’abord parce que le Salon honorait Israël au moment même des massacres de Gaza et des décisions d’étendre ses colonies ; ensuite parce que l’invitation était limitée à la littérature écrite en hébreu. Les adversaires du boycott ne font pas allusion à cela. Tahar Ben Jelloun explique que c’est une faute de boycotter des livres à cause de la politique d’un pays, alors que le boycott ne concerne pas les livres, et que ce ne sont pas eux qui sont honorés ! A l’évidence, cette manifestation est politique : n’a-t-elle pas été inaugurée par Sarkozy et Pérès ? Maïssa Bey aurait été d’accord pour un boycott si tous les auteurs invités avaient soutenu la politique de leur gouvernement : chère Maïssa, justement, ceux qui n’étaient pas d’accord ont boycotté (l’historien Ilan Papé, le poète Aharon Shaptaï). Au moins Maïssa Bey n’est pas aussi arrogante que Hoda Baraka qui n’aime rien tant que les auteurs israéliens et parle de boycott stupide. […)] De fait, le Salon aurait pu être l’occasion d’un dialogue entre intellectuels arabes et israéliens si le gouvernement français n’avait pas tout gâché en ne laissant aux écrivains arabes d’autre possibilité que de célébrer Israël ou de le boycotter. C’est à se demander si tout cela n’était pas planifié de la sorte par la droite française depuis le début…

Deux Salons du livre en l’honneur d’Israel : n’est-il pas plus efficace de boycotter ?

(texte publié par Yûsuf Damra, un Palestinien de Cisjordanie installé en Jordanie, auteur de nouvelles dans le quotidien Al-Hayat, qui est tout sauf un brûlot de gauche...)

De nombreuses voix arabes, celles d’intellectuels et d’écrivains, ont appelé à participer aux Salons du livre de Paris et de Turin, bien qu’Israël y soit l’invité d’honneur, à l’occasion du soixantième anniversaire du viol de la Palestine et de la création d’un Etat raciste sur son territoire. Et cela au prétexte que l’expérience montre que laisser le champ libre à l’ennemi permet seulement qu’il se fasse encore plus entendre. Ces voix veulent nous faire croire que le vrai problème, c’est l’absence des Arabes qui, avec la présence sioniste, fait que l’Occident reste captif d’une voix unique.
[…] Certains "nouveaux libéraux arabes" voudraient nous convaincre que participer à ces deux Salons fera contrepoint à la présence de l’ennemi, évitera qu’il fasse seule entendre sa voix aux citoyens occidentaux. Ils voudraient nous convaincre que le boycott est négatif, inefficace parce que la voix arabe restera cantonnée aux médias arabes, que les citoyens occidentaux ne pourront pas entendre le point de vue arabe et qu’ils épouseront donc le point de vue sioniste, non pas par conviction mais par défaut.
On veut bien croire, même si ce n’est pas évident de nos jours, que les nouveaux libéraux arabes, partisans de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme, sont animés de bonnes intentions. Pourtant, le boycott est-il vraiment quelque chose de négatif, de stupide ? Plus personne ne peut s’illusionner sur l’ignorance de l’Occident, à commencer par ses élites intellectuelles et politiques vis-à-vis de la question palestinienne, surtout à l’heure de la société de l’information. Ces élites sont parfaitement au courant, depuis le début en fait. Il suffit d’observer le nombre d’organisations, civiles ou gouvernementales, qui essaient de contribuer à trouver une solution au problème : c’est la preuve de leur méconnaissance, ou bien le contraire ?
Boycotter c’est prendre parti, exactement comme participer, c’est prendre position d’une façon particulièrement efficace et susceptible de susciter des interrogations. Boycotter, c’est mieux que de refuser de prendre la parole, c’est une protestation qui touche au cœur de la raison occidentale, qui la touche à l’endroit le plus sensible.
Participer, c’est se soumettre aux faits établis, réduire le conflit à une simple divergence de points de vue. Agir ainsi, c’est faire que l’Occident n’éprouve jamais le moindre remord pour tous ses agissements depuis un siècle, faire que l’Occident se dise que finalement il avait raison puisque les Arabes auront fini par accepter cette entité raciste et hostile. (…) Mieux encore, ce seront les Palestiniens qui auront fini par payer le prix d’une solution sans que l’Occident n’ait à porter la responsabilité morale et légale de ce qu’il a fait. Boycotter c’est donc rappeler à l’Occident son crime, et être présent, c’est pardonner l’impardonnable.[…] Le plus étonnant cependant, c’est de voir que le boycott se trouve décrit par Ben Jelloun comme « un crime contre la culture ». Il nous dit que le boycott est un crime et fait semblant d’oublier les crimes pires encore commis en Palestine ! Il n’y fait même pas allusion de près ou de loin, pas plus qu’au soutien de la France à l’entité sioniste.
Cette manière de caresser dans le sens du poil l’Occident (تزلف) revient, dans le fond, à faire la même chose pour Israël. Apparemment, il y a des écrivains arabes qui ont compris le rôle joué par le sionisme sur le marché mondial du livre et des écrivains, à travers les traductions, les prix… C’est cela qui en fait saliver plus d’un et qui les fait parler de pardon et de tolérance, fut-ce sur le cadavre des bébés de Gaza et les lamentations de leurs mères.
Il n’y a pas de honte à participer à la célébration des soixante ans d’Israël tant qu’on en retire quelques miettes de profit… Tant pis pour les enfants de Gaza, les mères, les vieux, le blocus et la famine imposée à deux millions d’êtres humains. Tant pis pour les obus qui tombent sur les ambulances, c’est secondaire. Ce qui est grave, primordial même, c’est le coup que fait subir le boycott arabe à la culture universelle !!!

De notre partenaire
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publié le 10 août 2010

Cafés arabes : un élixir* de culture et de politique

Par Yves Gonzalez-Quijano

وصلنا مقهى « زهرة البستان ». كان المقهى مزدحماً، جماعة يلعبون الطاولة، وبنات يدخّن، وماسح أحذية صعيدي ظهره متقوّس، وفي الممر شباب جالسون مع بنات، والرهبة تسرّبت إليّ… هذا هو الاختبار الحقيقي، من يعترف به هؤلاء يصبح أديباً، ومن لا يحصل على اعتراف منهم، يظل طوال عمره في الظل - عادل إبراهيم – زهرة البستان

Nous arrivâmes au café Zahrat al-boustane. Il était bondé : des joueurs de tric-trac, des jeunes femmes en train de fumer, un cireur de chaussures venu de Haute-Egypte au dos complètement arqué ; dans le passage, des jeunes gens des deux sexes assis ensemble. La peur me saisit. Là voilà la véritable épreuve ! Etre reconnu ici, c’est être un vrai écrivain, et ne pas l’être, c’est végéter dans l’ombre toute la vie.

Cet extrait vient d’un texte publié en 2010 aux éditions Merit par le jeune romancier Adel Ibrahim, sous le titre Zahrat al-boustane, du nom d’un café du centre du Caire où se réunit aujourd’hui encore – bien qu’il soit peut-être déjà un peu passé de mode – la jeune garde littéraire. Juste à côté se trouve le Riche, un des rares vestiges des nombreux établissements de ce type que l’on trouvait dans le Caire de la Belle Epoque, en particulier près de la place Ataba avec le café Al-Bosta où le réformateur musulman Jamal-Eddine al-Afghani s’entretenait avec ses disciples. On a changé d’époque…

Fondé en 1908 comme on le voit sur l’illustration, le Riche eut paraît-il l’honneur d’accueillir le premier concert d’Oum Koulthoum en 1921. En effet, dès le début du siècle, les établissements de ce type, dans toutes les grandes villes du pays, servaient également de salle de spectacle, pour les premières séances publiques de cinéma mais aussi pour des pièces de théâtre, très souvent mises en musique (les premières comédies musicales à l’égyptienne si l’on veut).


Lieu de socialisation, le café a toujours étroitement mêlé vie littéraire et politique. C’est vrai pour l’Egypte du Caire et du café Riche (où se prépara notamment la révolution de 1919 : voir cet article) comme pour bien d’autres pays dans la région, à l’image de la Syrie avec le Havana Café mais plus encore le célèbre Rawda (« Le Jardin » : photo ci-contre), le « parlement » des intellectuels et des artistes, créé sur le terrain d’un ancien cinéma de plein-air, juste en face du très officiel Parlement, sans conteste bien moins animé.

Dans les anciennes shay khâné (شاي خانة), on ne servait, comme l’indique ce mot d’origine ottomane, que du thé, voire du café, éventuellement agrémenté d’une chicha, exclusivement de tabac brun (tumbâk). Aujourd’hui, la chicha est de plus en plus muassel (« au miel », pour désigner un tabac agrémenté de sucre et d’arômes : voir le site narguile.info), et toutes sortes de boissons peuvent l’accompagner. Mais surtout, les femmes y ont droit de cité depuis que des pionnières ont brisé le tabou de ces cénacles masculins. Pour rester en Syrie, ce serait ainsi la romancière Colette Khoury qui aurait eu l’audace de pousser, seule, la porte du célèbre Brazil alors que les deux sexes n’auraient été représentés au Rawda qu’en 1999 (voir cet article en arabe), soit bien plus tard qu’au « vrai » Parlement syrien !

Lieux de mémoire, les cafés reflètent les courants sociaux. C’est vrai à Beyrouth, où les cafés des années 1960 (Modka, Wimpy, Horse Shoe…) ont laissé la place à une nouvelle génération où un Starbuck moins global qu’il n’y paraît au premier abord (intéressante analyse en arabe) fait bon ménage avec une nouvelle génération lancée par le T-marbouta, mais on le constate plus encore à Bagdad, autrefois ville par excellence des cafés avec le vénérable et bien décati « café des peaussiers » (مقهى الخفافين) qui remonterait peut-être au XIIIe siècle (article en arabe).


Tout près de la rue Moutanabbi, lieu du commerce des livres, neufs ou d’occasion, au cœur de la ville, le Shabender (شاهبندر : le chef de la guide des commerçants), ouvert en 1917 à la place d’une ancienne imprimerie, a accueilli des générations d’artistes et d’intellectuels, surtout à partir des années 1960, lorsque son nouveau propriétaire décida d’interdire les jeux trop bruyants de domino ! Aussi, sa destruction en mars 2007 (voir cet ancien billet) lors d’un attentat qui décima toute la rue Moutanabbi, fut-elle vécu comme le symbole de la destinée tragique du pays. Son propriétaire ayant, fait rare, repoussé les offres des promoteurs, le Shabender a pu rouvrir ses portes il y a quelques mois (article en arabe et photo ci-contre). En tout point conforme à l’ancien café, le lieu reste malgré tout une copie, dont on peut se demander si, comme le reste du pays, elle renouera un jour avec la vie passée.


Mais le « vrai » café arabe ne se réduit certainement pas à l’image d’un temps révolu. Tout comme le shay khané est devenu maqha, ce dernier doit aujourd’hui laisser la place à l’actuel kâfî (كافي), qui continue à offrir un espace de rencontre et de parole placé sous la tutelle de la culture et du politique, lorsqu’il se fait Café du poème en prose (à Lattaquié) ou Café laïc (à Beyrouth) ! On peut donc se prendre à espérer quand on apprend dans cet article en arabe qu’à La Mekke, capitale religieuse de l’islam, a ouvert récemment un lieu alternatif – à la mode locale, certes : le Havana Café !


* Si « élixir » vient de l’arabe al-iksir, en revanche maqha (nom de lieu formé sur qahwa, le « kaoua ») n’a pas de rapport avec le moka, lequel vient du nom d’un port yéménite, Mukha.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 14 septembre 2008

Cannes plébiscitée par les arabes du Golf

Les touristes moyen-orientaux ont résidé massivement cet été à Cannes et dans sa région. Ce ne sont plus seulement les Saoudiens mais aussi des touristes du Koweit, du Qatar et des Émirats qui sont venus investir les palaces de la croisette.

A Cannes, les boutiques de luxe font face à la mer et aux plages privées. Deux jeunes femmes, voiles Chanel, lunettes de soleil siglées, s’attardent devant la vitrine Dior située à proximité du Palais Stéphanie. « La région est en train de devenir de plus en plus attrayante pour les voyageurs du Moyen-Orient, avec Cannes classée comme la destination de vacances de luxe », souligne le magazine économique de Dubai Ameinfo. La saison 2008 a été une bonne année pour la fréquentation touristique en provenance du Moyen-Orient. Michel Chevillon, président du syndicat des hôteliers cannois, a relevé une forte présence de cette clientèle. Le chic et le festival de Cannes ont assuré la renommée de la ville au Moyen-Orient et dans le Maghreb.

Les boutiques de luxe se suivent jusqu’au au Palais des Festivals dont les marches sont devenues une véritable attraction. Boulevard de la croisette, les grands hôtels se côtoient : le palais Stéphanie, le Majestic, le Martinez, le Carlton, le Grand hôtel. Dans les rues animées ont y parle russe, anglais et de plus en plus arabe et l’on s’attable dans les restaurants Lounge.

Face à la baie de Cannes et aux Iles de Lérins, la croisette voit flâner les innombrables touristes. Certains discutent tranquillement sur des chaises bleues jusqu’au bout de la nuit au pied des palmiers. Au loin, les yachts se déplacent lentement. Sur les hauteurs de la ville dans le quartier du Suquet près du musée de Castre, la vue sur la baie est idyllique. Cannes brille chaque année sous les projecteurs : myriade de stars, manifestations internationales ont fait de la ville le rendez vous de l’élégance à la française. Les familles emiriennes choisissent Cannes pour son calme et son accueil. Des clients réputés exigeants qui dépensent 15000 euros par jour selon le journal Nice Matin. L’hôtellerie de luxe française est fortement appréciée. Deux de ses sept fils du roi feu Fahd, les princes Mohammed et Abd al-Aziz, ont leurs villas sur les hauteurs de Cannes et du Golfe-Juan.

Un succès qui pousse d’ailleurs la compagnie Emirates à augmenter à partir du 1er décembre 2008 ses vols vers Nice. « Le glamour et le soleil de la côte offrent une diversité très attractive pour les touristes arabes du Golf », explique Pascal Lepetre, le Directeur de la Maison de la France de Dubaï.

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Le Palais Stephanie, un Palace tourné vers le monde des affaires

« Tout ce que vous voulez, nous pouvons le faire ! » résume Richard Duvauchelle, directeur du Palais Stéphanie. La Palace est différent des autres. Il se veut glamour et attaché au 7iéme art. Luc Besson y a tourné des scènes du Grand Bleu. Entre le Carlton et le Grand Hôtel, il est situé idéalement au centre de la croisette. Le Palais Stephanie, palace quatre étoiles à deux pas du temple du cinéma international, voit défiler le ballet incessant des voitures rutilantes. Façade vitrée vert émeraude et blanche, l’architecture est résolument moderne face au style plus ancien du Carlton. L’ancien Hilton offre un cadre de luxe dans un lieu unique avec vue imparable sur la mer et sa terrasse panoramique sur laquelle on organise des fêtes très sélectes ou des banquets privés. Le Palais a été crée pour être le plus moderne des palaces français. A l’intérieur le business center et un auditorium de 820 places en font un lieu idéal pour les rencontres professionnelles.
Cannes a vocation à se positionner comme un centre pour les affaires. L’explosion des recettes pétrolières a entrainé un formidable développement économique dans les pays du Golf. Et ce n’est pas un hasard si la banque d’affaire arabe Europearabbank a installé une antenne sur la croisette après Paris. Elle propose notamment des produits financiers islamiques comme les Murabaha.

Chaque année le MIPIM, un salon international de l’immobilier est organisé au palais des festival avec la forte présence des promoteurs immobiliers du Golf dont le plus important est Emmaar.

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Cannes, idéale pour découvrir la région

La Côte d’Azur propose aussi d’autres destinations incontournables comme St Tropez, Nice ou Monaco.
A quelques kilomètres de Cannes, la petite ville de St Tropez amarre sur son port de luxueux bateaux qui attirent les curieux. Les rues piétonnes de la vielle ville donnent directement sur la mer. Une authencité qui a fait son succès.
Nice offre une effervescence culturelle importante et possède la deuxième capacité hôtelière du pays. Ces palaces sur la promenades des Anglais offre un accueil de luxe. Monaco est réputé pour son patrimoine culturel, ses hébergements de haut standing et ses boutiques ainsi que les grands événements comme la Monaco Grand Prix de Formule 1 et son Rallye de Monte Carlo.Tous ces joyaux font le succès de la Riviera française dans les pays du Golf.

La Côte d’azur dont Cannes est le point chute idéale entamera sans doute une prochaine saison prometteuse.

Ben

La rédaction

publié le 11 novembre 2008

Caroline Clough Lacoste, directrice de l’artparis-AbuDhabi

Comment est née la foire d’artparis-AbuDhabi ?

Nous avons lancé artparis en 1999 : une foire d’art moderne et contemporaine qui mêle professionnalisme, qualité et convivialité. Depuis sa création, artparis a affiché une orientation de plus en plus internationale et contemporaine, à l’image du marché de l’art actuel. Après neuf éditions couronnées de succès a germé l’envie d’exporter le concept d’artparis à l’étranger.

Suite à une analyse approfondie de l’évolution du marché de l’art international, nous nous sommes tournés vers les Emirats Arabes Unis et plus particulièrement vers la capitale, Abu Dhabi, en passe de devenir la nouvelle destination culturelle du monde arabe. L’île de Saadiyat en est d’ailleurs le meilleur signe.

Notre souhait était alors de participer activement à la stratégie de développement culturel d’Abu Dhabi et de contribuer à faire de cet Émirat un hub culturel de premier plan pour le Moyen Orient et le monde arabe.

C’est ainsi que nous avons établi un partenariat au long cours avec l’Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage (ADACH) pour doter Abu Dhabi d’une foire d’art moderne et contemporain.

Le résultat : « artparis-AbuDhabi », née en novembre 2007 avec la volonté affirmée de créer un dialogue entre les cultures au travers d’échanges économiques et artistiques.

Comment s’est déroulée la première édition ?

Ce fut un grand succès ! Nous avons été merveilleusement bien accueillis par les visiteurs et les médias. C’était très prometteur ! Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : la foire a attiré plus de 9 200 visiteurs et généré des ventes à hauteur de 15 867 000 US $, en seulement trois jours.

Comment jugez-vous la situation du marché de l’art au Moyen Orient ? La scène artistique connaît un tel boom…

Le Moyen-Orient offre aujourd’hui une opportunité fantastique de découvrir de nouveaux artistes, avec une vision originale, parfois radicalement différente de tout ce qu’on a l’habitude de voir en Occident. Et bien sûr le Moyen Orient possède un grand potentiel de talents qui ne demandent qu’à être connus et offrent une alternative enrichissante aux thématiques récurrentes dans la création artistique occidentale. Cependant, on assiste au même phénomène en Chine, en Inde, en Australie… Les collectionneurs, les curateurs, les critiques d’art sont de plus en plus ouverts à l’art de ces régions, corrélativement aux galeristes, de plus en plus nombreux à participer au développement de nouvelles scènes artistiques.

Quel est le contenu artistique d’artparis AbuDhabi ?


Du 17 au 21 Novembre, 22 pays différents seront représentés à l’Emirates Palace par les 57 galeries participantes. A travers leur programme d’exposition, le public pourra découvrir un vaste éventail d’artistes modernes et contemporains venus d’horizons divers... Parmi eux : Kader Attia, Paul Cézanne, Shilpa Chavan, Jim Dine, Bernard Frize, Alberto Giacometti, Damien Hirst, Henri Matisse, Shirin Neshat, Julian Opie, Yazid Oulab, Pablo Picasso, Thomas Ruff, Faisal Samra, Niki de Saint Phalle, Massimo Vitali et Andy Warhol.

artparis AbuDhabi offre ainsi un véritable panorama de tous les grands mouvements artistiques ayant marqué le XXème et le XXIème siècles. Simultanément, la foire donne à voir de jeunes artistes talentueux qui, grâce à ce type d’évènements, pourront se faire un jour une place dans l’histoire de l’art.

Quels sont les points forts de cette nouvelle édition ?

Nous ouvrons justement cette année un nouveau secteur dédié aux grands noms de demain encore méconnus aujourd’hui : artparis-AbuDhabi “Young Talents”. Venues de 8 pays différents, 8 galeries émergentes y présentent chacune le travail d’un jeune artistes prometteurs.

Avec artparis-AbuDhabi, l’art s’expose non seulement à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’Emirates Palace. C’est le Monumental Art Garden : des sculptures vont prendre place dans les jardins du Palace.

Par ailleurs, nous présenterons, au sein de la foire, une exposition d’artistes émergents du monde arabe : “Mouvement et Communication... Voyage à travers le désert et la mer”, orchestrée par une spécialiste de l’art contemporain moyen-oriental, Amal Traboulsi. Son objectif : ouvrir grand les yeux sur l’art du Moyen Orient pour en montrer la valeur.

En outre, nous souhaitons renforcer le programme de conférences pour enrichir les débats en lien avec l’art et son marché tout en donnant à chacun un maximum de clés pour en saisir les enjeux et les subtilités. Outre les rencontres et tables-rondes, un passionnant symposium animé par Fabrice Bousteau est ainsi organisé. Rédacteur en chef de Beaux-Arts magazine, Fabrice Bousteau invite pour cet événement de grandes personnalités liées au monde de la création : architectes, commissaires, artistes, poètes, designers, directeurs de musée, critiques d’art... Convaincus que l’on échange mieux quand on cherche à comprendre, ces intervenants renommés se pencheront aux racines et aux caractéristiques de l’esthétique arabe.

Des médiateurs culturels seront également présents sur la foire pour guider et donner des explications aux visiteurs qui voudraient découvrir plus en profondeur l’art moderne et contemporain.


Lien : artparis-abudhabi.com

Contacts presse
Sylvia Beder - communication culture - Romane Dargent
227, boulevard raspail 75014 Paris
Tel : +33 (0)1 42 18 09 42
Fax : +33 (0)1 43 21 18 95
Email : sylvia@sylviabeder.com
Website : www.sylviabeder.com

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Ces français qui réussissent à Dubai

Dubaï est devenu en quelques années un centre mondial des affaires. Des expatriés tentent l’aventure dans cette région en plein effervescence. (...)
publié le 3 juillet 2014

Chicha et châcha (1/2) : comment regarder le Mondial quand on est arabe ?

Par Yves Gonzalez-Quijano

Alors que tout va mal, le Mondial offre aux Arabes qui aiment le foot – et ils sont nombreux – une parenthèse bienvenue, entre chicha et chacha, comprendre entre narguilé et écran. Pourtant, plus que jamais, le foot, surtout depuis qu’il a fait l’objet d’une énorme OPA qatarienne, est une affaire où fric rime avec politique. Avec, par exemple, ces commentaires dans Al-Akhbar à propos de l’inflation, ridicule à plus d’un égard, d’invocations divines de la part des journalistes commentant les matchs ! Exaspéré par toute cette bondieuserie totalement déplacée à propos des prénoms des joueurs et des interventions divines dans le cours de la partie, Ahmad Mohsin demande si on s’interroge sur TF1 pour savoir si Yohan Cabaye va ou non à la messe le dimanche !

En principe – mais il y a des exceptions comme on le verra, pas moyen d’échapper à la main-mise qatarie sur le football mondial si on est arabe. Hormis les richards du Golfe, et l’Algérie (seul pays arabe qualifié) qui a dû sortir 30 millions de dollars pour offrir à son peuple 24 matchs, les téléspectateurs qui veulent suivre la compétition doivent faire leur bay’a (acte d’allégeance) à l’émir du Qatar, propriétaire de beIN (ex-Jazeera sport), détenteur exclusif mondial des droits du Mondial. Pour cela, il faut acheter une petite boîte magique, un décodeur violet, pour une somme qui varie entre 230 et 280 dollars selon les pays (voir ici). Et le Qatar a mis le paquet pour décourager les plus habiles des pirates qui se sont apparemment cassés les dents sur le code qu’ils ont mis en place pour protéger leur business.

Du coup, les téléspectateurs arabes pour lesquels un tel investissement n’est même pas envisageable, et ils sont nombreux, ont recours au système D (quand ils ont de l’électricité naturellement, et pas des bombes sur leur toit ou devant leur porte). Les bons vieux « rateaux » à l’ancienne, avec des bricolages pour pousser leur portée, ont repris du service dans certaines zones de Jordanie, de Syrie ou du Liban, et de Cisjordanie naturellement, pour « pomper » les retransmissions de la chaîne israélienne.

Pour les puristes, un bon match se passe de commentaires paraît-il mais pour ceux qui souhaitent les entendre en arabe – et c’est vrai que cela peut faire beaucoup pour l’ambiance – les Palestiniens ont trouvé une solution assez amusante : désormais, à côté de la télé, il y a un poste radio, branché sur une station locale – laquelle diffuse la bande son « officielle » sur beIN ou, mieux encore, son propre commentataire en bon arabe palestinien !

Il y a d’autres solutions, à l’échelle de toute la région cette fois. Dans certains cas, on pirate les retransmissions des pays riches, en « récupérant » les signaux satellitaires moins difficiles à décrypter, sur Hotbird par exemple. Plus simplement encore, on peut se rendre – cela fait partie du plaisir – dans un des lieux publics, cafés ou restaurants, qui ont acheté une licence. En principe, les Qataris, qui ne font pas de cadeaux, font payer ce type d’abonnement plus cher mais, dans les circonstances actuelles, il y a pas mal d’endroits où il y a assez peu de chance que les inspecteurs viennent mettre les pieds !

En Syrie par exemple, il y a assez peu de risque qu’on les voit, et les cafés branchés de Damas ont retrouvé, pour la première fois depuis trois ans, un peu d’animation nocturne (ça n’est pas le cas à Alep, vous l’aurez deviné). Avec même un rite un peu particulier, qui consiste à manifester ses sentiments politiques, en affichant ou non les drapeaux nationaux des équipes en compétition. Impensable bien entendu d’arborer un drapeau d’une nation « ennemie » (la France au hasard !) : en pareil cas, c’est l’emblème national syrien qui s’impose ! Un moment tenté de pirater le Qatar, qui n’est plus vraiment un pays frère, les Syriens avaient envisagé de passer la compétition sur une chaîne nationale ou “semi-privée” (c’est-à-dire privée, mais à quelqu’un bien vu du régime, selon la définition régionale la plus commune du secteur privé). Il a dû craindre les foudres du Qatar (et il n’a pas tort sans doute), et peut-être aussi celle de la FIFA qui n’hésitera pas à sortir le carton rouge pour les pays qui ne respectent pas les règles du jeu mondial des droits audiovisuels. Du coup, c’est une chaîne créée de toutes pièces, juste pour la durée de la compétition, qui retransmet les matchs.

Malgré tout, la solution libanaise pour regarder le Mondial malgré l’embargo qatari est encore plus surprenante. Comme la colère publique commençait à monter chez les spectateurs qui, malgré les combines diverses et variées, n’arrivaient pas à s’offrir leur dose de foot, ce pays sans président, a trouvé une combine politique presque aussi subtile que le fameux « pacte national » de l’été 43. Résumé par un titre de L’Orient-Le Jour, la solution libanaise a consisté à imaginer un accord qui réussit à légitimer le secteur très juteux du piratage télévisuel. En d’autres termes, l’Etat, en ponctionnant les sociétés locales de téléphonie, a choisi de payer la société privée Sama, détentrice exclusive de la revente des droits de diffusion du Mondial dans le pays. Mais attention, on est au Liban, et ce ne profitera pas à Télé-Liban. Non, dans son étonnante créativité politique, l’exécutif libanais a choisi de laisser cette diffusion se faire par l’intermédiaire des distributeurs dont les câbles (totalement illégaux et courant dans tous les sens) fournissent à ceux qui paient un abonnement (totalement illégal lui aussi) d’une vingtaine de dollars par mois.

Tant pis si Télé-Liban, la chaîne nationale, est captée par tout citoyen du pays (pourvu qu’il ait de l’électricité ou qu’il ait payé la facture au fournisseur privé du générateur local). Et cela y compris dans les zones rurales et/ou pauvres où il n’y a pas de trafiquants d’images télévisées. Tant mieux pour les distributeurs illégaux. Et bravo à la société Sama dont les sponsors locaux, qui ont failli ne pas faire une bonne affaire car on ne se précipitait pas au Liban pour payer ces abonnements jugés trop chers : avec ce tour de passe-passe, ils voient leurs investissements récompensés ! Pas tout-à-fait « légitimement » mais quand même ! Le Liban, champion du monde de la combinazione politico-financière !

publié le 2 novembre 2009

Clôture du Festival du Film Tribeca de Doha sous les signes de l’éducation et de la femme

La première édition du Festival du Film Tribeca de Doha s’est achevée dimanche soir avec la consécration d’un documentaire éducatif britannique intitulé "Team Qatar" (L’équipe Qatar) comme meilleur film du Festival.

L’autre film primé est "Al Morr wa Rommane" (Myrrhe et grenadiers), premier long métrage de la Palestinienne Najwa Najjar, choisi par le jury comme meilleur film arabe du Festival.

Réalisé par Liz Mermin, le documentaire primé relate l’expérience d’une équipe de jeunes lauréats d’Oxford supervisant l’apprentissage du débat pour un groupe multiracial d’élèves d’un lycée qatari.

Leur participation à des compétitions tant à Doha, qu’à Londres et Washington, a surpris par son succès dans l’art de débattre des questions aussi sensibles que la religion, les traditions ou la perception de l’autre.

Quant au film palestinien, il met en exergue la forte personnalité d’une femme vivant sous occupation israélienne.

L’éducation et la condition de la femme ont été au centre des thèmes dominants cette première édition du Tribeca de Doha organisée en partenariat avec le festival new-yorkais du même nom.

L’événement avait débuté jeudi dernier par le film américain "Amelia", dans lequel la réalisatrice indienne Mira Nair rend hommage à la première pilote d’avion Amelia Earhart.

Outre l’implication de la princesse Al Mayassa, fille de l’émir du Qatar, qui a parrainé le festival, l’événement a été également rehaussé par la venue à Doha de grandes vedettes du cinéma tels que Robert de Niro, fondateur du Tribeca de New York, Martin Scorcesse et Ben Kingsley, les Egyptiens Adil Imam, Youssra et Leila Alwi, et les Turcs du feuilleton "Noor" Songul Oden et kivanc tatlitug .

Une trentaine de films ont ainsi été projetés durant les quatre jours du festival dont une dizaine de films arabes et une autre dizaine américains.

Sans participation formelle, la Maroc n’était pas tout à fait absent de cet événement, notamment à travers la programmation du film "Ihki Ya Shahrazade" (Scheherazade, Tell Me a Story) du vétéran égyptien Youssri Nasrallah, où la comédienne marocaine Sanaa Akroud joue l’un des rô-les clés, ou encore la participation des jeunes Emad et Souhail Noury à une table ronde où ils ont parlé de leur films et de leur expérience.

MAP

publié le 7 novembre 2008

Colloque : "le Général de Gaulle et le Monde Arabe"

L’Université de Paris-Sorbonne Abu Dhabi organise, en association avec la Fondation Charles de Gaulle et l’Institut du Monde Arabe, les 16, 17 et 18 novembre à Abu Dhabi un colloque franco-arabe sur « Le Général de Gaulle et le Monde Arabe ». Ce colloque est placé sous le haut patronage du Sheikh Mohammed Bin Zayed Al-Nayan, prince héritier d’Abu Dhabi, et le parrainage du Président Jacques Chirac.

Le discours d’ouverture du Colloque sera prononcé par Dominique de Villepin, ancien Premier ministre. Plusieurs personnalités arabes et françaises, parmi lesquelles Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Pierre Mazaud, président de la Fondation Charles de Gaulle, Dominique Baudis, président de l’Institut du Monde Arabe, interviendront au cours de ce colloque qui étudiera l’ensemble des relations du Général de Gaulle avec le Monde Arabe depuis son premier séjour au Liban au début des années 30 jusqu’à son départ des affaires en 1969. Les discours de clôture seront prononcés par Yves Guéna, ancien ministre du Général de Gaulle et ancien président de l’Institut du Monde Arabe, et le Prince Hassan de Jordanie.

publié le 1er mai 2007

Culture : Cat Stevens chante un Islam de paix

Cat Stevens, converti à l’islam, revient à la musique et envisage une tournée pour renouer avec les concerts.

"Quand je chante maintenant, ça ressemble beaucoup à la sonorité que
j’avais. Pour certaines personnes, de redécouvrir ma voix et mon son est
très apprécié." a déclaré le musicien à un entretien à Associated Press. De son bureau de Dubaï Cat Stevens raconte qu’il veut retrouver son public. Dans cette ville futuriste, il a lancé sa maison de disque et travaille dans le studio Jamal records. Yusuf Islam, alias Cat Stevens, a traversé une période de conversion religieuse qui l’a obligé à suspendre ses activités artistiques. Mais aujourd’hui il est de retour.Il a pu réconcilier la musique avec sa foi et il veut s’en servir pour véhiculer un message de paix. Il a retrouver le chemin de sa guitare.
Depuis sa conversion en 1997, Islam a lancé un album en en 2006 intitulé "An Other Cup", l’album aux tonalité folk comprenait une chanson écrite en 1968, "Greenfields, Golden Sands". Il est réapparu sur la BBC pour enregistrer au
Porchester Hall de Londres, il est accompagné de 12 musiciens. Il a offert
seulement un autre concert depuis sa pause de 30 ans, au Lincoln Center de
New York, en décembre dernier. Il a enfin trouver une harmonie entre sa musique et l’Islam. Entre Dubaï et Londres, Yusuf Islam montre comment concilier Islam et pop rock.

publié le 23 novembre 2008

Culture : Taxis d’Egypte et de Palestine

par Yves Gonzalez-Quijano

[# "Ici, grâce à Dieu, on a les meilleurs chauffeurs du monde, les plus balèses ! Capables de défier la terre entière et l’humanité avec ! Où y en a des chauffeurs qui conduisent leur bagnole dans un tel souk, à touche-touche à quelques centimètres près ? Où il y en a qui peuvent travailler plus de 18 heures par jour pour gagner leur vie et faire vivre leur famille ? Où sont les chauffeurs avec des charrettes qui seraient périmées depuis longtemps dans les pays d’en haut [= les pays développés] ? Eh ben, au Caire !"

Ce dialogue entre un chauffeur de taxi cairote et sa cliente journaliste au Hayat appartiendra peut-être bientôt au passé. En effet, les ministères de l’Économie et de l’Environnement - si, cela existe en Egypte ! - ont récemment décidé que les taxis de plus de vingt ans ne rouleraient plus, et que les nouvelles licences ne seraient pas accordées à des véhicules de plus de dix ans. A terme, les inusables Nasr 1300 (une variante locale de la Fiat) vont donc disparaître, précipitant dans le même sort des bataillons de osta bil-fitra comme se décrit lui-même ce chauffeur, ces « taxi-nés » qui pratiquaient le métier à l’ancienne…

Disparition de tout un patrimoine humain aussi, comme le dit Khaled Al Khamissi, journaliste et metteur en scène de 45 ans devenu auteur à succès depuis la publication de Taxi au tout début de l’année 2007. Ecrits en arabe égyptien, ce qui n’est pas si fréquent dans la littérature de fiction, les 58 chapitres de ce petit livre relatent autant de rencontres avec quelques-uns de ces chauffeurs. Avec ces 100 000 exemplaires vendus aujourd’hui, une très belle réussite pour ce type de texte sur le marché arabe, il y a aujourd’hui sans doute autant d’exemplaires du livre en circulation qu’il y a de taxis dans la capitale arabe (entre 80 000 et 150 000 selon les sources, et Allahu a’lam, Dieu seul en connaît sans doute le chiffre exact !)

Pour l’auteur (voir son site en anglais), interviewé par Alif, un site francophone animé par deux journalistes sur place, ce succès n’est pas aussi étonnant qu’il y paraît ; il confirme à la fois le renouveau culturel et politique que semble connaître le pays depuis un ou deux ans (cliquez sur la rubrique « Egypte » de ce site pour le vérifier !), et « l’échec du président Moubarak à donner espoir aux gens (…) [qui ] ont la tête sous l’eau, sans même une paille pour respirer ou espérer ». Taxi est déjà traduit en anglais et en italien, et la version française est attendue chez Actes Sud/Sindbad.


Moins connu en Europe que des cinéastes tels que Michel Khleifi (Noce en Galilée) et surtout Elia Suleiman depuis Intervention divine, Rashid Masharawi (رشيد المشهراوي) vient de réaliser L’anniversaire de Layla. Ce cinéaste autodidacte né près de Gaza en 1962, dont plusieurs films, à commencer par Ticket to Jerusalem (2002), ont déjà été remarqués, a choisi lui aussi de prendre un taxi comme fil conducteur (et scène principale) de son dernier long métrage, une coproduction palestino-tuniso-hollandaise.

Mohamed Bakri, le plus célèbre acteur palestinien sans doute, incarne le personnage principal, Abou Layla, un juge qui, après une dizaine d’années passées à l’étranger rentre en Palestine. Trop occupés à s’installer dans leurs meubles - l’image est à prendre au pied de la lettre - les différents responsables palestiniens n’ont aucun poste à lui proposer et il finit par travailler comme… chauffeur de taxi, avec la voiture de son beau-frère (une réalité plus qu’ordinaire dans des sociétés arabes où le diplôme n’est plus la garantie d’un emploi).

Fidèle à l’image qu’il se fait du droit et de la justice, l’ex-juge devenu taxi passe sa journée à lutter inlassablement contre l’anarchie dans laquelle vit une société poussée à bout par l’occupation israélienne. Il s’ensuit une série de scènes savoureuses où Abou Layla croit pouvoir faire régner dans son espace de travail une loi qui n’existe plus en obligeant ses passagers à boucler leur ceinture de sécurité, en apposant un autocollant pour interdire non pas de fumer mais de porter des armes… Autant d’épisodes tragicomiques qui en disent long naturellement sur ce qu’est devenue la Palestine des Territoires occupés entre le policier qui arrête le véhicule pour s’enquérir sur son prix, les amoureux qui n’ont d’autre lieu pour se retrouver que la banquette arrière et, pour finir, l’attaque israélienne qui transforme le taxi en ambulance…

Le combat solitaire et quelque peu donquichottesque du petit juge finit bien : après cette « journée ordinaire », comme il le dit à sa femme, il arrive à temps chez lui avec les cadeaux de circonstance pour sa petite fille…

En attachant leur regard à ce bouillon de culture publique qu’est le taxi (meilleur marché, éventuellement collectif, et bien plus populaire qu’en Europe), les écrivains et cinéastes du monde arabe restent fidèles à ces grandes orientations qui font que les créateurs de cette région peuvent difficilement rester insensibles aux réalités extérieures, et tout particulièrement à un contexte politique dont ils sont en quelque sorte tenus d’être les observateurs attentifs.


Cependant, les règles du jeu ont beaucoup évolué durant les dernières décennies à l’image d’un cinéma palestinien trop souvent réduit à ses débuts à n’être que l’expression étriquée d’une vision collective et qui privilégie désormais les destinées singulières - comme on peut s’en rendre compte d’ailleurs en observant l’affiche d’Intervention divine qui met en vis-à-vis en quelque sorte l’icône souriante du dirigeant politique et le visage anonyme et dubitatif du héros (par ailleurs metteur en scène du film).

Et c’est sans doute parce qu’ils s’éloignent des « grands récits » idéologiques pour se mettre au service des mille et une petites histoires du quotidien que les artistes arabes demeurent les observateurs si pertinents du politique !#]

La bande-annonce de L’anniversaire de Layla, le film de Rashid Masharawi (si votre navigateur ne l’affiche pas bien, suivre ce lien) :

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo

cpa.hypotheses.org/

publié le 18 avril 2010

David Bakis : fondateur d’el-Rahelet

[#Quand David Bakis a reçu une offre d’emploi au Liban, c’était une occasion de découvrir et mieux comprendre la région. David Bakis, un thérapeute de famille américain spécialisé dans l’assistance de crise a toujours consacré son temps pour aider les autres.#]

[#Après avoir été témoin de la situation difficile des Palestiniens lors d’un voyage en Cisjordanie, il s’est rendu dans les camps palestiniens du Liban pour y proposer son aide. Il a constaté que les enfants avaient avant tout, besoin de sortir des camps. C’est comme ça qu’il a créé el-Rahelet en 2007. Le but de cette organisation est de prendre un groupe d’enfant des camps en sortie chaque dimanche.

Pour rendre ce projet possible, David a demandé de l’aide autour de lui. Le collège où il travaille a accepté de lui prêter un bus tous les dimanches. Ses amis ont contribué comme ils le peuvent : en proposant d’animer un atelier de théâtre, en sponsorisant financièrement des sorties…

Ce n’est pas toujours facile, et David, partisan de la cause palestinienne, a souvent été victime de discrimination a cause de son travail. D’autre part, il a aussi rencontré en chemin des gens qui l’ont beaucoup aidé dans son travail. Parmi eux, Lina, une assistante sociale libanaise qui est devenue la nouvelle directrice d’el-Rahelet, et Melek Nimer, Président de la Société du Soutien Social.

C’est en septembre 2009 qu’el-Rahelet est devenu autonome sous l’égide de la Société du Soutien Social. David est maintenant en train de démarrer une nouvelle aventure en tant que directeur d’une nouvelle ONG qui s’adresse aux enfants palestiniens et libanais défavorisés.#]

Iloubnan.info

publié le 27 août 2009

De “Freej” à “Hamdoon” : le dessin cartonne aux Émirats

[#Collé sur les voitures des natifs de l’émirat, on voit se multiplier dans les rues d’Abou Dhabi (Abou Dabi) le visage souriant de Hamdoon (حمدون), le nouveau héros créé par Abdullah Mohammad Al-Sharhan (عبدالله محمد الشرهان), un dessinateur émirien de 28 ans, désormais à la tête d’un projet ambitieux.
#]

Le nom du personnage ne doit rien au hasard : Hamdoon est en effet le diminutif affectueux de Hamdane, un prénom très local. Le mot évoque également, comme l’explique cet article duHayat, la manière propre aux Emiriens de nouer au sommet de leur tête la tarha locale (si possible en voile de coton importé du Japon, c’est le must !)


Du haut de ses 8 ans, Hamdoon – un petit garçon qui, du fait de la profession de son père, a été élevé en Europe et qui fait donc la découverte de son propre pays en séjournant dans la maison de ses grands-parents – a la lourde tâche de devenir dans les années qui viennent le symbole de l’identité locale. C’est bien pour cette raison que ce projet, soutenu par le Khalifa Fund to Support and Develop Small & Medium Enterprises, a été officiellement adopté par la très importante Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage (ADACH), sorte de ministère de la Culture chargé de la promotion du patrimoine et de la culture dans l’Émirat d’Abu Dhabi (et non pas dans la fédération des Émirats arabes unis).

Les lecteurs fidèles de ces chroniques ne s’étonneront pas de constater que les Émiriens n’hésitent pas à regarder ailleurs qu’en Méditerranée et que la société Socoool, montée autour de ce projet, a passé contrat avec des studios d’animation coréens. Et ils se souviendront également de précédents billets où l’on a pu évoquer, à l’occasion de concours poétiques, les traditionnelles rivalités entre les Émirats et les autres pays de la région, mais plus encore celles qui opposent Abu Dhabi, la capitale politique, à Dubaï, la capitale économique.

Avec Hamdoon, on constate que la concurrence locale, présente déjà dans le domaine de l’art et des grands projets culturels, se joue désormais sur un autre registre, celui des dessins animés. Le lancement du petit garçonnet fait en effet fortement penser à celui de Ajaaj, un personnage de bande-dessinée cette fois (mais il y a également des épisodes en dessins animés), lancé durant l’été 2007, dans l’émirat de Dubaï. Un projet qui, lui aussi, avait bénéficié de l’aide d’une institution officielle afin de faire la promotion, auprès de la jeunesse, de l’identité locale…


Hamdoon et Ajaaj sont loin d’être les seules initiatives locales. Dans quelques semaines, à l’occasion du prochain ramadan, les téléspectateurs pourront ainsi suivre la quatrième saison d’une série qui a remporté de nombreux prix. Créé par un autre jeune artiste local, Haydar Muhammad (حيدر محمد), Shaabiyat al-cartoon (شعبية الكرتون : « le dessin-animé popu » pourrait-on essayer de traduire) se donne clairement pour objectif de traiter des questions sociales en évitant toutefois les questions politiques ou religieuses trop brûlantes (voir cet article en arabe dans Al-Khaleej). Les enfants sont donc loin de constituer le seul public de cette série qui élargit sa cible à tout l’éventail (arabophone) de la société locale en introduisant de savoureux dialogues qui jouent sur tous les accents qu’on peut entendre sur place : ceux du Golfe, mais également ceux du Soudan, de l’Egypte, du Liban et de Palestine, et même de locuteurs non arabophones à l’origine tels les Indiens ou les Iraniens des Emirats (article en arabe dans Al-Bayan.

Comme le signalait cet article publié dansAl-Akhbar à l’occasion du dernier ramadan (traduction en anglais sur le site Menassat), l’heure est aux dessins animés qui ne sont plus réservés aux seuls enfants mais qui touchent l’ensemble de la cellule familiale, voire même un public adulte.

Les Egyptiens avaient ouvert la voie il y a quelques années avec Super Henedi, une série inspirée par un acteur à la mode que la télévision nationale. Mais ils ont eu la mauvaise idée de ne pas programmer au meilleur moment de la soirée, ce qui avait provoqué l’agacement des producteurs très vite récupérés par Abu Dhabi TV.


Toutefois, dans ce domaine également, les Emiriens et les habitants du Golfe ne se satisfont plus d’un simple rôle de consommateurs et passent de plus en plus à la production. Et le meilleur dessin animé, le plus audacieux aussi, est sans conteste la série Freej (فريج : le « quartier » dans le parler local ; site – bien fait – en anglais et en arabe), créée en 1998 par Mohammed Harib (محمد حارب). Ce jeune graphiste et photographe aux multiples talents (il fait également dans la littérature et le webdesign) est retourné aux Emirats après ses études aux USA depuis que son projet, soutenu par Sheikh Mohammed Establishment for Young Businesss Leaders à partir de 2003, s’est développé dans la Media City de Dubaï.

Freej, un des grands succès du « festin d’images » lors du dernier ramadan, déroule sans doute ses épisodes autour de la thématique classique de l’identité, et de la confrontation entre tradition et modernité, entre local et global, mais la touche morale, assez inévitable dans ce genre de produits à consommation familiale et « ramadanesque », est assez décalée par le choix des personnages : quatre grand-mères craquantes (bien que dûment voilées), aux prises avec une Dubaï secouée par la modernité.

Aux antipodes du bien trop sage Hamdoon, le traitement graphique de Freej est assez révélateur d’une certaine audace de ton qui a valu à ses auteurs quelques soucis (article en anglais) lorsqu’ils ont abordé le thème de la religion, et l’hypocrisie de certaines pratiques, à l’occasion d’un de leurs épisodes.

A l’évidence, le dessin à destination de la jeunesse est, aux Emirats, un secteur qui se porte bien, et qui porte bien les messages…

Et pour finir, une petite vidéo de Freej…

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 14 juillet 2006

Des froufrous au hijab

14/07/06

Les unes après les autres, actrices, chanteuses et danseuses orientales adoptent le voile islamique. Crainte pour leur sécurité ou révélation divine ?

Célèbre pour ses rôles de jeune femme « émancipée », l’actrice égyptienne Hanan Turk, 31 ans, portera désormais le hijab, le voile musulman.

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Hanan Turk

C’est elle-même qui l’a annoncé à la presse, en mai. Deux mois plus tôt, Hala Shiha, autre star montante du cinéma égyptien, avait elle aussi troqué ses costumes de scène pour des tenues plus conformes aux canons de l’islam. Hanan et Hala sont loin d’être des exceptions chez les actrices, chanteuses ou danseuses « orientales ».
Dans les années 1970, déjà, Shams el-Baroudy, une vamp assez affriolante, avait semé la consternation en passant sans transition du bikini au niqab, le voile noir intégral, mais ce n’était qu’un cas isolé. Longtemps, les « re-conversions » n’ont concerné que des artistes en fin de carrière, sinon sur le retour, à l’instar de la chanteuse Chadia, icône des comédies musicales égyptiennes des années 1960, qui « prit le voile » il y a une dizaine d’années.

Aujourd’hui, le phénomène s’accélère. De Sabreen à Mona Abdel Ghani, en passant par Ghada Adel ou même l’ex-danseuse Zizi Mustapha, les ex-stars qui ont choisi de voiler pudiquement leurs charmes se comptent par dizaines. Au point de susciter les rumeurs les plus folles. Ont-elles été menacées par les islamistes ? Cédé aux instances sonnantes et trébuchantes de quelque austère potentat du Golfe ? La plupart préfèrent invoquer une « révélation divine », souvent intervenue par le biais d’un prédicateur « qui-a-changé-leur-vie », comme le charismatique Amr Khaled, 36 ans, qui compte plusieurs hijabs célèbres à son tableau de chasse.

Pour l’anthropologue Saâdia Radi, cette épidémie de mysticisme chez les artistes égyptiennes n’est qu’un microphénomène, le reflet, rehaussé par la célébrité, des profondes mutations dont le pays est le théâtre. Au moins 70 % des Égyptiennes seraient aujourd’hui des motahajibat (« femmes voilées »), chiffre jugé très inférieur à la réalité par la sociologue Madiha el-Safty, de l’université américaine du Caire, qui l’estime à plus de 80 %. Ce fulgurant essor de la ferveur populaire serait, au moins en partie, la conséquence « du wahhabisme importé des pays du Golfe par les milliers de travailleurs émigrés de retour au pays », explique cette dernière. Il est aussi « une réaction aux crises économiques, sociales et politiques à répétition qui affectent le pays ». Né dans les classes les plus pauvres, le phénomène s’est peu à peu étendu à l’ensemble de la société. « Aujourd’hui, porter le voile est normal. Mieux, c’est devenu la norme », commente la sociologue.

Désormais, il existe aussi un islam « branché » pratiqué aussi bien dans les sphères du show-biz que dans les beaux quartiers du Caire, d’Al-Mohandissine à Garden-City. Ici, la modernité se réinvente loin de toute référence occidentale. Petit à petit, on se réapproprie cette identité baladi (de balad, « le pays ») qui fut si longtemps synonyme de ringardise. Un fructueux business se développe autour de la religion en général, et de ses accessoires féminins en particulier. Fini le temps où les hijabs n’étaient vendus que sur le parvis des mosquées, entre tapis de prière et gadgets made in Medine. Aujourd’hui, les riches élégantes à voilette n’ont que l’embarras du choix, entre les boutiques de prêt-à-porter haut de gamme (la marque Rosée, par exemple) et les créations haute couture de la luxueuse griffe Al Motahaguiba. Il existe au moins deux magazines de mode islamiquement corrects, Jumanah, lancé en 2004, et Higab Fashion, sorti au début de l’année.

Plus encore qu’une mode vestimentaire, le hijab est un mode de vie. D’où l’apparition d’une industrie des loisirs à destination exclusive des femmes voilées. Désormais, les « sœurs » égyptiennes peuvent faire du sport dans des salles d’où toute présence masculine est rigoureusement bannie, la fête dans des soirées animées par des groupes 100 % féminins comme Al-Yachmak, et même trempette sur des plages privées comme « La Femme » (en français dans le texte), à quelques kilomètres d’Alexandrie...

« Une femme voilée peut fort bien réussir une brillante carrière professionnelle, explique Diana Darwich, journaliste à Al-Ahram Hebdo et récente lauréate du prix Samir-Kassir pour la liberté de la presse (elle-même porte le hijab depuis plus de dix ans). Elle peut-être journaliste, professeur d’université ou même militante des droits de l’homme. S’obstiner à opposer les traditionalistes rétrogrades aux modernes occidentalisés n’a aucun sens. »

Sans doute, mais il y a quand même des limites. À la télévision, par exemple - à ce jour, seules les chaînes par satellite acceptent les speakerines portant le voile -, mais aussi au cinéma. De nombreuses actrices qui ont récemment choisi de porter le voile dénoncent le « sectarisme » des réalisateurs qui continuent de réserver le hijab aux personnages de hagga, les femmes d’un certain âge. Il est vrai que les quelques audacieux qui ont osé déroger à cette règle se sont attiré de sérieux ennuis. Dernièrement, l’un d’eux a réalisé un vidéoclip mettant en scène une moutahajiba amoureuse... Protestations, scandale ! Sur la chaîne Al-Arabiya, une émission de grande écoute, Istifta ala al-hawaa (« Sondage en direct »), a aussitôt organisé un débat sur le thème « Pour ou contre les femmes voilées dans les vidéoclips ? ».

La vérité est que si le hijab est aujourd’hui partie intégrante de la vie des Égyptiens, les fantasmes de ces derniers ne s’encombrent pas de voiles pudiques. Ils portent des décolletés sur des poitrines siliconées et se prénomment Nancy, Ruby ou Elissa, des chanteuses à la mode. Et ces pulpeuses créatures ne viennent pas toujours du balad ! Dans une tribune publiée, à Londres, par le quotidien El Hayat, la sociologue libanaise Dalal Bizri tente d’analyser cet étrange paradoxe, qui, entre voile et frou-frou, écartèle la société égyptienne - et arabe en général. « La diffusion [du hijab] à l’échelle que nous connaissons actuellement exige la présence de la vulgarité, de la débauche, de la quasi-nudité, pour réveiller sans cesse la flamme de sa nécessité. L’importation au Caire d’“artistes” libanaises, top models ou reines de beauté, pour occuper l’espace laissé vacant par des Égyptiennes plongées jusqu’au cou dans la mode du délire dévotionnel signale la présence de deux pôles opposés qui parviennent néanmoins à cohabiter parfaitement : d’un côté, le voile, la pudeur, la ?pruderie ; de l’autre, le dévoilement, le dévergondage, la vulgarité, la damnation. »

publié le 29 septembre 2012

Des images pas vraiment innocentes des musulmans arabes…

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#L’actualité de la culture et de la politique, dans le monde arabe et pas seulement, c’est bien entendu cette nouvelle « affaire ». Après celle des Versets sataniques il y a maintenant bien longtemps (c’était en 1988), puis celle des caricatures (en 2005), voici donc, en attendant la prochaine, celle du « film » Innocence des musulmans (Innocence of muslims), un titre que la presse arabe rend systématiquement par Barâ’at al-muslimin براءة المسلمين), en choisissant, dans la langue du Coran, la moins injurieuse des lectures du mot anglais, à savoir l’absence de culpabilité des « Mahométans » comme on disait autrefois, et en passant sous silence l’autre interprétation possible, plus proche de l’intention des « auteurs », celle de la crédulité simplette (sadhâja en arabe). Un choix de traduction qui est en soi un commentaire !#]

[#Inutile de revenir sur les détails d’un « scénario », celui de la fabrication de cette crise, laquelle n’a de toute manière pas encore livré tous ses secrets. A l’exception (c’est en soi une explication) de Hassan Nasrallah qui a jugé bon de faire le show sur la question (article dans L’Orient-Le Jour), le ton est plutôt à l’apaisement du côté des voix officielles arabes, et au rétropédalage, à l’image du Global Mufti Youssef al-Qardawi (ou Qaradâwi : القرضاوي), le « père spirituel » des Frères musulmans selon certains, qui a condamné sans détour les meurtriers de l’ambassadeur nord-américain.

Il n’est pas certain que ces voix officielles soient très bien entendues par la masse des musulmans qui, après tout, vivent dans un monde où les drones tueurs made in USA ont fait des milliers de morts innocentes entre 2004 et 2012 rien qu’au Pakistan. Certes, personne n’est vraiment capable de tenir la comptabilité précise des victimes anonymes, et surtout pas l’administration nord-américaine. Mais un des aspects les plus étonnants de cette nouvelle crise entre le « monde musulman » et « l’Occident » tient sans nul doute à cette étonnante alliance entre la bêtise des hommes (ceux qui sèment la haine de l’islam) et les armes dites « intelligentes » (lire Of stupid men and smart machines sur le site Jadaliyya).

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Entre autres conséquences, cette nouvelle « affaire » va également contribuer à faire évoluer l’image publique des réseaux sociaux et de leur utilisation. Là aussi, le temps de l’innocence a pris fin et on note – à l’instar de la caricature ci-contre parue dans Al-Quds al-’arabi hier – un sentiment de plus en plus plus mitigé vis-à-vis des réseaux sociaux et plus largement des technologies numériques, capables, on l’observe de plus en plus, du pire comme du meilleur.

Il reste aussi qu’on a un peu l’impression à lire la presse française (mais cela doit être vrai ailleurs) qu’on en fait beaucoup autour de cette histoire. Les images de violences antioccidentales font un excellent teasing pour un énième remake de la grande série intitulée « le conflit des civilisations ou comment ne pas y échapper ». Après avoir dû mettre la sourdine durant le « printemps arabe », certains commentateurs n’hésitent pas à sortir à la faveur de l’« hiver islamiste » leur vieil Huntington des familles et leur inoxydable choc des civilisations. Comme le rappelle très bien “le blog à Bécassine” (tout sauf une bécasse !), ce tapage médiatique à propos d’une tempête dans un verre d’eau, au regard du pourcentage des fidèles potentiellement concernés, masque d’autres vérités, à savoir que les « réformes ne vont pas assez vite et [que] l’avenir semble encore plus bouché qu’avant la révolution. Les révolutions ont été faites contre des tyrans et avec comme modèle, le système politique et les modes de vie occidentaux. L’effort consenti a été intense et pourtant le monde arabe en est toujours à contempler la vitrine occidentale en se faisant taper s’il se risque à y mettre les doigts (Lampedusa). Ce décalage de développement ne suffit pas animer de telles colères envers l’Occident. Il faut rajouter l’arrogance occidentale. L’Occident méprise de plus en plus les révolutions arabes ; ne cesse de parler d’hiver islamiste ou d’automne intégriste après le printemps arabe. »

Néanmoins, « à quelque chose malheur est bon », a-t-on envie de conclure puisque cette provocation d’une rare stupidité pourrait bien entraîner une évolution notable sur un dossier souvent traité dans ces billets car il touche à un registre symbolique singulièrement important. Il s’agit bien entendu de la question des images (voir l’onglet à droite sur cette question), et plus précisément à celle de la représentation (par des mortels ordinaires) des figures sacrées de l’islam, à commencer par le prophète Mahomet (c’est lui qu’on voit représenté en haut de ce billet, dans le film Innocence of muslims).

A lirel’article (en arabe) publié ce jour dans Al-Akhbar, on apprend en effet que certains exhortent désormais les autorités religieuses à lever cet interdit, qu’aucun texte fondamental (Coran et sunna) ne justifie, de façon à permettre aux musulmans de répondre, en quelque sorte à armes égales, à leurs calomniateurs. Un point de vue défendu, comme on pouvait s’y attendre, par le bien connu et un peu opportuniste cinéaste « libéral » Youssef Khaled, mais également adopté, c’est beaucoup plus surprenant, par le religieux Fadel Soliman (فاضل سليمان). Quelques semaines seulement après avoir violemment critiqué la diffusion de ‘Umar (voir la série à ce sujet) précisément à cause du fameux interdit, cette star du business religieux réclame désormais la possibilité pour les musulmans de « donner figure » à leur prophète afin de lancer, pour la bonne cause naturellement, la production d’une réponse filmique à l’ignoble agression du « film » Innocence des musulmans.

Nul doute qu’il se trouvera dans le Golfe, à commencer en Arabie saoudite ou au Qatar, des mécènes ravis de se lancer dans une telle aventure, qu’un esprit ouvert peut parfaitement interpréter comme une forme de jihad, et qui aurait aussi l’avantage de prendre de vitesse les Iraniens (comprendre « les chiites ») puisqu’ils ont déjà mis en chantier (voir ce billet) une Vie du prophète Mahomet. Prélude, comme on peut le craindre, à de nouvelles images, guère plus innocentes, et à de nouvelles batailles, pas toutes symboliques hélas, cette fois entre chiites et sunnites…#]

publié le 27 mai 2012

Disparition de Warda, “la rose pourpre du Caire” : Nous sommes toujours là !

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Qu’ajouter à tout ce qui a été écrit à propos de la disparition soudaine de Warda al-Jazairia (وردة الجزائرية ), « Warda – la rose – d’Algérie », qu’on pourrait aussi appeler « La rose pourpre du Caire » tant sa vie fut intimement liée à la capitale égyptienne et à une certaine idée du monde arabe ? Dire que le monde arabe pleure la disparition d’une des dernières grandes figures de cette génération de légende, celle des luttes pour l’indépendance et du nationalisme arabe triomphant ? A la différence de l’Algérie, il n’y aura pas de célébration officielle en France pour la disparition de sa plus célèbre chanteuse arabe ! Car c’est bien en France, qu’est née Warda, à Puteaux, en 1939, et c’est à Paris qu’elle fit ses débuts artistiques.#]

Warda, c’est l’envers de Dalida – une vraie gloire nationale, elle ! L’ancienne reine de beauté égyptienne choisit la France en 1954, quand la jeune chanteuse du Tam-tam au Quartier latin doit quitter son pays natal, en 1958. Warda-la-rouge partage la lutte des Algériens pour leur indépendance, fait don de ses cachets aux FNL… Avec de telles idées, il vaut mieux ne pas traîner sur les bords de la Seine quandMaurice Papon est préfet de Paris… Elle se rend au Maroc, puis à Beyrouth, gagne finalement le pays de sa famille où elle se marie en 1962.

Juste avant, elle a le temps de participer à un grand moment de la culture arabe quand elle se fait politique : l’enregistrement de Ma grande patrie (Titre exact, Ma patrie chérie, ma grande patrie, il s’agit de la nation arabe, cela va de soi à l’époque de Nasser وطني حبيبي وطني الاكبر ). Mohammed Abdel Wahab en est le compositeur et dirige l’orchestre, tandis que les choristes et même les danseurs dressent la scène pour une bonne partie des vedettes de la chanson arabe de l’époque : Abdel Halim Hafez (عبد الحليم حافظ ), Sabah (صباح ), Faiza Kamel (فايزة كامل , un peu une erreur de casting !), Shadia (شادية ), Najat El-saghira (نجاة الصغيرة ). Une « opérette nationaliste » – l’expression est sans doute inventée pour l’occasion – qui reste dans bien des mémoires arabes. Tout juste cinquante ans plus tard, cette ode aux luttes anticoloniales et à l’unité arabe déclenche encore des passions dans les commentaires sur YouTube !

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Quand Warda-de-Puteaux retrouve le pays de ses parents, ce n’est pas seulement la France mais toute la nation arabe qui perd une voix exceptionnelle. Son mari, acquis à l’indépendance mais pas à celle de sa femme, lui interdit de chanter. Le public n’entendra à nouveau sa voix qu’en 1972, quand Warda répond à l’appel du père de la nation algérienne, Houari Boumedienne, pour commémorer le dixième anniversaire de la libération du pays. Un retour sur la scène qui est aussi une scène de ménage ! Pour son mari, le contrat est rompu et il exige le divorce. Une perte pour l’Algérie aussi car sa rose gagne Le Caire, et le cœur de Baligh Hamdi (بليغ حمدي ), joueur de oud et surtout grand compositeur. Pour Warda comme pour les autres voix « périphériques », surtout du Maghreb –la Tunisienne Latifa par exemple –, le passage par la capitale égyptienne est la condition sine qua non d’une carrière à l’échelle de la patrie arabe (c’était avant les charmes pétrolifères de Rotana, la signature de Warda étant une des « victoires » de la méga-société saoudienne de production musicale : en arabe).

La nouvelle rose du Caire voit toujours la vie en rouge et n’a rien perdu de ses convictions. Dans les années 1980, bien après la mort de Nasser, elle interprète un hymne au bouillant colonel Kadhafi qui a le don d’exaspérer Sadate ! On raconte qu’il aura fallu l’intercession de sa femme, Jihane, pour que Warda puisse poursuivre sa carrière en paix !

Jusqu’à sa mort brutale – quelques jours plus tôt, son fils annonçait encore qu’elle était en train de préparer un clip vidéo –, Warda l’Algérienne du Caire, oublieuse de son pays de naissance, s’efforçait de concilier ses attaches auprès de ses deux patries d’adoption, l’Égypte et l’Algérie. Au risque de quelques déchirements, au moins pour certains de ses fidèles de toujours… Au temps de la« guerre du foot » qui déchira les supporters des deux pays en novembre 2009, elle fit partie des voix qui tentèrent de ramener les esprits à la raison. Dans Le Caire de l’après-Moubarak, elle fut quelque peu prise à partie pour avoir été trop conciliante avec l’ex-président (elle était loin d’être la seule, et son cas a rapidement été oublié).

Quelques semaines avant le retour en grande pompe de sa dépouille en Algérie, Warda y avait déjà fait un étonnant come back, avec une chanson en l’honneur d’un demi-siècle de révolution (?) : Nous sommes toujours là ! (ما زلنا واقفين ). Pour l’occasion, un clip avait été tourné, avec une Algérie de carte-postale, et qui sent un peu trop l’hommage à un pouvoir politique qui, lui aussi, n’en finit pas d’être là, et bien là ! Pas vraiment le genre de clip capable de mobiliser la jeunesse du « printemps arabe », une jeunesse qui est bien lasse, elle, de ces mêmes visages, un demi-siècle plus tard…

Plutôt que ce clip de trop – inclus dans cetarticle en français par ailleurs très recommandable –, prenez vraiment dix minutes pour un voyage dans le temps et les souvenirs, avec Ma grande patrie (deux versions : la première, bien remastérisée, et la seconde, un peu moins nette, mais avec des sous-titres anglais ; paroles arabes – un peu cafouilleuses – ici ; Warda apparaît vers la sixième minute). A titre de comparaison, cruelle, vous pouvez retrouver d’autres “opérettes nationalistes” avec ce billet sur Le rêve arabe, une “opérette” de la fin des années 1990, et cet autre, cette fois sur La conscience arabe, qui date, elle, de 2008.

publié le 7 décembre 2013

Dixième édition du festival du film de Dubaï du 6 au 14 décembre

La dixième édition du Festival international du film de Dubaï, qui promet une belle sélection de longs métrages et de documentaires arabes, s’est ouvert vendredi soir en présence de stars internationales dont Cate Blanchett. Au total, 174 films, dont 70 présentés en première vision de 57 pays seront projetés durant le festival qui s’achève le 14 décembre.

publié le 27 décembre 2009

Doha : Capitale de la culture arabe 2010

[#La communauté palestinienne de Doha a organisé jeudi une soirée culturelle au cours de laquelle l’ambassadeur de Palestine, au nom de la ville d’Al-Qods, a remis au ministre qatari de la Culture le flambeau de Capitale de la culture arabe que Doha va porter en 2010.#]

[#La soirée a été animée par les responsables et les élèves de l’Ecole palestinienne de Doha, avec des représentations très expressives de l’identité palestinienne qui ont ravi un public venu nombreux au Village du Patrimoine, sur la belle Corniche de la capitale qatarie.
L’artisanat palestinien était également à l’honneur, en particulier les broderies et la couture que les jeunes filles ont arborées en défilant dans leurs beaux costumes traditionnels.
Outre les célèbres et émouvantes chansons patriotiques palestiniennes remarquablement interprétées par des chorales d’écoliers enthousiastes, des troupes de jeunes Palestiniens ont charmé le public en dansant d’impeccables Debkeh, la plus populaire des danses de tout le Proche-Orient.
L’ambassadeur de Palestine, Mounir Ghannam, a estimé que cette soirée représentait un prolongement des 600 manifestations culturelles qui ont été organisées à Al-Qods en 2009.
Pour sa part, le ministre qatari de la Culture a déclaré aux journalistes qu’Al-Qods « était et restera toujours capitale de la culture arabe, de même qu’elle symbolise la conscience arabe et représente une grande responsabilité que les Arabes et les Musulmans doivent assumer, jusqu’au jour où le drapeau palestinien, le drapeau arabe et le drapeau islamique flotteront sur les minarets d’Al-Qods ».
Le ministre a rappelé que 2009 était aussi l’année d’Al-Qods au Qatar où de nombreuses manifestations ont été organisées dans ce cadre. Il a ajouté que d’autres manifestations ont été reportées à l’année prochaine afin de montrer qu’Al-Qods est « la capitale éternelle de la culture arabe » et que « nous n’arrêterons jamais de la célébrer ».

Assurant que Doha portera haut le flambeau de la capitale de la Culture arabe en 2010, M. Al-Kawari a cité en particulier, et parmi les manifestations culturelles programmées, la grande représentation théâtrale « Salah Eddine » réalisée avec la Syrie qui, a-t-il dit, montrera combien Al-Qods « reste la capitale de la culture arabe et islamique ». Il a, également, annoncé la programmation d’une semaine du cinéma palestinien.
(Source MAP)#]

publié le 19 février 2010

Dominique de Villepin au Salon du Livre de Casablanca

[#La 16 ème édition du Salon du livre de Casablanca (Siel) s’est ouvert en grandes pompes vendredi 12 février. Le Siel donnera cette année la part belle aux écrivains marocains à l’étranger. Parmi les invités français, figure l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui a inauguré vendredi le programme des conférences à Casablanca.#]

Invité du ministre de la culture du royaume, l’ancien Premier ministre a dévoilé son amour des lettres et de la culture lors d’une conférence inaugurale sur le thème "La culture pour vivre dans un monde d’aujourd’hui"..

Né à Rabat en 1953, Dominique de Villepin, à la fois homme politique, diplomate et écrivain, a été secrétaire général de l’Elysée, ministre de l’Intérieur puis des Affaires étrangères. Il compte à son actif plusieurs ouvrages, essais et recueils de poèmes notamment "Le requin et la mouette" (Plon/Albin Michel, 2004), "Hô-tel de l’Insomnie" (Plon, 2008), "La cité des hommes" (Plon, 2009).

Le 14 février 2003, il prononce au Conseil de sécurité des Nations unies un discours contre la guerre en Irak. Ce qui lui vaut d’être applaudi, chose rare en cette enceinte.

publié le 4 octobre 2009

Du mariage et du divorce dans le monde arabe : en Egypte, d’abord…

[#Il arrive - rarement sans doute - qu’un film contribue à changer le destin d’une société. Icône des grandes heures du cinéma égyptien où elle forme, avec Omar Sharif, le couple glamour de l’époque, Faten Hamama (فاتن حمامة : très bonne notice dans Wikipedia anglais) soutient d’abord la révolution égyptienne de 1952 mais prend rapidement ses distances avec un régime de plus en plus oppressif. Malgré les demandes répétées de Nasser qui regrette, selon ses propres termes, la perte de « ce trésor national », elle ne retourne au Caire qu’au début des années 1970, après la mort du zaïm.#]

[#Mais elle n’a rien perdu de ses convictions. A force d’insistance, elle fait porter à l’écran, en 1975, Je veux une solution (أريد حالا : affiche ci-dessus), histoire mélodramatique d’une femme à qui la loi refuse de se séparer de son mari. Salué par la critique et le public, le film provoque un véritable débat de société et permet enfin l’adoption, 14 ans après son dépôt, d’un nouveau Code de la famille qui accorde aux femmes le droit de divorce (en vertu du khul3 خلع selon lequel la femme doit en principe verser une compensation financière…)

Trente ans plus tard, la loi est encore loin de rendre totalement justice aux femmes égyptiennes désireuses de se séparer de leur mari, mais les choses ont tout de même considérablement évolué. Mahasen Saber (محاسن صابر), une jeune scénariste « moderne » a connu un très joli succès avec son livre Je veux divorcer (عايزة اطلق) dans lequel elle raconte notamment comment certains hommes exploitent à leur avantage les failles et les faiblesses du Code de la famille égyptienne.

Pour aller au-delà du khul3 obtenu grâce à l’action de femmes comme Faten Hamama, Mahasen Saber utilise les médias d’aujourd’hui, à savoir internet, avec un blog et même une radio en ligne depuis quelques mois (lien vers son blog où l’on trouve également diverses vidéos qui sont autant de “tranches de société”).

Avec une allusion peut-être, également, à ce film qui a tant marqué les mémoires féminines égyptiennes, Ghada Abdelal (غادة عبد العال) a publié l’année dernière, à partir de chroniques écrites également sur son blog, Je veux me marier (عايزة اتجوز). Ce best-seller qui en est à sa sixième édition décline toutes les bonnes et mauvaises raisons de se marier, alors qu’on est « une doktora respectée, qu’on gagne convenablement sa vie, qu’on mange, qu’on boit, qu’on dort, qu’on va au ciné, qu’on regarde Rotana »…

Seules ou en couple, les jeunes Egyptiennes d’aujourd’hui ont donc malgré tout considérablement évolué durant ces trois dernières décennies, notamment dans la manière d’assumer et d’exprimer leurs revendications. On peut penser d’ailleurs que le passage au dialecte entre le titre du film des années 1970 et ceux des blogs devenus livres d’aujourd’hui (de أريد à عايزة pour les arabophones) est la marque linguistique d’une approche nettement plus décontractée sur bien d’autres plans. Les femmes continuent à réclamer leurs droits, certes, mais sans tomber dans le tragique et en l’occurrence dans le mélodrame égyptien, sans doute en partie inévitable à l’époque de Faten Hamama.

Au contraire, modernes voilées ou « en cheveux », elles assument leurs choix de vie, sans complexe et avec humour.

Brève vidéo de Ghada Abdelal (à gauche) signant son livre. A côté d’elle, Rehab Bassam (رحاب بسام), autre blogueuse devenue elle aussi auteure à succès avec Riz au lait pour deux personnes (أرز باللبن لشخصين). Les internautes curieux peuvent aussi aller écouter Banat9bass (= banat wa bass, : excellente leçon d’arabizi !), une radio, « rien que pour les filles », créée il y a un peu plus d’un an.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 4 octobre 2009

Du mariage et du divorce… (2) : 9 millions de célibataires…

[#Pourquoi les fiancés égyptiens ont-ils accueilli avec autant de satisfaction la crise boursière de l’hiver 2008 ? Parce qu’elle a entraîné une chute des coûts de construction, et en particulier celui des ferrailles à béton, un élément essentiel dans la construction des logements, lesquels avaient vu leur prix doubler, et même quadrupler, en l’espace d’un peu plus d’un an (article dans Al-Quds al-‘arabi, octobre 2008). Du coup, bien des rêves de mariage pouvaient enfin être réalisés puisque la coutume veut que le fiancé apporte dans la corbeille de la mariée un logement pour la nouvelle famille.#]

De fait, le coût du mariage est souvent la principale raison évoquée pour expliquer le fléau social que constitue aujourd’hui le célibat. Publiée à la même époque, une étude du CAPMAS, le service égyptien de la statistique, évaluait à quelque 9 millions le nombre de célibataires de plus de 35 ans (pour une population totale de 75 millions d’habitants).

Sachant que 20 % des Egyptiens vivent en dessous du seuil de pauvreté et que le chômage, dont le taux officiel est estimé à 10%, frappe à 88% des jeunes âgés de 15 à 40 ans (bonarticle en français dans Ahram Hebdo), on imagine le tour de force que constitue pour la famille du marié la nécessité d’économiser presque 4 années de salaire (43 mois très exactement), soit la somme jugée nécessaire pour fonder une famille (article dans The National, un quotidien anglophone des Emirats)…

Les difficultés sont si réelles que la télévision égyptienne a lancé durant ramadan de l’année dernière un jeu télévisé offrant au jeune couple gagnant l’appartement tellement rêvé ! (Article d’Alexandra Sanders sur Menassat).)

Plus sérieusement, une association d’un village de Haute-Egypte tente d’inciter les familles à se marier « à la Abou Trika » plutôt qu’« à la Drogman », en d’autres termes à opter pour une cérémonie modeste dans le style sérieux et engagé du footballeur international égyptien (voir ce précédent billet) plutôt qu’à la manière du joueur ivoirien, célèbre pour son goût du luxe et du bling-bling (article dans islam-online).

Pour les mêmes raisons, la traditionnelle khatiba (خاطبة, la « marieuse ») semble vouée à disparaître au profit des modernes agences de mariages (مكاتب الزواج ) : 120 pour la seule ville du Caire ! Les sites de rencontres (évoqués dans un précédent billet) fleurissent également sur la Toile avec les risques inhérents à ce média… Car si certaines annonces brillent par leur franchise en suggérant « à celles qui veulent épouser des hommes d’affaires d’envoyer une photo récente et un numéro de téléphone », d’autres exploitent le désespoir et la crédulité des postulants pour monter de véritables escroqueries. En juin 2008, un réseau a ainsi pu être démantelé lorsque des internautes ont constaté par hasard qu’on leur avait envoyé, parfois contre une « avance » de plusieurs milliers de livres égyptiennes, le même portrait de l’épouse saoudienne de leurs rêves (article dans Al-Quds al-‘arabi, dernière page). C’est par centaines semble-t-il que les naïfs désireux de faire un riche mariage se sont fait prendre au piège de quelques photos de comparses locales prenant l’accent du Golfe au téléphone !

Dans ce contexte, le mariage coutumier (الزواج العرفى : encore un billet !) pourrait presque apparaître comme une médiocre solution à une misère sexuelle qui explose désormais en bouffées d’hystérie collective (les feuilletons du ramadan passé s’en étaient d’ailleurs fait l’écho). Est-ce l’explication de l’avis juridique (fatwa) émis en avril dernier par la très officielle Dar al-iftâ’ confirmant la légalité, s’il est pratiqué dans les règles, du « mariage saisonnier » (مسيار misyâr), une forme d’union dans laquelle le couple n’est pas tenu – et même ne doit pas selon les conventions de cet accord – de résider sous le même toit ?

C’est en tout cas l’opinion du journaliste qui commente cette information dans Al-Quds al-‘arabi, en rappelant la complaisance de l’institution religieuse vis-à-vis du pouvoir. On peut en effet s’interroger sur les conséquences de telles unions qui, dans bien des cas, relèvent de formes de prostitution plus ou moins déguisées avec pour conséquence, parmi bien d’autres, la naissance de très nombreux enfants nés de mariages non reconnus civilement.

Le problème, sur lequel se penchent nombre de sociologues, est loin d’être théorique puisqu’un rapport officiel a pu estimer que ce sont quelque 14 000 enfants qui sont nés, en 2005, dans une véritable situation de non-droit juridique. La modification, en avril 2008, de l’article 15 de la « loi de l’enfance » de 1996 qui permet désormais à la mère de déclarer une naissance à l’état-civil apporte une solution. Elle n’est cependant que juridique comme le rappelle un article du Al-Hayat (19 juin 2008) qui évoque cette « bombe à retardement » que constitue l’existence de ces milliers de « bâtards » dans une société qui reste très traditionnelle.

Pourtant les choses évoluent très vite et ces mariages coutumiers ne sont pas tous le résultat des seules circonstances économiques. En effet, on ne peut que faire l’hypothèse d’une réelle évolution des pratiques sexuelles au sein de la jeunesse égyptienne, y compris lorsqu’elle fait jouer en sa faveur la souplesse du droit islamique, quand on constate la multiplication de ce que l’on appellerait, sous d’autres latitudes, des « unions libres ». Selon l’article sur le site Arabonline déjà cité, elles seraient pratiquées par plus de 250 000 étudiants et étudiantes, soit 17 % de la jeunesse universitaire…

Cette évolution des pratiques de la sexualité, on la constate également, comme on le mentionnait la semaine dernière, vis-à-vis du mariage et du divorce, en Egypte comme dans le reste du monde arabe. (La suite au prochain billet !)

Cette affiche est celle d’un film qui vient de sortir sur les écrans égyptiens. Al-Farah (الفرح : littéralement, la fête, la noce en dialectal) est une comédie sur fond de chronique sociale qui raconte une « arnaque au mariage », laquelle prend la forme d’un « faux mariage » destiné à réunir les fonds nécessaires à l’achat d’un microbus ! Même si personne n’est vraiment dupe, tout le monde dans le quartier se sent obligé de participer à la collecte des nouout (نقوط), ces cadeaux que l’on se doit d’offrir aux jeunes mariés dans les quartiers populaires. On peut voir la bande annonce du film en suivant ce lien mais c’est un extrait d’Elemby (اللمبي) que je vous propose, un autre film, plus ancien, également produit par Ahmed El-Sobki. On y voit, sous une forme un peu caricaturale sans doute, un des ces mariages populaires qui ruinent les jeunes mariés égyptiens mais aussi les espoirs de ceux qui ne peuvent s’offrir pareille fête… Pour l’illustration vous aurez reconnu Fiancées en folie de Buster Keaton (1925)

publié le 14 décembre 2010

Dubaï fait son cinéma

[#C’est la période des festivals de films Internationaux au Maghreb et au Moyen-Orient. Aujourd’hui cinq festivals majeurs attirent désormais les stars d’hollywood. Aprés le festival international du film d’Abou Dhabi( Émirats Arabes Unis) et de Doha au Qatar en octobre et novembre, la première quinzaine de décembre a vu la 10 ème édition du Festival International du Film de Marrakech ( Maroc)et la 34ème édition du film international du film du Caire(Egypte).
Grâce à ses festivals, une nouvelle vague de jeunes réalisateurs arabes est en train de voir le jour à tel point que l’on peut parler désormais de renaissance du cinéma arabe. Dubai va cloturer l’année 2010 avec la septième édition du Festival international du film de Dubaï (Diff) du 12 au 19 décembre .

Lefestival de Dubaï est le premier à avoir été organisé dans la région du Golfe, en 2004, avant d’être suivi par Abou Dhabi en 2007 et Doha en 2009. Au total, 157 films de 57 pays seront présentés cette année, et la programmation fait la part belle au nouveau cinéma arabe.
Douze longs métrages sont en compétition pour le muhr (étalon) du meilleur film arabe, dont des films d’Egypte, du Liban, de Syrie, d’Irak et du Maroc.#]

publié le 28 mai 2006

Dubaï : Ville futuriste où le rêve côtoie la réalité


Plus haute tour du monde, plus grand hôtel du monde, plus grand aéroport du monde, plus grand parc d’attraction du monde, bourse international de l’or, plus grand marché du monde de l’or, une station de ski couverte en plein désert, la course hippique avec le plus grand prix du monde, idem pour le golf, une extension de la ville de Dubaî de 140 km2 avec le plus grand centre commercial et de shopping du monde...

Qui dit mieux ? Un gigantisme urbain, infrastructurel qui n’a pas de pareil dans le monde.
La rencontre entre le futur et le présent est entrain de naître à Dubai. Une ville futuriste qui émerge du désert est non seulement insolite mais plus encore fantastique. Pour une fois le monde arabe a un grand leader en matière urbanistique qui dépasse tout l’occident ( Europe et Etats-Unis compris). La force des Emiratis est qu’ils ont su allier moyens financiers et savoir faire international, tout secteur confondu. Ils cherchent les meilleurs et , les mettent à l’aise et les laissent développer la ville de Dubaï. Le résultat, il faut le vivre pour le croire.

Dubaî est avant tout une ville cosmopolite où pratiquement on rencontre toutes les nationalités. Les expatriés occidentaux ( américains, européens, sud africains, australiens, japonais,libanais ...) sont les mieux lotis grâce à leur savoir faire technologique, technique ou culturel, côtoient les émaratis dont l’ouverture d’esprit, l’humilité , entre autres , sont légendaires dans les pays du Golf. En bas de l’échelle social, les expatriées asiatiques qui forment la main d’œuvre dans tous les secteurs économiques et de services : chantiers, restaurants, shopping et autres...


Dans le palmares du gigantisme urbain futuriste, le lancement de Dubaî World Central, à 40 KM de la ville entre Dubai et Abou Dahbi ( la capitale des Emirats Arabes Unis).. Il s’agit d’une ville nouvelle, d’un coût de 33 Milliards de dollars, sur une superficie de 140 km2, devant abriter 750 000 d’habitants, avec le plus grand aéroport du monde, Jebel Ali aéroport : mouvement prévu de 120 millions de passagers par an à partir de 2015 et quinze millions de tonnes de fret par an. Aéroport, nouvel génération, qui reçoit tout type d’avion avec piste spéciale pour le fameux A 380. Ouverture prévue fin, 2007.

L’une des grandes merveilles, en matière d’animation et de loisirs, dans le cadre du gigantisme infrastructurel de Dubaî, est le Dubailand : le plus grand parc d’attraction du monde, le double de Disney World ( en Floride), prévu pour 2010.

Borj Bubai, n’est rien d’autre que la plus haute Tour du monde qui combine hôtel, appartements, bureaux et shopping. The Palm ( le Palmier) est une île artificielle formée par des hôtels, des résidences de luxes, des ports de plaisances, des parcs aquatiques qui épousent les formes de branches de palmier. Une architecture unique au monde.

A signaler dans ce palmarès innovateur, l’exploitation d’une station de ski couverte, en plein désert, unique dans les annales avec l’un des plus grands centres commerciaux, après le centre Ibn Batouta ( un grand nom de chez nous, malheureusement dans les oubliettes...). Insolite également, l’existence de toutes les enseignes commerciales, y compris des magasins de fourrure, ainsi que les grandes chaînes hôtelières internationales. Pour les voitures, de luxe évidemment, il y a de tout : Rolls Royce, Cadillac, Bently, Jaguar, Ferrari, et les 4x4,de tout genre dont le fameux Hammer , en tête...

La vie à Dubai est caractérisée par la qualité de services, partout, première constatation, dès l’arrivée à l’aéroport. Tout est basé sur la satisfaction du client et du visiteur avec une sécurité discrète et efficace. Propreté, verdure, partout dans une ville qui émerge du désert. C’est également une ville où l’on ne sent ni agressivité, ni harcèlement commercial ou autre. Toutes les nationalités se côtoient dans le plus grand respect mutuel. Une valeur civilisationnelle qui honore ce pays arabo-musulman frère.

Reste à savoir que du côté inconvénients, la chaleur vient en tête de liste. Il fait très chaud six mois de l’an, de mai à octobre. Aux Emirats, comme disent les anglais, il y a deux saisons « l’été et l’enfer ». Autre inconvénient est la circulation automobile, qui devient de plus en plus, infernal. Un métro est prévu pour décongestionner cette situation : métro aérien, bien sûr, assez futuriste, sur un périmètre de 70 km, avec deux voies empruntées par 100 trains. Début d’exploitation 2009. Troisième inconvénient, la cherté de la vie. Le coût de la vie a plus que doublé en deux ans : loyers, essence, nourriture ...

En conclusion, la ville de Dubai a accueilli 5,5 millions de visiteurs en 2005, plus que les arrivées touristiques dans notre pays. 60 foires et salons internationaux, tout secteur confondu, sont au programme de 2006 du janvier à Mai. 24 autres salons sont prévu de novembre à fin décembre 2006, en plus de 12 grands évènements sportifs internationaux( 10 parcours actuels de golfs et six en construction dont un golf de 4x18 trous). La ville de Dubaî, reste à la fois une fierté pour les Emiratis, mais également pour le monde arabe, particulièrement, le génie arabe moderne qui a su allier pouvoir financier, tolérance, ouverture d’esprit, développement économique, projection dans le futur et respect des valeurs traditionnels.

publié le 9 septembre 2012

Dubaï accueille les célébrités en novembre

press release

[#Classée comme l’une des 10 destinations touristiques pionnières par Euromonitor International, Dubaï sera à la hauteur de son statut d’icône durant les mois de novembre et de décembre en accueillant l’un des événements les plus spectaculaires au monde, ce qui la rendra la ville la plus visitée pendant cette période.#]

[# « Événements de Dubaï et Établissement des Promotions »

La pop star internationale Jennifer Lopez, qui a récemment porté le titre « la plus puissante mythe latine du monde » par le magazine Forbes, entamera sa tournée à Dubaï le 22 novembre. Par son concert « Dansons encore » (« Dance Again »), Jennifer Lopez éblouira ses fans à l’Amphithéâtre de la Cité Médiatique de Dubaï. Ce sera la seule performance de Lopez au Moyen-Orient apportée par le « Calendrier de Dubaï », la liste officielle des événements à Dubaï.

Entretemps, le premier golfeur mondial actuel, Rory McIlroy, sera rejoint par les meilleurs joueurs du golf dans la « Course à Dubaï 2012 » et dans le championnat mondial des ports de Dubaï pour le Golfe. Jouer à la cours du « complexe immobilier Jumeirah » conçue par le mythe du golf Greg Norman, une exposition spectaculaire de fin de saison sera présentée pour la saison de la tournée européenne 2012. Le concours aura lieu entre le 22 et le 25 novembre, avec un prix du tournoi de 8 millions de dollars à gagner dans les championnats du monde et une prime supplémentaire de 3,75 millions de dollars du « Course à Dubaï 2012 » qui sera attribuée aux premiers dix joueurs de la saison.

Les amateurs du golf auront également la chance de participer à « Omega Dubaï Ladies Masters », tenu au Club Émirat du Golf du 2 au 8 décembre 2012. Michelle Wie, nommée par le magazine Time comme « l’une des 100 personnes qui façonnent notre monde », assistera pour la quatrième fois au tournoi.

Les fans de la musique peuvent également rejoindre le musicien australien multi-instrumentiste, le chanteur et le compositeur, Gotye, qui jouera des chansons populaires de ses albums qui ont reçu le prix de l’album platine, le 23 Novembre au Centre Commercial Mondial de Dubaï.

Les amateurs des sports extrêmes ne voudrons certainement pas rater les championnats du monde 2012 du parachutisme qui se tiendront à Dubaï pour la première fois du 29 novembre jusqu’au 9 décembre. Plus de 800 parachutistes sont attendus à participer à des compétitions de parachutisme de formation, à des formations aux dais, des atterrissages précis, des vols en chute libre et d’autres.

Quant aux fans du rugby du monde entier, ils devraient être à Dubaï cet hiver pour les « Sevens Rugby Dubaï Emirates Airline », qui aura lieu cette année du 29 novembre jusqu’au 1er décembre au stade Sevens. Il est prévu la participation d’un grand nombre à l’une des occasions sociales et aux sports les plus apprécié de la région. Les Cinéphiles pourront aussi assister à un aperçu furtif d’un mélange éclectique des films les plus récents au cours du 9ème Festival du Film International de Dubaï entre le 9 et le 16 décembre à la cité Jumeirah . Les stars du film international et les cinéastes du monde entier se réunissent à Dubaï pour présenter leurs films lors du festival international.

Et enfin, si vous êtes à la recherche d’une collection exquise de joaillerie, la Semaine de joaillerie Internationale de Dubaï qui se tiendra du 21 au 24 novembre au Centre Commercial Mondial de Dubaï devra être absolument visitée.

Pour une liste complète et d’amples informations sur ces événements et bien d’autres, consultez le site : http://www.dubaicalendar.com.

A propos du calendrier de Dubaï :

Le calendrier de Dubaï est une initiative gouvernementale basée sur la vision d’une industrie des événements dynamiques pour l’Émirat de Dubaï. Créé en 2011 par l’institution « Événements de Dubaï et Établissement des Promotions », le Calendrier de Dubaï aide à réunir le gouvernement, le consommateur et l’industrie pour rendre Dubaï une destination pionnière des événements dans le monde. Depuis sa création, le Calendrier de Dubaï est devenu le déclencheur pour la communauté locale, pour l’industrie des événements, les touristes et les organismes gouvernementaux similaires.#]

publié le 17 mars 2007

Dubaï déclare la guerre aux chauffards

Saigné par une hécatombe routière, l’émirat de Dubaï, dont le formidable essor économique se traduit aussi par un accroissement incontrôlé de la circulation, a décidé de déclarer la guerre aux chauffards.

L’émirat, qui compte quelque 1,4 million d’habitants, dont près de 80% d’étrangers, dispose d’un parc automobile d’environ 970000 voitures, dont un nombre élevé de 4x4, véhicules de prédilection des Émiratis et des Occidentaux. Des dizaines de milliers d’autres voitures immatriculées dans les six autres émirats composant la fédération des Émirats arabes unis contribuent à l’engorgement quotidien de la ville — dont le réseau routier est insuffisant et où les transports en commun sont quasiment inexistants — et à l’augmentation du nombre des accidents graves.
Selon l’Autorité des routes et du transport (ART) de l’émirat, les accidents de la route ont fait l’an dernier 312 tués à Dubaï, soit une hausse de 32% par rapport à 2005, année où on avait dénombré 236 tués. Ce chiffre était déjà supérieur de près de 15% à celui de 2004 (206 tués). Quant au nombre des blessés, il est passé durant ces trois années de 2 457 à 2 566, puis 2940. D’après l’ART, ce taux de mortalité (21,9 tués pour 100000 habitants) est l’un des plus élevés au monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la route tue en moyenne 11 personnes pour 100000 habitants dans les pays d’Europe occidentale, taux qui grimpe à 28 en Afrique et à 41 ou 42 au Salvador ou en République
dominicaine.
« La conduite imprudente, l’excès de vitesse, les dépassements dangereux, le non-respect de la distance de sécurité, ainsi que la conduite en état d’ébriété constituent les principales causes des accidents », affirme le directeur exécutif de l’ART, Mohammad al-Tayer.
Selon des statistiques de la police de Dubaï citées jeudi par un quotidien local, le nombre de tués dans des accidents dus à l’alcool est passé de 13 en 2005 à 75 en 2006, soit une hausse de près de 500% ! Cela dans un émirat où il est interdit à quiconque prenant le volant d’avoir consommé la moindre goutte d’alcool.
Face à la montée de la courbe des tués, les autorités locales ont lancé en novembre une campagne visant à rendre les routes de Dubaï plus sûres. La campagne, baptisée « C’est à vous de décider ! » (« You decide ! »), est destinée « à faire de Dubaï, d’ici à cinq ans, l’une des dix villes les plus sûres du monde » en matière de circulation routière, selon le directeur du département de la circulation à la police de Dubaï, Mohammad Seïf al-Zafin. Après le lancement de la campagne, le nombre d’accidents a d’abord baissé (19 tués en novembre), avant de remonter en décembre à 25.
« Malgré la campagne en cours, les conducteurs imprudents demeurent un problème », a commenté le chef de la police, le général Dhahi al-Khalfan. Pour en venir à bout, les autorités ont donc demandé au public de dénoncer les chauffards en appelant des numéros de téléphone spéciaux. Certains quotidiens locaux ont également inauguré une rubrique spéciale consacrée aux chauffards pris en flagrant délit par les radars, fixes ou mobiles, dont le nombre a été accru : les photos des véhicules grillant un feu rouge ou surpris à 200 km/h sur une route où la vitesse est limitée à 100 km/h sont ainsi publiées quasi quotidiennement, leurs numéros d’immatriculation bien en évidence.
Les sanctions ont aussi été renforcées. Et elles vont l’être encore plus. Un projet de loi, qui doit encore être approuvé au niveau fédéral, prévoit ainsi une amende de 2000 dirhams (545 dollars) et un retrait de 12 points de permis sur un total de 24 (contre 136 USD et 5 points actuellement) pour le franchissement d’un feu rouge, l’infraction la plus grave.
Dernière trouvaille : le conducteur pris en flagrant délit recevra désormais sa contravention par courrier électronique moins de dix minutes après les faits. Une première dans la région.

_Source : L’Orient le jour

publié le 31 janvier 2016

Dubaï deviendra un musée en plein air

Dubaï se prépare à devenir dès le mois de mars un musée en plein air, selon un concept visant à remodeler la façon dont les gens perçoivent la ville, axée non seulement sur les gratte-ciel et les projets de développement, mais aussi sur la culture et les valeurs.

Saeed Mohammed Al Naboodah, directeur général par intérim de Dubai Culture and Arts Authority, a expliqué que le concept d’un musée en plein air ne limite pas à une zone ou une région particulière, mais bien à travers les communautés que la ville continue à développer.
“Il s’agit d’une campagne permanente de sorte que le projet va croître en fonction du développement.’’
La campagne, lancée à la fin de 2014, faisait partie du projet d’ouverture de Dubai Media Bureau, chargé de faire des espaces publics une galerie en plein air avec des installations, de la photographie ou de la sculpture. Ayant récemment signé un accord avec Wasl Properties, la Brand Dubai, le bras de création de Dubai Media Bureau, aide actuellement le promoteur immobilier dans la création de projets d’art à travers Dubaï. Selon les rapports, l’initiative phare consiste en un projet artistique dans la communauté Samari, où une peinture murale qui combine l’art émirien traditionnelle avec des styles créatifs modernes sera affichée.
“Chaque ville dans le monde a des musées, mais avec le concept d’un musée en plein air sera une expérience interactive.’’ Des projets plus modestes ont aussi été lancés récemment en ligne avec la vision de Brand Dubai. Ces initiatives répondent également aux demandes des touristes qui visitent la ville, totalisant jusqu’à présent 14,2 millions de visiteurs en 2015, en hausse de 7,5 pour cent par rapport à 2014.
Source : Agence WAM

publié le 31 mai 2012

Dubaï s’efforce de promouvoir l’industrie cinématographique

[#Dubaï envisage d’introduire un système de primes financières pour les réalisateurs après avoir perdu des dizaines de productions internationales dans l’émirat. Le système incitatif proposé est destiné à stimuler l’industrie cinématographique de Dubaï.#]

[#La décision fait suite à une annonce la semaine dernière par Abou Dhabi, offrant une réduction jusqu’à 30 pour cent des coûts sur le tournage de films et de productions télévisées dans l’émirat.
Le deux émirats collaborent pour aider à encourager les productions cinématographiques dans les Emirats Arabes Unis, déclare Jamal Al Sharif, directeur général de Dubai Media City et Dubai Studio City.
« C’est un devoir national de développer cette industrie dans les Emirats, » affirme-il.

M. Al Charif a été nommé président de la toute nouvelle Commission du Film et de la Télévision de Dubaï, créée en vertu d’un décret publié par Cheikh Hamdan bin Mohammed, Prince héritier de Dubaï. Il supervisera également le développement initial d’un programme d’encouragement du gouvernement.
Des scènes du blockbuster Mission Impossible – Ghost Protocol, ainsi que des films locaux tels que City of Life, ont été filmés à Dubaï.
Ces films bénéficiaient d’une certaine aide financière du gouvernement de Dubaï et des entreprises locales, mais l’émirat n’offre pas encore un système d’aide formalisée pour les cinéastes, une pratique courante dans de nombreux marchés.
Selon M. Al Charif, la Commission devra présenter un plan structuré d’aide financière, sans toutefois mentionner un un échéancier pour le lancement du système.
Tim Smythe, directeur général de la maison de production Filmworks, qui a facilité le tournage de Ghost Protocol à Dubaï, se félicite de l’initiative pouvant contribuer à attirer davantage de films indépendants à Dubaï, mais estime qu’il est nécessaire de dépasser le niveau d’un nombre limité de services. « Le système doit offrir des interventions tangibles, » déclare M. Smythe.
Le gouvernement de Dubaï n’a pas encore annoncé le niveau de subvention prévu pour les cinéastes.
Abou Dhabi offre des rabais jusqu’à 30 pour cent sur les dépenses, avec des coûts admissibles comme le logement temporaire, les vols réservés sur Etihad Airways et la sous-traitance des équipes de tournage.
Pour M. Smythe, Dubaï devrait offrir un rabais d’au moins 20 pour cent pour être efficace, et rappelle avoir été consulté, au cours des sept dernières années, sur au moins 30 productions cinématographiques qui ont finalement choisi de ne pas tourner à Dubaï à cause de l’absence d’un système de remboursement. « Les films indépendants considèrent uniquement les villes disposant d’un système de remboursement. »#]

Source : WAM

publié le 6 avril 2008

Dubai : 1er Festival du film des pays du Golfe

Un total de 146 films seront présentés à la première édition du Festival du film du Golfe, prévue du 13 au 18 avril à Dubaï, le centre commercial et financier des Emirats arabes unis, a rapporté samedi le journal Gulf News.

Environ 90% des films seront projetés pour la première fois devant le grand public. Le festival doit décerner trois grands prix (long-métrage, court-métrage et documentaire) dans la catégorie de la compétition officielle, et deux grands prix (court-métrage et documentaire) dans la catégorie de la compétition estudiantine.

La compétition officielle sera ouverte aux films présentés par les pays du Golfe, notamment les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Bahreïn, Oman, le Qatar, l’Irak et le Yémen, et à ceux produits par les réalisateurs issus de cette région.

La compétition estudiantine sera réservée aux films réalisés par les étudiants issus du Golfe au cours de leurs études académiques.

Par ailleurs, il y aura également un prix spécial du jury pour chacune de ces deux catégories, et une compétition de scénarios de court-métrage émiratis.

Organisé par l’Autorité de la culture et des arts de Dubaï, le festival vise à promouvoir le secteur cinématographique dans la sous-région et à créer des opportunités aux cinéastes de la région de projeter leurs oeuvres et de développer de futurs projets.
Source : Xinhua

publié le 20 août 2007

Dubai accuillera une exposition dédiée aux Arts et Antiquités

Le département du Tourisme de Dubaï prévoit l’organisation l’année prochaine d’une foire des Arts et Antiquités en coopération avec "Haughton
International Fairs" (un organisateur anglais). L’événement aura lieu en
effet du 21 au 24 février 2008 à Madinat El Jumeirah.

Une occasion, la première du genre dans la région, qui permettra aux
passionnés d’art et aux investisseurs de découvrir et d’acquérir des objets
d’arts provenant de diverses régions du monde.

A ce propos, Khalid bin Sulayem, le directeur général du Département
Marketing du Tourisme et du Commerce de Dubai, a indiqué que le choix de
Dubaï pour accueillir cet exposition s’est fait grâce au profil
international de l’émirat qui résulte de son développement économique dans
le Moyen-Orient.

Les organisateurs prévoient d’exposer une panoplie d’objets d’arts notamment
les oeuvres d’art islamiques, des armes et des armures, des pièces de
monnaie anciennes, des bijoux antiques et modernes, une large gamme de
meubles, en plus d’oeuvre d’Art fin, des sculptures orientales, indiennes,
et occidentales, entre autres.

"Les marchands d’art internationaux auront en outre la possibilité de
rencontrer des experts du Moyen-Orient, d’Afrique du nord et de l’Inde" a
précisé Giles Haughton, directeur de l’événement.

Haughton International Fairs ayant déjà une très bonne renommée aux Etats
unis et au Royaume Uni, cette foire sera donc une opportunité pour cette
entreprise britannique d’exposer, en plus des ouevres antiques, son savoir
faire dans la région du Moyen Orient.
Nadia Faris

publié le 30 septembre 2013

Dubai Culture soutient la candidature de Dubaï Expo 2020 avec des échanges culturels à Paris

Appuyant la candidature de Dubaï Expo 2020, l’Autorité de la Culture et des Arts de Dubaï (Dubai Culture), est l’hôte d’un événement de trois jours au réputé Institut du Monde Arabe à Paris.

L’événement est organisé sous l’égide de Son Altesse Cheikh Majed bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, président de Dubai Culture and Arts Authority.
L’évènement affiche des œuvres d’art et des entretiens avec des artistes émiriens et personnalités du monde culturel, représentant l’histoire des relations humaines dans la ville de Dubaï. Il s’agit de la deuxième d’une série d’événements intitulée Dubai Next, visant à promouvoir le dialogue international et les échanges culturels à l’appui de la candidature des Emirats pour Dubaï Expo 2020.
Les Emirats affichent une culture florissante et des liens très forts avec la France, et Dubai Next à Paris est une manifestation du partenariat entre les deux pays, soutenant la candidature des Emirats pour Dubaï Expo 2020.

Avec près de 200 nationalités différentes vivant à Dubaï, les Emirats peuvent en effet apporter une pluralité culturelle unique à l’Expo 2020 et jouer un rôle important dans le développement et la croissance de la scène culturelle vibrante de Dubaï et de toute la région. Dubaï est en concurrence avec trois autres villes candidates à la candidature pour accueillir l’Exposition universelle en 2020.
Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 12 mars 2008

Dubai : un muséee consacrée à l’islam et son prohète Mohammed

L’émirat accueillera bientôt le chantier du premier musée au monde consacré au prohète de l’Islam Mohammed. Il doit retracer la vie du prophète ainsi que l’histoire de la religion musulmane.

L’émir de Dubaï Cheikh Mohammad Ben Rached Al-Maktoum vient d’annoncer la création prochaine dans cet émirat d’un musée consacré à la vie du prophète Mohammed. Ce musée exposera également des informations sur l’histoire et les pratiques de l’islam, notamment le pèlerinage à La Mecque, le Hajj.

publié le 15 septembre 2008

Eden : L’associatif au service du citoyen marocain

Par Nadia Faris

Quand les bonnes intentions riment avec les actions et s’accordent avec un esprit jeune, dévoué et honnête, le résultat s’annonce nécessairement favorable et satisfaisant. Les opérations d’"Eden Maroc" en sont l’illustration. Ce groupe, apolitique œuvrant dans le socioculturel et constitué de jeunes compétences marocaines, s’est donné la promesse de « faire bouger les choses » au Maroc. Il s’est, par la suite, donné les moyens pour y aboutir.

Dans ce sens, l’opération Iftar 1429 a été lancée par Eden au mois de Ramadan afin d’apporter une aide à des citoyens dans la région de qiyadate el menzeh, à 20 km de la capitale marocaine.

C’est ainsi que 500 familles, vivant dans la précarité, ont reçus des paniers de denrées alimentaires de base. Un geste de solidarité, certes modeste, mais qui vient au bon moment étant donné la conjoncture économique actuelle marquée par la hausse des prix.

Nawfel chana, président de l’association Eden Maroc nous confie ses impressions :

Vous êtes président de l’association Eden Maroc, vous venez d’achever l’opération Iftar 1429, 500 familles en ont bénéficiés, comment voyez vous ce résultat ?

Je suis à la fois agréablement surpris et très fier. Nous envisagions de couvrir comme chaque année dans les 250 familles, nous avons réussi le double. L’opération Iftar, qui en est à sa 5ème édition, n’a jamais pu intéresser autant de bénéficiaires. Donc, j’en remercie toutes les personnes qui ont contribué, de près comme de loin, à la réussite de cette action.

Les activités d’Eden s’articulent autour du social et du culturel, parlez nous en !

Nous sommes organisés en 4 pôles principaux. L’ Humanum regroupe les activités à vocation purement humanitaires de l’association ; dont fait partie l’opération Iftar, l’aménagement de salles de jeux au sein des hôpitaux d’enfants, le soutien à certain orphelinats ou centres spécialisés, en plus des caravanes médicales.

Dans l’angle culturel, il s’agit de créer ou d’alimenter un débat sur des questions qui touchent la société marocaine en général et sa jeunesse en particulier. Un débat qui manque malheureusement sur la scène nationale. Et ceci en organisant un cycle de conférences sur des thèmes diversifiés : élections, situation de la femme. A coté nous organisons des campagnes de sensibilisation anti-tabac et santé féminine au niveau de certains collèges et lycées et au cours de nos campagnes médicales.

Eden s’adresse aussi aux tous jeunes écoliers et cherche à les sensibiliser, via des projets simples, à l’importance de la solidarité sociale dès leur plus jeune âge pour en faire de bons citoyens une fois adulte. Il s’agit par exemple de leur faire prendre conscience qu’il existe des enfants de leur âge mais qui n’ont pas la chance d’aller à l’école.

Le sport fait partie de nos centres d’intérêts. Dans ce cadre, on essaye d’élargir un peu les horizons de l’étudiant marocain, le sortir de la spirale castrante et stressante de ses études, pour qu’il puisse atteindre un certain équilibre, très bénéfique même pour ses résultats universitaire. Ceci en l’encourageant à pratiquer du sport. Nous organisons, dans cette optique et de façon annuelle, un tournoi multidisciplinaire pour les étudiants.

Revenant à l’opération Iftar. Comme dit le dicton, "Si tu veux nourrir un homme un jour, donne-lui un poisson ; si tu veux le nourrir tous les jours, apprends-lui à pêcher". Les aides en nature constituent-elle une solution fiable pour les personnes démunis ?

C’est une question qui a créé et qui crée toujours un débat au sein même de notre association et concerne l’intérêt des actions ponctuelles. Il est clair qu’on aimerai apprendre à pêcher à tout le monde et que chacun puisse subvenir lui même aux besoins de sa famille, mais hélas il restera toujours des manchots à qui on ne pourra rien à part offrir.

Je pense qu’il faut corréler les deux, les actions à long terme et les actions ponctuelles, en misant bien sur le long terme. Les dons en nature ne sont qu’un traitement palliatif.

La pauvreté s’accentue, pourtant les initiatives et les actions pour lutter contre la précarité sont multiples. A votre avis quelle est la pièce qui manque au puzzle du développement social au Maroc ?

Malheureusement Je ne saurai pas vous répondre de façon précise. Mais je ne pense pas qu’il manque une seule pièce au puzzle et qui pourrait, rien qu’en apparaissant, mettre fin à tous les problèmes sociaux au Maroc.

À mon sens, il faut déjà miser sur l’enseignement et la santé, lutter contre des fléaux tel que la corruption et la fraude, ensuite encourager le travail associatif en sensibilisant la force vive du pays, que sont les jeunes, à l’importance de s’engager dans ce processus de développement lancé par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI à travers l’INDH (Initiative nationale de développement humain).

Pour consulter le site web de l’Association : www.edenmaroc.org

publié le 19 mars 2010

Edward S. Said, grand historien de la Palestine occupée

[#
La Palestine arabe est aujourd’hui encore occupée militairement par Israël. L’écrivain Edward S.Said retrace depuis la déclaration de Balfour toute les étapes de la stratégie des sionistes, débarqués d’Europe centrale, pour déposséder les arabes palestiniens de leurs territoires. Sans doute le livre le plus important pour comprendre la Palestine aujourd’hui.

« Question de Palestine » est paru en anglais en 1979, cet ouvrage a joué un rôle capital dans la sensibilisation du public américain à la question palestinienne. Edward E. Said retrace magistralement, dans un style limpide, la dépossession de la terre palestinienne par les colons juifs avec la complicité des européens. C’est une grande histoire de la Palestine qu’Edward said nous offre. Travail historique remarquable d’une brulante actualité. On Comprendre comment à la lecture de l’ouvrage de Edward E. Said comment le projet sioniste a été préparé de longue date. Le travail d’historien de l’écrivain démontre a quel point les israéliens ont mis en place dès le début de la colonisation des lois racistes et ségrégationnistes avec une volonté féroce de nier l’identité palestinienne. L’auteur cite de nombreuse acteurs et appui sur les discours des principaux acteurs.
Les débats et les polémiques qu’il a suscités étaient à la mesure de la renommée de l’auteur, grande figure de la scène intellectuelle américaine.
Edward W. Said nous offre une analyse documentée et subtile de l’affrontement, à la fi n du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, entre la société palestinienne, occultée par l’idéologie dominante en Europe, et le mouvement sioniste, considéré comme une partie intégrante de l’entreprise coloniale européenne. Il dresse ensuite un tableau de la Palestine et des Palestiniens avant et après la guerre de 1967, et souligne la cristallisation, face à la discrimination, à l’occupation et à la dispersion, d’une forte conscience nationale incarnée par l’OLP. La dernière partie du livre est consacrée à une étude attentive des accords de Camp David, conclus sous l’égide des Etats-Unis entre Israël et l’Egypte, et de leurs conséquences au Proche-Orient. L’édition augmentée de 1992 dont nous publions la traduction prend en outre en considération les principaux événements survenus jusqu’alors : l’invasion du Liban en 1982, la première intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du “processus de paix” avec la Conférence de Madrid.
A la fois étude historique, essai politique et critique idéologique, La Question de Palestine va bien au-delà de l’actualité pour constituer en quelque sorte, avec L’Orientalisme et L’Islam dans les médias, un triptyque ayant pour objet la critique du regard porté par les pays occidentaux sur l’Orient, et plus précisément sur le Moyen-Orient.

www.actes-sud.fr
collection Sindbad
#]

publié le 23 décembre 2010

Egypte : l’Opéra de La Flûte Enchantée en Arabe

[#Le dernier opéra de Mozart La Flûte Enchantée aura lieu du 12 au 15 janvier 2011 à la Nouvelle Bibliothèque d’ Alexandrie (Bibliotheca Alexandrina BA). Le spectacle est conjointement produit par le Centre des Arts de la BA et l’Organisation Fabrica pour la Promotion du Théâtre Musical Egyptien Contemporain. La Flûte Enchantée est réalisée pour la première fois en arabe courant, une nouvelle traduction du livret original d’Emanuel Schikanaeder par Dr Sarah Enany et Dr Nevin Allouba. Le spectacle sera présenté par un groupe de jeunes talents alexandrins prometteurs, formés au Centre des Arts de la BA, accompagnés d’un nombre de grands chanteurs, des membres de la chorale de la BA et de l’Orchestre de Chambre de la BA sous la direction de Sherif Mohie El-Din. Mise en scène de Mohamed Abou El-Kheir.#]

publié le 4 novembre 2006

Egypte : le festival du film du Caire s’ouvrira fin novembre

Le 30ième festival international du film du Caire se tiendra du 28 novembre au 8 décembre dans la capitale Égyptienne, ont annoncé jeudi les organisateurs du festival dans un communiqué.

Le réalisateur argentin Luis Puenzo devra présider un jury de cinq personnes pour la catégorie de la compétition internationale, selon le communiqué, ajoutant que pour la première fois dans son histoire, trois films entreront en compétition officielle.

À l’occasion du 30 ième anniversaire du plus vieux festival de films au Moyen-Orient, l’Amérique latine y sera présente en tant qu’ invité d’honneur, aprés que des pays tels que la France, l’Italie et la Chine eurent été honorés pour leur contribution remarquable au septième art, précise le communiqué.

Une vingtaine de films en provenance d’Amérique latine seront projetés lors du festival, ont précisé les organisateurs, selon lesquels les Egyptiens "’impatientent de voir des images et des sons de ce vaste continent décrit par ses cinéstes".

Par ailleurs, le comité d’organisation a envisagé d’introduire une nouvelle catégorie, celle de "compétition spéciale pour les films numériques", afin d’encourager les jeunes cinéastes indépendants.

Le festival devrait rendre hommage au lauréat Égyptien du prix Nobel de littérature, Naguib Mahfouz, décédé en août dernier à l’âge de 94 ans. Des films adaptés de ses romans, dont deux produits mexicains, seront projetés à cette occasion.

publié le 28 septembre 2005

Egypte :La vie à Taux zéro

La quasi-totalité des Egyptiens y a recours. Pour financer un mariage, acheter une voiture, ou offrir un cadeau, les gamaeyat - cercles informels de crédit constitués en famille, entre collègues ou avec ses voisins - permettent de disposer rapidement et sans intérêts de la somme nécessaire. Un système D institutionnalisé contre la fatalité et la pauvreté.

Moi je déteste ça mais pour meubler l’appartement pour mon mariage, c’est le seul moyen », explique Walid Sami. Ce trentenaire de Choubra ne défend pas ardemment les gamaeyat mais il en profite. Son salaire ne lui permettant pas de mettre assez d’argent de côté, il est donc entré dans une gamaeya (littéralement un collectif), pour 200LE(livre egyptienne) par mois, avec vingt-huit autres personnes. Il a touché en mars dernier 5800LE et va continuer à payer ses mensualités pendant un an et demi.

Comme lui, la quasi-totalité des Egyptiens utilise ce mode de financement informel. L’idée de base est de réunir un groupe de personnes qui paient à intervalles réguliers une somme fixée. A chaque tour, un des membres reçoit la somme totale. Les premiers à toucher la mise obtiennent ainsi une sorte de crédit tandis que les derniers épargnent. Le tout sans intérêts. Ces systèmes informels de crédit ont été appelés « associations rotatives d’épargne et de crédit » ou, en égyptien, « gamaeyat daouara ».

“ Les gamaeyat ont un effet positif sur le plan économique puisqu’elles permettent à l’argent de circuler, ce qui favorise la consommation.”

Une personne responsable lance la gamaeya : elle réunit les participants, et collecte l’argent à chaque tour. En général c’est cette personne qui, devant faire face à un besoin d’argent pressant, touche sa mise au premier tour. Puis l’étalement des paiements varie en fonction du travail des participants. Les gens employés dans un atelier paient toutes les semaines, ceux dans une entreprise paient tous les mois. On paie le 25, le 5, le 10 en fonction du jour où l’on touche son salaire.

Les participants se lancent pour toutes sortes de raisons. Certains ne remplissent pas les conditions requises pour accéder à un crédit de la banque, pour d’autres, plus riches, il s’agit juste d’éviter de payer des intérêts. Mohamed Shehab, jeune marié qui travaille à Egypt Crafts Center, raconte :

« Quand j’ai un besoin d’argent urgent, c’est plus rapide de rassembler les gens et la somme nécessaire que de faire appel à une banque. »

Pour d’autres, comme Sami Abd El-Hamid, traducteur franco-arabe, ce recours est moins logique : « Je garde mes économies chez moi au village, dans un endroit fermé. Je sais que ce n’est pas la manière idéale, mais les banques ne me rassurent pas, que ce soit un établissement islamique ou pas. »
Dès l’école primaire

Le financement du mariage reste de loin la raison la plus souvent invoquée pour le recours à une gamaeya. Mais l’argent récolté permet aussi de payer la rentrée scolaire des enfants, l’inscription dans une école privée, la nouvelle voiture, la peinture de l’appartement, le frigidaire, le chauffe-eau, du maquillage, le pèlerinage à La Mecque de la mère...

La base de ce système est la pression sociale car il est impossible de ne pas rembourser un voisin.
Déjà à l’école primaire, les enfants sont familiarisés avec ce système : on commence avec des bariz (pièces de dix piastres), avec la monnaie du bus, avec n’importe quoi... pour un cadeau à sa mère ou l’anniversaire d’une amie Finalement, personne n’y échappe, surtout aujourd’hui. Pour Hala, professionnelle de ces cercles financiers, « les conditions de vie sont difficiles, on ne peut rien faire sans gamaeya ». Le phénomène est largement répandu. Mohamed Shehab témoigne que des Egyptiens expatriés en organisent aussi en Arabie saoudite pour mettre de l’argent de côté, afin d’envoyer l’argent à leur famille.

La plupart des Egyptiens considèrent donc ce système informel de crédit comme indispensable. Mohamed El-Mongy ajoute : « Les gamaeyat ont même un effet positif sur le plan économique puisqu’elles permettent à l’argent de circuler, ce qui favorise la consommation. » De plus « c‘est une des formes que prend la solidarité en Egypte », estime Assim, un vendeur du Khan El-Khalili. D’ailleurs, ses adeptes expliquent souvent qu’ils ont commencé parce qu’un proche le leur avait demandé. Mohamed Shehab est ainsi entré dans le système : la première gamaeya à laquelle il a participé était pour un collègue qui avait besoin d’argent pour son mariage. Il a ensuite compris l’intérêt qu’il pouvait en tirer quand il a voulu s’acheter une voiture. « J’avais besoin de 10000LE. J’ai donc organisé une gamaeya de dix mois à 1000LE. » Depuis huit ans maintenant, il est un fervent pratiquant : avant la naissance du premier enfant, puis pour acheter la nouvelle voiture de sa femme « soit parce que j’ai besoin d’argent soit pour aider mes collègues », résume-t-il.
Confiance et pression sociale

La notion d’entraide est en effet fondamentale puisque les gamaeyat sont uniquement basées sur la confiance. En général, il n’y a aucune trace écrite des personnes engagées et des versements. Parfois, on note sur une feuille de papier les paiements. Pour Hamdi, secrétaire à l’agence Mena et chef de gamaeya au long cours, « aucun besoin de trace écrite, j’ai confiance en mes collègues ». Son système est rodé et tourne sans accroche depuis vingt-huit ans qu’elle a eu son poste à l’agence. Tous les dix mois, ça recommence, avec ses fidèles participants.

Au Bangladesh en 1976, Mohamed Yunus, le fondateur de la Grameen Bank, a étudié la raison du succès des gamaeyat locales. Sa conclusion : la base de ce système est la pression sociale car il est impossible de ne pas rembourser un voisin, alors que les scrupules face à une banque impersonnelle sont moindres. La pression du groupe oblige les gens à payer, mais pour s’assurer de la fiabilité du placement, il faut choisir avec soin les participants. Magda, mère au foyer habitant dans le quartier d’Agouza, les fait en famille. Pour Mohamed Shehab, ou Hamdi, les collègues sont les participants idéaux puisqu’ils touchent aussi un salaire fixe et travaillent au même endroit. Quant à Iman, étudiante à la Faculté de droit du Caire, elle en organise avec ses anciennes camarades de classe du lycée.
« Toujours des imprévus »

Malgré cela, des problèmes apparaissent toujours dans les gamaeyat. Et Oum Hussein, qui habite à Choubra El-Kheima, a arrêté d’en organiser dès qu’elle a réussi à rembourser ses dettes. Pour elle, ce n’était qu’une solution en cas de crise. Hala, quant à elle, raconte en rigolant : « Ça n’arrive pas dans mes gamaeyat. Une fois, un homme de Qobba n’avait pas payé. Je suis allée à son magasin et lui ai pris deux enceintes de sono pour payer sa part. Le mois d’après, il a payé à temps. S’il y avait un problème, je pourrais aussi aller voir la police avec des témoins et je serais remboursée. » Jusqu’à maintenant, elle n’en a pas eu besoin. Même quand une de ses protégées est morte quatre mois avant la fin du cycle, ses enfants ont continué à payer la part de la défunte. Elle avoue tout de même : « Il y a toujours des imprévus, c’est usant. Chaque fois, je dis que j’arrête mais je n’arrive pas à me retenir. En plus, comme j’ai la réputation de bien les tenir, on me demande souvent de m’en occuper » Une bonne réputation essentiellement féminine, résumée par un commerçant du Khan : « Elles savent tenir l’argent, alors que les hommes sont des ânes. »

Il y a dix ans, Hala était entrée dans une gamaeya de son quartier de Gamaleya ; elle avait déjà payé 800LE quand elle a compris que c’était une escroquerie. Elle a finalement réussi à récupérer son argent puis a réagi et s’est lancée dans les gamaeyat pour s’assurer elle-même de leur sérieux : « Les gens s’y engagent quand ils ont besoin de quelque chose de précis. Ce n’est pas possible de se moquer des gens et de leurs rêves. »

A l’intérieur de cette mécanique financière bien huilée, l’ordre est stratégique car on entre souvent dans ces cercles pour faire face à un besoin précis. Pour se mettre d’accord, il existe deux solutions : le tirage au sort ou la discussion. Abir, qui travaille dans le micro-crédit à l’intérieur de l’association Adew, gère des gamaeyat depuis de longues années. Cette jeune femme est favorable au système par tirage au sort car « même s’il y a toujours des discussions ensuite, cela évite les disputes ».

Hala, qui confectionne des costumes à paillettes de danseuses du ventre et fait du commerce, gère aussi de nombreuses gamaeyat. Pour celle qui se surnomme « l’impératrice des gamaeyat en Egypte », mieux vaut ne pas faire entrer le sort dans les négociations. Mais elle reste flexible et, si une famille a un problème et ne peut payer sa part, il lui arrive d’avancer l’argent et de récupérer son prêt à la fin.
« Mieux que la banque »

Les gamaeyat sont en tout cas à peu près indolores. Et personne ne parle de remboursement. Magda préfère ainsi ce système aux banques parce qu’elle n’a pas « l’impression de s’endetter, c’est plus facile à accepter ». Pourtant, un dicton populaire dit « Chil el tablia wa hot el gamaeya » (Il faut d’abord payer la gamaeya avant de penser à manger).

Mais ces cercles si pratiques restent un sujet délicat, et dont on parle peu. Hamdi, de la Mena, explique que les participants se connaissent rarement entre eux. On préfère ne pas dire qu’on a besoin d’argent, et pour beaucoup les gamaeyat sont considérées comme un signe de pauvreté. Pourtant, les riches, eux aussi, aiment y participer et profiter ainsi d’un crédit sans taux d’intérêt, plus flexible, plus rapide Par exemple, Iman participe avec son argent de poche depuis qu’elle a seize ans. Elle s’achète du maquillage ou paie le cadeau d’anniversaire de son copain. Avec ses amies, elles se divisent l’année en fonction des dates de leurs anniversaires Iman vient aussi d’en terminer une, « c’était pour faire du shopping, 1200LE au total, à 200LE par mois ».

A une autre échelle, les commerçants comme ceux du Khan El-Khalili en organisent de manière professionnelle. Mahmoud Ouardani est un adepte régulier : « Cette fois-ci, nous versons chacun 1000LE tous les dix jours. Au total, ce sont 36000LE en douze mois. Je suis rentré avec deux noms et donc vais toucher deux fois cette somme. » Avec l’argent récolté, il achète des marchandises en gros et obtient un bon prix en payant cash. Pour lui, « c’est mieux que la banque, nous faisons ça entre amis, c’est plus sûr. D’ailleurs, faire un crédit auprès d’une banque impliquerait des intérêts. Pas question. En plus, payer ou recevoir des intérêts est contre l’islam ».

Pour les malchanceux qui ne font pas partie d’une gamaeya et ont un besoin urgent d’argent, il existe un dernier recours, les requins prêteurs (loans sharks). Ils leur prêteront avec plaisir la somme dont ils ont besoin, avec un taux d’intérêt qui peut atteindre plus de 100%.

Source:La revue d’egypte

publié le 20 décembre 2006

Egypte : À la découverte de la plus grande bibliothèque du monde

Mémoire universelle, la Bibliotheca Alexandrina à Alexandrie dévoile de précieux trésors.

Sur le site de l’ancienne Bibliothèque d’Alexandrie, avec vue sur la Méditerranée, l’édifice captive avec une architecture d’une rare originalité artistique, fruit d’un véritable travail de génie. L’un des trésors de la mythique cité balnéaire d’Alexandrie, à 216 km au nord du Caire, la Bibliotheca Alexandrina, qui fonctionne à la base de l’énergie solaire, est un magnifique centre de diffusion du savoir dont la construction repose sur les technologies les plus avancées.

Pour la petite histoire, la ville d’Alexandrie - une destination touristique privilégiée où se trouve le palais d’été du roi Farouk, devenu l’une des résidences où Hosni Moubarak reçoit certains de ses hôtes de marque - abrite la septième Merveille du monde : le Phare d’Alexandrie. La Bibliotheca Alexandrina, elle, est désignée comme " un phare du savoir et un lieu de rencontre et de dialogue entre les peuples et les cultures ". Elle découle du projet de renaissance de l’ancienne Bibliothèque d’Alexandrie, destiné à créer " une très grande bibliothèque de recherche dotée de collections exceptionnelles ". Elle renferme trois musées et sept centres de recherche.

Alexandrina est présentée comme la plus grande bibliothèque qui existe au monde. Elle accueille au quotidien des foules de visiteurs, dont certains sont des touristes provenant de divers coins de la planète. Attirés par sa réputation, les uns et les autres ne cachent pas leur admiration face à ce joyau inauguré le par le président égyptien, Mohamed Hosni Moubarak, le 16 octobre 2002. A cette date, elle concentrait un fonds documentaire de 400.000 livres, 10.000 documents audiovisuels et multimédias, 10.000 manuscrits et livres rares, 50.000 cartes et plans et 1.500 périodiques. Ces collections sont appelées à prendre considérablement du volume. A terme, il est prévu 8 millions de livres, 4.000 périodiques, 50.000 documents audiovisuels et multimédias, 50.000 manuscrits et livres rares.
Lien : Bibliotheca Alexandrina
Source : allAfrica.com

publié le 19 août 2010

Egypte : le musée d’art islamique du Caire rouvre ses portes en septembre

[#Après 8 années de fermeture pour travaux et plus de 10 millions de dollars de restauration, le musée d’art islamique du Caire-le plus grand du monde- devrait réouvrir en septembre pour le public.#]

[#Inauguré par le président Hosni Moubarak la semaine dernière, le bâtiment datant de 1903 a été rénové de fond en comble. Le musée dispose d’un patrimoine exceptionnel de milliers de pièces et d’objets sur 25 salles ainsi que des manuscrits très rares sur le Coran et d’un objet unique ; un pièce en or datant de 697 avant J.C soit 65 ans après la mort du prophète de l’Islam Mohamed.

L’ouverture du musée en septembre permettra de faire connaitre aux touristes habitués aux antiquités pharaoniques, une autre histoire de l’Egypte ; celle apportée par les dynasties musulmanes qui ont dominé successivement le pays après les conquêtes arabes du VIIème siècle : Omeyyade, Abbasside, Fatimide, Ayyoubide, Mamelouks puis Ottomane.#]

publié le 6 décembre 2009

Eid (pas) Moubarak !

Ce dessin de presse publié dans Al-Quds al-’arabi il y a une semaine fait bien sûr allusion aux suites du match entre l’Algérie et l’Egypte (voir le précédent billet). Jouant sur les différents sens du mot marma (le but mais aussi Marma al-Jamarat, un des rites du pèlerinage où les fidèles « lapident » le diable), les deux supporters échangent les mêmes pensées : Enfin, grâce à Dieu, un but qui nous unit et qui efface nos fautes !

Toujours selon Al-Quds, les vœux de fête ont été quelque peu bousculés cette année. Une des formules les plus traditionnelles, Eid moubarak (Que cette fête te soit bénie !) est définitivement écartée en Algérie puisqu’elle se confond avec le nom du président égyptien, au profit de Eid Saadane, variante imaginée à partir de la formule Eid saïd (Bonne fête) en hommage à Rabah Saâdane, l’entraîneur de l’équipe nationale locale !

En ces temps de fête, la piété et la croyance d’un islam volontiers fanatique si l’on en croit les experts n’empêchent donc pas l’humour !

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 13 janvier 2009

Emirates Palace : voyage au coeur du luxe

[#Imaginée par la famille régnante pour accueillir ses hôtes à Abu Dhabi, l’Emirates Palace tient ses promesses : accueil digne d’un émir dans un décor de mille et une nuit.

Le Kempinski Emirates Palace est la référence hôtelière d’Abu Dhabi. Gigantesque, impressionnant, les superlatifs ne manquent pas pour décrire cet hôtel destiné à accueillir les hôtes de l’Emirat. C’est ici que sont descendus Bush, Sarkozy et toutes les têtes couronnées de passage dans le golfe. Ici que la famille royale vient régulièrement séjourner au 8ème étage qui lui est réservé.

Un hôtel digne des contes des ’’Mille et une nuits’’

Le hall est immense sous une coupole qui écrase de ses dimensions. Dans les suites des 6ème et 7ème étage, la soie recouvre les murs, le verre ne peut être que de cristal, ce qui ressemble à de l’or est effectivement en or, et la vasque de la salle de bain est en argent. Un vrai palais des Mille et Une nuits, et sans doute l’endroit que l’on s’attend à trouver à Abou Dhabi.
Pas de petite chambre, à l’Emirates Palace : les 302 « grand rooms » et 92 suites sont toutes à se perdre. L’accès est sophistiqué puisqu’on dépose son empreinte au moment de l’enregistrement. Une façon de sécuriser autant que de contrôler les accès. Les chambres ont toutes un écran de télévision plasma, l’accès au satellite pour la télévision et un accès Internet haut débit. Pas moins de 5 restaurants permettent de passer d’une table italienne à un buffet international, du Diwan libanais au restaurant iranien. Sans oublier le caviar Bar, le café Al Majlis, le salon Havana Club ou les deux restaurants de piscines, à l’Est et à l’Ouest. Le gigantisme est tel en effet que deux espaces piscines sont à disposition à l’extrémité de chacune des ailes du bâtiment, ainsi que des courts de tennis, une salle de gym. Sans oublier les kid’s club et le spa Anantara, royal. Le tout en bord de mer, avec une plage privée longue de 1,3 km, pas très large, longée par un chemin pavé qui devient une véritable promenade le soir venu, l’endroit où se montrer.
Avec sa capacité hôtelière, sa conception en 2 ailes, ses 48 salles de réception, son auditorium (un vrai théâtre) de 1100 places, sa ballroom de 2800 places, l’Emirates Palace est un peu atteint de gigantisme. Il tient un véritable rôle de représentation dans la ville, au point que 5 de ses salons de réception hébergent actuellement la présentation muséographique du projet Cultural District, qui accueillera en 2012 5 musées dont le Guggenheim et le Louvre. Plus qu’un hôtel, une ville dans la ville. Il faut y séjourner au moins deux jours pour maîtriser la circulation et les espaces !#]

Lien : emiratespalace.com

publié le 22 février 2009

En avril, le festival Womad jette l’ancre à Abou Dhabi

[#Abou Dhabi diversifie son offre culturelle. En avril la capitale émiratie abritera durant trois jours avec le festival Womad (World of music, art and dance). L’événement musical international par excellence du début du printemps. Une première au Moyen-Orient.

Womad arrive en avril à Abou Dhabi. La capitale vibrera aux rythmes et sons venus d’ailleurs. L’occasion idoine pour le public local de découvrir de jeunes promesses musicales arabes et internationales et d’autres aux carrières confirmées. Actuellement, Womad est l’un des rendez-vous les plus importants du monde du spectacle, légendes et jeunes artistes s’y côtoient dans une ambiance unique. Musique, art et dance constituent en effet le gros du programme des éditions de Womad et témoignent de la rencontre réussie de plusieurs cultures. Un objectif qui rejoigne justement la vocation internationale d’Abou Dhabi : Une ville multiculturelle et une passerelle entre l’Orient et l’Occident.
Lancé en 1980 en Grande Bretagne à l’initiative d’une bande de férus de musique menée par le chanteur-compositeur Peter Gabriel, Womad se veut un festival itinérant à l’échelle mondiale. La première édition avait eu lieu à Shepton Mallet en Angleterre en 1982. Bâton du pèlerin à la main, Womad a sillonné une bonne vingtaine de pays dans pratiquement les cinq continents. En somme un tour du monde musical.
Avant d’arriver dans la capitale émiratie, l’événement culturel de référence aurait en effet le temps de jeter l’ancre en Australie (du 6 au 8 mars) et en Nouvelle Zélande (du 13 au 15 mars). La réputation de Womad est mondiale. Le festival est d’ailleurs un rendez-vous inscrit en lettre gras dans les agendas des passionnés de musique en Espagne (notamment aux îles Canaries) et en Italie.
L’arrivée de Womad à Abou Dhabi est par ailleurs le fruit d’un accord de partenariat conclu, en janvier dernier, entre les responsables du festival international et le Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage (ADACH). Un nouveau départ pour ce festival dans le Moyen-Orient.
Chris Smith, le directeur de Womad, dans des déclarations à la presse saisit parfaitement les enjeux de l’étape émiratie sur le parcours de son festival : “nous sommes très ravis de l’opportunité de travailler avec ADACH à Abou Dhabi qui œuvre d’une part pour fêter la culture traditionnelle de la région et d’autre part ne cesse d’amener les meilleures artistes de la musique du monde entier ».
De son côté Abdallah Salim Al Amri, le directeur de l’Institut des Arts et de la Culture s’est dit satisfait du partenariat avec les promoteurs de Womad. Un partenariat qui cadre parfaitement avec la politique de son organisme qui s’efforce « de créer des expériences uniques fruit de l’interaction entre les artistes et leur public ».
Abou Dhabi veut devenir une ville multiculturelle. Si attachée à sa riche culture arabe néanmoins elle demeure une terre d’accueil pour d’autres formes culturelles venues d’ailleurs. Le cadre idéal pour un festival international de la dimension de Womad.
M.J
#]


Lien : www.adach.ae

publié le 23 février 2009

En avril, le festival Womad jette l’ancre à Abou Dhabi

Abou Dhabi diversifie son offre culturelle. En avril la capitale émiratie abritera durant 3 jours le festival Womad (World of music, art and dance). C’est l’événement musical international par excellence du début du printemps.

[#Une première au Moyen-Orient. Womad arrive en avril à Abou Dhabi. La capitale vibrera aux rythmes et sons venus d’ailleurs. L’occasion idoine pour le public local de découvrir de jeunes promesses musicales arabes et internationales et d’autres aux carrières confirmées. Actuellement, Womad est l’un des rendez-vous les plus importants du monde du spectacle. Légendes et jeunes artistes s’y côtoient dans une ambiance unique. Musique, art et dance constituent en effet le gros du programme des éditions de Womad et témoignent de la rencontre réussie de plusieurs cultures. Un objectif qui rejoint justement la vocation internationale d’Abou Dhabi : Une ville multiculturelle et une passerelle entre l’Orient et l’Occident.
Lancé en 1980 en Grande Bretagne à l’initiative d’une bande de férus de musique menée par le chanteur-compositeur Peter Gabriel, Womad se veut un festival itinérant à l’échelle mondiale. La première édition avait eu lieu à Shepton Mallet en Angleterre en 1982. Bâton du pèlerin à la main, Womad a sillonné une bonne vingtaine de pays dans pratiquement les cinq continents. En somme un tour du monde musical.
Avant d’arriver dans la capitale émiratie, l’événement culturel de référence aurait en effet le temps de jeter l’ancre en Australie (du 6 au 8 mars) et en Nouvelle Zélande (du 13 au 15 mars). La réputation de Womad est mondiale. Le festival est d’ailleurs un rendez-vous inscrit en lettre gras dans les agendas des passionnés de musique en Espagne (notamment aux îles Canaries) et en Italie.
L’arrivée de Womad à Abou Dhabi est par ailleurs le fruit d’un accord de partenariat conclu, en janvier dernier, entre les responsables du festival international et le Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage (ADACH). Un nouveau départ pour ce festival dans le Moyen-Orient.
Chris Smith, le directeur de Womad, dans des déclarations à la presse saisit parfaitement les enjeux de l’étape émiratie sur le parcours de son festival : “nous sommes ravis de l’opportunité de travailler avec ADACH à Abou Dhabi qui œuvre d’une part pour fêter la culture traditionnelle de la région et d’autre part amene les meilleures artistes de la musique du monde entier ».
De son côté Abdallah Salim Al Amri, le directeur de l’Institut des Arts et de la Culture s’est dit satisfait du partenariat avec les promoteurs de Womad. Un partenariat qui cadre parfaitement avec la politique de son organisme qui s’efforce « de créer des expériences uniques fruit de l’interaction entre les artistes et leur public ».
Abou Dhabi est une des villes multiculturelles du monde. Si attachée à sa riche culture arabe néanmoins elle demeure une terre d’accueil pour d’autres formes culturelles venues d’ailleurs. Le cadre idéal pour un festival international de la dimension de Womad.
#]
Mohamed Jaabouk

publié le 19 mars 2011

En ce moment sur vos écrans ! Images de la révolution arabe

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#En Tunisie, en Egypte ou encore en Libye, la montée de la colère populaire a suscité un même réflexe de la part des autorités politiques : couper ! Couper tous les accès aux canaux par lesquels pouvaient transiter les mots d’ordre du soulèvement. Dans des pays où la presse locale est en quelque sorte par nature aux ordres du pouvoir, cela voulait dire en réalité tenter d’enfermer l’ensemble de la population derrière les frontières nationales, autant pour l’empêcher d’avoir accès à l’information donnée à l’extérieur que pour réduire l’impact sur l’opinion mondiale des récits de la répression. Qui sait si le président Moubarak ne restera pas dans l’histoire pour avoir ordonné, à quelques jours de son départ forcé, la première coupure totale de l’accès d’un pays à Internet ?… En sus de la « classique » fermeture du réseau téléphonique et des plus modernes brouillages du signal de certaines chaînes satellitaires, à commencer par Al-Jazeera, le pouvoir égyptien, imité peu après par les Libyens, a en effet imaginé l’impossible : « débrancher » tout un peuple de la Toile mondiale. Tentative désespérée à l’heure du numérique pour dresser d’imaginaires barrières contre des flux aussi invisibles qu’incontrôlables. Flux de paroles bien sûr, mais aussi et bien plus qu’autrefois, flux d’images capables, dans la temporalité si particulière des mobilisations populaires, d’exprimer la dynamique du moment révolutionnaire.#]

[#
Largement inefficaces, les efforts des autorités égyptiennes pour endiguer les migrations numériques témoignent d’une maladresse pathétique dans le maniement des images contemporaines. Les trente et quelque années du régime prirent ainsi fin sur une séquence d’anthologie d’à peine autant de secondes. Le 11 février, la chaîne nationale montra ainsi en plan fixe le vice-président Omar Suleiman, visage fermé derrière un énorme micro d’un autre âge, annonçant d’une voix terne la démission de Moubarak. A l’opposé, l’immense déferlement de joie, immédiatement relayé par toutes les télévisions du monde, d’une population soulagée de voir aboutir un mouvement en grande partie lancé par les « natifs du numérique ». Car, à coup sûr, les réseaux sociaux ne sont certainement pas étrangers à la succession de soulèvements dans le monde arabe. Même si Wael Ghonim, jeune directeur marketing pour la société Google devenu une des icônes de la jeunesse protestataire arabe, force le trait lorsqu’il déclare qu’il suffit d’apporter Internet à la population pour que la révolution devienne possible, il est clair que celle-ci a été en quelque sorte « facilitée », ou encore « accélérée » par l’ensemble des procédés techniques du Web2, et notamment par la convergence des applications numériques libérant l’image d’une bonne part de ses contraintes techniques.

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Pour les téléspectateurs de toute la région, la révolution égyptienne ce fut, pendant les jours décisifs de la chute du régime Moubarak, une image désormais inscrite dans l’imaginaire arabe : sur l’écran, saisie au téléobjectif depuis une de ces tours érigées dans une Egypte « vendue » aux investisseurs étrangers, la mythique place Tahrir, centre symbolique de la nation arabe (les bâtiments de la Ligue arabe font face à l’un des cafés où avait l’habitude de se rendre le père du roman arabe moderne, l’écrivain Néguib Mahfouz, tandis que le Musée national ferme le côté opposé au Mogamma, énorme complexe administratif érigé au début des années 1950). Au milieu de cet espace devenu presque méconnaissable sous cet angle de vue parfaitement inusité, le peuple cairote en train d’écrire son histoire ; d’abord en repoussant les assauts des forces de répression derrière des barricades puis, comme une fourmilière où ne se distingue plus aucun acteur singulier, fêtant la victoire du grand corps de la Nation rassemblée. Diffusée en continu par Al-Jazeera – pendant que les chaînes égyptiennes s’obstinaient quant à elles à filmer l’improbable sérénité des berges du Nil –, cette parfaite illustration du soulèvement égyptien se transformera en allégorie de la révolution arabe lorsque, quelques jours plus tard, la même chaîne diffusera une bonne partie de l’après-midi du vendredi 25 février la mosaïque des images donnant à voir les mêmes mouvements populaires non seulement au Caire mais sur d’autres grand’places, elles aussi souvent dites « de la Libération », à Amman, Sanaa, Bagdad et Benghazi (illustration du haut).

Après celle de Ben Ali en Tunisie, la chute du régime égyptien a ouvert dans le monde arabe une période de bouleversements où l’image a toute sa place. Ainsi, elle administre bien souvent la preuve de la dénonciation dans les blogs et les ezines créés par de jeunes journalistes citoyens. Dès novembre 2006, Wael Abbas diffusait ainsi sur son site Misr Digital une vidéo captée par un téléphone portable révélant les tortures infligées à un chauffeur de bus par un officier de police qui sera condamné (voir cet antique [!] billet avec une capture d’écran du blog de W. Abbas à l’époque). Tandis qu’à l’origine des événements dont l’enchaînement a fini par provoquer la chute du président Moubarak, on trouve un jeune blogueur alexandrin, Khaled Saïd, battu à mort quelques mois plus tôt par deux policiers en civil pour avoir mis en ligne, depuis un café Internet, une vidéo dénonçant les trafics de certains policiers avec des revendeurs de drogue… Toutefois, à côté de ces usages de l’image à des fins directement politiques, il convient de placer la constellation, bien souvent oubliée alors qu’elle est incontestablement plus vaste et peut-être plus explosive encore, des inventions visuelles imaginées par une génération qui a grandi au temps de la multiplication des jeux vidéo et des clips diffusés en boucle sur les chaînes satellitaires. Très vite détournés en vecteur de contestation par les chanteurs rebelles – Sidi Raïs, appel lancé contre la corruption par le rappeur El General, est ainsi devenu le véritable hymne de la révolution tunisienne (vidéo en bas de ce billet) –, les clips ont nourri la grammaire visuelle d’une génération dont la contestation n’attendait qu’une occasion pour emprunter les voies de l’action politique. Les jeunes qui ont investi les rues d’Alger et du Caire en surfant sur les médias sociaux sont ceux-là même qui tentaient d’étancher leur rage de vivre en inventant d’innombrables parodies ludiques des icônes du star-business globalisé pour vanter sur Internet les mérites de leurs équipes nationales respectives dont l’affrontement, en finale de la coupe d’Afrique, déborda les seules pelouses des stades pour finir en émeutes de rues…

Répétée à satiété par une litanie de commentateurs aussi sentencieux que superficiels, l’affirmation d’un interdit de l’image reste, aujourd’hui encore, une des plus affligeantes idées reçues à propos des cultures actuelles des sociétés de l’islam. Certes, celui-ci a sans doute longtemps imposé ses propres codes à la création et à la diffusion des représentations, notamment humaines, mais les révolutions arabes nous montrent qu’aujourd’hui ce prétendu régime d’exception n’a plus grand sens pour les générations actuelles de ces sociétés désormais entièrement gagnées à la mondialisation numérique.#]

http://www.youtube.com/watch?v=sd9J4O6z0-c&feature=player_embedded#at=20

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 10 avril 2011

Exposition : Zaha Hadid, une architecture

[#Du 29 avril 2011 au 30 octobre 2011, l’ Institut du monde arabe consacre une exposition à la célèbre architecte Zaha Hadid d’origine irakienne.#]

[#Zaha Hadid n’a cessé, tout au long de sa carrière de repousser les limites de l’architecture urbaine. Anglaise, d’origine irakienne, elle est diplômée de la prestigieuse Architectural Association School of Architecture de Londres, où elle enseignera, plus tard, dans les années 80. Son style se caractérise par une prédilection pour les entrelacs de lignes tendues et de courbes, les angles aigus, les plans superposés, qui donnent à ses créations complexité et légèreté. Elle est la première femme à obtenir le prix Pritzker en 2004. En 2006, une rétrospective de son œuvre a eu lieu au Guggenheim Museum de New York, honneur qui n’avait échu, avant elle, qu’à un seul architecte. L’une de ses toutes dernières réalisations le MAXXI (Musée des Arts du XXIe siècle) de Rome, s’est vu attribuer le très prestigieux Stirling Prize, décerné par le Royal Institute of British Architects (RIBA). Zaha Hadid est la fondatrice du cabinet de design architectural Zaha Hadid Architects dont le siège est situé à Londres.

L’exposition « Zaha Hadid, une architecture » inaugure la programmation du Mobile Art, à propos duquel l’architecte a pu déclarer : « Je pense qu’à travers notre architecture, nous pouvons donner un aperçu d’un autre monde, enthousiasmer, proposer des idées, captiver. Notre architecture est intuitive, radicale, internationale et dynamique. Notre intention est de construire des bâtiments qui évoquent une expérience originale, une forme d’étrangeté et de nouveauté comparables à la découverte d’un nouveau pays. Le pavillon Mobile Art découle de ces motifs d’inspiration ».

Cette première exposition de Zaha Hadid en France, au sein même de l’œuvre qu’elle a créée, met en perspective plus de trente années d’activités. Au travers d’une sélection internationale de projets, déjà réalisés ou en cours d’exécution, maquettes, prototypes, sculptures et peintures, objets, films, se déploient, animent l’espace, permettant au visiteur de pénétrer de plain-pied dans l’univers de Zaha Hadid.

Une trentaine de projets internationaux sont présentés, dont SOHO Chaoyangmen à Pékin, la tour Spirale de l’Université de Barcelone, le Centre Aquatique des Jeux Olympiques de 2012 – actuellement en construction à Londres –, le projet Guggenheim à Singapour, la tour CMA GCM récemment achevée à Marseille ou encore le bâtiment Pierres Vives pour le Département de l’Hérault, en cours de construction à Montpellier. L’exposition présente également des projets d’architecture du monde arabe tels que le Centre des arts vivants d’Abou Dabi (Émirats Arabes Unis), la tour du Nil au Caire (Égypte), la tour de Rabat (Maroc) et les tours Signature de Dubai (E.A.U.).

L’exposition aborde en outre les recherches actuellement en cours sur les tours paramétriques. Ce programme définit et développe un cadre conceptuel pour la création d’un nouveau prototype de tour, qui peut être utilisé comme base d’un ensemble d’outils appliqués à un grand nombre de situations spécifiques. Les éléments individuels – volume, enveloppe, noyau, vide, structure – subissent des modulations, aussi bien individuellement que de concert. Le résultat final est un système totalement malléable, susceptibles de créer des catégories et des genres spécifiques de tours en réponse aux paramètres saisis par un utilisateur et/ou selon des considérations environnementales. Le caractère novateur de l’architecture paramétrique réside dans la prise en compte directe non seulement de paramètres contextuels objectifs (surfaces, hauteurs, climat, jauge…) mais aussi qualitatifs, sociologiques et, dès lors, plus subjectifs (usages, contraintes sociales…).

C’est donc à trois niveaux différents que le public est invité à faire l’expérience du travail de Zaha Hadid Architects : la découverte du pavillon Mobile Art (bâtiment), l’expérience de la mise en scène (scénographie) et l’appréciation des projets de l’agence à travers le monde (exposition).#]

Institut du monde arabe

publié le 29 mai 2011

Exposition : "L’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Matisse"

[#A partir du 28 mai et jusqu’au 28 août, Marseille accueille l’exposition, "L’Orientalisme en Europe : de Delacroix à Matisse". Organisée par la Réunion des musées nationaux (RMN) et la Ville de Marseille, cette exposition rassemblera cent vingt peintures et sculptures d’artistes européens.#]

[#Dès la première salle, un tableau(photo ci-dessus), "Halte de l’armée française à Syène" de Tardieu (1812), résume tous les clichés de la représentation de l’Orient qui vont perdurer pendant un siècle : le désert, les palmiers, les femmes voilées et la lumière.

La grande rétrospective présentée au Centre de la Vieille Charité du 28 mai au 28 août, débute avec la campagne de Napoléon en Egypte (1798-1801) et le goût que l’Europe en garda, pour se terminer avec le séjour de Matisse en Afrique du nord (1906). ­
Avec plus de 120 oeuvres, peintures et sculptures, venant des plus grandes institutions internationales et de collections particulières, l’exposition offre un vaste panorama de l’orientalisme, non seulement en France mais aussi dans toute l’Europe. Aux côtés des chefs-d’oeuvre d’Ingres, Delacroix, Fromentin, Gérôme, figureront des oeuvres d’artistes anglais, comme Lewis ou Alma-Tadema, allemands, (Bauernfeind, Müller), belges, (Portaels, Evenpoel), espagnols,(Villegas, Sorolla) italiens, (Fabbi, Simoni), et même un orientaliste turc, formé à Paris, Osman Hamdi Bey. Renoir, Matisse, Kandinsky, Klee, Macke, illustreront le dernier chapitre de l’exposition consacrée à l’Orientalisme moderniste.

L’orientalisme en Europe au XIXe siècle

Au XIXe siècle, la fascination pour l’Orient qui traverse l’histoire de l’art occidental, connait un essor tout particulier.
Les vues d’Egypte rapportées par les artistes qui accompagnèrent Bonaparte, constituent, avec l’illustration des premiers actes de la légende napoléonienne, les jalons d’une nouvelle découverte du monde oriental par le public européen.

L’orientalisme est indissociable également de l’expansion coloniale européenne. Le déclin de l’empire ottoman, l’implantation des puissances européennes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord vont ouvrir aux artistes les portes d’un monde qui restait jusque-là difficilement accessible. Le choc de cette rencontre leur ouvre de nouvelles perspectives.
La première génération de ces artistes fixe ainsi les traits fondamentaux d’un imaginaire que tant d’autres reprendront tout au long du siècle.Ainsi d’Ingres à Gérôme, le succès continu de la représentation particulièrement fantasmée du Harem conforte l’idée de la troublante sensualité orientale. Loin des brumes de l’Europe, la puissance de la couleur et de la lumière s’exprime dans la splendeur des costumes ou l’exaltation des paysages grandioses et tout particulièrement du désert.

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Eugène Fromentin,Chasse au faucon en Algérie,1863

Bientôt les peintres seront nombreux à faire le voyage vers l’autre bord de la Méditerranée, certains d’entre eux y faisant même de longs séjours. Très vite, parallèlement aux fictions exotiques et colorées qui connaissent un succès sans cesse grandissant auprès du public européen, un autre regard se développe, plus réaliste, déjà ethnographique, attentif à l’autre, et à sa fascinante différence.

Les grandes figures de la Modernité, elles non plus, ne resteront pas insensibles à la tentation orientale. Renoir, Matisse, Kandinsky et Klee feront, comme tant d’autres, le voyage en Orient. Mais si dans leurs oeuvres les leitmotiv les plus éprouvés de l’Orientalisme sont bien présents (odalisques, paysages lumineux, villes blanches écrasées sous le soleil), leur approche toute personnelle n’est visiblement plus la même. En renouvelant si radicalement le genre par leur recherches plastiques, d’une certaine manière ils y mettront fin en lui donnant une toute autre signification.

L’exposition est proposée en co-organisation avec les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et la Kunsthalle des Hypo-Kulturstiftung de Munich. Déjà présentée aux musées royaux des Beaux-Arts du 15 octobre 2010 au 9 janvier 2011, elle va investir la Kunsthalle des Hypo-Kulturstiftung à Munich à partir du 28 janvier et jusqu’au 1er mai.#]

Informations :
Centre de la Vieille Charité - 2 rue de la Charité, 2e.
Exposition ouverte de 10h à 18h, tous les jours, sauf le lundi et les jours fériés. Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22h.
Tarif : 10 euros et 6 euros (tarif réduit)
Renseignements au 0810 813 813 et sur le site de laRMN

Source : marseille.fr

publié le 23 avril 2011

Exposition : le génie de l’Orient, l’Europe moderne et les arts de l’Islam

[#Le musée des Beaux-Arts de Lyon présente une exposition du 2 avril au 4 juillet 2011 sur le thème " Le génie de l’Orient, l’Europe moderne et les arts de l’Islam".#]

[#Au cours du XIXe siècle, l’Europe découvre un nouvel univers visuel, celui des arts de l’Islam.
Le marché de l’art et les collections privées contribuent à forger un nouveau regard et un nouveau savoir à travers :

- les voyages et les expéditions,
- le développement de la photographie,
- les publications,
- les expositions.
À l’occasion de voyages, nombre de collectionneurs constituent des ensembles d’œuvres souvent spectaculaires qui témoignent de l’émerveillement de l’occident pour l’orient. L’exposition suggère que nous demeurons aujourd’hui les héritiers de ces nouveaux codes visuels.

La découverte des arts de l’Islam donne naissance à deux révélations :
- l’une, diffusée surtout par la peinture, s’inspire des décors des palais et harems pour une vision fantasmée de la fable orientaliste ;
- l’autre est portée par les théoriciens de l’ornement et certains artistes d’avant-garde. Ils recherchent dans l’art de l’islam une nouvelle esthétique qui pourrait transformer les codes de représentation occidentale. Tapis et tissus, céramiques, métaux, marqueteries de bois ou encore d’ivoire introduisent un nouveau répertoire de formes, de motifs et de techniques.

L’exposition illustre ces deux visions à travers différents parcours individuels ou collectifs : Pionniers, voyageurs, photographes ou collectionneurs sont fascinés par l’originalité de cette nouvelle culture visuelle alors même que l’histoire de la représentation est en crise.

Le parcours s’achève avec l’évocation d’un moment d’espoir utopique : celui où des artistes, comme Henri Matisse ou Paul Klee, ont rêvé, peu avant la Première Guerre mondiale, d’une fusion entre regard « occidental » et regard « oriental ».

Commissariat de l’exposition

Salima Hellal, conservateur du patrimoine, chargée des collections d’objets d’art, musée des Beaux-Arts de Lyon,
Rémi Labrusse, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Paris X Nanterre.
Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication/ Direction générale des patrimoines/ Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.#]
site : mba-lyon.fr

publié le 13 octobre 2013

Exposition : Oman et la mer

Du 16 octobre 2013 au 5 janvier 2014, le Sultanat d’Oman présente au musée national de la Marine de Paris « Oman et la Mer », une exposition retraçant l’histoire fascinante qui rapproche la France du patrimoine maritime omanais.

À travers les épopées des navires partis à la conquête des océans, plongez au coeur d’une civilisation méconnue.

Un voyage au royaume de Sinbad le marin

En traversant 5 000 ans d’histoire, l’exposition « Oman et la Mer » raconte l’aventure fantastique d’une civilisation partie affronter une mer déchainée sur de majestueux navires construits avec quelques planches.

À travers ces voyages initiés pour développer le commerce maritime, les marins d’Oman ont vécu des histoires extraordinaires dignes des légendes contées dans les Aventures de Sinbad le marin.

Le voyage commence dans un salon omanais traditionnel, à la découverte de l’hospitalité omanaise et de la richesse de sa culture. L’immersion se poursuit à travers cartes, tableaux et maquettes rares qui retracent l’histoire des plus majestueux bateaux omanais tels que le Bedan, le Zharookah ou encore le Jewel of Muscat. Sur la route de l’encens là où les ancêtres omanais exportaient leurs marchandises se dévoilent les trésors d’une civilisation : des secrets de fabrication des navires aux outils de navigation.

De port en port, vers la fin du voyage, le dernier volet s’ouvre sur les grands ports de la période classique d’Oman.

publié le 13 janvier 2007

Exposition : Venise et l’Orient

Exposition organisée par The Metropolitan Museum of Art, New York et l’Institut du monde arabe, Paris.

Rarement deux destins ont été aussi intimement liés, malgré les antagonismes et les péripéties de l’Histoire. En effet, Venise, cette cité-État européenne, qui a exercé une suprématie économique et commerciale pendant des siècles en Méditerranée, avait instauré, depuis le IXe siècle, des rapports privilégiés avec les dynasties du Proche-Orient et tissé des liens solides avec Le Caire, Damas et Byzance-Constantinople.

L’exposition couvre plusieurs siècles – du vol de la dépouille de Saint-Marc, à Alexandrie en 828, à la fin de la République – et différentes aires géographiques, marquant un intérêt particulier pour les échanges artistiques et culturels entre Venise et le Proche-Orient. L’exposition, cependant, se concentre sur la période la plus féconde de ces échanges, à savoir : du XIVe au XVIIe siècle.

En effet, c’est dès la fin du XIIIe siècle que Venise commence à se couvrir de palais, de se parer de tapis d’Orient, de soieries, de brocarts et de velours. Pour certains de ces objets la question continue à se poser : sont-ils vénitiens ou orientaux ? Les experts s’y perdent, même encore aujourd’hui.

Venise devient très tôt une puissance mondiale et établit, grâce au commerce, des liens privilégiés avec les grandes dynasties musulmanes : les Ayyoubides, les Mamelouks et les Ottomans. Ainsi s’opère à travers les siècles une transmission des savoirs et des techniques de l’Orient vers Venise. À son tour, la République vénitienne exporte dès le XVIe siècle des objets de luxe à décor islamique vers les grandes capitales d’Orient.

La représentation de Mamelouks et d’Ottomans, avec leur vêture caractéristique, dans les toiles des grands maîtres de la Renaissance, témoigne de la familiarité des Vénitiens avec leurs voisins méditerranéens.

Quelque 250 objets – peintures, textiles et tapis, verreries, céramiques, orfèvreries – provenant des collections vénitiennes et des plus grands musées à travers le monde, illustrent l’itinéraire de cette exposition.
lien : Institut du monde arabe

publié le 8 juin 2009

Expositions : Palestine, la création dans tous ses états

[#Rompant enfin avec cette idée fausse et toute faite selon laquelle les Arabes ne pratiquent guère les arts plastiques, le monde de l’art semble découvrir, depuis deux ou trois ans, que les créateurs arabes comptent en leurs rangs quelques très grands artistes et de nombreux peintres, sculpteurs, photographes, vidéastes et autres auteurs d’installations, de grand talent.#]

À l’occasion de deux importantes ventes aux enchères spécialement consacrées à leurs œuvres – organisées à Dubaï, en 2007 puis en 2008, par la célèbre maison Christie’s –, les prix des toiles de plusieurs peintres arabes contemporains atteignent ainsi des centaines, voire des millions de dollars, rivalisant de ce fait avec ceux des grands maîtres indiens, chinois, européens ou américains. Et, cette année, le plus grand collectionneur de la planète, Georges Saatchi, propriétaire de la plus vaste galerie d’art moderne au monde, organise à Londres, une remarquable exposition de jeunes artistes moyen-orientaux, New Art from the Middle East (jusqu’au 9 mai 2009), qui défraie la chronique.

Jamais pourtant, au cours de la longue histoire du monde arabe – et particulièrement du Moyen-Orient –, les arts plastiques n’ont cessé d’être exercés non plus qu’appréciés. Pendant des siècles, et jusqu’à nos jours, des écoles exigeantes autant que prestigieuses ont formé et forment encore d’illustres calligraphes et enlumineurs. Des miniaturistes ont créé des chefs-d’œuvre. L’art de l’icône y a atteint des sommets – ainsi que le montrait, à l’IMA, l’exposition Icônes arabes du Levant (2003). Et, dès le début du vingtième siècle, Le Caire d’abord, les autres capitales et grandes villes du monde arabe ensuite, se sont dotées de facultés des Beaux-arts…

Depuis plus de vingt ans qu’il a ouvert ses portes, l’Institut du monde arabe, s’est employé, année après année, à présenter la création contemporaine arabe dans le domaine des arts plastiques, au travers de plusieurs dizaines d’expositions, monographiques, thématiques, rétrospectives… C’est ce qu’il fait une nouvelle fois aujourd’hui, en donnant à voir à son public les travaux récents d’artistes palestiniens.

L’IMA, ce faisant, s’associe, d’une part, au choix de la Ligue des Etats arabes de faire de Jérusalem la capitale de la culture arabe en 2009, et d’autre part, inscrit cette exposition dans le prolongement de celle, Artistes palestiniens contemporains, qu’il a présentée en 1997. L’IMA reprend-là le fil d’une quête qui est celle-là même de la plupart des créateurs dont les œuvres sont ici rassemblées – artistes locaux, de Palestine, ou issus de la diaspora – et qui consiste à tenter d’identifier, à travers le prisme d’une situation historique complexe et à l’aune d’un terrible destin, les éléments épars d’une esthétique palestinienne.

« Pendant cinq siècles, les mythes, les sites imaginaires et l’histoire religieuse de la Palestine ont été une importante source d’inspiration pour la tradition picturale d’Europe », écrivait le peintre Kamel Boullata, également critique d’art, au début du catalogue de l’exposition de 1997. A la généreuse profusion de cette influence profonde et à ses cheminements innombrables, feraient écho aujourd’hui, par-delà les époques et les lieux, les tentatives et les expérimentations multiples d’un art contemporain palestinien qui s’est forgé, à l’évidence, dans l’exil et le déplacement.

[#L’exposition d’aujourd’hui diffère de celle d’hier en cela surtout qu’elle met en scène la différence des sexes, des générations, des techniques qui sont ceux de ces Créateurs contemporains de Palestine. Cette importante présence des femmes-artistes (Reem Bader, Rana Bishara, Rula Halawani, Mona Hatoum, Noel Jabbour, Raeda Saada, Ahlam Shibli) atteste, bien évidemment, d’une évolution profonde des mentalités et de la société ; en intériorisant les violences de la guerre, en illustrant les conflits par des témoignages plus distanciés et plus mélancoliques, leurs œuvres paraissent souvent donner accès à l’autre côté du miroir, à cet ailleurs où se résolvent, presque naturellement, les plus cruels paradoxes.

Les œuvres des « grands anciens » (Kamal Boullata, Samia Halaby, Laila Shawa, Suha Shuman), exposées dans la proximité de travaux plus récents (Hani Zurob, Fawzy Amrany, Hazem Harb, Steve Sabella), permettront de dégager des perspectives qui, de convergences en divergences, donneront à lire la diversité, l’effervescence de l’art palestinien. Mais c’est peut-être dans la multiplicité et la mixité des techniques que se verra le mieux la recherche constante des créateurs de Palestine, comme si tous les médias, tous les possibles se devaient d’être convoqués pour dire un monde dont les repères, dont les frontières, dont la réalité échappent chaque jour un peu plus à ceux qui veulent les dire et les cerner. En témoignera notamment la maîtrise de plusieurs artistes-vidéastes travaillant sur la notion de la trace (Emily Jacir), du déplacement (Taysir Batniji, Sharif Waked) ou de la mémoire (Khalil Rabah), comme autant de marques indélébiles infligées par l’usurpation suprême.
#]


Exposition :
Palestine : La création dans tous ses états
Lieu : Institut du Monde Arabe
Du 23 juin au 22 novembre 2009
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, les week-ends et jours fériés de 10h à 19h
La Médina de l’IMA, entrée par le Parvis

publié le 19 décembre 2015

Feirouz et la catastrophe arabe

par Yves Gonzalez-Quijano

On ne parlera pas cette semaine de l’Arabie saoudite, même si tout le monde se réjouit de voir que les femmes peuvent désormais y voter à (certaines) élections (mineures). D’innombrables médias ont traité le sujet mais on aurait aimé qu’ils soient aussi diserts sur d’autres événements qui se sont également passés au Royaume des hommes.

Par exemple la condamnation à mort d’Ashraf Fayadh, poète palestinien coupable d’apostasie (voir la lettre ouverteadressée à Catherine Beaubatie, députée socialiste vice-présidente du groupe d’amitiés France-Arabie saoudite à l’Assemblée nationale). Ou bien encore, l’incroyable et totalement illégale censure de la chaîne libanaise Al-Manar, « virée » du satellite Arabsat – panarabe en principe mais dans les faits possession saoudienne – pour des propos jugés injurieux à l’encontre du Royaume, tenus il y a des mois de cela par un invité de la chaîne, d’ailleurs réprimandé par l’animateur ! En dépit de la gravité de cette décision, qui confirme la volonté saoudienne de mettre au pas toute voix dissidente dans la région, on ne trouve qu’un quotidien francophone algérien (en dehors du Liban) pour s’intéresser aujourd’hui à la répression de médias dont, il y a peu encore, on nous chantait les mérites sur le mode « Al-Jazeera, mégaphone de la place Tahrir au Caire ». Le « Printemps arabe » est bien vite passé de mode !

Indirectement, la médiocrité toujours plus grande des médias du monde arabe est tout de même le sujet de cette chronique puisque qu’elle est consacrée à un événement considérable, la publication – une première dans l’histoire de la presse locale à ma connaissance – d’un article violemment hostile à la diva libanaise, Feirouz. Dans cette République qui n’est pas loin de boucler sa seconde année sans président, cette attaque en règle contre la gloire nationale du pays, quand bien même elle a été publiée dans Al-Chiraa (الشراع), un hebdomadaire peu estimable, continue à susciter des réactions en chaîne. Les ministres de l’Information et de la Culture ont ainsi fait part de leur réprobation, allant même jusqu’à inciter ouvertement l’intéressée à lancer des poursuites juridiques. Quant aux innombrables fans de « l’ambassadrice du Liban auprès des étoiles » comme on l’appelle souvent, nombre d’entre eux se sont déjà regroupés, pour prendre sa défense et témoigner de leur indéfectible amour, sur une page Facebook.

En soi, l’article n’a guère d’intérêt. Sous un titre provocateur (Ce que vous ne savez pas sur […] Feirouz, celle qui n’aime pas les gens, qui n’en a que pour l’argent et le wisky et qui complote avec Assad), un journaliste en mal de reconnaissance publique (deux échecs à la présidence du syndicat de la presse) revient sur la carrière de la vedette, accusée d’être avare et d’avoir un goût prononcé pour le Chivas Regal. Plus grave, assurément, sont les erreurs politique de cette chrétienne du Liban. L’auteur de l’article explique ainsi que, non seulement Feirouz prend la poudre d’escampette au lieu de saluer le grand leader (sunnite) du pays, Rafic Hariri, lequel vient de lui offrir 300 000 dollars pour chanter dans le centre ville de Beyrouth remis à neuf, mais, de surcroit, elle développe depuis des années, ainsi que sa famille, des relations coupables avec le régime syrien. À force d’insinuations, on comprend qu’elle est même indirectement coupable du massacre de milliers de « musulmans (palestiniens et libanais) », lors de la prise du camp de Tell Zaatar (investi en 1976 par les milices Kataeb, soutenues par l’armée syrienne, leur alliée du moment).

Ce misérable article mérite-t-il qu’on lui consacre quelques lignes ? Au-delà du nombre étonnant d’articles qu’il a suscités, j’y vois pour ma part quelque chose qui va au-delà de l’actualité immédiate et qui donne à cette affaire une dimension plus intéressante. Feirouz, qui vient de fêter ses 81 ans, incarne (à tort ou à raison) pour toute la région un véritable âge d’or, celui où l’on chantait, à côté d’autres bonheurs plus quotidiens, la certitude d’un monde arabe sur la voie de l’unité. La colère, l’indignation, l’« horreur » même ressenties par d’innombrables lecteurs à l’occasion de cette attaque, inédite dans sa violence, contre la diva libanaise tiennent précisément à ce lien qu’elle entretient avec le public arabe depuis plus de six décennies. S’en prendre à Fairouz, c’est, indiscutablement, profaner une icône et violenter tout ce qu’elle représente. En publiant cet article venimeux, un journaliste opportuniste a saisi l’occasion de faire parler de lui ; mais il nous dit surtout que, confusément, on perçoit dans la région qu’au temps de la grande catastrophe arabe il est désormais possible de s’en prendre ouvertement à ses mythes fondateurs qu’incarne, dernière de sa génération, l’interprète de Jérusalem, fleur parmi les villes.

publié le 28 juin 2009

Femmes arabes dans le Golfe (2/2) : deux ou trois choses qu’on (ne) sait (pas) d’elles

[#Si l’horizon politique immédiat du monde arabe semble plus fermé que jamais, une autre actualité, celle des questions de société, permet d’être un peu plus optimiste - ou au moins un peu moins pessimiste ! Cela se note en particulier dans ces pays du Golfe sommés, plus que tous les autres, d’évoluer alors qu’ils sont, en apparence au moins, les moins bien armés pour le faire en raison de leur histoire, de leurs traditions et des idéologies dont se réclament leurs systèmes politiques… Et comme ailleurs dans le monde arabe, mais de manière plus évidente encore, la question féminine est au cœur des tensions.#]

A première vue pourtant, les raisons de se réjouir ne sont pas évidentes. Récemment par exemple, le quotidien Al-Quds al-‘arabi (édition du 11 mai) signalait trois faits divers, rapportés presque simultanément par trois agences de presse différentes. On apprenait ainsi que la justice avait donné raison à un homme ayant giflé sa femme pour lui reprocher des dépenses inconsidérées, tandis qu’un autre avait divorcé de son épouse parce qu’elle avait été arrêté au volant d’une voiture ; ailleurs, une militante féministe avait été violemment battue par sa famille à son retour d’une session de formation à l’étranger…

Moins médiatisée que d’autres, le problème de la violence à l’encontre des femmes semble se développer dans ces sociétés en pleine mutation (article en arabe dans Al-Hayat à propos d’une étude réalisée à la demande des autorités du Qatar). Sans en faire une excuse, ni même une justification, on peut tout de même, à la suite de la chercheuse saoudienne Madawi El-Rasheed (article en arabe malheureusement), y voir l’écho des violences subies par l’ensemble de la société, à commencer par les hommes “traumatisés” par la rapidité des transformations et cette irrésistible montée en puissance de l’affirmation féministe.


En témoigne, de manière éclatante, l’évolution au fil des ans du poète du million, joute poétique qui rassemble des dizaines de millions de téléspectateurs (voir ce précédentbillet). A l’origine de cette success story des médias arabes, une femme, Nasha Al Rwaini (photo à droite ), également animatrice d’un célèbre talk-show sur Abu Dhabi TV, qui s’étonnait elle-même d’un phénomène qu’elle n’avait pas anticipé, à savoir le rôle joué par cette émission dans la promotion de la femme. Renouant le fil avec d’antiques traditions culturelles, des femmes, de plus en plus nombreuses, se sont en effet emparées de cette tribune offerte par la compétition télévisée pour affirmer, au vu et au su de tous, leur présence dans la société et leur capacité à rivaliser avec les hommes, y compris sur le terrain « sacré » de la création poétique.

Selon la productrice, elles n’étaient que 5% lors de la première saison, et représentent désormais le quart des poètes à la recherche de la consécration télévisuelle à la troisième, laquelle a été marquée par la forte personnalité de Aydah Al Jahani (عيدة الجهني : c’est elle [!] sur la photo en ouverture de ce billet…), une enseignante et mère de famille de Médine, qui s’est présentée (avec succès) à l’émission en dépit de l’opposition résolue des hommes de son « clan », lesquels se sont ralliés rapidement à « leur » candidate en se rendant compte qu’elle était la meilleure interprète des vertus de leur tribu grâce à son succès sur le petit écran !

Symboliquement, c’est autour du droit à la conduite - d’une voiture - que se livrent les batailles entre les partisans de l’émancipation féminine et ceux de la tradition (rigoureusement islamique bien entendu, en tout cas dans sa lecture wahhabite). Inexorablement, il semble bien qu’on s’approche d’une solution comme en témoigne la récente déclaration, très remarquée, d’une importante autorité religieuse locale délivrant, à l’encontre de bien d’autres avis religieux précédents, une fatwa qui ne voit rien contre le fait que les femmes conduisent et qui rendra peut-être la vie plus facile à une bonne partie de la population saoudienne.

Dans le même avis, ce cheikh libéral donnait son opinion sur la question des salles de gymnastique, un autre sujet de discorde sur lequel il donnait un point de vue tout aussi inspiré. A ses yeux, pas de problème (article en arabe) ; bien au contraire, l’exercice physique pour les femmes du Royaume est même une obligation religieuse (ضرورة شرعية) dès lors qu’il leur permet de préserver leur organisme. Un argument bien vite repris par les féministes locales qui ont imaginé de se moquer de ceux qui prétendent les maintenir à la maison en lançant sur Internet une campagne sur le thème Let her get fat ! (Un slogan qui fait allusion à une autre campagne féministe, toujours sur le même média, qui s’adresse aux maris, aux pères et aux frères des Saoudiennes et qui a pour thème Khalluha ta’addi خلوها تعدي : laissez-la aller de l’avant !)

Sorties de leur contexte, les modalités de cette affirmation peuvent surprendre, et même être facilement interprétées à contresens. Car si l’on devine assez vite les raisons qui poussent les femmes saoudiennes à réclament le droit de parler lingerie avec des vendeuses plutôt qu’avec leurs collègues masculins, un regard étranger n’est pas nécessairement préparé à considérer que l’ouverture d’hôtels ou de cafés (où l’on fume le narguilé !) exclusivement féminins marque une avancée dans la libération de la femme. Non plus que l’ouverture de cafés ou de piscines unisexes…

On aurait tort pourtant de négliger cette autre « révolution tranquille » : plus encore que les (timides) progrès que permet de constater l’observation de la scène politique, ce sont les évolutions perceptibles, au jour le jour, dans les sociétés du Golfe qui laissent espérer une réelle transformation. Et si les élites décident elles-mêmes de jouer sur le terrain non pas du politique mais du sociétal, en prenant levier sur ce désir et ce besoin de changement, on peut même penser que les choses peuvent aller plus vite qu’on ne le pense.

On voit, sur cette photo, le prince Walid Ibn Talal recevoir les joueuses du Ittihad al-muluk. Au grand dam des courants conservateurs, le magnat de la presse, fer de lance du courant libéral, affiche son soutien (y compris financier) à la première équipe féminine de football du KSA (Kingdom of Saudi Arabia) !

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 21 mai 2009

Femmes politiques arabes : une révolution tranquille ?

par Yves Gonzalez-Quijano

[#Dix ans, jour pour jour ou presque, après qu’une réforme législative leur a donné le droit de vote, quatre femmes viennent de faire leur entrée au Parlement koweïtien. Sans doute, les circonstances qui ont amené sa dissolution sont loin d’être parfaitement claires (intéressant article sur Agora Vox), mais on ne boudera une telle occasion de se réjouir car l’actualité arabe n’en offre pas si souvent.
#]

[#Ce succès au Koweït confirme la présence, toujours plus grande, des femmes arabes sur la scène politique, contrairement à bien des idées reçues. Par exemple, nombre d’observateurs avaient noté qu’elles étaient particulièrement nombreuses à s’être présentées aux élections législatives de novembre 2007 en Jordanie, non pas seulement dans les circonscriptions urbaines et « libérales » mais dans l’ensemble du pays. Elles avaient donc, dans certains cas au moins, le soutien des grandes familles, dont le fonctionnement ne laisse guère de place, en principe, à l’expression des femmes dans la vie publique. Cette année-là, d’ailleurs, une élue était entrée pour la première fois « normalement » au Parlement jordanien, c’est-à-dire portée par les suffrages donnés par les électeurs et non grâce au quota de sièges réservés aux femmes afin de renforcer leur représentation.

C’est dans la seconde moitié du XIXe que s’élèvent, dans le monde arabe, les premières voix qui appellent au changement, avec par exemple le discours resté célèbre du Libanais Boutros Al-Boustani (بطرس البستاني) sur l’éducation des femmes lors de la création de l’Ecole nationale (al-madrasa al-wataniyya) en 1863. Et si le premier journal féminin, Al-Fatât (الفتاة), est créé dès 1892 à Alexandrie, il faudra attendre le début du XXe siècle pour que les femmes commencent à exiger leur entrée sur la scène politique. Ainsi, l’Egyptienne Hoda Shaarawi (هدى شعراوي‎) s’efforça-t-elle (en vain) de rappeler en 1924 les plus importantes des revendications féminines à ses collègues du parti Wafd, pourtant majoritaires au Parlement.

A peine plus tard, en 1928, Nadhira Zayn al-din (نظيرة زين الدين) publiait Al-sufûr wal-hijâb (السفور والحجاب : Etre dévoilée ou non). A partir de la question du voile, qu’elle ne considérait pas comme une obligation coranique, cette jeune Syrienne d’origine kurde développait une critique de la manière dont la religion pouvait être utilisée, par les hommes, comme instrument de domination. Le livre fit scandale, mais il eut malgré tout plusieurs éditions et son auteur reçut le soutien d’importantes figures publiques, laïques et même religieuses.

Mais après leur affirmation politique durant les décennies suivantes, souvent à travers les luttes nationales pour l’indépendance comme dans le cas de l’Algérie, les femmes arabes, au fil du temps, ont vu leur place politique réduite comme peau de chagrin. Et si quelques-unes d’entre elles continuent à figurer dans la plupart des gouvernements de la région, il faut bien reconnaître que cette représentation est souvent aussi mal supportée que les pouvoirs qui l’imposent car les populations n’accordent plus aucune légitimité ou presque à leurs dirigeants et se tournent largement vers d’autres modèles politiques, fabriqués à partir d’un répertoire (néo)religieux qui ne favorise pas, en apparence au moins, l’émancipation féminine.

Pourtant, l’invisibilité politique des femmes dans le monde arabe n’est pas une fatalité, et l’actualité récente montre même qu’un mouvement inverse est amorcé ; d’une part parce que la modernisation politique est plus nécessaire que jamais pour les dirigeants eux-mêmes, en particulier dans la Péninsule arabe de l’après 11-septembre et, de l’autre, parce que l’« islamisation » - pour le dire très vite - en surface de la société n’exclut pas la présence, en profondeur, de courants plus puissants et plus significatifs, notamment celui des progrès de l’éducation et de l’individualisation des comportements dans les sociétés arabes d’aujourd’hui.

Caricatures faciles du « retard » arabe, ou plutôt, pour beaucoup, de son irrémédiable arriération, les pays du Golfe offrent le meilleur exemple d’une évolution qui prendra, bien entendu, du temps encore. La route est longue en effet dans ces pays où, comme le souligne une étude (article en arabe) réalisée à la demande du Conseil de coopération du Golfe dès 2005, la participation politique est proche du néant ou presque.

Malgré tout, les signes s’accumulent. Les lecteurs de ces billets se souviennent qu’on avait évoqué l’année 2008 comme celle de la femme en Arabie saoudite, en raison des nombreux signes traduisant l’amélioration, toute relative bien entendu, du statut de la femme dans ce pays. Sur le plan politique, ils auront peut-être gardé en mémoire ce double symbole qu’a constitué le choix d’un ambassadeur à la fois femme et juive pour représenter l’émirat de Bahreïn aux Etats-Unis. Et puis, toujours durant la même année, le rôle joué désormais dans le Golfe par une nouvelle génération de femmes (d’hommes) politiques était illustré par le classement, au palmarès de la revue Forbes, de sheikha bint Nasser al-Missned, brillante épouse de l’émir du Qatar (exemple commenté, avec bien d’autres, dans ce bon article de l’agence Associated Press).


Peu avant les élections koweïtiennes, en mars dernier, une femme a été nommée pour la première fois vice-ministre de l’Education et de l’Enseignement du Royaume d’Arabie saoudite, un pays qui occupe une place toute particulière dans la région. Même si l’on peut trouver des explications politiques à l’enthousiasme des journalistes étasuniens ravis de mettre en évidence les progrès de l’allié saoudien, on notera tout de même que, dans le dernier classement des « personnalités les plus influentes dans le monde » établi par la célèbre revue Time, ladite vice-ministre, Nura Al-Faiz, occupe la onzième place.

Comme le souligne de son côté le quotidien en ligneElaph qui parle même de « révolution tranquille » (article en arabe), l’élection - par le pouvoir saoudien - de cette femme est d’autant plus significative qu’elle n’appartient pas à la famille royale mais vient au contraire d’une famille modeste, à l’influence très locale. Un fait également noté par l’auteur de Saudiwoman’s Weblog (tout un programme !), une universitaire qui souligne aussi le fait que la presse a publié une photographie de cette femme ministre « en cheveux ».


(Le lien donné sur le blog renvoie à la photo ci-dessus, et il faut donc croire qu’elle a été changée depuis ; sur la question des codes qui régissent les représentations photographiques, voir l’onglet « image » à droite de ce billet ; sans doute pour la même raison, Time a choisi d’illustrer son article par ce dessin, ci-contre, où l’horrible le dispute au grotesque !)

Oui, tout de même, le Golfe arabe connaît une petite « révolution tranquille » (à suivre, la semaine prochaine, en espérant rester aussi optimiste).
#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 27 août 2008

Festival d’Alexandrie : Le film de Nabil Ayouch déprogrammé

Le metteur en scène Marocain Nabil Ayouch a été désagréablement surpris suite à la déprogrammation de son film "Whatever Lola Wants", de l’ouverture du festival International du Cinéma d’Alexandrie qui se tiendra du 26 au 31 Août 2008.

Dans une communication téléphonique avec le bureau de la MAP au Caire, le réalisateur marocain a affirmé que cette décision est injustifiée et porte préjudice à son film. Elle représenterait selon le réalisateur "un dangereux précédent" dans les annales des festivals de cinéma. Nabil Ayouch a ajouté dans ce cadre que son film ne portait aucunement atteinte au peuple égyptien et qu’il a été salué par plusieurs cinéastes égyptiens comme "reflétant une image authentique de leur pays".

La direction du Festival a quant à elle annoncé dimanche, la déprogrammation du film, justifiant cette décision par le fait que ce long métrage avait déjà fait l’objet de plusieurs projections et ce, dans divers festivals. Elle a donc estimé que son remplacement par le film égyptien "Baisers volés" qui participe également à la compétition, s’avère nécessaire.

Le film "Whatever Lola Wants" se déroule à New-York et au Caire et traite de la problématique du clash des civilisations à travers une histoire d’amour entre une Américaine et un Egyptien. Le film dont la vedette n’est autre que l’américaine Laura Ramsey, a nécessité une enveloppe budgétaire de plus de 10 millions d’euros, soit la production la plus coûteuse de l’histoire du cinéma marocain.

publié le 28 juillet 2011

Festival du film d’Abou Dhabi : un hommage à l’auteur égyptien Mahfouz

[# L’édition 2011 de l’Abu Dhabi Film Festival (ADFF) ouvrira avec une série de films célébrant le 100e anniversaire de l’un des écrivains les plus influents de l’Egypte.#]

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Naguib Mahfouz

[# Naguib Mahfouz, premier lauréat arabe du prix Nobel de littérature, est décédé en 2006 à l’âge de 94 ans.
Dans une carrière qui s’étend sur sept décennies, Mahfouz a écrit plus de 100 histoires courtes et 30 romans, dont la célèbre Trilogie du Caire.
Les huit films basés sur le travail de l’auteur sont encore plus importants à la lumière des soulèvements arabes, déclare Peter Scarlet, directeur exécutif de l’ADFF, prévu du 13 au 22 octobre.
« En ce moment où le monde redécouvre cette ancienne et fascinante nation, l’œuvre de Naguib Mahfouz donne un aperçu unique de ce qu’était la vie en Egypte au siècle précédent, » affirme M. Scarlet.
Intishal Al Tamimi, un des principaux responsables du programme : « Il est impossible d’englober l’entièreté de la longue carrière de Mahfouz dans cette rétrospective, mais nous espérons faire la lumière sur certains des principaux points de repère dans le parcours créatif de l’auteur. »
La rétrospective, dont les détails n’ont pas encore été annoncés, comprendra des films de plusieurs réalisateurs acclamés d’origine égyptienne.#]

publié le 10 octobre 2008

Festival du film du Caire, du 18 au 28 novembre 2008

Fondé en 1976, ce festival s’est fait au fil des ans une place parmi les plus prestigieux rendez-vous du 7e art. Cette importante manifestation cinématographique (le plus ancien festival de cinéma du Moyen-Orient) est l’occasion de découvrir d’intéressantes productions du cinéma arabe et international. Pas moins de 100 films venant de 33 pays sont programmés.

Pour sa 32éme édition, c’est l’Espagne qui sera à l’honneur. C’est également l’occasion de célébrer « la dignité et la justice pour tous », précise le ministre de la culture, Farouk Hosny.

Les membres du jury sont les comédiens Omar Sharif (President honoraire), et Ezzat Abou Ouf (Président), et la directrice du festival Soheir Abdel Kader (Vice présidente).

publié le 3 juillet 2014

FIFA et fitna (2/2) : Viva Palestine !

par Yves Gonzalez-Quijano

Il n’aura pas échappé aux vrais fans du monde arabe qu’au classement officiel de la FIFA – cogéré par Coca-Cola ! – l’Arabie saoudite et le Qatar sont en baisse (respectivement de 15 et 5 points), alors que la Palestine, grâce à sa qualification historique pour la finale de la Coupe d’Asie, fait un bon en avant de 71 points. Quand les nouvelles du terrain sont aussi mauvaises pour eux dans la région, les nationalistes arabes se réjouissent forcément de cette victoire acquise sur les terrains de foot !

Absente de la compétition sportive qui occupe aujourd’hui tous les esprits, la Palestine n’en est pas moins très présente durant ce Mondial brésilien. Alors qu’elle avait été annoncée il y a longtemps déjà, la participation de Mohamed Assaf aux cérémonies d’ouverture aura finalement été annulée au dernier moment. « Des Etats et des acteurs inconnus » se sont en effet ligués pour empêcher la présence, lors de cet événement suivi dans le monde entier, de la star de Gaza, dernier vainqueur en date de l’émission Arab Idol. Malgré le soutien de la Colombienne Shakira (née d’un père libanais), il a donc été exclu de la grande fête.

Le patron de la FIFA, Sepp Blatter (seize ans de pouvoir, une longévité de caudillo arabe, et il sera peut-être encore en place pour le Mondial qatari en 2022), lui a tout de même accordé un strapontin sur le podium en l’invitant à ouvrir le congrès des instances mondiales du foot, qui s’est tenu au Brésil juste avant le Mondial. L’occasion pour la vedette arabe de marquer des points en lançant, à l’issue de sa prestation musicale, un vibrant Viva Palestine que les médias comme il faut ont largement ignoré ! (C’est sur cette vidéo , tout à la fin, 6′.)

Autre victoire palestinienne lors de ce congrès, le (pourtant très modéré) Jibril Rajoub, a obtenu qu’on adresse un sévère avertissement contre la fédération israélienne. Pas le carton rouge, synonyme d’exclusion dont rêvait le patron du foot palestinien car il y a eu des désistements de la part de représentants arabes et musulmans (on n’a pas les noms malheureusement). Mais les Israéliens restent tout de même sous la menace d’un rapport qui doit être examiné lors de la prochaine réunion de la FIFA au Maroc, en décembre prochain.

Il faut dire que cela fait des années que les Israéliens tacklent sévèrement le foot palestinien (document très complet sur la question, mais en arabe). Tout est bon pour gêner les prestations de leurs adversaires : train-train habituels des brimades en tout genre pour empêcher l’amélioration de stades, la venue d’équipements et même d’entraîneurs de l’étranger, sanctions contre des clubs au prétexte de quelques emblèmes nationaux brandis dans les tribunes par des supporters palestiniens et surtout, beaucoup plus grave, entraves aux déplacements des joueurs, y compris lorsqu’ils doivent se rendre à l’étranger pour des compétitions officielles. Preuve que les Israéliens sont loin de jouer fair-play, il leur arrive même de tirer à balles réelles dans les jambes de footballeurs (en arabe)…

Présente au Mondial, la Palestine l’est également grâce au beau parcours de l’Algérie. D’abord, parce que les Palestiniens s’identifient naturellement à la seule équipe arabe : ils se font d’ailleurs taper dessus à Jérusalem lorsqu’ils ont le malheur de sortir le drapeau algérien : supporters arabes en France, vous êtes prévenus ;-). Mais aussi parce que les joueurs algériens ont manifesté de toutes sortes de manière leur nationalisme et leur soutien sans faille à la cause palestinienne. Après le match nul contre la Russie, sésame pour le tour suivant, leur vedette, Soufiane Feghouli, s’est ainsi fendu d’ un tweet pour dédier la victoire aux Algériens et aux Arabes, et tout spécialement aux Palestiniens.

Un message qui s’inscrit dans une grande vague de réconciliation arabe et qui rompt totalement avec ce que l’on observe depuis des mois dans la région. Alors qu’on se déchire joyeusement entre « frères arabes » depuis des mois et même des années, la fête du foot est l’occasion de quitter les drames à répétition de la fitna. Côté tribunes officielles, Bouteflika applaudit une équipe qui n’a pas déçu les espoirs arabe, musulmans et africains, tandis que ses coéquipiers dans l’équipe des dirigeants régionaux lui ont fait part de leurs félicitations officielles. Côté tribunes populaires, les supporters ne manquent pas une occasion d’exprimer leur attachement à la grande nation arabe. Brandissant drapeaux palestiniens et agitant des keffiehs, ils font résonner les stades brésiliens de leur chanson fétiche Shouhada Filastine (Martyrs de Palestine, paroles en arbizi ici). Même le très saoudien Elaph entre dans la partie en saluant la cohésion charnelle (talâhum) du peuple des supporters arabes !

Oubliées les vieilles querelles fratricides ! Les Egyptiens se sont mis à soutenir ceux qui les ont pourtant éliminés des qualifications au Mondial, une vraie crise pas totalement diplomatique à l’époque ! Quant à ceux qui cherchent à semer la zizanie, en soulignant par exemple que c’est un Marocain (d’origine) qui a fait perdre l’Algérie (2-1 pour les Belges), le public n’est plus avec eux. Lorsque des excités ont voulu se venger en brûlant le drapeau marocain, Soufiane Feghouli a remis la balle au centre : ce milieu de terrain, un ancien international français qui a opté pour l’équipe nationale de son pays d’origine, a montré l’excellence de sa vision du jeu politique en remerciant les supporters du pays voisin par une photo, prise devant son hôtel, où on le voit avec le drapeau marocain.

Comme personne ne l’ignore ou presque, le prochain match contre les Allemands est l’occasion, pour les Algériens, de réparer l’injustice flagrante d’un match « arrangé » avec l’Autriche qui les avait éliminé en 1982 malgré leur victoire contre les « machines germaniques » (c’est souvent ainsi qu’ils sont présentés dans la presse arabophone, et il y a même une page Facebook !) Si les « Fennecs » devaient l’emporter, on n’a pas fini d’entendre parler de la Palestine au Brésil !

Viva Filastin !

On a commencé avec le classement FIFA-Cola, on terminera sur la même note ! En prime, cette hallucinante vidéo de promotion à la gloire des footballeuses palestiniennes et (fort bien) réalisée par (la branche palestinienne de) la société Coca-Cola ! Ne cherchez pas une allusion directe à l’occupation israélienne, il n’y en a pas ! Mais Coca-Cola/FIFA sauvera le monde (arabe)…

publié le 23 septembre 2008

France 2 célèbre le Ramadan

La Nuit du Ramadan, la soirée spéciale que France 2 consacre chaque année à cette période de jeûne, sera diffusée ce soir à 0h50. En coproduction avec Vivre l’Islam, cette émission se veut être un moment de fête et de spiritualité. Présentée par Olivier Minne et Farida Khelfa, cette veillée sera ponctuée de chansons, de danses et de reportages. Seul bémol : une programmation tardive.

Faudel, Thomas Dutronc, Grand Corps Malade, Orchestre National de Barbès , Mouss et Hakim (ex-Zebda), Zaho... et d’autres sont à l’affiche de ce divertissement qui se veut grand public, à la différence des précédentes années. Cette année, l’émission est coproduite par France 2 et Vivre l’Islam, qui propose l’émission Islam, diffusé le dimanche matin sur France 2. " Il s’agit d’une émission de divertissement " explique Djelloul Beghoura, producteur délégué de l’émission Islam - et co-responsable du contenu de La Nuit du Ramadan. " Ce n’est pas une émission communautaire ni communautariste " poursuit-il. " Elle s’adresse d’abord à la communauté musulmane de France, mais aussi à tous les publics. Avant, elle était faite dans le cadre des Mots de minuits (émission culturelle, ndlr), aujourd’hui, nous voulons toucher un public plus large ".

Présentée par l’animateur Olivier Minne et l’actrice Farida Khelfa *, la soirée alternera musique, danses, chants et reportages illustrant " la culture musulmane " selon la chaîne dé télévision. Les téléspectacteurs pourront découvrir les festivals de Carthage (Tunisie), Timgad (Algérie) et celui de musiques Gnawa d’Essaouira (Maroc) ainsi que des reportages sur le " Ramadan à Paris et Marseille ".

" Nous avons essayé de faire comme si nous racontions une histoire, dans un décor moderne, avec un univers propre à chaque artiste, avec un clin d’œil aux Mille et Une Nuits, pas dans le décor mais dans la manière de présenter. Le décor lumineux donne lui une dimension spirituelle ". L’émission n’est pas une soirée enregistrée mais une vraie émission enregistrée en studio, avec un " travail sur le plan de la mise en scène, les artistes enregistrant de leur côté dans un studio " raconte le coproducteur. Selon Djelloul Beghoura, les reportages doivent eux " apporter des éléments pour mieux comprendre le Ramadan ", et de citer un des reportages de l’émission qui montre deux jumelles, dans leur famille, qui font le Ramadan pour la première fois, mettant en valeur la double dimension du jeûne, celle de la solidarité et celle spirituelle.

Seul regret pour Djelloul Beghoura : la programmation à 0h50. " Malheureusement, c’est ce qui nous attriste un peu, bien que ça a toujours été programmé tard le soir. Une émission comme celle-là mériterait de passer en seconde partie de soirée. L’année prochaine, on aimerait un horaire plus décent ". L’éternelle course à l’audience a de beaux jours devant elle.

* Elle a joué dernièrement la mère d’Hafsia Herzi dans le film "Française" de XXX , et aussi dans "Paris" de Cédric Klapisch sorti au début de l’année.

publié le 26 octobre 2009

Gaza, bientôt un an après…

[#Gaza, la Palestine : des noms qui reviennent dans nos informations au gré de l’actualité politique d’une population, au mieux désincarnée, au pire diabolisée. Plus encore que dans le reste du monde arabe, les Palestiniens n’ont d’existence que comme « problème », en dépit d’un combat national qui n’est évoqué, de plus en plus souvent, que par le seul prisme de l’islam. Et c’est pour cela qu’il faut, encore plus qu’ailleurs, être attentif à ce que dit une création artistique dont, en général, on ignore tout ou presque.#]

Cet été, le public de Ramallah a pu assister à la projection d’un film d’animation palestinien. Réalisé en infographie 3D avec un budget de 60 000 dollars (grâce au soutien de l’Organisation mondiale de la santé), Fatina (فاتنة), qui a demandé plus d’une année et demie de travail, dure un peu plus de 30 minutes. Né en Irak en 1976, son réalisateur-animateur, Ahmad Habash ( أحمد حبش : photo et bio en français) vit depuis 1999 dans les Territoires occupés qu’il n’a quittés qu’en 2004, le temps de compléter en Grande-Bretagne une formation technique entamée en 1993 au Caire.

Fatina raconte une histoire réelle, rapportée en 2005 par un groupe de médecins israéliens militant au sein de Physicians for Human Rights. Une histoire de tous les jours, celle d’une jeune femme de Gaza atteinte d’un cancer du sein. Subissant les conditions ordinaires de la vie dans cette prison à ciel ouvert, avec ses coupures de courant, ses bouclages et ses privations, Fatina est d’abord victime de la médiocrité des soins qu’elle peut recevoir : médecins imbéciles que sa maladie met mal à l’aise et qui lui suggèrent de changer de soutien-gorge ou de se marier, quand ils ne décident pas une opération inutile mais lucrative.

L’unique solution passe par un traitement en Israël. Pour s’y rendre, il faut donc obtenir une autorisation et passer les contrôles de sécurité au « point de passage » – l’expression consacrée pour cette frontière qui n’est même pas reconnue comme telle – d’Erez. Une des scènes les plus fortes du film (illustration ci-dessus) montre – pudiquement – l’héroïne contrainte de se dénuder devant une soldate pour attester de sa maladie. (Dans la réalité, selon le rapport de PHR, elle s’écroule au sol, de faiblesse et de honte, et un soldat lui ordonne de retourner d’où elle vient.)

Grâce à la persévérance d’organisations militantes israéliennes, Fatina finira par être traitée, humainement, à l’hôpital Tell-Hashmir, près de Tel Aviv, mais trop tard pour qu’elle puisse survivre. Elle regagnera Gaza où elle décèdera peu après.

Rien qu’une histoire ordinaire à Gaza où, bientôt un an après les bombardements, près d’un million et demi de personnes vivent dans des conditions que la Turquie est la seule ou presque à condamner avec force (intéressante analyse sur lesite de De defensa).

Une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU aura donc permis l’adoption du rapport Goldstone, là où l’armée israélienne a agi avec “des gants de velours” selon les termes du ministre de l’Intérieur et vice-premier ministre israélien… En 2005, 5% des demandes de patients nécessitant un traitement contre le cancer étaient reçues par les autorités israéliennes. Combien meurent aujourd’hui faute de soins ?

La bande-annonce de Fatina est visible sur le site du film mais on trouve également sur internet une vidéo (en anglais) très intéressante avec des extraits du film et des commentaires (très compréhensibles en anglais) du réalisateur et du producteur. Une bonne partie des informations de ce billet sont reprises de cet article (en français), qui reprend une information donnée par la BBC (avec l’inévitable allusion aux méfaits du Hamas).

Le travail d’Ahmad Habash peut être découvert à travers son site personnel. Deux courts métrages d’animation sont visibles sur la Toile, Flee (2006) et Red Faether (2007) mais on peut leur préférer une étonnante animation à base de dessins sur du sable.

Une vidéo de ce réalisateur-animateur palestinien est également disponible sur Seensoon, un site (en français, anglais et arabe) qui s’efforce d’ouvrir d’utiles fenêtres sur la création artistique actuelle en Palestine.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
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publié le 8 janvier 2010

Gaza, un an après l’offensive israélienne

Le 27 décembre 2008, l’opération militaire israélienne "Plomb durci" était lancée sur la bande de Gaza. Elle s’est caractérisée par des raids et des bombardements aériens intensifs, ainsi que par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009. Après 22 jours, la guerre de Gaza prend fin le 18 janvier 2009.

Le bilan est lourd : près de 1 300 Palestiniens tués (parmi lesquels 900 civils dont 300 enfants) et environ 5 300 blessés. Quelles sont les conséquences - humanitaires, médicales et économiques - de cette guerre ? Comment se ressentent-elles encore aujourd’hui ?

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Gaza, janvier 2009. Victime de "Plomb durci"
© Frederic Sautereau / Oeil Public

Si les problèmes rencontrés par le secteur de la santé palestinien de Gaza sont encore plus criants aujourd’hui, après que la violence eut atteint son paroxysme avec l’opération il y a un an, ils étaient déjà pré-existants et persistants, et ce en dehors de ce type d’épisode de violence extrême.

La capacité du système de santé à fonctionner correctement est aujourd’hui très affaiblie. Une bonne partie de l’équipement médical n’est pas fiable et, du fait de l’embargo, il est très difficile de faire rentrer certaines pièces détachées. Les services médicaux doivent également faire face à des pénuries de médicaments.

Plus de 5 000 personnes ont été blessées pendant la guerre de janvier. Depuis, beaucoup sont handicapées et le seul centre de rééducation de la bande de Gaza a lui aussi du mal à importer les matières premières et les composants nécessaires à la production de membres artificiels. L’attente pour enfin être appareillé ou recevoir une prothèse s’étire jusqu’à la mi-2010.

Et, alors que 150 personnes handicapées attendent, des munitions non-explosées continuent de tuer ou de blesser. « Deux enfants sont morts et trois au moins ont été blessés en jouant avec ces munitions. Après un an, les enfants de Gaza perdent encore la vie suite à la guerre » déplore Jean-Luc Lambert, chef de mission MSF.

Les personnes défigurées et/ou brûlées devraient pouvoir bénéficier d’une intervention en chirurgie plastique et de soins post-opératoires. Or le seul chirurgien plastique de Gaza peine à prendre tout le monde en charge, d’autant que les accidents domestiques, comme les explosions de bouteilles de gaz, et les affrontements inter-palestiniens continuent de faire leur lot de victimes.

On estime que 40% des patients souffrant d’une maladie chronique n’ont pas pu recevoir leur traitement pendant l’offensive de janvier (la priorité étant alors donnée aux urgences vitales). Cela a bien évidemment un impact à long terme sur la santé de ces patients. « La chimiothérapie - qui combine souvent trois médicaments, alors que seuls deux sont disponibles à Gaza - est partiellement disponible. Et, alors que 30% de la totalité des cancers à Gaza concernent le sein, il est impossible d’importer le produit chimique utilisé pour les rayons X nécessaires à la mammographie » constate Jean-Luc.

Les patients ne pouvant être pris en charge dans la bande de Gaza devraient être soignés en dehors du Territoire, mais les demandes d’autorisation de sortie sont si compliquées à obtenir, aussi bien du côté Israélien que du côté palestinien, que certains ne peuvent quitter Gaza à temps pour leurs rendez-vous.

L’impact psychologique de " Plomb durci " est difficile à mesurer. « L’équipe de psychologues MSF doit répondre à un afflux de demandes. La liste d’attente est conséquente. » Les enfants sont particulièrement touchés (échec ou absentéisme scolaire, agressivité, énurésie...)

La violence domestique est devenue un vrai problème social. « Pendant la guerre, le manque d’abris sûrs contre des bombardements quasi-continuels et la fermeture hermétique et continue des frontières ont placé la population civile, prise au piège, dans une position extrêmement vulnérable. Les gens ont perdu tout sens de la sécurité, composante fondamentale du bien-être psychologique général ». Selon l’OMS, entre 20 000 et 50 000 personnes vont continuer à souffrir d’affections mentales, à long terme, suite à l’offensive.

Un marasme économique. Les moyens d’existence ont été systématiquement détruits, notamment en janvier dernier. De nombreuses petites entreprises, industrielles et commerciales, ainsi que des maisons privées ont été anéanties ou fortement endommagées. Le montant de ces destructions atteint un coût total estimé, selon les Nations Unies, de 139 millions de dollars.

140 000 Gazaouïs sont aujourd’hui sans emploi, c’est 50% de la population qui est au chômage (contre 32% en 2007). « Ces chiffres sont parmi les plus élevés du monde. L’imposition du blocus est à l’origine de la perte de 120 000 emplois dans le secteur privé. Or, en moyenne, chaque travailleur doit faire vivre 6-7 membres de sa famille et ce alors que 70% des familles vivent avec moins de 1 dollar par jour. Aujourd’hui, 75% de la population de Gaza, soit plus de 1,1 millions de personnes, dépendent de l’aide alimentaire ».

Les restrictions liées à la sécurité renforcée, la dernière offensive militaire, la limitation de plus en plus drastique des zones de pêche et d’agriculture affectent l’approvisionnement alimentaire et provoquent des fluctuations majeures sur les prix. En janvier 2007, plus de 600 chargements entraient chaque jour dans Gaza, aujourd’hui on en compte moins de 100, dont 70% concernent les produits alimentaires.

Enfin, à l’approche de l’hiver, les limitations sur les importations des matériaux de construction vont encore dégrader des conditions de vie déjà précaires pour les 20 000 déplacés vivant toujours pour la plupart, un an après, sous des abris de fortune ou dans les décombres de ce qui reste de leur maison.

Pénurie en électricité, en eau et en assainissement. Lors de "Plomb durci ", des infrastructures cruciales pour l’approvisionnement en électricité et en eau, ainsi que le système d’assainissement ont été visés et partiellement détruits. « Il ne subsiste qu’une seule centrale électrique sur Gaza. 60% des besoins en énergie sont pourvus grâce à l’achat d’électricité en Israël et en Egypte. Les coupures de courant, qui durent de 4 à 8 heures, sont quotidiennes et 10% de la population n’a pas du tout accès à l’électricité ».

Le système d’alimentation en eau est lui aussi extrêmement fragile et 90% de l’eau fournie aux habitants de Gaza est - selon les normes de l’OMS - impropre à la consommation. Chaque jour, ce sont environ 80 millions de litres d’eaux usées, ne pouvant pas être traitées, qui sont déversés dans la Méditerranée, avec tous les risques pour la santé et l’environnement, notamment sur les produits de la pêche, que cela induit. Les cas de maladies dues à l’eau, comme les diarrhées aiguës, augmentent. Or, aucune reconstruction ou réparation majeure de ces infrastructures publiques n’a pu, à ce jour, être effectuée.

« Il est vraiment urgent aujourd’hui de lever le blocus. Tout manque, y compris les livres ou les crayons. Hôpitaux et écoles n’ont plus ni fenêtres ni toits. Tout doit être reconstruit : les maisons, les structures de santé, les infrastructures publiques... Ensuite la population pourra à son tour se reconstruire, physiquement et psychologiquement » conclut Jean-Luc.

Médecins Sans Frontières

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publié le 24 janvier 2010

Global Mufti vs Al-Azhar : le “mur d’acier” de Gaza

[#« En islam, il n’y a pas de clergé ! » Cette idée reçue mérite qu’on s’y arrête un moment, au moins pour ce qui est de l’islam dans les pays arabes. Bien entendu, si l’on veut transposer le modèle organisationnel mis en place au fil des siècles par l’Eglise catholique, on ne trouvera pas l’exact équivalent des « professionnels de la religion » – que Dieu nous pardonne une telle expression ! Néanmoins, depuis l’époque contemporaine (au sens historique du terme, c’est-à-dire avec le début du XIXe s.) et plus encore depuis que la constitution des Etats arabes modernes, la « gestion des biens de salut » sont clairement devenu un « métier », avec ses filières de formation, ses institutions et tout ce qui compose un « champ religieux ».#]

[#Celui-ci s’est donc partiellement « autonomisé », en créant ainsi une dynamique entre différents protagonistes qui ne sont pas tous dotés du même capital religieux. Cependant, à l’extérieur du champ, d’autres facteurs ont joué un rôle tout aussi important : l’urbanisation, la scolarisation, la modification des modes de vie ont changé la donne, et plus encore sans doute les transformations successives des communications qui ont bouleversé la hiérarchie traditionnelle du savoir religieux. En parallèle mais aussi en rivalité avec les grands noms reconnus par les structures traditionnelles, on a vu apparaître de nouvelles « autorités » : dans les années 1960, les cheikhs de la radio et des cassettes audio, vite suivis par les premières stars de la prédication télé (avec cheikh Shaarawi comme modèle sans doute). Depuis la révolution médiatique des télévisions satellitaires (les années 1990) et celle d’internet, la prolifération des canaux et des messages a fini par totalement brouiller un paysage religieux où tout le monde et n’importe qui, ou presque, peut intervenir. (D’où, au passage, ces fatwas « abracadabrantesques » qui font à la fois rire et pleurer, mais qu’il conviendrait de replacer dans leur contexte, sachant qu’une religion ne se réduit pas au discours d’un imam, pas plus qu’à celui d’un prêtre ou d’un rabbin).

L’autre grand paramètre des interactions à l’intérieur du champ, c’est bien entendu la sphère politique, et en premier lieu l’Etat qui peut par exemple favoriser les carrières des personnalités les plus souples, ou sanctionner ceux qui s’obstinent à ne pas suivre ses injonctions. Dernier scandale lié à l’ intervention du pouvoir dans la sphère religieuse, le « mur d’acier » que le gouvernement Moubarak s’emploie actuellement à ériger sur sa frontière avec la bande de Gaza, pour mettre fin à la contrebande et donc, il faut bien l’admettre, pour compléter l’enfermement décrété par les Israéliens.


Il va de soi qu’on trouve assez peu de personnalités publiques dans le monde arabe pour défendre un barrière qui va contribuer à renforcer le piège qui s’est refermé, depuis un an environ, sur un million et demi de personnes, lesquelles n’ont d’autre tort que de vivre en un endroit où des élections démocratiques ont porté au pouvoir le Hamas. Pour tenter de convaincre les foules qui semblent bien lui faire défaut, le pouvoir égyptien a appelé en renfort la principale institution religieuse du pays, Al-Azhar. Son recteur, Mohammed Sayyed Tantawi (محمد سيد طنطاوي ) , est donc sorti d’une réunion de l’Académie des recherches islamiques (مجمع البحوث الاسلامية) juste à la fin de l’année dernière, en déclarant que s’opposer à la construction de cette barrière métallique, placée là pour défendre la souveraineté nationale et empêcher le contrebande de drogue (sic !), revenait à violer les saints commandements de la loi islamique. Bien qu’il ait déjà eu l’occasion de pratiquer cet exercice humiliant à maintes reprises (notamment pour le président Sarkozy voir ce précédent billet), le recteur a paraît-il quitté les lieux particulièrement rapidement.

Naturellement, une telle déclaration a suscité un tir de barrage de la part de nombreux confrères, trop heureux de donner des cours d’exégèse sur un terrain où l’opinion leur est favorable. En tête, et c’est un peu ennuyeux pour le pouvoir égyptien, rien moins que le global imam Youssef al-Qardâwi qui assume sans complexe – et via nombre de télévisions satellitaires à commencer par Al-Jazeera – un leadership spirituel dans le monde arabe, et même au-delà, que bien peu peuvent lui disputer. Souvent qualifié d’extrémiste, le dirigeant de la Conférence mondiale des imams, qui possède un passeport qatari après avoir été déchu de sa nationalité égyptienne par Nasser paraît-il, ne s’en fait pas moins le chantre de la « voie moyenne » (wasatiyya), un placement à mi-chemin des outrances de l’extrémisme militant et des audaces réformatrices qui lui réussit à merveille et qui lui permet, entre autres exemples, tantôt de dénoncer la menace chiite en Egypte, tantôt de soutenir la mixité (ikhtilât) dans la toute nouvelle King Abdullah University for Science and Technology en Arabie saoudite (article en arabe dans Elaph.

Pour ne pas arranger les choses, nombre d’organisations d’imams (car il y en a une voire plusieurs dans chaque pays) lui ont emboîté le pas. Au Yémen, en Arabie saoudite, au Soudan, mais aussi en Jordanie ou au Liban, les autorités religieuses ont pris la parole pour expliquer que la construction de ce « mur d’acier » pouvait être considérée comme un péché, et même un péché grave, puisqu’il pouvait entraîner la mort de tout un peuple (article en arabe dans Al-Quds al-arabi). Les plus modérés se sont contentés de dire que le recteur d’Al-Azhar aurait pu se dispenser d’une telle déclaration, ou bien au moins accompagner le nécessaire ( ?) appel à l’arrêt de la contrebande d’un vœu (pieux ?) pour l’ouverture de la frontière légale avec l’Egypte (article en arabe dans le très modéré Al-Hayat)… Même au sein d’Al-Azhar, les religieux du turbulent « Front des oulémas » (جبهة علماءالأزهر) sont partis en manif, et nombre de « petits imams » ont refusé de lire le prêche du vendredi rédigé par le ministère (car c’est comme cela que ça se passe). Pour l’instant, ils sont 17 à avoir reçu un blâme accompagné d’une retenue sur salaire, mais il n’est pas exclu que les choses aillent plus loin et que l’administration – cela s’appelle le ministère des Waqfs – « nettoie » la profession !

Il ne s’est trouvé qu’une voix pour prendre le parti du recteur d’Al-Azhar, mais c’est presque pire ! En Cisjordanie, territoire sous l’assez virtuelle Autorité palestinienne, le ministre des Cultes (le ministère des Waqfs en fait) a cru bon de voler à son secours en déclarant que l’Egypte avait bien le droit de faire respecter la loi sur son sol (y compris en affamant encore un peu plus les Palestiniens de Gaza)… Il a également fait distribuer, c’était il y a quelques jours, un prêche comportant une attaque en règle contre Qardawi. Les malheureux imams qui ont pensé à leur salaire et qui se sont risqués à obéir aux instructions des « chefs du ministère » à Ramallah n’ont même pas pu finir leur sermon. Dans certains cas (à El-Bireh notamment), la police a dû intervenir pour mettre fin aux bagarres dans la mosquée ! (article en arabe dans Al-Quds al-arabi)

Inutile de dire que la « fatwa » (techniquement ce n’en est pas une) de Tantawi n’a pas vraiment renforcé la popularité de la politique du gouvernement égyptien, et que la déclaration de son homologue à Ramallah ne contribue pas à redorer le blason de l’Autorité palestinienne. Il ne faut pas être grand clerc, quand on est musulman – et pas seulement – pour se faire sa propre religion sur la question de Gaza !#]

[#
Côté culture, au sens strict du terme, on apprend que le grand acteur syrien Khalid Taja (portrait en anglais dans Middle-East Online), qui n’a pas craint, à l’âge de 70 ans, d’accompagner d’autres acteurs pour manifester sa solidarité avec les habitants de Gaza, s’apprête à tourner un film qui racontera la vie des tunneliers. Produit par le Tunisien Shawqi al-Majiri, autre grand nom du 7e art arabe qui a notamment réalisé le feuilleton L’invasion (الإجتياح : on en a parlé ici), le film s’intitulera Le Royaume des fourmis (مملكة النمل).

On peut également se faire une idée de la popularité de cheikh Youssef Qardawi en lisant cet article, dans Islam Online, qui relate la représentation d’une pièce de théâtre récemment présentée au Qatar. Intitulée Al-Qardawi, imam dans/par une nation (Al-Qardâwi, imâm bi-‘umma (القرضاوي إمام بأمة), elle relate, sur fond de biographie réelle, un procès imaginaire qui se solde par la victoire de l’imam contre les démons jaloux et hypocrites !

L’illustration est la couverture d’un livre que je n’ai pas lu (The Global Mufti : The Phenomenon of Yusuf Al-Qaradawi par Bettina Gräf and Jakob Skovgaard-Petersen (Eds.). Si Qardawi vous intéresse, je recommande de lire en ligne le long et intéressant Portrait of a leading Islamic cleric par Ana Belen-Soage.#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/
Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 30 janvier 2011

Hicham Lahlou détourne l’art urbain vers le design par ses célèbres signatures

Par Rahma RACHDI

[#Que celui qui ne connaît pas Hicham Lahlou se lève de son siège…et vérifie aussitôt qu’il n’est pas signé du désormais notoire designer Marocain ! Si vous avez l’occasion de vous déplacer à Rabat ou Agadir, faites une halte sous les abribus blancs sur verre sobres aux formes épurées rehaussés d’une mini frise mauresque rappelant l’origine Marocaine de son concepteur. Vous verrez que la halte en vaut le détour authentique !#]

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Abribus signé Hicham Lahlou

[#
Quand on lui demande ce qui l’inspire Hicham nous répond avec la modestie qui le caractérise « L’autre, celui qui me ressemble et est différent par sa culture, son origine, son patrimoine, ses traditions. Je suis fasciné par les Etats Unis où j’ai vécu et travaillé, ce pays qui n’a que 500 ans d’histoire a réussit à imposer son style qui a fait que l’on porte des jeans, boive du coca et travaille à l’américaine…J’adore aussi l’Asie, le Moyen Orient. Mais d’un point de vue de l’architecture, le pays qui m’a le plus inspiré c’est l’Allemagne ».

Hicham Lahlou, du haut de ses trente huit ans fait déjà figure de proue dans le monde élitiste et très fermé du design. Ce jeune homme volubile, dynamique, éternellement souriant, généreux et optimiste est non seulement bourré de talent mais d’humour. C’est ce qui doit expliquer qu’à force de ne pas se prendre trop au sérieux, il se soit concentré sur l’essentiel : sa créativité, qui ne cesse d’en étonner plus d’un. D’abord parce que c’est un bon produit robuste et structuré de l’Académie Charpentier (Diplôme d’Architecte d’Intérieur & Designer obtenu en 1995 à Paris) qui a donc fait ses armes dans l’école du classicisme, et puis parce que c’est un original dans sa propre conception du design. Hicham Lahlou c’est un mélange savamment dosé d’authenticité affirmée, de poésie sensible, d’avant-gardisme et de mixité des références culturelles, générant des œuvres très abouties et personnelles…en accord avec son nom qui littéralement veut dire en arabe « sucré » ou « délicieux ».

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Théière « Koubba » signé Hicham Lahlou

Si vous avez la chance de croiser cet être passionné et humble, au hasard d’une soirée ou entre deux avions, dans un aéroport, n’hésitez pas à l’aborder, il vous fera passer un moment inoubliable en vos contant ses aventures architecturales et de design, au détour d’une histoire qui agrémente presque chacune de ses œuvres et en justifie ainsi leur unicité…
C’est pourquoi quand la légendaire maison horlogère Lip, vieille de 140 ans de traditions a voulu redonner un coup de jeune à l’une de ses montres phares, l’a confié sans hésiter à Hicham Lahlou, qui la redessina, avec un double cadran, français arabe, s’offrant même la délicate audace de renommer la version femme « Lalla » (qui veut dire, « My Lady » en arabe). Et là où d’autres n’y verraient qu’une démarche purement marketing, Hicham Lahlou lui explique que « Se basant sur un principe de dualité traduisant un langage à la fois stylistique et métaphorique, j’ai souhaité doter ce concept de montre d’un double cadran à double affichage dans un style graphique et raffiné où contrastent courbes et angles droits, une montre qui parcourt le temps et franchit les distances, reliant deux rives, deux pays, deux continents… ». (Exposée et vendue chez Colette Paris)

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Baignoire Aquamass signé Hicham Lahlou

Depuis, il se plait à faire du « branding » (Associe sa personnalité artistique forte à son nom, qui en devient une marque de fabrique). Le mobilier, les arts de la table, les packagings, les luminaires, les abribus, les baignoires incurvées, rien ne semble lui résister. Une simple histoire, la sienne, la votre, celle de tout le monde suffit à lui insuffler LA bonne idée, qui germera puis se transformera en objet des plus incroyables, et novateurs. Hicham Lahlou a la particularité d’être là où on ne l’attend pas, même s’il reste fidèle à son identité, il a désormais marqué de son sceau le sillon d’un parcours à la fois long et chargé d’expériences qui l’ont forgé au fil du temps et le bonifient sans cesse par ses remises en questions. Celui qui allie modernisme et tradition, universalité et unicité, se voit comparé à Philippe Starck (A tord ou à raison), car il est en effet un genre de pionner du design Marocain en particulier et Arabe en général, comme le fut la célèbre Zaha Hadid (Britannique d’origine Irakienne, ayant réalisé l’opéra de Cardiff, de Canton, le musée Guggenheim de Taiwan, le Dôme millénaire de Londres et bientôt l’Aquatic Center des JO de Londres 2012).
Sélectionné pour figurer aux côtés de Jean Nouvel, Ron Arad, Andrée Putman, Karim Rashid, Zaha Hadid, Tadao Ando, Bernard Khoury, Franck Guehry dans l’ouvrage «  In The Arab World…now » (Des éditions Enirco Navarra it Paris), le voilà désormais lancé dans la rampe glissante des grands noms du design de l’architecture et croyez vous que cela lui donnerait la grosse tête ? Eh bien, non bien au contraire il s’en amuse et s’étonne lui même de son succès, avec une candeur déconcertante. Et c’est peut être à cela que l’on reconnait les grands artistes, au fait qu’ils aient une grande âme qui plus est sensible...#]Hicham Lahou exposait au salon Maison&Objets édition 2011 :
http://www.maison-objet.com/fr/index.php?page=talents-a-la-carte-maroc

publié le 13 novembre 2006

Inoffensive la « chicha » ?

Le sac renfermant chicha et tabac à la saveur de pomme est devenu le souvenir obligé rapporté par de nombreux touristes d’Égypte.
Mais si les « chicha lounges » sont à la mode en Occident, la dépendance au narguilé -comme la chicha est appelée dans d’autres pays du Proche-Orient- gagne rapidement du terrain en Égypte et suscite l’inquiétude des responsables de la santé.

« Je la crois moins nocive pour la santé que la cigarette, parce qu’elle (la fumée) passe par l’eau avant d’être aspirée », dit une jeune touriste néerlandaise, en tirant très fort sur le tuyau de sa chicha dans le bazar de Khan Khalili, au Caire.

Les experts du domaine de la santé tentent de briser cette image inoffensive de la pipe orientale, munie d’un long tuyau communiquant avec un flacon d’eau aromatisée que la fumée traverse avant d’arriver à la bouche du fumeur.

« Il ne s’agit pas seulement d’une mode à l’étranger, elle devient aussi de plus en plus populaire dans la région », déclare Fatima al-Awwa, du bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Le problème de la chicha a longtemps été ignoré mais la réalité est étonnante », ajoute ce médecin responsable de l’Initiative sans tabac.

« Une heure de chicha équivaut à entre 100 et 200 cigarettes », affirme Mme Awwa à l’AFP, expliquant que pour la même quantité de nicotine, la chicha expose les fumeurs à une plus grande quantité de fumée que les cigarettes.

Une étude de l’OMS révèle que le fumeur de narguilé est exposé à de plus importantes quantités de nicotine, de monoxyde de carbone et d’autres toxines que le fumeur de cigarettes.

L’étude souligne que la force nécessaire pour aspirer l’air à travers le tuyau permet à la fumée de pénétrer plus profondément dans les poumons.

Une étude égyptienne, menée par l’ancien ministre de la Santé Awad Tag-Eddine, rend également le narguilé responsable du retour de la tuberculose en Égypte, l’un des pays les plus touchés par le tabagisme au monde.

« Une moyenne de 2,5% du revenu du foyer est dépensée en tabac en Égypte, plus que les sommes allouées à la santé et aux loisirs », déclare Mme Awwa.

Sur le mur de son bureau, est accrochée une fatwa de l’ex-mufti d’Égypte, affirmant que fumer est contraire à l’islam.

Le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali, s’est déclaré inquiet de l’impact de cette mode. Un projet de loi sera soumis lors de la nouvelle session du parlement pour imposer une nouvelle taxe de 10% sur le tabac, a-t-il affirmé à l’AFP.

« Les Egyptiens consomment 20 millions de cigarettes par jour. Il n’y a pas de chiffres précis pour la chicha mais elle est devenue une tendance », selon M. Gabali.

« La nouvelle taxe devrait engendrer 800 millions de livres égyptiennes, qui iront aux assurances médicales », a-t-il précisé.

Mme Awwa souligne l’absence de règles de production du tabac pour chicha, contrairement aux cigarettes.

Plutôt qu’une dépendance, fumer la chicha est perçu comme l’occasion pour les fumeurs de bavarder pendant des heures, chez eux ou dans les cafés, en se passant le
tuyau.

Autrefois passe-temps des hommes issus des classes modestes, fumer la chicha est devenu un phénomène de mode, largement adopté par les jeunes Egyptiennes.

« Les femmes qui fument des cigarettes sont mal perçues en Égypte, mais la chicha, c’est amusant et je ne la crois pas nocive », estime Hoda, jeune femme voilée de 20 ans, en tirant sur sa chicha dans un café à la mode offrant du tabac au goût de melon ou de cappuccino.

Le nom chicha est une déformation du mot hachich, la consommation de cette drogue étant l’usage initial de cet instrument.

Au café Zahret Strand, au centre du Caire, la campagne anti-tabac égyptienne ne semble pas avoir d’impact.

Mohamed, veuf de 61 ans élégamment vêtu, vient fumer deux chichas chaque soir. « Je suis certain que c’est mauvais pour la santé, mais c’est mon cadeau de la journée », dit-il. « Si la chicha ne me tue pas, autre chose le fera. C’est à Dieu d’en décider ».
Source : AFP

publié le 20 novembre 2014

Institut du monde Arabe – Expositions : Le Maroc contemporain

Une grande exposition événement qui, sur 2 500 mètres carrés et dans tout l’IMA, présentera le travail de plus de 80 artistes vivants (plasticiens, designers, vidéastes, architectes, créateurs de mode…), représentant la multiplicité des courants artistiques ainsi que la diversité culturelle, linguistique, ethnique et confessionnelle marocaine. Cette exposition sera l’une des plus importantes expositions jamais consacrées en France à la scène artistique contemporaine d’un pays étranger.

INSTITUT DU MONDE ARABE, du 15 octobre 2014 au 25 janvier 2015

publié le 23 janvier 2010

Interview de Jermaine Jackson sur Al Arabyia

Dans une interview exclusive donné à la chaine satellittaire arabe Al Arabiya, le frère de Mickeal Jackson, Jermaine Jackson revient sur la mort de son frère et précise qu’il avait envisagé de se convertir à l’islam notamment lors de son séjour à Bahrein.
Germaine Jackson est converti à l’Islam depuis la fin des années 80.

publié le 7 avril 2011

Interview de M. Al-Belooshi, Ambassadeur du Bahrein en France

[#Dans un entretien réalisé par la Chambre de commerce franco-arabe, l’Ambassadeur du Bahrein en France, M. Al-Belooshi livre son analyse sur la situation dans son pays.#]

[# Quelle est la situation aujourd’hui à Bahreïn après l’intervention des forces armées « Bouclier de la Péninsule » pour soutenir les autorités bahreïnies à rétablir l’ordre ?

Les Forces de coalition du Conseil de Coopération des pays
du Golfe (CCG) appelées « Bouclier de la péninsule », sont
arrivées le lundi 14 mars 2011 au Royaume de Bahreïn, suite
aux évènements récents, afin de s’interposer comme force de
dissuasion et d’aider à assurer la sécurité des citoyens, des
infrastructures publiques stratégiques telles que les raffineries,
société d’électricité, banques et autres.

L’intervention de ces forces émane du principe d’unité et
d’interdépendance en termes de sécurité du CCG, ainsi que
de la responsabilité commune des pays membres dans le
maintien de l’ordre, de la stabilité et de la protection de leurs
réalisations.

Auparavant, au cours d’une réunion, les Ministres des
Affaires étrangères des pays du CCG avaient affirmé leur
objectif commun de faire face à tout danger menaçant l’un de
leurs pays. Ils ont considéré la sécurité et la stabilité de leurs
pays et de leurs institutions comme étant intégrales et inséparables.

Ces accords ont été établis dans l’objectif de dissuader tous
ceux qui auraient l’intention de porter atteinte à la sécurité et
à la stabilité d’un des pays du CCG ou de semer la discorde
entre les citoyens. Les Forces du « Bouclier de la Péninsule
 » sont arrivées à Bahreïn, conformément aux accords de
défense commune, compte tenu de la manipulation des
manifestants et du détournement du mouvement de contestation
par des puissances étrangères, telle que l’Iran et le
Hezbollah, et leur ingérence dans les affaires intérieures du
pays. Cela a pu se noter dans la violence des actes de certains
manifestants ainsi que leur refus clair, compte tenu du type
de leurs revendications, à participer au dialogue national qui
a été institué dans le but de trouver une solution commune à
la crise dans le respect des institutions du Royaume.
Après l’évacuation de la « Place de la Perle » un calme relatif
est revenu à Bahreïn et les autorités ont appelé les administrations
à reprendre le travail pour compter du 20 mars
2011. La vie active a donc repris, entreprises, écoles et services
publics commencent à fonctionner à nouveau normalement.
Espérons que cette reprise en main des choses du pays
par les autorités du Royaume, va entraîner une stabilisation
de la situation et une reprise du dialogue national visant à
unir les efforts de tous avec pour objectif de rétablir définitivement
l’ordre ainsi que la sécurité du territoire, des personnes
et des biens. Il est toutefois important de souligner
qu’aucune force du CCG n’est intervenue dans les opérations
qui ont été menées jusqu’à présent.

Quelles sont les conséquences de cette crise sur l’économie
du pays ?

Il va s’en dire que de tels évènements ne peuvent être sans
conséquences sur l’économie du pays. En effet celui-ci a été
totalement bloqué pendant plus d’un mois avec l’occupation
illégale de la « place de la Perle » et le blocage des axes
principaux de la capitale menant aux centres d’affaires, de
hôpitaux, des écoles, de l’Université de Bahreïn et des principales
administrations.

Vous n’êtes pas également sans ignorer que dès lors qu’un
pays est confronté à certains évènements il est considéré,
même officieusement, comme temporairement « non stable
 », ce qui entraîne un ralentissement de certaines importations
et exportations, de certains investissements en cours et
remet en cause la tenue de certaines manifestations internationales
prévues depuis de longue date et ceci dans l’attente
de la normalisation de la situation. C’est ainsi que le démarrage
de la saison de F1 n’a pu se tenir à Bahreïn avec toutes
les retombées négatives que cela entraîne sur le plan touristique
(annulation de vols, d’hôtels et autres) ainsi que sur le
plan de « l’image » du pays.

Sur le plan strictement touristique la destination Bahreïn
s’est moins vendue et la 25ème session du Comité du
Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui devait se tenir en juin
prochain à Manama a également été déplacée et va finalement
se tenir à Paris.

voilà pourquoi il faut remédier rapidement à cette situation
d’instabilité du pays. Toutefois, en dépit des troubles, le système
bancaire et la bourse de Bahreïn refonctionnent
aujourd’hui normalement. Grâce à une économie diversifiée,
les fondamentaux économiques du pays restent forts, c’est
pourquoi le Ministre des Finances a estimé que la croissance
de 4,5% initialement prévue avant les évènements, pouvait
encore être atteinte. La Banque Centrale de Bahreïn (BCB) a
déclaré qu’elle avait émis des Bons de produits islamiques et
avaient été couverts à terme à hauteur de 400%

Craignez-vous le départ de certaines entreprises étrangères
et leur délocalisation dans les pays voisins ?

Evidemment, d’ailleurs, et cela est tout à fait normal dans de
telles conditions, certaines entreprises étrangères ont
demandé à leur personnel de quitter momentanément le pays
avec leurs familles. Ces entreprises ont donc temporairement
déplacé une partie de leur personnel et de leurs activités vers
Doha et d’autres capitales de la région.

Mais la bonne nouvelle c’est que certaines d’entre elles ont
déjà fait le chemin en sens inverse est sont revenues à
Bahreïn et que de nouvelles souhaitent venir s’y installer certainement
pour occuper la place laisser vacante.

Comment regardez-vous l’avenir ?

Tout d’abord, mon plus grand souhait est que la situation se
débloque sans recours à la force, ce qui reste malheureusement
nécessaire en cas d’agression, et avec le moins de victimes
possibles donc le plus rapidement.
Ensuite, la porte du dialogue restant ouverte, j’espère que
tout va rentrer dans l’ordre dans les plus brefs délais, et que
les dirigeants de l’opposition et les manifestants voudront
dialoguer avec les autorités en place.
J’espère que toutes les parties concernées vont accepter le
débat national proposé par Sa Majesté le Roi et conduit par
SAR le Prince Héritier afin que nous puissions avancer dans
cette nouvelle étape du processus de réforme et de démocratisation
du Royaume.

Nous ne pouvons donc que souhaiter une rapide normalisation
de la situation pour une reprise de la dynamique de
développement politique, économique et social que le
Royaume de Bahreïn a connu au cours des deux dernières
décennies. Il faut aussi qu’il reprenne sa place dans la région
sur le plan économique compte tenu de ce qui lui a toujours
valu son avantage à savoir : sa position géographique régionale,
son cadre solide de réglementations, son faible niveau
d’imposition et le développement de ses infrastructures et de
ses télécommunications.
En fait, tout ce qui a été prévu dans la « Vision Economique
Bahreïn 2030#]

CCFA

publié le 6 juillet 2007

Invitation à lire : "Voyages d’Ibn Battuta"

Ibn Battuta est le voyageur le plus justement célèbre du monde arabe : né à Tanger en 1304, il entreprend un pèlerinage à la Mecque à l’âge de vingt et un ans ; arrivé là, il décide de visiter tout le monde musulman, y compris l’Inde et la Chine, un demi-siècle environ après Marco Polo.

Bien qu’il craigne la mer par-dessus tout, il parcourt ainsi cent vingt mille kilomètres en vingt-huit ans (1325-1353), s’arrê­tant trois ans à la Mecque, dix-huit mois aux îles Maldives, et huit ans à Delhi où le sultan Mohammed Shah l’a nommé juge de l’école malékite. Il rentre au Maroc, fait encore un voyage au Mali, puis dicte ses mémoires au secrétaire du sultan mérinide de Fès.

Ses voyages ne seront connus en Europe que vers le milieu du xixe siècle, grâce à l’édition bilingue de Defremery et Sanguinetti, que les éditions Anthropos réimpriment aujourd’hui. Une introduction et des notes de Vincent Monteil mettent à la portée du lecteur moderne les progrès des connaissances relatives à ces Voyages, et en montrent l’intérêt.

Les voyageurs orientaux de son temps y voyaient d’abord un « routier », qui indique avec précision la distance qui sépare deux étapes, la liste des croyants éminents par leur savoir ou leur piété qu’Ibn Battuta a pu rencontrer, ou dont il a entendu parler ; ils y trouvaient aussi nombre d’indications précieuses sur l’accueil fait aux étrangers, la nourriture, la vertu et la beauté des femmes, le cli­mat, etc. A ses lecteurs maghrébins du xive siècle, il faisait prendre conscience de la relativité de l’espace méditerranéen : Delhi était alors « la plus grande ville musulmane de l’Orient » (III : 146) ; d’Hang-Tchéou, il déclare : « cette cité est la plus grande que j’aie pu voir sur la surface de la terre ; sa longueur est de trois jours de chemin, de sorte que le voyageur marche et fait halte dans cette ville » (IV : 284).

Le lecteur moderne y trouvera un document historique d’une valeur inestimable, bien qu’il soit souvent dénué de précision chronologique. La description des îles Maldives est une des premières que nous possédions. Ibn Battuta n’y réside pas comme un touriste, mais comme un juge malékite chargé de faire respec­ter les principes de la vraie religion - qu’il confond parfois avec les coutumes de son pays natal. Ceci nous vaut des notations intéressantes sur son incapacité à convaincre les femmes Maldives de se vêtir au-dessus du nombril, sur la « fai­blesse » des hommes qui s’évanouissent lorsqu’il fait couper les mains des voleurs pour la première fois - mais aussi sur la monnaie de cauris, les échanges matri­moniaux, etc. (IV : 110-163).

Les chapitres consacrés à la chronique du sultanat de Delhi et à Mohammed Shah sont extrêmement savoureux : « Mohammed est de tous les hommes celui qui aime davantage à faire des cadeaux et aussi à répandre le sang. Sa porte voit toujours près d’elle quelque fakir [pauvre] qui devient riche, ou quelque être vivant qui est mis à mort [...] Malgré cela, il est le plus humble des hommes et celui qui montre le plus d’équité [...] il est très sévère en tout ce qui regarde la prière et le châtiment qui suit son inexécution » (III : 216). Son tableau de la Chine gagne à être confronté à celui de Marco Polo comme le fait très opportunément Vincent Monteil dans des notes savantes et souvent malicieuses. Partout où il passe, Ibn Battuta s’intéresse aux techniques, à la monnaie et à l’économie, au développement de la bureaucratie, aux mœurs sexuelles et aux formes de la pratique islamique (Les idolâtres intéressent peu).

Les anthropologues retiendront particulièrement ses remarques sur la succession au trône en lignée maternelle à Malabar (IV : 76) qu’il compare aux coutumes des Touareg, dont il dit : "quant aux hommes, ils ne sont nullement jaloux de leurs épouses ; aucun d’eux ne se nomme d’après son père ; mais chacun rattache sa généalogie à son oncle maternel. L’héritage est recueilli par les fils de la sœur du décédé, à l’exclusion de ses propres enfants. Je n’ai jamais vu pratiquer cette dernière chose dans aucun pays du monde, si ce n’est chez les Indiens infidèles de la contrée du Molaïbar ou Malabar" (IV : 388) Les femmes y épousent des étrangers et des voyageurs mais à la condition de rester toujours dans leur matrilignage (IV : 437 cf aussi IV : 443) ; au Yémen (patrilinéaire) les femmes de Zebid contractent des mariages temporaires avec les étrangers de passage, ne les suivent jamais dans leurs déplacements et conservent les enfants nés de ces alliances (II : 169). On sait que Robertson-Smith se réfère à ce fait et à la licence institutionnalisée des femmes d’Oman (II : 230) pour démontrer l’antériorité des formes matrilinéaires chez les Arabes in Kingship and Marriage in Early Arabia Boston Beacon Press 2e éd. (s.d.) 79 et 165.

Texte arabe accompagné d’une traduction par C. Defremery et B. R. Sanguinetti. ire éd., 1854-1868 ; réimpr. augmentée d’une préface et de notes par V. Monteil. Paris, Anthropos, 1968, 4 t. : I, xlvi + 463 p. ; II, xiv + 463 p. ; III, xvi -f 498 p. ; IV, 501 + 91 p., index (Textes et Documents retrouvés).

publié le 14 octobre 2006

Iran : L’île de Kish, oasis de libertés

C’est une oasis en Iran. La musique coule à flots, les femmes font du jet-ski, tombent le foulard et batifolent avec leur mari sur la plage. Même si l’alcool et les bikinis restent interdits, l’île de Kish, au sud de l’Iran, offre une liberté inédite dans la République islamique bien que de plus en plus contestée par les ultra-conservateurs au pouvoir.

"Il y a de nouvelles restrictions maintenant", souligne Nasim Sehat, 20 ans, habitante de Téhéran en vacances avec sa famille. "Ma soeur et moi, nous n’avons pas pu obtenir l’autorisation de faire de la plongée hier parce que nous sommes des femmes." L’île comptait auparavant des plages mixtes réservées aux touristes étrangers où les femmes pouvaient bronzer en bikinis. Elles ont finalement été fermées car jugées trop osées.

Toutefois, en pleine crise diplomatique sur le dossier nucléaire iranien, le président Ahmad Ahmadinejad "a d’autres chats à fouetter" que de s’occuper de Kish, souligne Shahab Rezania, 34 ans, originaire de Shiraz. À Kish, station balnéaire cossue du Golfe arabo-persique, à 15 kilomètres des côtes iraniennes, les femmes peuvent faire du vélo bras et tête nus et le pantalon remonté jusqu’aux mollets. Elles peuvent également pratiquer bowling, plongée et jet ski avec les hommes, et admirer des dauphins dans un parc de loisir aquatique.

Et bien que cela ne soit pas réellement autorisé, hommes et femmes s’ébattent ensemble sur la plage. "Il n’y a personne pour vous surveiller, je n’ai pas vu de policier", souligne Sanam Attaran, 30 ans, une technicienne médicale de Shiraz. "Ici, les femmes peuvent enlever complètement le foulard. Mais le faire est un peu effrayant." Dans le reste de l’Iran, les lois religieuses interdisent aux femmes de découvrir leurs jambes, bras et cheveux. En outre, les citoyens des deux sexes ne peuvent participer à certaines activités, même si la ségrégation entre les sexes est beaucoup moins développée qu’en Arabie saoudite.

Le gouverneur de l’île, Madjid Shayesteh, nommé par le président Mahmoud Ahmadinejad, dirige la Zone franche de Kish, organisme qui gère ce territoire de 90 kilomètres carrés comme un centre dédié au libre-échange et au tourisme. "Je maintiendrai la situation actuelle sur l’île, à moins que l’on me dise que certaines libertés ne sont pas conformes avec la loi", explique-t-il. "Nous voulons garder un environnement joyeux."

Téhéran veut utiliser Kish et son climat libéral, tant sur le plan économique que des moeurs, pour stopper la fuite de capitaux iraniens et attirer ses ressortissants qui ont émigré vers les
Émirats arabes unis, notamment à Dubaï, pour échapper au poids du conservatisme en Iran. Kish possède de nombreux centres commerciaux hors taxe et les hôtels de luxe y poussent comme des champignon. Des travaux ont été lancés pour la construction d’un centre de golf d’un coût de 1,7 milliard d’euros.

Zone franche depuis 1989, Kish exerce une grande influence sur le reste de l’Iran. Dans les années 90, des réformes sociales ont d’abord été testées sur l’île avant d’être éventuellement mises en oeuvre à Téhéran et ailleurs. Les femmes ont par exemple été autorisées pour la première fois à faire du vélo en public à Kish, un droit aujourd’hui accordé à toutes les Iraniennes. "Kish s’améliore et se développe. On fait beaucoup d’efforts pour la rendre belle", souligne Nasim Sehat, la jeune touriste de Téhéran. "Mais il n’y a pas assez de liberté ici. Je préfère Dubaï."

publié le 27 janvier 2013

Jack Lang à la tête de l’IMA

[#
L’ancien ministre socialiste français de la Culture Jack Lang a été "désigné à l’unanimité" président de l’Institut du Monde Arabe (IMA), a annoncé vendredi 25 janvier l’institution culturelle dans un communiqué.

Proposée le 8 janvier par les autorités françaises, la désignation de Jack Lang à la tête de l’IMA a été entérinée par le Conseil d’administration et par le Haut conseil de l’IMA, où sont représentés les membres fondateurs, à savoir la France et les pays arabes.
#]

publié le 29 mars 2009

Jérusalem, capitale “éternelle et indivisible” de la culture arabe

par Yves Gonzalez-Quijano

[#Depuis 1995, l’unité linguistique, et plus largement culturelle, au fondement du nationalisme arabe trouve son expression dans une initiative originale : chaque année, une ville devient la « capitale de la culture arabe ».#]

[#En 2008, dans un contexte qui était pourtant loin de leur être favorable - avec par exemple le boycott à peine voilé des télévisions régionales, majoritairement à capitaux du Golfe, à l’encontre de leurs feuilletons, les autorités syriennes ont réussi leur pari et la qualité de leur saison a bien montré que Damas méritait sa place sur l’échiquier régional, tant sur le plan culturel que politique, car c’est tout de même un peu cela l’enjeu d’une telle manifestation !

Lorsque Bagdad, qui devait en principe succéder à Damas, annonça en 2006 que les circonstances ne permettaient pas à l’évidence de mener à bien un tel projet, le ministre de la Culture palestinien de l’époque avança le nom de Jérusalem. Pari osé, pourtant, que d’organiser la manifestation symbole de l’arabité/l’arabisme - c’est le même mot en arabe, ‘urûba/عروبة, le fait mérite qu’on le relève ­- dans une ville dont la partie orientale est, au regard du droit international à tout le moins, occupée depuis 1967 et que les Israéliens ont déclaré en 1980 « capitale éternelle et indivisible » de leur Etat ! Et comme on pouvait le craindre, la fête a tourné court.

Pour se montrer à la hauteur de la création palestinienne et de sa place au cœur de la culture arabe, une telle manifestation avait à affronter nombre de questions : quelle place donner à Jérusalem à l’heure où les accords d’Oslo ont fait de Ramallah, depuis le milieu des années 1990, la « capitale culturelle » de l’Autorité palestinienne ? Comment imaginer une saison culturelle qui prenne le risque de donner la parole aux créateurs et aux intellectuels au détriment des institutions d’un Etat toujours en gestation et en proie à mille difficultés ?


Très concrètement, quelle « Jérusalem culturelle » fêter : la partie orientale, « légitimement revendiquée » par les Palestiniens même si Oslo consacre son annexion de facto par les Israéliens (qui ne cessent de « judaïser » les lieux et continuent, comme ces derniers jours, d’en expulser les habitants arabes), ou bien la Jérusalem historique, avec la partie occidentale, territoire officiel de l’Etat hébreu depuis 1948 ? La culture palestinienne concerne-t-elle, ou non, les « Palestiniens des Territoires » (qui ne peuvent pas se rendre à Jérusalem) ou les « Palestiniens de l’intérieur » (i.e. ceux qui vivent sur le sol de l’Etat israélien), sans parler de ceux de la diaspora, alors que les uns et les autres ne relèvent pas « vraiment » de l’autorité de Ramallah ? En d’autres termes, comment et avec qui l’Autorité palestinienne pouvait-elle légitimement célébrer « sa » capitale culturelle ?

Ces questions, déjà bien difficiles, devenaient insurmontables dès lors que la célébration de « Jérusalem, capitale de la culture arabe » se déroulait sur fond de conflit ouvert entre le Fatah et le Hamas. En effet, le ministre qui a fait cette proposition en 2006 et qu’on connaissait surtout dans le domaine culturel pour ses diatribes contre les danseuses orientales et contre la perversion des mœurs en 2006 appartenait au mouvement Hamas qui venait de remporter les élections législatives …

Porteur d’une telle symbolique, le projet ne pouvait être abandonné à un rival politique et l’Autorité palestinienne, installée à Ramallah, a tenté de mettre en oeuvre un projet dont les premiers responsables pressentis - Mahmoud Darwich, Hanan al-Ashrawi notamment - ont rapidement démissionné, avec quelques raisons sans doute. Aujourd’hui, ce sont même trois comités qui revendiquent l’organisation d’une manifestation qui n’en finit pas de commencer.

Il y a eu ainsi, le 7 mars dernier, une première inauguration par le comité émanant du Hamas à Gaza, dans un territoire quasi totalement coupé de Jérusalem comme du reste du monde. Une autre est attendue le 30, anniversaire du « jour de la Terre » pour les Palestiniens, cette fois-ci à l’initiative d’un certain nombre de « Palestiniens de la diaspora », regroupés au sein de la « Campagne civile pour la célébration de Jérusalem, capitale de la culture arabe » (الحملة الأهليّة لاحتفاليّة القدس عاصمة الثقافة العربيّة).

Quant à l’inauguration « officielle », organisée par l’Autorité palestinienne « légale », elle avait été prévue pour le samedi 21 mars (la première date retenue, au début de l’année, avait naturellement été repoussée à la suite de l’attaque contre la bande de Gaza). Venue de Damas, une torche devait symboliquement annoncer à Jérusalem le début de l’événement commémoré dans d’autres villes de Palestine : à Nazareth, « de l’autre côté de la ligne », c’est-à-dire dans la Palestine de 48, mais aussi à Bethléem, dans la Palestine dite autonome, où Mahmoud Abbas recevait quelques rares officiels arabes.


Si le « président de l’Autorité palestinienne » accueillait ses hôtes samedi dernier dans la ville de la Nativité, c’est parce que l’autonomie des Palestiniens - on ne parle pas bien entendu d’indépendance… - s’arrête aux portes de Jérusalem selon les accords d’Oslo, accords qui stipulent également que ladite « Autorité » n’est pas en droit de se livrer à des activités politiques en dehors des territoires (prétendument) sous son contrôle. C’est donc fortes de leur bon droit, de leur point de vue s’entend, que les autorités israéliennes ont interdit manu militari les festivités sur « leur » territoire : à Nazareth (frontières de 48), tout comme à Jérusalem, où elles ont confisqué la malheureuse torche et crevé quelques ballons aux couleurs palestiniennes lancés par les enfants des écoles, sans oublier d’arrêter quelques dangereux activistes distribuant des T-shirts avec le logo « Jérusalem, capitale de la culture arabe ».

D’ailleurs, elles étaient déjà intervenues de la même manière il y a tout juste un an, quand les responsables du comité d’organisation avaient voulu communiquer à la presse le logo de leur saison. Dix minutes avant la rencontre, une descente de police avait fait évacuer le Théâtre national (المسرح الوطني) , fondé en 1984 et à ce jour unique théâtre de la « partie arabe » de la ville, en arrêtant quelques récalcitrants, précisément au prétexte que ladite manifestation n’était pas culturelle mais politique…

Que « le plus démocratique des Etats de la région » interdise, en mars 2008 et aujourd’hui encore, jusqu’au seul logo d’une manifestation culturelle ne suscite guère de protestations. C’est sans doute que tout le monde s’accorde à reconnaître que la célébration de Jérusalem comme capitale « éternelle et indivisible » de la culture arabe est bien une affaire hautement politique…#]

Illustrations : logo de la campagne “officielle” ; Jérusalem, “centre du monde”, manuscrit du XIVe siècle ; affiche du film palestinien Intervention divine, d’Elia Suleiman

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 5 juin 2006

Jordanie : Le pays des Bédouins

De l’agitation perpétuelle d’Amman à la sublime désolation du Wadi Rum, des ruines romaines de Jarash aux tombeaux nabatéens de Petra, de la mer Morte à la mer Rouge, la Jordanie offre une multitude de visages et constitue une porte d’entrée accessible sur le Moyen-Orient. Entourée par l’Irak, la Syrie, l’Arabie saoudite, Israël et les Territoires palestiniens, c’est une véritable oasis au coeur de la tourmente.


Le point de départ d’un voyage en Jordanie est habituellement Amman, la plus occidentale des capitales du Moyen-Orient dont la croissance a été fulgurante au cours des 50 dernières années. C’est du haut de la citadelle, site des anciennes fortifications, que le touriste apprivoise la ville et le pays tout entier. Les artéfacts du Musée archéologique de Jordanie et les ruines romaines, byzantines et du début de l’époque islamique qui se trouvent sur le site démontrent de manière éloquente comment l’histoire de ce jeune pays, créé il y a tout juste 60 ans, plonge en fait ses racines jusqu’au coeur de l’histoire du Moyen-Orient.

Pour comprendre les différentes influences qui ont marqué cette région, il faut voir Jarash, l’une des villes romaines les mieux préservées au monde, découvrir le raffinement des califes omeyyades dans les châteaux du désert, marcher sur les traces des croisés et du grand vizir Saladin à Karak puis sur celles de Laurence d’Arabie dans le désert du Wadi Rum. Mais surtout, il ne faut pas manquer de visiter Petra, l’un des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO.


Rendue célèbre dans le monde entier par Coke en stock d’Hergé ainsi que par le film Indiana Jones et la dernière croisade, Petra était la capitale du royaume des Nabatéens, un peuple de nomades originaires de l’Arabie qui s’y installa dès 200 avant J.-C. De cet endroit, ils contrôlaient le commerce de l’encens, des épices et de la soie dans toute la péninsule arabique. Annexée à Rome par l’empereur Trajan en 106 après J.-C., la cité prospéra jusqu’en 363 mais fut alors partiellement détruite par un séisme.

À partir de ce moment, elle sombra petit à petit dans l’oubli et ne fut redécouverte par l’Occident qu’en 1812, lorsqu’un explorateur suisse en rapporta des esquisses qui éveillèrent la curiosité des archéologues et des historiens. Moins connue que les pyramides d’Égypte ou la Grande Muraille de Chine, Petra est pourtant l’un des sites les plus spectaculaires au monde, tant par sa taille que par les monuments qu’on peut y voir.

De l’entrée principale, située aux abords de la ville de Wadi Musa, on se rend à pied ou à cheval jusqu’au Siq, une longue faille bordée de hautes falaises qui s’enfonce à l’intérieur du massif rocheux et nous conduit à l’entrée de la cité. Le long du Siq, les pavés posés par les Nabatéens sont visibles à plusieurs endroits, de même que les canalisations et les aqueducs par lesquels ils approvisionnaient la cité en eau fraîche.

Ici, des chameaux et leur conducteur, plus grands que nature, sont gravés dans la pierre. Là, un monument est élevé à la gloire de Dushara, le principal dieu des Nabatéens. Et, soudainement, au détour du sentier, apparaît la Khazneh. La façade gigantesque de ce tombeau, creusé à même le roc, est d’une telle beauté qu’on en reste saisi. Et ce n’est que le début puisque les merveilles de Petra s’étendent sur 15 kilomètres carrés !

Tombeaux et monuments parsèment les falaises qui enserrent cet immense cirque rocheux ; il y en a tant qu’il faudrait des semaines pour les visiter tous et il faut compter au moins deux jours pour avoir un aperçu des principaux sites de la « cité rose-rouge », telle qu’elle fut baptisée par le poète anglais John William Burgon.

Voyager en Jordanie, c’est aussi prendre conscience que ce territoire fait partie intégrante de la Terre sainte, berceau de la tradition judéochrétienne. Du mont Nébo d’où Moïse aperçut la Terre promise à Béthanie au-delà du Jourdain (Jean 1 :28) où Jean-Baptiste baptisa Jésus, de la caverne de Lot au tombeau d’Aaron, les références à l’Ancien et au Nouveau Testaments sont dispersées un peu partout à travers le pays.

Enfin, la Jordanie, c’est le contraste entre la mer Morte, qui se trouve à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, et les montagnes qui culminent à 1754 mètres dans le Wadi Rum, ce désert résonnant toujours de l’écho des exploits de Laurence d’Arabie, qui le décrivait comme étant « vaste, retentissant et divin ».

Partager le thé avec une famille de bédouins, dormir dans un campement aménagé pour les visiteurs ou voyager à dos de chameau dans le désert constituent des expériences inoubliables et qui ne sont pas réservées qu’aux adeptes du tourisme d’aventure.

Si, dans tout voyage, l’élément de dépaysement est important, c’est peut-être encore plus vrai en Jordanie. Sur les routes, on remarque des panneaux avertissant les conducteurs de faire attention aux chameaux qui peuvent traverser... Justement, une chamelle et ses deux petits traversent nonchalamment devant l’autocar ! D’ailleurs, des chameaux, on en voit partout, de même que les tentes des bédouins faites de poils de chèvre teints en noir.

Ces nomades du désert se déplacent avec leurs troupeaux qu’ils font paître un peu n’importe où, là où ils arrivent à trouver quelques brins de verdure. Ces bédouins constituent l’âme de la Jordanie. Leurs traditions d’hospitalité et de générosité trouvent encore écho dans l’accueil des Jordaniens envers les étrangers, un accueil fait de sourires et de verres de thé à la menthe.

Les bijoux qu’ils confectionnent avec de l’argent et des pierres semi-précieuses, les bouteilles de sable sur lesquelles ils dessinent des paysages du désert, les cafetières de cuivre à longs becs dans lesquelles ils préparent le café à la cardamome font partie des souvenirs qu’on rapporte dans sa valise. Quant à ceux qu’on garde dans sa tête, ils sont faits de chaleur humaine et du plaisir de découvrir un pays qui a su conserver ses traditions tout en s’ouvrant aux étrangers.

Vraiment, il serait dommage que les conflits qui perdurent dans les pays voisins empêchent les touristes de découvrir les beautés de la Jordanie.

publié le 29 septembre 2006

Kadhafi superstar

Créer un spectacle sur un dictateur vivant, ex-paria de l’Occident ? Et pourquoi pas ? Steve Savale, du groupe Asian Dub Foundation, a fait ce pari un peu fou dans une institution plus habituée aux opéras de Verdi qu’à la musique électronique.

Sur une scène dans le centre-ville de Londres, des femmes en uniforme militaire dansent à la manière des vidéos de hip-hop. Une pétarade de rythmes drum & bass enveloppée de textures orientales tonne à en défoncer les tympans des spectateurs dans la salle.

Nous ne sommes pas dans une boîte de nuit mais au très respectable London Coliseum, à deux pas de Leicester Square. Ce théâtre plus que centenaire est le lieu de résidence de l’English National Opera (ENO). La compagnie a démarré la saison dans la polémique le 8 septembre dernier avec le spectacle Kadhafi : un mythe vivant.

Pourquoi cette controverse ? Parce que l’opus porte sur Mouammar Kadhafi, un dictateur toujours au pouvoir qui a déjà été l’ennemi no 1 des pays occidentaux, notamment pour ses liens avec des groupes terroristes. Si la rivalité Bush-ben Laden marque notre temps, les années 80 ont vu un duel sans merci entre Reagan et Kadhafi.

Une véritable leçon d’histoire ponctuée de chants et de projections multimédias défile sur la scène du London Coliseum. Et elle ratisse large : du massacre des bédouins commandité par Mussolini en 1911 dans le désert libyen où le dictateur a vu le jour jusqu’à la visite de Tony Blair dans la tente de Kadhafi en 2004, à la suite de sa réconciliation avec l’Ouest.

L’opéra-dub-punk s’attarde sur la personnalité énigmatique de Mouammar Kadhafi. « Je suis le mythe vivant au mille visages ! », crie Ramon Tikaram dans le rôletitre. « Traître, fanatique, héros ou hérétique ? » demandent en choeur les comédiens.

Les époques changent, les costumes aussi. Délaissant son uniforme d’armée austère au moment de son coup d’État en 1969, le colonel pose en sauveur dans un habit blanc étincelant tapissé de médailles, verres fumées sur les yeux. Depuis les années 90, il ne quitte plus sa robe de bédouin, rappelant à tous qu’il est un enfant du désert. Le leader se réinvente à la manière d’une rock star.

Kadhafi : un mythe vivant n’aurait jamais vu le jour sans la fascination de Steve Savale pour le dirigeant libyen. Le musicien est membre du groupe Asian Dub Foundation qui signe l’excellente musique du spectacle bien connu de la scène électronique pour ses textes engagés.

Pourquoi faire un music-hall sur un dictateur toujours vivant qui a été tenu responsable d’attentats terroristes ? « Les gens morts ne m’intéressent pas ! ironise Steve Savale. Mon intention n’était pas de le glorifier. Je voulais montrer comment Kadhafi a utilisé son image pour régner plus de 30 ans sur son pays. » M. Savale le présente comme un modernisateur, insistant sur la place qu’il accorde aux femmes. Il ne s’entoure que de gardes du corps de sexe féminin, une extravagance qui revient souvent dans le spectacle. « C’est une position très inhabituelle dans les pays musulmans, explique le musicien. Il ne s’est pas fait que des amis auprès des leaders islamistes à cause de ça. » Le colonel serait au courant du spectacle mais ses créateurs ignorent ce qu’il en pense. Steve Savale et l’auteur des textes, Shan Khan, ont tenté de le rencontrer en Libye l’année dernière, sans succès.

Dictature pop

La culture pop aime flirter avec les dictateurs et les révolutionnaires. Andy Warhol a créé une série de portraits de Mao Zedong, auteur de la sanglante Révolution culturelle en Chine. La célèbre photo de Che Guevara, le révolutionnaire cubain, est récupérée à toutes les sauces, ayant inspiré une pochette d’album de Madonna et même une marque de boisson gazeuse, le El Ché Cola !

Steve Savale trace un parallèle entre les pop stars et les leaders plus grands que nature. « La musique populaire carbure aux icônes, c’est donc logique qu’elle adopte les grandes figures du monde politique. Kadhafi est devenu en quelque sorte LA star en Libye, où il n’y a pas d’industrie musicale forte. » À la manière des icônes pop, les dictateurs se créent un personnage avec des légendes et des symboles forts, explique Harold Wydra, professeurde Cambridge qui s’intéresse à la question. « Mao Zedong avait son petit livre rouge, Kadhafi a écrit le livre vert la couleur de l’islam , Castro ne quitte jamais son uniforme kaki. Il leur faut ces symboles pour se bâtir une mythologie. »

Le Kadhafi créé par Steve Savale se flatte d’ailleurs d’être le sujet d’un music-hall à Londres. « Maintenant vous avez même engagé un acteur pour jouer mon rôle ! » ironise Ramon Tikaram en regardant le public.

Des boîtes de production au Proche-Orient désirent importer le spectacle. Et Broadway ? « Je serais très surpris que Broadway mette en scène un jour la vie d’un dictateur musulman ! » répond Steve Savale en riant.

LE BÉDOUIN DICTATEUR

Né dans le désert libyen en 1942, Mouammar Kadhafi arrive au pouvoir grâce à un coup d’État contre le roi Idris 1er en 1969. Le colonel écrit son livre vert qui explique son projet de société, Jamahiriya, un État de masse où le peuple dirige - en théorie - le pays. Dans les années 70, Kadhaf tentera sans succès de rallier d’autres pays arabes (l’Égypte, la Syrie et la Tunisie) dans une sorte d’États arabes unis. Ses relations avec l’Occident se détériorent au cours des années 80 à cause son implication dans plusieurs actes terroristes. L’attentat de Lockerbie, en Écosse, dans lequel 270 personnes périssent lorsqu’un avion de la Pan Am explose en plein vol, choque l’opinion internationale en 1988. L’ONU punit Kadhafi en lui imposant un embargo aérien, diplomatique et militaire en 1992. Dans un spectaculaire volte-face, en 2003, le leader libyen annonce l’abandon de son programme d’armes de destruction massive et retourne ainsi dans les bonnes grâces des pays occidentaux.

publié le 10 mai 2010

Khaled : « Nous sommes entrain de préparer une version arabe de « We Are The World »

[#Rencontré lors de son dernier spectacle au Maroc, Khaled nous dévoile les secrets de sa réussite et nous confie ses derniers projets.

Khaled, c’est plus de trois décennies de création artistique et de talent. Comment voyez-vous votre parcours jusqu’aujourd’hui. Quel en est votre meilleur souvenir et votre pire souvenir ?

C’est une sacrée carrière avec plein de succès. J’ai fait la rencontre de plusieurs artistes chanteurs et auteurs, compositeurs. J’ai réalisé de multiples albums et j’ai apporté ma propre touche à la chanson maghrébine.
Je n’oublierai pas la première fois où je suis monté sur une scène européenne en France. J’ai trouvé une foule immense, le spectacle s’est bien déroulé et à ce moment j’ai su que le rai est devenu international.

Mon pire souvenir est quand j’ai perdu mon père, mon exemple dans la vie. A cause des circonstances que vivait mon pays je ne pouvais pas rentrer pour ses funérailles.

Aujourd’hui, malgré l’avènement des jeunes talents il n’y a pas de relève pour la chanson maghrébine. Qu’en pensez-vous ?

C’est bien dommage et cela me fait de la peine contrairement à ce que les gens peuvent croire.
La scène maghrébine et arabe regorgent de talents. Il faut juste instaurer le système qui les soutiendra et les encouragera dans leur carrière. Personnellement, je suis prêt à aider les jeunes artistes quelque soit leur nationalité et leur style. Je peux être leur parrain artistique et les accompagner.

Grâce à vous le rai est passé d’un simple style musical Algérien à un genre international joué dans les quatre coins du monde. Quel est votre secret ?

Travailler dur et une recherche musicale sans limite. Je me suis inspiré des ancêtres de la chanson du rai notamment les « chioukh » et j’ai essayé de développer mon style petit à petit en y ajoutant des rythmes propres à d’autres genres musicaux come le jazz, le reggae, le pop, le rock…

Et les paroles, quelle est votre astuce pour diffuser le dialecte maghrébin dans le monde entier ?

Il faut juste utiliser des mots faciles comme « didi », « n’ssi n’ssi », « sahra » qui font un refrain accessible pour tous. Les gens du monde entier s’approprieront alors la chanson et chacun l’interprétera à sa façon et selon sa vision.

Khaled est connu pour ses nombreux duos, du Moyen Orient (Amr diab, Diana Haddad), jusqu’en Inde en passant par l’Amérique (Carlos Santana), sans oublier de nombreux maghrébins comme Rachid Taha, Faudel, Hamid El Kasri...

Quelle est votre prochaine escale du duo ?

Je rêve de chanter avec Faïrouz et j’ai pour projet de chanter avec Warda.
Faïrouz représente la voix qui m’a bercé durant toute mon enfance. C’est une grande dame de la chanson arabe. Elle chante pour toutes les religions et toutes les cultures… Son message est universel et c’est ce que j’aime chez elle. Warda est une fille de mon pays qui a réussi à s’imposer ailleurs et c’est une grande artiste. Je lui porte beaucoup de respect et d’amour. Cela me chantera de l’accompagner sur scène.

Vous êtes un fou de la scène et vous êtes également fou sur scène. D’où vous vient toute cette énergie ?

Moi-même je suis surpris de ce que je fais sur scène. Je ne prépare jamais mes live, c’est spontané et c’est surtout le public qui me guide.

Quels sont vos projets ?

Je travaille sur mon nouvel album. Nous sommes entrain de préparer une version arabe de « We Are The World ». Je voudrais y intégrer des artistes maghrébins et arabes.
Sinon, j’ai des concerts et des festivals.

Pourquoi le retour aux sources en votre dernier album « Liberté » ?

Tout simplement, parce que j’ai travaillé avec la personne qui a fait pour moi « moul koutchi ». On a enregistré le live et cela a donné de bons résultats.

Par Nadia Rami
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publié le 27 décembre 2007

L’actrice française Juliette Binoche en Iran pour mieux connaître ce pays

L’actrice française Juliette Binoche, qui tourne actuellement avec le réalisateur iranien Abbas Kiarostami, est en visite en Iran pour mieux connaître ce pays, a rapporté mercredi l’agence Isna.

"J’aimerais connaître l’Iran, son style de vie, son histoire et sa philosophie", a déclaré l’actrice après avoir visité la ville historique de Kashan, dans le centre du pays. "Les Iraniens viennent depuis des années en Occident, il est temps que les Occidentaux viennent en Iran et connaissent ce pays", a ajouté la Française, dont le séjour doit durer quelques jours. Elle avait déjà passé une semaine en Iran en avril 2006, à l’invitation du réalisateur. "Quand vous travaillez avec quelqu’un, vous devez le connaître", a expliqué l’actrice à propos de Kiarostami, Palme d’Or à Cannes en 1997 pour "Le goût de la cerise" et qui n’a plus tourné depuis "Ten" en 2002. Le réalisateur tourne son nouveau long-métrage, "Copie conforme", en Italie. Juliette Binoche, Oscar du Meilleur second rôle en 1997 pour son rôle dans "Le patient anglais" du Britannique Anthony Minghella, y incarne une jeune galeriste rencontrant un écrivain britannique. La comédienne a avoué être une admiratrice de Hafez, poète mystique iranien du 14e siècle, qui l’a inspirée en 2006 pour "Par effraction", également réalisé par Minghella.
Peu d’acteurs occidentaux ont séjourné en Iran. En juin 2005, l’Américain Sean Penn avait couvert comme journaliste les élections présidentielles qui avaient vu la victoire de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

publié le 18 août 2016

L’Arabie saoudite s’ouvre aux arts

Le ministre saoudien de la culture, Adel al-Turaifi, qui a déclaré que le royaume, n’a pas su fournir à ses artistes reconnus même à l’étranger, une plate-forme pour les soutenir », a annoncé la création d’un « Complexe royal des arts » qui permettra de changer cette situation.

« Nous voulons créer des institutions qui puissent montrer le travail de ces artistes, les soutenir et leur fournir des subventions pour réaliser leurs rêves de création artistique", a affirmé le ministre. Ryad veut aussi créer une Cité des médias pour promouvoir la production audiovisuelle locale et atteindre un niveau de 16.100 emplois dans le secteur des médias en cinq ans. Ces initiatives font partie du Programme de transformation nationale (PTN), un plan d’action pour diversifier une économie saoudienne trop dépendante du pétrole, et créer 450.000 emplois dans le secteur
privé d’ici 2020. Pour le ministre, ces projets de soutien aux arts et aux médias permettront de changer l’image de l’Arabie dans le monde alors que ce pays fait, selon lui, « l’objet d’accusations et de stéréotypes ».

publié le 7 juillet 2008

L’avenir du capitalisme expliqué par Naomie Klein

Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le magazine Harper’s. En 2004, elle a réalisé un film documentaire, The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ?
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”.
Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme toutpuissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.

Publié chez actes Sud

publié le 27 août 2006

L’écrivain égyptien Najib Mahfouz hospitalisé

11/08/06

L’écrivain égyptien Najib Mahfouz, lauréat du prix Nobel de littérature en 1988, est hospitalisé en raison de problèmes rénaux et pulmonaires.


M. Mahfouz, 94 ans, souffre d’une insuffisance rénale, d’une pneumonie et d’autres complications liées à son âge, a indiqué jeudi le porte-parole de l’hôpital de la Police du Caire, où il est soigné.
L’écrivain égyptien avait été hospitalisé le 16 juillet dernier dans cet hôpital après avoir trébuché et s’être blessé à la tête.
C’est dans ce même hôpital qu’il avait été admis en 1994 après avoir été victime d’une tentative d’assassinat par des islamistes.
Né en 1911 au Caire, Najib Mahfouz est l’auteur d’une cinquantaine de romans, dont la trilogie "L’impasse des deux palais", "Le palais des désirs" et "Le sucrier".

publié le 4 juillet 2008

L’ecrivain algérien, Yasmina Khadra publie son nouveau roman

Le romancier Yasmina khadra sortira cet été son nouveau roman chez julliard : " Ce que le jour dit à la nuit". L’écrivain mondialement connu a déjà été récompensé par de nombreux prix.

Khadra est une grande voix du monde arabe.Une langue unique. Chaque roman de Khadra est un appel à la tolérance et à l’humanité. Les "Sirènes de bagdad" peint magnifiquement le désespoir du peuple irakien plongé dans l’humiliation d’une guerre d’occupation. Son dernier ouvrage nous offre un grand roman sur l’Algérie coloniale. Comme à son habitude l’auteur décrit dans une langue d’une précision époustouflante l’âme profonde de ses personnages plongés dans la misère, l’humiliation et la détresse. Ce conteur nous raconte à travers 400 pages la vie de Younes qui n’a que neuf ans. Son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l’homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d’une petite ville de l’Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l’homme perd du même coup le respect de lui-même.
Mais les yeux bleus de Younes et son physique d’ange l’aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l’inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l’existence et partage leurs rêves d’adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d’un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu’au jour où revient au village Émilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d’amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l’égoïsme et la rancune que la guerre d’Indépendance va aggraver.
La révolte algérienne sera, pour Younes-Jonas, sanglante et fratricide. Il refusera de laisser détruire l’amitié exceptionnelle qui l’unit à ces jeunes pieds-noirs ; il ne pourra tourner le dos à cet oncle et à cette tante qui lui ont offert une vie meilleure ; mais jamais il n’acceptera non plus de renoncer aux valeurs inculquées par son père : la fierté, la déférence envers ses ancêtres et les coutumes de son peuple, le respect absolu de la parole donnée, et, ce, quitte à mettre en péril l’amour déchirant qu’il a pour Émilie.
Avec la verve romanesque qu’on lui connaît, Yasmina Khadra éclaire d’un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d’un même pays. La grande originalité de cette saga qui se déroule de 1930 à nos jours repose sur une courageuse défense de cette double culture franco-algérienne que l’Histoire a, de part et d’autre, trop souvent cherché à renier.

Biographie
Salué dans le monde entier comme un écrivain majeur, notamment par le prix Nobel J.M. Coetzee, honoré dans plusieurs pays (Les hirondelles de Kaboul a été consacré Meilleur roman de l’année aux États-Unis), Yasmina Khadra est l’auteur, entre autres, de À quoi rêvent les loups, Les Agneaux du Seigneur, Cousine K (prix de la Société des gens de lettres), L’Écrivain (Médaille de vermeil de l’Académie française), La Part du mort (prix du Meilleur polar francophone), Les Hirondelles de Kaboul (Newsweek Award ; Prix des libraires algériens), L’Attentat (Prix des libraires 2006, Prix de la critique, en Autriche) et Les Sirènes de Bagdad. Son œuvre est traduite dans trente-quatre pays. L’Attentat est en cours d’adaptation à Hollywood, et Les Hirondelles de Kaboul sera porté à l’écran par le cinéma français.

publié le 27 mai 2008

L’expo Pablo Picasso s’ouvre à Abou Dhabi

Par Nadia faris

Une exposition de peintures de Pablo Picasso qui retrace les différentes étapes de sa carrière sera ouverte dès mardi dans la capitale des Émirats arabes unis (EAU). Le deuxième étape d’une tournée de l’exposition prévue dans 9 pays et qui a débutée dans le musée Reina Canapé à Madrid.

L’exposition qui comprend 186 peintures, sculptures et dessins, se poursuivra jusqu’au 8 septembre. Elle retracera la carrière de l’artiste à travers plusieurs oeuvres, en commençant par sa période bleue Self-Portrait (1901) et en concluant avec le Portrait du ’Jeune Peintre’ (1972), peint quelques mois seulement avant sa mort.

Les dessins, gravures et manuscrits seront les témoins de l’influence arabe dont Picasso s’est imprégné au cours de sa jeunesse à Malaga, La Cocina et Barcelone.

"Cette exposition exceptionnelle permet de renforcer la place qu’occupe Abou Dhabi dans le paysage culturel mondial et constitue une autre initiative pour appuyer le dialogue culturel transfrontalier", a déclaré le cheikh Sultan Bin Tahnoon Al Nahyan, président organisateur de l’exposition.

Pour sa part, Anne Baldassari, directrice du Musée national Picasso à Paris, a souligné que l’exposition permettra de "suivre la carrière de Picasso, ses recherches, son développement, ses découvertes à travers ses peintures, sculptures et dessins. C’est une expérience qui offre quelque chose de fragile et remarquable".

Un programme éducatif est également organisé lors de l’exposition. Conçu pour tous les groupes d’âge, le programme comprend des activités interactives, des ateliers d’art, des conférences, des visites, des débats sur Picasso et son héritage artistique.

publié le 3 novembre 2011

L’hôtel Grand Heritage Doha, un voyage dans le luxe à l’anglaise au Qatar

L’hôtel 5 étoiles de Doha offre, dans une ambiance victorienne, un accueil très chaleureux. Ce tout nouvel établissement a ouvert ses portes en février dernier.

[#De très long loin on aperçoit son toit en ardoise à pignon le long des routes qui serpente l’Aspire zone, centre sportif unique au monde. Tout autour, les pelouses vertes sont impeccablement tondues. L’imposant hôtel spa à l’architecture européenne, très classique, impressionne par ses dimensions et ses murs finement décorés. Situé à proximité du khalifa international stadium, qui accueillera les matchs de la coupe du monde en 2022, et de la Torch Tower, il a débuté depuis février une partie de ses activités.
Le luxe british a désormais une adresse à Doha. Ce 5 étoiles unique dans son genre appartient à une chaîne d’hôtels américaine qui projette déjà d’implanter d’autres établissements au Qatar et dans la région.
Dès l’entrée, sur le parvis rutilant, deux portiers de petite stature, gants blancs, vestes blanches accueillent les clients pour les diriger vers la conciergerie. Dans le hall principal, le lobby, de jeunes hôtesses en robe de soirée noire, chignon parfait, souriantes, accompagnent et guident les nouveaux clients. On compte trente six nationalités parmi un personnel trié sur le volet, ouvert et disponible à chaque instant. En soirée une musicienne en robe de soirée joue quelques notes sur une harpe dans le hall d’entrée. Le calme et la sérénité règnent dans les allées de l’hôtel qui conduisent à une salle de prière, et aux différents restaurants gastronomiques. Au bar, sans alcool, là aussi les hôtesses, très avenantes en robe rouge de cocktail, conseillent la clientèle. Les établissements 5 étoiles complètement Hallal sont rares dans la région. Les élégantes hôtesses qui parlent l’arabe, l’anglais, le français, ou encore le russe indiquent et orientent sur toutes les prestations offertes par l’établissement. « Nous avons misé sur une équipe et un accueil unique. Tout a été pensé dans ce sens, même les tenues des hôtesses » souligne, Pierre Vasseur, le directeur marketing de l’hôtel. La pièce maîtresse du lobby est le superbe écran de fleurs de porcelaine.
Les émiratis vêtus de leurs gandoura blanche, accompagné de leurs femmes en abbaya noire, traversent rapidement le lobby pour rejoindre leurs suites au design victorien. Les Qataris sont nombreux à séjourner dans l’hôtel pour quelques jours.#]
[#Grand Heritage Doha propose 137 chambres élégantes et suites spacieuses victorienne et édouardienne qui évoquent l’élégance et le raffinement de l’Empire britannique. Typiques de cette époque, le papier peint en relief et les meubles en bois foncé et les ornements reflètent bien le style de cette période. Toutes comprennent une télévision à écran plat, un minibar et un coin salon avec des fauteuils. Un service d’étage est disponible 24h/24, 7j/7. Grand Heritage Doha possède un centre d’affaires avec trois salles de réunion, toutes équipées de systèmes de visioconférence et du Wi-Fi. Le Grand Heritage dispose d’un centre de remise en forme comprenant une piscine intérieure, trois restaurants gastronomiques et un salon de thé victorien.
Une cuisine gastronomique est proposé au Figus, des spécialités internationales au Blue, ainsi que des buffets internationaux et des produits de la mer préparés en direct par le cuisinier du Flavours.
Le salon de thé, qui sert plus de 40 thés différents, reproduit l’ambiance des clubs anglais avec sa vieille bibliothèque et ses sièges en cuire capitonnés.

Un accueil de luxe pour les sportifs

L’hôtel accueillent de nombreux séminaires et formation sur le thème du sport et de la santé. Fin octobre, les premiers jeunes stagiaires du PSG sont arrivés, encadrés par leurs staffs pour rejoindre l’aspire academy. Des athlètes de haut niveau sont régulièrement de passage à Doha pour des grandes compétions sportives. En décembre prochain, le complexe Aspire accueillera les jeux arabes de Doha où les meilleurs sportifs olympiques se retrouveront dans toutes les disciplines. Fin octobre, le Doha Challenge organisait dans le complexe sportif la première répétition des jeux arabes de cet hiver. Le Grand Heritage est relié directement aux infrastructures sportives de l’Aspire zone.
Le restaurant situé en terrasse donne un accès immédiat à tous les terrains de foot ainsi qu’ à la piste de jogging. Les familles qataries s’y retrouvent pour profiter la tiédeur du soir. On y croise même des femmes en abbaya qui s’entraîne à la marche rapide. Grand Heritage Doha se trouve à moins de 5 minutes à pied du stade international de Khalifa, du parc Aspire et aux boutiques de luxe du centre commercial Villagio.
Le Grand heritage a réussi l’hommage du luxe anglais à Doha.

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La rédaction

publié le 7 mars 2008

L’image en Arabie saoudite (1/2) : publicités

par Yves Gonzales-Quijano

L’interprétation de l’islam qui règne aujourd’hui dans la pays de la famille (آل) Saoud est dite "wahhabite", du nom d’un religieux qui fit alliance avec le fondateur de la dynastie au milieu du XVIIIe siècle. Au nom de cette lecture particulière, très loin d’être majoritaire surtout au regard de l’ensemble de l’islam non-arabe, les représentations d’êtres vivants (صور ذوات الأرواح), considérées comme des formes d’idôlatrie, sont en principe proscrites.

Pour autant, et même si cela ne s’est pas fait sans débats, il y a en Arabie saoudite des journaux illustrés, une télévision depuis les années 1960 et toutes les images numériques du monde, en particulier depuis que le royaume s’est branché sur la Toile au tout début de l’année 1999.

Mais il n’y a toujours pas de salles de cinéma (on y reviendra la semaine prochaine), et les seuls écrans publics sont ceux des grands panneaux publicitaires, éventuellement électroniques et animés, que contemplent les passagers des véhicules arrêtés aux feux de circulation.

Compte tenu des habitudes locales, les agences de publicité doivent faire preuve d’inventivité. Habitudes en effet, car il n’y a pas - selon les professionnels concernés (voir cet article du Sharq al-awsat) - de loi ou de règlement qui exige expressément que les visages des personnages sur les panneaux publicitaires soient floutés (مطموسة dans le jargon des infographistes).

Dans certains cas on peut se contenter de "pixelliser" les yeux : s’il ne reste que la silhouette, ou même la forme du visage, sans rien laisser qui manifeste la vie - le regard en l’occurrence -, l’image devient licite !

En réalité, les graphistes de la publicité contemporaine réinventent à l’heure du numérique des procédés très anciens : sur cette miniature, l’homme en vert avec le visage qui semble avoir été effacé sous Photoshop (il s’agit d’un voile) n’est autre que le prophète de l’islam.

Signe d’une incontestable évolution, et de l’inventivité des "créatifs" locaux, un aménagement de la règle a été trouvé : désormais, on peut reproduire des visages sur les panneaux publicitaires dans les lieux publics. Enfin s’il s’agit d’hommes ou de garçonnets et pour autant que leurs yeux ne soient pas visibles, ou soigneusement dissimulés derrière des lunettes de soleil !


De notre partenaire http://culturepolitiquearabe.blogspot.com/

publié le 8 avril 2008

L’image en Arabie saoudite (2/2) : prochain cinéma 500 km !

par Yves-Gonzales Quijano

Près d’un siècle après son apparition dans le monde arabe, en Egypte, le cinéma fait ses vrais débuts en Arabie saoudite. En 2005, un jeune réalisateur, Abdallah al-’Ayyaf (عبد الله العياف), a ainsi réalisé un documentaire remarqué. Intitulé Cinéma : 500 km (السينما 500 كم), le film raconte le périple d’un jeune cinéphile de la capitale, Riyad, qui n’hésite pas à se rendre au Bahreïn - 1000 km aller-retour ! - pour voir un film non pas sur son home cinema mais "en vrai", dans une des salles de Manama remplies certains soirs à 80 % de Saoudiens paraît-il !


Haïfa Mansour, qui avait déjà défrayé la chronique avec divers courts métrages, réalisait la même année Femmes sans ombre (نساء بلا ظل), un documentaire également. Le film, dont le titre fait allusion à la condition féminine dans son pays, provoquait un beau scandale, en dépit d’une unique projection privée dans la demeure du consul de France à Djeddah !

Soumis à de rudes pressions, un prédicateur très médiatisé, un certain Aîd al-Qarni (Aaidh Algarne عائض القرني) - déjà rencontré tout à la fin d’un précédent billet -, revenait publiquement sur ses déclarations dans le film, déclarations qui laissaient entendre que l’obligation du port du voile (غطاء الوجه en termes techniques) ne faisait pas l’unanimité chez les jurisconsultes musulmans.

Toujours à l’affut d’un investissement intéressant, le richissime prince saoudien Al-Walid Ibn Talal engageait la jeune réalisatrice auprès de sa société Rotana, le plus grand label musical dans le monde arabe, qui possède aussi une division cinéma (en plus de six chaînes musicales et quelques bricoles dans la presse...)

A ce titre, Haïfa Mansour a participé à l’aventure, largement financée par la société Rotana, du premier long métrage de fiction "saoudien". Les guillemets s’imposent en effet car Kayfa al-hal ? (Comment va ?), sorti en 2006, a été tourné aux Emirats par un réalisateur d’origine palestinienne résidant au Canada... Le scénario, dû à des plumes libanaises et égyptiennes, réunit les diverses composantes de la société saoudienne, des plus religieuses aux plus "libérales" avec par exemple Sultan, un des héros de l’histoire, vedette (dans le film) du jeu télévisé Star Academy et amoureux de Sahar, la soeur du très religieux Khaled...


Mais le "premier long métrage de fiction saoudien" ce serait en fait une autre oeuvre sortie quasiment en même temps (dans les festivals étrangers naturellement). Il s’agit des Ombres du silence (ظلال الصمت), un huis clos entre politiciens et savants dans le désert, dont le réalisateur, Abdallah al-Muhaysin (عبد الله المحيسن) est bien saoudien cette fois (même s’il a été secondé par un conseiller technique algérien).


Depuis, les films se succèdent et trois longs métrages de fiction sont ainsi attendus en 2008 selon Mamdûh Salem, organisateur à Jeddah, en juillet 2006, d’un "festival des présentations visuelles" (مهرجان العروض المرئية), ainsi nommé pour éviter de choquer avec un mot aussi sensible que "cinéma" comme le rappelle le blogueur saoudien d’où a été tirée la photo en tête de ce billet !

La présentation des 16 films devant un public mixte qui plus est n’ayant pas provoqué de violentes protestations, c’est désormais le Club littéraire pour la région de Al-Sharqiyyah (النادي الأدبي في المنطقة الشرقية) qui va organiser, au mois de mai, la toute première "compétition cinématographique" du royaume saoudien.

Clairement, les choses sont désormais en route et les salles qui sont déjà prêtes à fonctionner dans les grands centres commerciaux du pays n’attendent plus pour ouvrir qu’un signe des autorités. Comme le fait remarquer un bon article de Jaafar Umran dans Al-Sharq al-awsat, le plus important est sans doute que l’image a clairement gagné aujourd’hui en légitimité.

C’est bien le terme qui convient puisque c’est en 2005, l’année même de la projection "publique" des premières oeuvres cinématographiques saoudiennes, qu’un tribunal local s’est fondé pour délivrer son verdict sur une photographie : pour la première fois dans l’histoire du pays, l’image n’était plus a priori rejetée comme trompeuse mais devenait au contraire susceptible d’apporter un témoignage véridique.

Une évolution par ailleurs dangereuse à l’heure où le numérique rend les manipulations plus faciles que jamais, mais c’est une autre histoire !

"La preuve par l’image" si l’on veut ! Pour célébrer la journée mondiale de la femme, Wajeha Al-Huwaider a mis sur YouTube cette vidéo où on la voit en train de conduire. Au volant, elle explique qu’il s’agit pour elle de protester en ce jour particulier contre le fait que les femmes n’aient pas ce droit en Arabie saoudite même si certaines d’entre elles contournent allègrement la loi, en particulier dans les endroits peu fréquentés... Avec d’autres femmes, elle a à nouveau envoyé une pétition pour réclamer ce droit et espère bien que lors de la prochaine journée de la femme, cette question, présente depuis les années 1990 tout de même, aura été résolue...
De notre partenaire
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publié le 7 décembre 2012

L’Institut du monde arabe ouvre une antenne à Tourcoing

[#L’Institut du monde arabe (IMA) a
ouvert le mercredi 21 novembre au
public sa première antenne à
Tourcoing, dans le nord de la
France.#]

[# Installé dans un local de
800 m2, l’espace occupé par
l’Institut du Monde Arabe se répartit
en salle d’exposition et espace
pour des cours d’arabe. Le budget
de 500 000 euros est à la charge de
la région qui est à l’initiative de
cette délocalisation. De son côté,
l’Institut du Monde arabe offre son
savoir-faire. Michel François
Delannoy, maire de Tourcoing,
explique l’intérêt de sa ville pour la
culture et notamment celle véhiculée
par l’IMA :« Aujourd’hui, il y a
des pans entiers de l’économie et de
la culture de nos villes qui ont été
portés par des populations venues
de l’autre côté de la Méditerranée.
L’Institut du monde arabe à
Tourcoing est une forme de reconnaissance
de leur place, de leur
apport, de leur contribution historique,
mais aussi dans l’avenir. »#]

publié le 23 décembre 2010

L’Orchestre de l’Unesco au 8ème festival de musique classique d’Abu Dhabi

[#Sous le thème " Harmonie pour l’ humanité", la 8ème édition du festival de musique classique d’ Abou Dhabi présentera pour l’inauguration un concert exceptionnel par l’Orchestre mondial pour la paix de l’UNESCO (World Orchestra for Peace) et son chef d’orchestre attitré, Valery Gergiev, le 4 janvier 2011 prochain à l’Emirates Palace d’Abu Dhabi. Ce festival est organisé chaque année sous l’égide de la Fondation des Arts et de la Musique d’Abu Dhabi (ADMAF).#]

publié le 29 août 2010

La construction du Louvre d’Abu Dhabi avance dans les délais prévus

La Tourism Development ’&’ Investment Company (TDIC), le principal promoteur de la majorité des destinations touristiques, culturelles et résidentielles d’Abu Dhabi, fête la pose des derniers pieux de fondation du Louvre d’Abu Dhabi. Il s’agit d’une phase de construction majeure, ce bâtiment emblématique du projet de l’île de Saadiyat pouvant désormais avancer dans les délais prévus vers son achèvement en 2013.

[#La société allemande Bauer International travaille depuis mars 2010 sur le chantier du quartier culturel de l’île de Saadiyat, où elle a posé 4 536 pieux d’acier et de béton, représentant au total une longueur de près de 100 km, soit environ à la distance d’Abu Dhabi à Dubaï.
Lee Tabler, PDG de TDIC, a observé : « La TDIC se réjouit de l’achèvement dans les temps prévus de la pose des pieux de fondation du Louvre d’Abu Dhabi. Il s’agit d’un moment déterminant dans la construction de cette institution monumentale dont nous attendons vivement l’achèvement en 2013. La prochaine étape importante sera la réalisation du sous-œuvre au début du dernier trimestre 2010, ainsi que celle des travaux des principaux marchés. »
Conçu par l’architecte lauréat du prix Pritzker, Jean Nouvel, ce musée universel sera la première institution de renom international à être achevée au sein du quartier culturel de l’île de Saadiyat, lequel rassemblera le plus grand ensemble au monde d’institutions culturelles, dont le Musée national Zayed et le Guggenheim d’Abu Dhabi.
Les fondations, qui ont été conçues par le bureau d’études britannique Buro Happold, exigent un système de pieux complexe, afin de satisfaire à la prescription d’une durée nominale de 100 ans et de réduire les risques de pénétration d’eau.
Ces travaux de pose de pieux constituaient le deuxième marché attribué depuis le début de la construction du Louvre d’Abu Dhabi en mai 2009. La première tranche de travaux, réalisée elle aussi par Bauer International, a été achevée en janvier 2010 : 503 000 m3 de terre ont alors été excavés pour recevoir les fondations du musée.
L’achèvement de la pose des pieux du Louvre d’Abu Dhabi coïncide avec le commencement de celle des pieux du Guggenheim d’Abu Dhabi, les travaux devant démarrer cette semaine. La mise en place des 1 400 pieux du Guggenheim Abu Dhabi, qui sera réalisée par Al Habtoor/HSSG JV, devrait s’achever au cours du premier trimestre 2011. Le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation des ouvrages en béton du Guggenheim d’Abu Dhabi est prévu avant la fin de l’année et des annonces seront publiées en temps voulu.#]

Emirates News Agency, WAM

publié le 6 février 2009

La Culture est à l’honneur à Abu Dhabi

Les événements de la saison hiver-printemps 2008-2009

[#À l’approche du printemps, la capitale des Emirats Arabes Unis propose un véritable panaché des 7 Arts à travers plusieurs festivals, reflétant ainsi le mouvement de la pensée locale à l’intersection des cultures et des influences. Une formidable et rare occasion d’apprécier l’art de cette région dans son intégralité.

- Le festival annuel Abu Dhabi Classics, programmant de nombreux concerts de musique classique depuis octobre dernier jusqu’à mai prochain, rend honneur aux orchestres, chefs d’orchestre et solistes du monde entier qui se produisent pour l’occasion au sein des lieux les plus prestigieux de l’Émirat, tels que l’Emirates Palace, le théâtre d’Abu Dhabi ou le Fort Al Jahili à Al Ain.

Le mois de février sera marqué par une grande variété stylistique ; 4 concerts, 4 concepts et une philosophie : les chefs d’œuvre de la musique classique. Au programme, Le chef d’orchestre Jekka Pekka accompagné de l’orchestre de Helsinki, le violonceliste Misch Maisky pour un concert de musique de chambre, ou encore un chœur de 200 élèves d’Abu Dhabi interprétant la Symphonie « Lord of the Ring ».
www.abudhabi-classics.com

- Plus axé sur l’art régional, l’Emirati Expressions célèbre, du 20 janvier au 16 avril 2009, l’art des Émirats Arabes Unis. Des expositions de peintures, de sculptures, de calligraphies, des projections sont organisées au sein de l’Emirates Palace à l’initiative de Anne Baldassari, directrice du Musée National de Picasso à Paris.
http://www.artsabudhabi.com

- Le 6ème Festival de Musique et des Arts d’Abu Dhabi se déroulera du 21 mars au 4 avril prochain. Principale manifestation culturelle de la région selon l’ADMAF (Abu Dhabi Music & Arts Foundation), des artistes de classe mondiale feront l’honneur de leur présence. Le festival met en scène les arts vivants, arts visuels, ainsi que des programmes éducatifs.
http://www.admafestival.com

Promesse tenue par les organisateurs de ces festivals, ces programmes sont précurseurs, et illustrent la volonté de l’Émirat de favoriser l’interaction et les échanges culturels intercommunautaires.
Une véritable entrée en matière pour les projets culturels à venir, tels
que le Guggenheim (ouverture en 2011) ou le Louvre (ouverture en 2012).
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publié le 16 février 2008

La diva libanaise Fairouz enflamme Damas

Après une absence qui a duré plus de vingt ans, voici Fairouz qui revient en terre syrienne au grand bonheur d’innombrables foules d’amoureux et de fidèles. La diva libanaise s’est produite à l’Opéra de Damas, une première des huit étapes qui vont l’amener sur le chemin de Damas.

Malgré une vive polémique dans son pays, Fairouz a tenu sa promesse de revenir sur une terre qui la vénère au presque. Agée de 73 ans, Fairouz est considérée comme la plus grande chanteuse arabe au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie et au Liban.

Dans le cadre de la manifestation "Damas, capitale arabe de la culture en 2008", la chanteuse donnera huit concerts, tous complets. Lors de sa première présentation le 29 janvier dernier, après 23 ans d’absence sur la scène syrienne, la diva a enflammé la salle de l’opéra, et ce malgré le fait qu’elle se produisait en playback dans l’opérette "Sah al-Nawm".

A noter que sa venue en Syrie a provoqué de vives polémiques dans le pays des cèdres en raison de la situation politique et la tension entre les deux pays voisins. Mais malgré les critiques venant de la majorité parlementaire libanaise, la star a honoré son engagement en affirmant qu’elle montera sur scène à l’opéra en Syrie et que sa visite n’a aucun caractère politique.

Justement, de leur côté, les partisans de sa visite pensent que l’art n’a rien à voir avec la politique. Fairouz présente son œuvre au public syrien, un public qui la vénère depuis des décennies et ce malgré toutes les tensions politiques qui animent la région.
Source : Afp

Biographie de Fairouz

Fairuz فيروز, également appelée Fairouz ou Fayrouz, est une chanteuse libanaise née le 21 novembre 1935 à Jabal el Arz, sous le nom de Nouhad Haddad نهاد حداد. Son nom de scène, Fairuz, signifie turquoise ; bleu/vert en arabe.

Elle et sa famille s’installèrent à Beyrouth en 1935 dans le quartier de Zouk-al-Blat où elle grandit. Avec les frères Rahbani, Assi et Mansour (Assi fut son mari), elle créa un nouveau style de musique libanaise, initialement très influencé par la musique sud-américaine.

Son premier concert public eut lieu en 1957. Elle devint très vite célèbre dans tout le monde arabe. Elle se fit rare pendant la guerre civile libanaise afin d’éviter d’être utilisée par un camp ou par un autre. Cette retenue lui a valu l’affection et l’intérêt des publics de toute confession.

Depuis la fin de la guerre civile, elle travaille avec son fils Ziad Rahbani. Sa musique est de plus en plus influencée par les rythmes de jazz.

Œuvre musicale

Une partie importante des textes et de la musique de ses œuvres musicales ont été composés par les frères Rahbani, qui sont également ses producteurs.
Ayyam al Hassad (Le jour de la récolte, 1957)
Al ’Urs fil qarya (Noces villageoises, 1959)
Al Ba’albakiya (La jeune fille de Balbek, 1961)
Jisr el Amar (Le pont sur la lune, 1962)
Awdet el ’Askar (Le retour des soldats, 1962)
Al Layl wal Qandil (La nuit et la lanterne, 1963)
Biyya’el Khawatem (Le marchand d’alliances, 1964)
Ayyam Fakhreddine (Les jours de Fakhreddine, 1966)
Hala wal Malik (Hala et le roi, 1967)
Ach Chakhs (La personne, 1968-1969)
Jibal Al Sawwan (Les montagnes de Sawwan, 1969)
Ya’ich Ya’ich (Viva-viva, 1970)
Sah Ennawm (Garde les yeux ouverts, 1970-1971)
Nass man Wara (Les personnages de papier, 1971-1972)
Natourit al Mafatih (La gardienne des clés, 1972)
Al Mahatta (La gare, 1973)
Qasidit Houb (Un poème d’amour, 1973)
Loulou (Loulou, 1974)
Mais el Rim, 1975
Petra, 1977-1978

publié le 23 décembre 2011

La fiole et la tête du Prophète ! Le vrai complot iranien contre les Saoudiens !

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Le présumé complot visant à assassiner un ambassadeur saoudien (étrange idée !) sur le sol américain (très étrange idée !!!) sera-t-il jugé assez crédible pour devenir une sorte « d’arme de destruction massive » contre la République islamique d’Iran ? Qui aurait oublié le « cinéma » de Colin Powell agitant une prétendue fiole d’anthrax sous le nez des membres du Conseil de sécurité de l’ONU en 2003 ? Lui-même a exprimé, deux ans plus tard, toute son amertume de s’être livré à cette médiocre mise en scène… Quant aux Saoudiens, on comprend qu’ils soient un peu énervés contre leurs voisins car les Iraniens se paient vraiment leur fiole en ajoutant provocation sur provocation, sur toutes sortes de questions et notamment sur celle de la représentation de la figure du Prophète, un domaine où, pourtant, ça ne rigole pas beaucoup comme on le sait depuis la célébrissime « affaire des caricatures »…#]

On a encore pu le constater récemment avec la diffusion, par la chaîne tunisienne Nessma, du film d’animation Persepolis (voir le précédent billet), la figuration du sacré est vécue sur le mode hypersensible par de très nombreux musulmans. A tort ou à raison, c’est une autre histoire, sachant que les autorités en matière de religion sont elles-mêmes très loin d’être unanimes sur cet épineux problème. On l’a déjà rappelé (ici), les positions doctrinales et plus encore les pratiques de l’islam chiite ou sunnite divergent assez radicalement. Là où le second, sous l’influence de l’islam wahhabite notamment, se montre aujourd’hui de plus en plus iconophobe (dans une société où, paradoxalement, les images sont toujours plus envahissantes), le premier admet beaucoup plus facilement des portraits, plus ou moins symbolisés, des « saints » de l’islam, Mahomet, le « messager de l’islam » compris.

Mais ce que les fidèles, toutes écoles confondues d’ailleurs, pourraient avantageusement avoir davantage présent à l’esprit car cela contribuerait à dédramatiser la situation, c’est le caractère non pas figé mais au contraire très évolutif de la jurisprudence, à savoir l’état du droit sur telle ou telle question (en islam, pour ce qui est des affaires religieuses, on appelle cela le fiqh). Sans retourner des siècles en arrière (quand des miniaturistes n’hésitaient pas à dessiner le portrait du prophète de l’islam), il est intéressant de constater qu’il y a quelques années encore le portrait de Mahomet appartenait à l’imagerie populaire (voir ce dossier très intéressant d’où est tirée l’illustration ci-dessous). Quoi qu’il en soit, et même en Arabie saoudite, là où pourtant le caractère sacrilège de l’image est quasiment érigé en dogme, des autorités religieuses affichent aujourd’hui des positions très nouvelles. Lors d’un débat consacré par la chaîne saoudienne (très halal) Al-Arabiya, deux juristes importants, Saleh Al-Luhaydân (صالح بن محمد اللحيدان) et Hatem Al-Sharif (حاتم الشريف) ont ainsi publiquement relativisé le tabou d’une représentation des figures majeures de l’islam, tels que les prophètes ou ceux qu’on appelle les « Compagnons » (Sahaba). Ils sont même allés jusqu’à reconnaître qu’elle n’était pas forcément illicite…

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Carte postale algérienne, années 1920-1930

Une position adoptée, et ce n’est pas un hasard, à l’occasion du débat à propos d’un énième feuilleton posant cette question. En effet, parmi les succès de la récente saison de ramadan figure une série intitulée Hassan, Hussein et Moawiyya (du nom des deux fils de Ali morts dans les combats qui ont vu la victoire du dernier nommé, le fondateur de la dynastie omeyyade). Cette histoire, particulièrement sensible puisqu’elle est à l’origine du grand schisme (fitna) entre sunnites et chiites, mettant en scène toute une litanie de personnages plus ou moins sacrés selon la tradition musulmane, le tournage (l’œuvre portait le nom de Al-Asbât à l’origine) a donc été particulièrement mouvementé, avec des acteurs préférant se désister par crainte du scandale et des autorisations de tournage refusées au dernier moment. Et lorsque la drama a été enfin prête, c’est l’Académie des recherches islamiques (مجمع البحوث الأسلامية), une institution qui dépend d’Al-Azhar au Caire, qui a tenté d’interdire sa diffusion, comme elle avait déjà essayé de le faire pour d’autres feuilletons mettant en scène diverses figures considérées comme sacrées par l’histoire religieuse.

Or ces feuilletons sur le messie, la vierge Marie ou encore le prophète Joseph (voir ce billet) ont souvent en commun d’être produits par les Iraniens (chiites comme on sait) et d’être extrêmement populaires auprès du public arabe (très majoritairement sunnite comme on ne l’ignore pas !). En dépit des protestations des garants officiels de la tradition religieuse (sunnite), et malgré toutes les déclarations des islamistes et autres salafistes qui les rejoignent sur ce point, les téléspectateurs du monde arabe redemandent du péplum à la sauce islamique, à tel point que les chaînes télévisées, bon gré mal gré, ne peuvent faire autrement que de suivre le mouvement ! Le client est roi et, malgré toutes les récriminations, Hassan, Hussein et Moawiya a été projeté par les plus grandes chaînes panarabes (Al-Hayat, Rotana…) ou locales (la tunisienne Nessma notamment), tout comme l’avaient été avant lui et avec des dizaines de millions de fidèles téléphages, Youssouf al-Siddiq, Maryam al-Adhra, et Al-Masîh.

Sans surprise pour peu qu’on soit un peu mécréant, on constate que la forte demande du public arabe, adroitement exploitée par l’industrie audiovisuelle iranienne, a réussi à faire évoluer les positions de l’islam traditionnel bien plus vite que tous les débats théologiques ! Néanmoins, conformément à la logique de surenchère propre à la transgression des tabous, la prochaine étape consistera sans aucun doute à oser la représentation de la plus sacrée des figures de l’islam, celle du prophète Mahomet. Un « défi » qui est au moins aussi ancien que le cinéma puisqu’il y avait déjà eu un projet de ce genre dans les années 1930 (voir ce très ancien billet).

« Côté sunnite », si on peut l’écrire ainsi, on annonce Le Messager de la paix, un remake du très célèbre Al-Risâla (Le Message), réalisé vers la fin des années 1970 par le syrien Mustafa Al-’Aqqâd (voir cet article dans le Guardian). Mais la société qatarie Al-Noor Holding (productrice de Hassan, Hussein et Moawiyya que l’on vient d’évoquer) se lance à son tour dans l’aventure, en partenariat avec Barrie Osborne (Le Seigneur des anneaux, Matrix : tout un programme !…). Centrée sur les premières années de la vie de Mahomet, cette super-propduction de quelque 150 millions de dollars bénéficiera des conseils éclairés du Global Mufti, Youssef Qardâwi (القرضاوي). Dans les deux cas, les responsables ont bien fait savoir que la « licence » dont bénéficie désormais la représentation de certaines figures saintes ne s’étendait pas au personnage principal de l’histoire, Mahomet, dont le visage n’apparaîtra pas l’écran.

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Mais ce ne sera pas le cas du projet lancé« côté chiite ». Le célèbre comédien et réalisateur Majid Majidi a en effet annoncé (article dans le Teheran Times) qu’il travaille actuellement à la réalisation d’un film historique sur la vie du prophète de l’islam. Largement centré sur l’enfance du “messager de Dieu” ; le film incluera également des épisodes plus tardifs de la vie de Mahomet, incarné par l’acteur-réalisateur en personne.

On verra bien où et comment se fera la diffusion de cette œuvre, mais on imagine qu’elle suscitera quelques sérieux conflits. On espère seulement qu’ils resteront cantonnés au monde des symboles…

Pour les arabophones, un article dans Elaph justement ce jour par un ‘âlem égyptien proposant 7 arguments justifiant la figuration du Prophète ! Très rapidement : pas de texte spécifiant l’interdiction, le fait que le Prophète pratiquait l’art plastique, qu’il avait recours à la représentation, préfigurant même les films de science-fiction, qu’il avait recours aux devinettes, aux scénarios… Et enfin que c’était un homme !!!

publié le 31 mars 2009

La Foire du livre d’Abou Dhabi attire toujours plus

[#La foire d’Abou Dhabi s’est tenu du 17 au 22 mars 2009. Reflétant la nouvelle place que souhaite prendre l’émirat dans la culture, le nombre d’exposants a doublé en deux ans.
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« Encourager les affaires et attirer le plus de personnes possibles à s’intéresser à l’industrie du livre [étaient] nos deux objectifs pour cette édition 2009 », explique Claudia Kaiser, directrice générale de KITAB, une joint-venture entre Abu Dhabi Authority for Culture & Heritage et le salon du livre de Francfort qui organise la foire internationale du livre d’Abou Dhabi. Objectifs remplis.

Pour sa dix-neuvième édition, cette foire a réuni 550 exposants venant de 45 pays différents dans le centre d’exposition national de la capitale administrative des Emirats Arabes Unis. En 2008, ils n’étaient que 482 exposants de 42 nationalités différentes. Des milliers de livres écrits en arabe, en anglais, en français, en allemand et dans bien d’autres langues encore étaient dévoilés au grand public mais aussi aux professionnels du livre désireux de faire des affaires. Pour la première fois depuis son lancement, cette foire a souhaité attirer les antiquaires et les collectionneurs de livres rares, grâce à une petite section antiquité de quelque 224 mètres carrés sur une surface de plus de 16 000 mètres carrés. Une originalité qui a séduit des maisons d’édition de 17 pays différents, comme la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou encore la Hollande, venues présenter leurs manuscrits, livres rares, mais aussi photos originales ou encore cartes.

Sous le patronage de Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, la foire internationale du livre d’Abou Dhabi souhaite renforcer les liens entre les éditions internationales et celles du monde arabe. En 2009, le nombre de publication exposées a cru de 15 % à 20 % par rapport à l’année précédente. Pendant ces six jours, entre 1,6 milliard et 2 milliards d’euros ont changé de main.

Dans le top 20 des pays respectant le droit à la propriété intellectuelle

Mais ce salon n’est pas seulement un évènement destiné à vendre des livres. Comme l’a précisé Mohammad Khalaf Al Mazrouei, le directeur général de Abu Dhabi Authority for Culture & Heritage, c’est aussi un évènement culturel qui cherche à promouvoir les pensées et les écrits des auteurs, et à apporter de nouveaux intervenants dans l’industrie du livre en général.

Abou Dhabi espère ainsi se positionner comme un des moteur de l’industrie de l’édition dans la région, tout en respectant la propriété intellectuelle, valeur peu reconnue au Moyen-Orient. Le droit à la propriété intellectuelle fait parti des priorités d’Abou Dhabi et de sa foire. L’émirat est d’ailleurs le seul pays du Moyen-Orient à être entré dans le top 20 des pays protégeant le mieux ses œuvres contre la piraterie, selon le Business Software Alliance, aux côtés de la Grande-Bretagne, de l’Australie ou encore de la France. Un respect qui lui vaudra très certainement la venue de nombreux autres exposants pour sa vingtième édition qui se déroulera entre le 2 et le 7 mars 2010.#]

Julie Schneider

publié le 7 février 2011

La France en vedette à la Foire internationale du livre d’Abu Dhabi

[#La France est la vedette de la Foire internationale du livre d’Abu Dhabi (Abu Dhabi International Book Fair ADIBF) qui se tiendra dans cet émirat du Golfe du 15 au 20 mars prochains au Centre national des expositions, ceci, selon les organisateurs, en reconnaissance de l’influence que la France a exercé et continue de le faire sur la culture mondiale non seulement avec sa littérature mais également avec son art de la table, son cinéma et sa mode.#]

[#Cette participation spéciale de la France est également en droite ligne avec le renforcement des relations culturelles de la France avec les EAU en général et Abu Dhabi en particulier, notamment avec la construction du Louvre Abu Dhabi. La foire accueillera ainsi certains des auteurs et des éditeurs les plus emblématiques de la littérature française sous toutes ses formes, notamment la bande dessinée (BD) et les coffrets audio-visuels. Parmi les moments français forts prévus au programme, citons :

  • Débat avec Emmanuelle and Benoît de Saint-Chamas autour de leur BD : “ Strom, le collectionneur” (titre anglais : “Strom…The Thrills of a Museum”) dont l’intrigue se développe dans les sous-sols du Louvre.
  • Débat sur le thème : “Le Château de Versailles – Un palais et un livre” en présence et avec la participation de Pierre Arizzoli-Clémentel, auteur d’un coffret audio-visuel en deux tomes sur Versailles, et de son éditeur, François de Waresquiel.
  • Débat sur “Le Louvre Abu Dhabi : Une vision pour le futur” qui tentera de répondre à la question de savoir quelle était l’idée derrière la création d’un Louvre à Abu Dhabi. Philip Jodidio, écrivain et critique d’art américain, rédacteur en chef de 1980 à 2002 du magazine français des arts le plus diffusé en France, Connaissance des Arts, et chevalier de la l’Ordre#]

CCFA

publié le 18 décembre 2009

La galère des pêcheurs au Liban

Tyr, par Marie-Anne Muller | iloubnan.info

Ils sont 3 500 pêcheurs au Liban, dont 650 travaillent dans le vieux port de Tyr. Depuis la guerre des 34 jours, leur condition de vie va en s’empirant. En moyenne, ils gagnent 250 $ par mois. Une misère qui pousse certains d’entre eux à quitter le port pour rejoindre les terres et devenir démineurs, une fonction plus dangereuse mais aussi plus rémunératrice.

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Crédit photo : Marie-Anne Muller

Le geste vif, rompus à cette habitude ancestrale, les trois hommes extraient les petits poissons prisonniers de leurs filets dans le port de Tyr. La pêche n’est pas franchement mauvaise ce vendredi de mars, mais les clients bien plus rares. Le propriétaire du bateau, cheveu ras et crabe tatoué sur la main, vendait 60 à 70 kilos de poisson par jour et par client (essentiellement des distributeurs pour les restaurants) avant l’offensive israélienne de l’été 2006. Mais la portion est devenue congrue depuis : à peine 2 kg quotidiens par acheteur. Même si le prix du poisson, lui, n’a pas augmenté. Le salaire qu’il perçoit, cet homme qui préfère taire son nom – nous l’appellerons Ali - le divise en cinq parts. Une pour chacun des trois pêcheurs. Deux pour lui, pour le bateau et pour le filet qu’il met à leur disposition. Le salaire aussi a dégringolé : de 700 000/ 800 000 LL à 100 000 LL par jour pour toute l’embarcation, soit à peine 20 000LL par jour pour chaque pêcheur, révèle Ali.

Selon le président du syndicat des pêcheurs de Tyr, Khalil Taha, un bon pêcheur gagne actuellement environ 250$ par mois. « Mon père était pêcheur. Grâce à ce métier, il a envoyé ses dix enfants à l’école », informe Khalil, nostalgique de cette période. « Moi, si j’avais un fils, je ne lui apprendrais pas à nager, la pêche est un travail de misère et de tristesse », dit-il, amer. Lui-même n’arrive plus à vivre de cette profession qu’il pratique depuis 25 ans. Il compte surtout sur l’aide de ses frères installés en Côte d’Ivoire. Pourtant, lorsqu’il parle de son emploi, le verbe est émotif, l’œil pétillant : « La mer nous épure. Quand la prise est bonne, j’ai l’impression d’être le maître du monde ».

Des pêcheurs délaissés

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Crédit photo : Marie-Anne Muller

En ce début d’après-midi, les felouques du port de Tyr sont quasi désertes. La plupart des pêcheurs partent en mer la nuit, vers 2h du matin pour vendre leur poisson frais dès 7h. La pratique de la dynamite qui détruit l’environnement marin pour des années, la pollution, les eaux usées déversées dans la mer, la concurrence – 250 bateaux partent en mer à Tyr actuellement, contre 150 il y a quelques années – et parfois un manque de savoir-faire de certains hommes qui s’improvisent pêcheurs du jour au lendemain, sont autant de raisons qui rendent le secteur difficile. « Certains utilisent des filets avec de tous petits trous, les poissons n’ont plus le temps de grandir, mais les pêcheurs s’en moquent, l’argent tracasse tout le monde, il faut bien penser à manger », explique Khalil Taha. D’après Ali, les poissons sont plus gros à 20 km de la côte, vers les eaux israéliennes, mais la Finul leur interdit d’aller pêcher si loin. Khalil Taha parle d’un accord avec l’Onu pour pêcher dans une limite de 12 km du littoral. « Si les pêcheurs dépassent la ligne bleue, ils risquent de se faire tirer dessus par les Israéliens », avertit-il.
La guerre de 2006 n’a fait qu’empirer la situation des 650 pêcheurs de Tyr. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estimait à environ 6 millions de dollars la réhabilitation du secteur de la pêche au Liban, sans compter le nettoyage de la marée noire. Mais aux dires des pêcheurs de Tyr, les subventions étrangères, ils en ont à peine vu la couleur. « L’Union européenne a fait don de 2 000 $ par pêcheur. Nous avons reçu deux mensualités de 200$ du Haut Comité de secours, mais depuis un an, plus rien », raconte Khalil Taha, sûr de cette information, sous-entendant que le gouvernement a détourné l’argent qui leur était dû. Pourtant, l’assistance européenne n’est jamais débloquée directement sous forme d’argent liquide, mais via des actions concrètes. Le Hezbollah, de son côté, leur a versé à chacun 300 $ et leur a distribué quelques filets de pêche.

De la pêche au déminage

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Crédit photo : Marie-Anne Muller

Des aides bien trop sommaires pour les aider à s’en sortir. Et pour survivre, de nombreux pêcheurs sont obligés d’endosser la charge d’un deuxième travail. Ils deviennent ouvriers, vendeurs de fruits et légumes, agents de sécurités ou encore démineurs. Ali connaît une dizaine de pêcheurs qui se sont reconvertis démineurs. C’est le cas de Rabieh Bawab. « La pêche n’était pas bonne, les poissons trop petits, je gagnais parfois à peine 20 000 LL par jour, à peine de quoi couvrir les frais d’essence du bateau », explique Rabieh. Le pêcheur a alors cherché un secteur plus lucratif et il est devenu démineur pour une compagnie privée, Baktek. En 2007, il gagnait 800$ par mois. Beaucoup plus que sa modeste paye de pêcheur, mais il a malgré tout gardé son bateau et son matériel de pêche, car il sait que le déminage n’est qu’un travail à moyen terme. Il aimerait un jour reprendre le large à bord de son bateau. « Baktek nous a formés pendant un mois. Petit à petit, par équipe de 10 personnes sous la supervision d’un professionnel, nous avons déminé des terrains de plus en plus difficiles », poursuit-il. Pour toute protection contre les bombes à fragmentation qu’ils traquent, les démineurs n’ont qu’un gilet et un casque, mais Rabieh affirme qu’aucun accident grave ne s’est produit et qu’il ne craint pas le danger. Ce qui n’est pas le cas de Jihad Chayah, qui avait un contrat de 15 mois comme démineur à 900$ par mois. « J’avais très peur. Mais j’ai été obligé de travailler dans le déminage. Mon bateau a sombré après une tempête et je n’ai reçu aucune aide, or j’ai trois enfants à nourrir », raconte Jihad. Malgré ses appréhensions, l’expérience ne l’a pas découragé. Il cherche actuellement un nouveau contrat de démineur. Une nécessité pour subvenir aux besoins de sa famille. Et Jihad a aussi le sentiment ainsi d’aider son pays. Les pêcheurs authentiques seraient-ils en voie de disparition dans le Sud ? C’est ce que laissait entendre l’un d’eux, au port de Tyr : « Vous devriez prendre ma photo pour m’exposer dans un musée », avait-il lancé, moqueur.

De notre partenaire iloubnan.info

publié le 10 juillet 2007

La New York Film Academy ouvre une école de cinéma aux EAU

Pour développer l’industrie cinématographique aux EAUs, l’autorité d’Abu Dhabi pour la culture et le patrimoine a signé le 26 juin un accord avec la New york Film Academy.

L’objectif de cette coopération étant aussi de mettre en relief le patrimoine culturel émirati et de favoriser le dialogue entre les différentes cultures et civilisations.
Dans ce sens, Sheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan, président de l’Autorité d’Abu Dhabi pour la culture et le patrimoine, a indiqué que cette école qui ouvrira ses portes en janvier 2008 permettra le développement de la scène culturelle dans la région, et la formation de profils qualifiés dans le domaine culturel.
Mohammad Khalaf Al Mazrouei, directeur général de l’autorité d’Abu Dhabi pour la culture et le parimoine a, pour sa part, souligné que « la signature de cet accord résulte de notre détermination pour créer une école de cinéma pour nos citoyens qui sont désireux de poursuivre leurs formations dans le domaine cinématographique. La coopération avec le New York Film Academy permettra donc de soutenir les talents artistiques et de créer un environnement favorisant l’expression culturelle et artistique. la mission principale sera de promouvoir la culture à Abu Dhabi. »
Jerry Sherlock, directeur de la New York Film Academy, a quant à lui ajouté que « la signature de cet accord reflète que le cinéma est la littérature internationale du 21ème siècle, où les individus, les communautés et les nations s’expriment et traduisent au monde leurs visions les plus profondes de l’humanité. »
Notons que L’académie américaine assurera des cours de haut niveaux notamment dans l’écriture de scénarios, la manipulation d’appareil-photo, la réalisation de films, la production, la gestion entre autres. L’expérience d’experts dans le cinéma et les techniques modernes mis à profit, l’école offrera aux citoyens émiratis l’opportunité de mettre en exergue la culture de leur pays.

Source l’agence de presse émiratie (WAM)
Nadia Faris

publié le 27 septembre 2015

La possibilité d’une île : ce cher monsieur Sawiris

Par Yves Gonzalez-Quijano

Début septembre, Naguib Sawiris, un milliardaire égyptien dont la fortune est essentiellement liée à Orascom, une société de téléphonie surtout présente en Afrique et en Asie, faisait savoir dans les médias qu’il était prêt à acheter une île en Méditerranée pour y accueillir le flux incessant des réfugiés qui cherchent à fuir sous des cieux plus cléments.

Quinze jours plus tard, alors que la photo du cadavre du petit Aylan Kurdi, échoué la plage de Bodrum, réveillait brutalement les consciences du monde, l’homme qui possède la troisième fortune d’Afrique, évaluée à 3 milliards de dollars, déclarait que les contacts avec les gouvernements italien et grec étaient bien avancés. Pour une somme évaluée entre 10 et 100 millions de dollars – auxquels il faudra rajouter les investissements nécessaires à l’accueil de la nouvelle population : écoles, centres de soin, logements… – , il se faisait fort de mettre en route cette « possibilité d’une île » pour les migrants ballotés entre guerres inciviles et frontières interdites… “Sell me an island, I’ll call its independence and host the migrants and provide jobs for them building their new country” : une idée un peu folle, celle d’une île indépendante en Méditerranée où les migrants trouveraient du travail le temps qu’ils puissent retourner dans leur pays, écrivait-il ainsi sur son compte Twitter. Une solution provisoire naturellement, en attendant le retour chez eux des migrants réfugiés sur l’île d’Aylan Kurdi comme il se proposait de l’appeler.

Largement diffusée, cette information n’a quasiment jamais été accompagnée d’un élément qui, pourtant, n’est pas sans importance et dont on peut penser qu’il est pourtant bien présent dans toutes les mémoires journalistiques. En effet, le riche philanthrope de l’île aux réfugiés n’est autre que l’investisseur privé qui, en juillet dernier, a prisle contrôle de la chaîne Euronews pour l’équivalent de quelques arpents en Méditerranée, à savoir 35 millions de dollars. Cette information, d’ailleurs, est loin d’être la seule à devoir être prise en compte si l’on veut analyser, dans toute sa complexité, l’offre faite par l’homme d’affaires égyptien. Car celle-ci s’inscrit en réalité dans un parcours singulier, dans lequel bien des gestes philanthropiques apparaissent autant de manœuvres politiques.

Charitable, la fondation Sawiris, créée en 2001, l’est très certainement puisqu’elle se propose pour l’essentiel de fournir à quelques jeunes Égyptiens et Égyptiennes méritant(e)s la possibilité de compléter leur éducation grâce à des formations que les services de l’État sont bien incapables de leur fournir. Mais comme bien des initiatives de ce type (on peut penser à la fondation Hariri au Liban par exemple), cette intervention dans l’espace public est associée à une stratégie de visibilité politique. D’ailleurs, deux ans après la création de ladite fondation, l’homme qui avait fait sa fortune grâce à la dérégulation du secteur des communications en devenant le premier fournisseur privé de services téléphoniques mobiles en Égypte se démarcait du pouvoir en place. En 2003, Naguib Sawiris devenait ainsi le principal investisseur d‘Al-Masri al-youm, le premier très important quotidien d’opposition à voir le jour depuis la nationalisation de la presse sous Nasser au début des années 1960 !

Polytechnicien (formé en Suisse), l’homme dont la fortune est étroitement associée au développement des nouveaux supports de communication et de l’information n’ignore pas l’importance de ce qui se joue dans ce secteur. En 2008, il consent ainsi à différents investissements dans le secteur de la production audiovisuelle, avec notamment de nombreux partenariats dans l’industrie du cinéma. Une décision qui s’inscrit désormais dans une politique médiatique ambitieuse. Après la presse écrite vient en effet le tour des médias audiovisuels avec la création, en 2007, de la chaîne OTV (devenue ONTV en 2009). De plus en plus spécialisée dans les informations, cette chaîne satellitaire arrive même à faire de l’ombre, au niveau égyptien, au leader incontesté (à l’époque) du domaine sur le plan régional, à savoir Al-Jazeera. D’ailleurs, lorsqu’éclateront les grandes manifestations de janvier 2011, ONTV fera au moins jeu égal, en termes de qualité de reportage et d’influence, avec la chaîne qatarie.

Après le renversement d’Hosni Moubarak et l’ouverture d’une page historique dans l’histoire du pays, la voie semble libre pour un homme comme Naguib Sawiris, devenu ouvertement un des acteurs politiques du pays depuis qu’il a contribué, en le finançant, à la création du Parti des Égyptiens libres (حزب المصريين الأحرار) en avril 2011. Comme Mohamed El-Baradeï arrivé plus tôt sur le « marché » politique, il incarne une image moderne et libérale propre à assurer l’avenir de la nation égyptienne. Visionnaire, le patron du groupe Orascom n’hésite pas à se lancer dans des projets qui, outre leurs retombées financières, doivent contribuer à arrimer le pays à la modernité mondalisée, en y réinsufflant le dynamisme qui fit les grandes heures du Caire durant les dernières décennies du XIXe siècle. On découvre ainsi, en lisant cette très intéressante contribution publiée (en anglais) par le quotidien Mada Masr, comment la création, en 2008, du groupe Al-Ismaelia for Real Estate repose en définitive sur un pari audacieux, qui passe par la (juteuse) gentrification du patrimoine urbain du centre-ville dans laquelle une généreuse politique de mécénat culturel (centre culturel Town House, festival D-Caf, etc.) révèle toute sa signification néo-libérale, et sa dimension politico-économique.


Mais ces évidentes ambitions politiques se heurtent à un handicap considérable. Non seulement Naguib Sawiris est copte, mais il se fait publiquement l’avocat d’une ligne violemment opposée aux différentes incarnations de l’islam politique, à commencer celle des Frères musulmans. Depuis toujours ou presque, une sourde hostilité oppose le brillant investisseur privé aux fervents partisans d’une solution politico-religieuse. Par exemple, lors de ses débuts sur le marché égyptien à la fin des années 1990, la société Mobinil est victime d’une campagne de boycott au prétexte qu’elle est la propriété d’une famille copte. La même hostilité se retrouveraen Algérie, principalement en 2008, lorsque Djezzy, sa filiale locale, sera accusé par certains de mettre en péril les institutions économiques du secteur publiques mais également, pour d’autres, de saper les valeurs morales algériennes en ouvrant largement les canaux de la communication globale à toutes sortes d’images condamnées par la religion.

Là où certains auraient fait profil bas en évitant les problèmes, Naguib Sawiris choisit au contraire l’affrontement en laissant paraître dans les médias des opinions de plus en plusouvertement hostiles à l’islam politique. Non sans excès, calculés ou non, à l’exemple de ce message sur Twitter,en juin 2011, avec une photo de Mickey et Winnie déguisés en fondamentalistes musulmans (illustration en haut de ce billet). Une innocente plaisanterie, plaide le milliardaire, qu’une partie de l’opinion interprète, en partie à cause du choix (particulièrement maladroit) de cette icône de la culture made in USA, comme l’aveu d’une connivence manifeste avec le « le monde riche ».

Naguib Sawiris adopte une posture qui aboutit inévitablement à un affrontement sans merci entre le représentant du courant néo-capitaliste libéral et ceux des divers courants de l’islam politique, à commencer par les membres de la confrérie des Frères musulmans. L’animosité réciproque est particulièrement nette durant la campagne électorale de l’hiver 2011 durant laquelle la chaîne ONTV prend ouvertement position pour le camp de son propriétaire. Lorsque le Parti de la justice et de la liberté, plate-forme des Frères musulmans, l’emporte largement, Naguib Sawiris en tire très rapidement les conséquences. Dès les premiers mois de l’année suivante, il commence à se désengager du marché égyptien, notamment en vendant ses actions au sein d’Orascom à France Télécom. A la fin de l’année 2012, c’est la chaîne ONTV qui est vendue à Tarek ben Ammar, dans le cadre d’une série d’investissements croisés où certains voient déjà, non sans perspicacité, un véritablecadeau empoisonné dont hérite le célèbre homme d’affaires tunisien.

Aux commandes (financières) d’Euronews, Naguib Sawiris s’interroge désormais à haute voix sur la « possibilité d’une île », comme un refuge pour tous ceux qui risquent leur vie sur la Méditerranée et ailleurs dans l’espoir d’une existence meilleure. Sur les réseaux sociaux arabes, certains s’interrogent sur les motivations réelles d’un tel geste. Peut-on le croire aussi gratuit, et même généreux qu’il en a l’air dès lors que l’empire financier du cher monsieur Sawiris s’est ainsi désengagé, autant qu’il lui a été possible, du radeau égyptien partant à la dérive au milieu des tempêtes politiques ?

publié le 20 septembre 2009

La publicité, vedette des feuilletons du ramadan télévisé arabe

[#Personne ne se risque à avancer un chiffre à propos du nombre de feuilletons diffusés pendant ramadan. Une bonne soixantaine pour les grandes chaînes panarabes, sans doute deux ou trois fois plus au total pour ce mois de consommation télévisée frénétique de drâmât – terme à la mode dans la presse, qui vient remplacer le plus classique musalsalât.#]

Entre les productions réservées à un marché local à l’image des sitcoms marocaines (article dans Jeune Afrique), celles qui peuvent toucher un marché régional (le « feuilleton bédouin » pour les très riches audiences de la Péninsule par exemple) ou encore celles qui s’adressent dès le départ à la clientèle des grandes chaînes transnationales, il est difficile de se livrer à un comptage précis, d’autant plus que les séries en exclusivité sur un canal sont en nombre très limité, la plupart faisant, au contraire, l’objet de multiples rediffusions, plus ou moins décalées, sur différentes chaînes, codées ou non.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le festin d’images télévisées de ramadan représente, à raison de 4 ou 5 par feuilletons par foyer, une énorme manne publicitaire évaluée, selon cet article d’Al-Quds al-‘arabi, à quelque 100 millions de dollars (même si on ne voit pas très bien à quoi exactement correspond ce chiffre).

Depuis plusieurs années, tout le marché télévisuel est organisé en fonction de ramadan dont l’arrivée est un cauchemar pour les sociétés de production qui ont le malheur d’être en retard sur leur planning et qui doivent parfois boucler un tournage alors que la diffusion du feuilleton a déjà commencé. Quant aux grandes chaînes, elles établissent leur programmation annuelle en fonction de ce pic de consommation en prenant soin, concurrence oblige, de ne dévoiler leur grille de programmes qu’au tout dernier moment.

Cette année, Nile TV a ainsi réalisé un joli coup en inaugurant les séries de ramadan tellement attendues, non pas le premier jour du jeûne mais dès la « nuit du doute » (laylat al-ru’ya), et en prenant ainsi une bonne longueur d’avance sur la concurrence ! A défaut d’être élégant, le procédé semble avoir été efficace (article dans Al-Akhbar). Il révèle aussi l’aspect toujours plus mercantile d’une fête qui, comme Noël sous nos latitudes, tient de moins en moins compte des valeurs religieuses qui lui sont en principe associées.


À lire la presse arabe en effet, plusieurs signes donnent à penser que « l’inflation d’écrans religieux », signalée l’année dernière, n’est plus autant au rendez-vous. Ainsi, un des événements de l’actuelle saison, pour l’Egypte au moins, aura été le lancement de la chaîne Al-Qahira wal-Nas (القاهرة والناس – Cairo Centric en anglais). Dernier « produit » du gourou de la pub égyptienne, Tarek Nour, la chaîne a fait toute sa promotion sur un slogan très peu en rapport avec la « modestie » requise pendant ce mois sacré (article sur Islam-Online) : أجرأ قتاة في رمضان, « la chaîne la plus osée durant ramadan » !!!

Et c’est également avec le début du mois de jeûne et de ferveur religieuse qu’a eu lieu, à Damas, le lancement de Syria Drama, nouvelle satellitaire crée par les autorités locales pour relancer la production des feuilletons locaux face aux manques de débouchés (pour des raisons enpartie politiques) sur un marché de l’image dominé par les capitaux saoudiens…


Bien entendu, les émissions religieuses sont très loin d’avoir disparu et, à côté des traditionnelles causeries religieuses des prêcheurs vedettes, on observe également la poursuite de tentatives, notamment en Arabie saoudite, visant à promouvoir le « feuilleton conservateur » (al-drâmâ al-muhâfidha), c’est-à-dire un feuilleton fondé sur les « vraies valeurs » morales (de l’islam). Il reste que « le temps de cerveau disponible » des téléspectateurs arabes n’est pas extensible à l’infini, et la place croissante que prennent les séries télévisées se fait au détriment des autres émissions, et en particulier des religieuses.

Car les feuilletons sont omniprésents non seulement par leur nombre, mais aussi par leur longueur. Non pas tellement qu’ils durent plus de temps qu’auparavant, bien au contraire, mais parce que le nombre de spots publicitaires a terriblement augmenté, au point d’égaler par leur longueur le temps de l’émission proprement dite, ce qui finit par irriter bien des téléspectateurs qui n’arrivent plus à suivre une histoire interrompue, dans les pires cas, toutes les cinq ou six répliques.

On ne voit pas comment le système pourrait s’arrêter car, si le feuilleton fait vendre des spots publicitaires, il a lui-même besoin de la publicité. Pour assurer le financement de ces productions prestigieuses, souvent fort coûteuses, mais également pour assurer leur promotion. En effet le temps n’est plus où une chaîne pouvait se reposer sur la seule qualité d’un produit proposé en exclusivité à son public. Depuis deux ou trois ans, les séries télévisées sont préparées, deux bons mois à l’avance, par d’énormes campagnes d’affichage, suivies, juste avant ramadan, de campagnes dans la presse.

Les publicitaires réfléchissent déjà aux nouvelles possibilités qu’offre Facebook et on prépare même, pour la prochaine saison, des avant-premières pour les chroniqueurs télévisés, comme pour les grosses productions cinématographiques.

Même s’il donne l’impression d’arriver aujourd’hui à saturation, le système ne date pas d’aujourd’hui. Un article dans Al-Quds al-‘arabi, signé par Muhammad Mansour, rappelle ainsi que celle qui n’était pas encore la grande Oum Kalthoum vantait, dans les années 1930, les mérites du savon Naboulsi Farouk (image en haut de ce billet). Quand à la pulpeuse Hayfa Wahbé, vedette du dernier film de Khaled Youssef, elle a commencé sa carrière à l’écran dans un spot publicitaire pour des pâtes !

Au dire des spécialistes, c’est en Egypte, où l’humour est souvent une arme de survie, qu’on fabrique les meilleures publicités du monde arabe. Ci-dessous, un spot, assez délirant, pour la chaîne Melody : il n’y a pas besoin de tout comprendre en arabe pour s’amuser ! D’autres spots tout aussi drôles sur le site de la société Melody (cliquer sur “our campains” en dessous des “m” qui bougent…)

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 6 janvier 2009

La tragédie du peuple palestinien au Festival de cinéma de Dubaï

Autour d’une magnifique histoire, Najwa Najjar dévoile un film très fort tourné dans les territoires occupés.

Najwa c’est l’autre visage de la Palestine. Une femme d’une grande force qui porte l’espoir du peuple palestinien dans l’attente de retrouver sa terre. Dubaï International Film Festival (Diff) met à l’honneur le film de la palestinienne Najwa Najjar qui a fait sensation lors de sa projection. Sorti en première mondiale au festival, son film Al Mor Wa Al Rommane a été très bien accueilli par la critique. Production entièrement palestinienne, le film retrace le calvaire des palestiniens confrontés chaque jour à la répression du régime israélien.
Ce film est avant tout un succès pour la Palestine. « Je suis très fier que nous ayons été en mesure d’achever ce film » raconte Najwa, la trentaine, très belle dans sa robe noire pour la séance de photos. La cinéaste a fait preuve d’une grande détermination, elle a mené son film jusqu’au bout : « Il a fallu six ans pour finalement pour tout terminer, et enfin à montrer le film au festival de Dubaï. C’est un sentiment merveilleux. Je suis également fière car il s’agit d’une production pleinement palestinienne et toutes nos interprètes et membres de l’équipe de tournage étaient principalement palestiniens. Nous avons été confrontés à de nombreux obstacles parce que j’ai refusé de le tourner en dehors de la Palestine. Nous avons eu besoin de circuler avec parfois de fausses identités pour tourner dans certains endroits. Je vis en Palestine, je sais ce que c’est que de passer par les points de contrôle et je sais ce que c’est que d’être cloué à la maison devant la télévision pendant des heures sur la fin, parce que nul n’est autorisé à circuler. »

"C’est la raison pour laquelle je voulais faire ce film pour montrer ce que passer par les Palestiniens dans leur quotidien des vies" souligne la cinéaste qui souhaite faire passer un message de paix et d’amour.

La rédaction

publié le 30 juillet 2011

La vexillologie et le « printemps arabe »

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Centrale pour l’histoire et la pensée politiques européennes du XIXe siècle, l’idée d’Etat-nation, une fois « délocalisée » dans les territoires des anciens empires arabe et ottoman, a été très vite révélatrice d’une tension originaire entre, d’une part, un projet unificateur à l’échelle de la oumma (arabe et/ou musulmane) et, de l’autre, l’affirmation de chacun des différents Etats au sein de l’ensemble régional. Cette tension entre des forces centripètes et centrifuges, la vexillologie – en d’autres termes la sciences des drapeaux – permet d’en observer les manifestations.#]

[#Le premier oriflamme « national arabe », celui de la Révolte arabe de 1915 – assez curieusement inventé, à en croire cet article dans Wikipedia, par Mark Sykes, l’homme qui a laissé son nom, accolé à celui du Français François Georges-Picot, aux célèbres accords qui devaient dessiner les frontières étatiques du Moyen-Orient – associe en effet quatre couleurs : rouge, symbole des Hachémites, noir, pour les Abbassides de Bagdad, vert pour les Fatimides du Caire et blanc pour les Omeyyades de Damas. Nés, par la force des choses, de l’échec du « rêve arabe » d’unité, les différents Etats arabes n’en continuent pas moins d’y faire allusion dans leur symbole national qui, presque toujours, compose d’une manière ou d’une autre avec ces quatre « couleurs panarabes ». (Les principales exceptions sont celles de la Jamahiriyya libyenne qui arbore depuis le voyage d’Anouar El-sadate en Israël en 1977 un fond unanimement vert, et du Royaume d’Arabie saoudite – unique pays sur terre à porter un nom de famille, celui de la dynastie des Al Saoud –, laquelle fait figurer en sus la shahada et un sabre couché.)

Sur cette trame commune des quatre couleurs de base, l’Histoire déroule ses péripéties ; les couleurs nationales varient peu, mais leur agencement se modifie et surtout on les dote de symboles supplémentaires. En janvier 2008, l’assemblée nationale irakienne décida ainsi très officiellement que la devise Allah akbar inscrite au milieu du drapeau (une innovation pourtant due à Saddam Hussein en 1991, au plus fort de la seconde guerre irako-iranienne) serait désormais inscrite non plus en vert mais en jaune, symbole national pour les Kurdes (voir cet article en arabe)…

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La Syrie ne fait pas exception et son drapeau national a connu, depuis son adoption officielle en 1936, quelques changements. Comme ailleurs, en Libye par exemple où l’oriflamme du royaume de Libye, en vigueur jusqu’à 1969, a connu une sorte de résurrection par la grâce de ceux que l’on continue à appeler les « rebelles », quelques opposants ont imaginé de brandir l’ancien drapeau de la république de Syrie, utilisé entre 1936 et 1963 (à l’exception de la période de la République arabe unie, avec l’Egypte de Nasser, de 1958 à 1961). La principale différence tient à la couleur de la bande horizontale supérieure, verte dans la version ancienne, rouge dans l’actuelle. Plus subtile en revanche est la question de l’étoile, dont la couleur ainsi que le nombre varient. Elles étaient rouges dans le premier drapeau adopté en 1936, et au nombre de trois, symbolisant les districts d’Alep, de Damas et de Deir-Ezzor. Elles sont vertes désormais, et au nombre de deux, associées à l’origine aux Etats fondateurs (l’Egypte et la Syrie) de la République arabe unie entre 1958 et 1961. Une troisième, venue s’ajouter entre 1963 et 1972 quand il fut question de renouveler cette union complétée par la venue de l’Irak, a disparu depuis 1980 (après une période où elles ont été remplacées par un faucon d’or).

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Associé au portrait du président Bachar Al-Assad, le « vrai » drapeau national demeure, quant à lui, un élément central de la communication du régime. Le 15 juin dernier, soit trois mois jour pour jour après le début « officiel » des manifestations en Syrie, un immense drapeau de 2 300 mètres de long (sur 18 mètres de large, l’opération aurait tout de même coûté près d’un demi-million d’euros), a été déployé par les partisans du régime le long de la très large avenue qui mène, dans le quartier de Mezzé à Damas, vers l’autoroute du Liban. Après cette première réalisation, promenée dans diverses grandes villes du pays, ce sont les habitants de Lattakié qui, hier (dimanche 10 juillet), ont multiplié par dix le précédent record avec des couleurs nationales déroulées par la foule sur près de 16 kilomètres.

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Quelles couleurs s’afficheront le monde arabe quand il en aura fini avec son « grand ménage de printemps » ? Une question qu’un artiste contemporain, le marocain Mounir Fatmi, a posé avec peut-être trop d’insolence à l’occasion d’une installation présentée au Dubai Art du mois de mars dernier : sur un fond de mur blanc, 20 drapeaux alignés les uns à la suite des autres, jusqu’aux deux derniers, le tunisien et l’égyptien, montés sur des manches à balai… A l’heure où les forces armées des Emirats intervenaient à Bahreïn, la métaphore a déplu, et les manches à balai ont été remisés au placard…#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 1er novembre 2009

La vie du Prophète Mohammed au cinéma

[#L’annonce a été faite lors de l’inauguration du premier festival du film international de Doha qui s’est ouvert jeudi soir avec une palette de stars du septième art, dont Martin Scorsese et Ben Kingsley.#]

[#Selon Almoor Holdings, une entreprise du secteur des médias du Qatar, Le Prophète de l’islam Mohammed, pourrait faire l’objet d’un long-métrage soutenu par le producteur du Seigneur des Anneaux et de Matrix, pour un budget de 150 millions de dollars. Tournage prévu pour 2011. Ce film, qui ne montrerait pas le Prophète, conformément aux interdits islamiques, est encore au stade de projet.#]

publié le 6 février 2014

Lancement du festival culinaire d’Abou Dhabi

La capitale des Émirats Arabes Unis déroule le tapis rouge au Falcon Law de l’hôtel cinq étoiles Fairmont Bab Al Bahr pour le gala d’ouverture de son festival culinaire annuel Gourmet Abou Dhabi, organisé dans plus de 20 des meilleurs restaurants de la ville jusqu’au 19 février.

Le festival est maintenant fermement établi comme l’un des événements glamour sur le calendrier social d’Abou Dhabi et l’ouverture s’est déroulée en présence du Président de l’Autorité du tourisme et de la culture d’Abou Dhabi (TCA Abu Dhabi), Cheikh Sultan bin Tahnoun Al Nahyan, accueillant neuf stars masterchef.
Les chefs participants sont Christopher Kostow des Etats-Unis, Marco Sacco de l’Italie, Edward Known de la Corée du Sud, Russell Blaikie de l’Australie, Henrik Yde Andersen du Danemark, Michael Caines de la Grande-Bretagne, Sanjeev Kapoor de l’Inde, le maître pâtissier français Fabrice David et le célèbre chef émirien Khulood Atiq.
Le festival culinaire d’Abou Dhabi est classé par The Sydney Morning Herald comme le Top Six des festivals gastronomiques du monde.
Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 12 juillet 2008

Lancement mondial de l’appel à candidature du prix Sheik Zayed Book Award

Mardi 8 juillet 2008, Paris. Le Sheikh Zayed Book Award, qui distingue et
récompense d’importantes personnalités culturelles dans le monde arabe, a
lancé son appel à candidatures pour le prix 2009, ouvert jusqu’au 15
octobre 2008.

Valoriser la créativité

Le Sheikh Zayed Book Award, qui entre dans sa troisième année d ?existence,
est l’un des prix culturels les plus prestigieux et les mieux dotés au
monde. Il récompense ceux qui contribuent au développement de la culture
arabe dans le monde. Le prix a été créé à la mémoire du Cheikh Zayed ben
Sultan Al Nahyan, le père fondateur des Emirats Arabes Unis, et est placé
sous le patronage des Autorités en charge de la Culture et de l ?Héritage
d’Abu Dhabi.

Promouvoir la culture

Le prix s’engage à tisser des liens entre les cultures et à sensibiliser
l ?opinion internationale à la qualité du savoir et de la créativité arabes.
Le Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan a organisé, à ce titre, une table
ronde internationale sur le thème « La traduction : passerelle entre les
cultures française et arabe », suivie d’une réception, le lundi 7 juillet à
l ?Institut du Monde Arabe à Paris.

Les invités au colloque ont été accueillis par le Président de l’Institut
du Monde Arabe, Monsieur Dominique Baudis, qui a rappelé le rôle de
carrefour de la France et de Paris depuis plusieurs siècles dans les
échanges culturels et l ?accueil des artistes et écrivains du monde arabe.
Puis, M. Rashed Aloraimi, Secrétaire général du Sheikh Zayed Book Award a
accueilli et présenté les traducteurs et écrivains éminents présents pour
l’occasion. Il a insisté sur le rôle clé d ?une traduction de qualité, gage
essentiel de l’exigence d’un échange intellectuel de haut niveau entre les
deux rives de la Méditerranée. Cette exigence a été comprise et soulignée
par le Sheikh Zayed Book Award qui est le seul prix culturel du monde arabe
à avoir créé une catégorie spéciale consacrée à la traduction.

Le débat qui a suivi était animé par le Dr Wacini Laredj, Lauréat 2007 du
Sheikh Zayed Book Award, catégorie Littérature. Pour démontrer à
l ?assistance la nécessité du multilinguisme et rendre hommage à la
rencontre des cultures, l’ensemble des intervenants se sont prêtés au jeu
de l’alternance du français et de l’arabe classique. L’intervention du Dr
Georges Zinati, justement lauréat 2007 du Sheikh Zayed Book Award était une
illustration du travail remarquable et difficile qu’oblige la traduction.
Son travail sur l’oeuvre du philosophe français Paul Ricoeur connu pour
avoir associé la description phénoménologique à l’interprétation
herméneutique - démontre l’impérieuse nécessité de la traduction de très
grande qualité et du recul du traducteur « face à une tendance au
narcissisme bien propre à chaque culture ».

Comment faire découvrir l’univers mental et les références particulières
d’un poète comme Rimbaud et le transposer en langue arabe. C’est
l’ambition de la démarche qui porte Kadhim Jihad , écrivain, professeur et
traducteur à l’INALCO. Son propos était de rappeler le rôle de "passeur" du
traducteur qui doit s ?ouvrir à deux cultures par une connaissance profonde
de l’histoire et des idées et qui selon lui doit lutter contre les « 
légendes positives et négatives » qui entourent un écrivain.
Le colloque s’est terminé avec l’intervention de Gilbert Grand-guillaume,
universitaire et diplomate qui a rappelé les dangers de la traduction dite
« commerciale » et le besoin d ?une reconnaissance du métier de traducteur.

De nombreuses questions de l’assistance ont permis de rappeler l’importance
de la traduction des ouvres étrangères dans le monde arabe, au point que la
critique d’une traduction est devenue un genre littéraire à part.
Les sujets d’actualité comme les traductions automatiques et la nécessité
du respect des droits d’auteur ont été soulignées.
Un débat riche d’échanges d’idées et qui démontre que l’émergence de
grandes institutions culturelles dans le monde arabe contemporain, comme le
centre de traduction de Dubai ou le Sheikh Zayed Book Award, sont les
garants d’un échange culturel pérenne et de très grande qualité.

« Les travaux des lauréats du Sheikh Zayed Book Award sont significatifs
des ouvres culturelles les plus stimulantes à travers le monde arabe actuel
 » a déclaré Rashed Aloraimi, Secrétaire Général du comité du Sheikh Zayed
Book Award. « Nous sommes fermement convaincus que la France ainsi que tous
les autres pays du monde pourront bénéficier des importants travaux de ces
lauréats » a t-il ajouté.

Sheikh Zayed Book Award 2008

En 2008, le Comité organisateur a évalué 512 ouvrages émanant de plus de 1
200 candidats dans les neuf catégories primées, en provenance de plus de 30
pays. Le prix 2008 a attiré la participation de personnalités de premier
plan contribuant au rayonnement de la culture arabe, à l’instar de Mohamed
Benaissa, ancien Ministre des Affaires Etrangères marocain. Ce dernier a
remporté le prix 2008 dans la catégorie Personnalité culturelle de l ?année.

Candidatures pour l’édition 2009

Le prix offre une récompense monétaire de 7 millions de Dirhams des Emirats
Arabes Unis (soit 1 206 000 euros ), auquel s’ajoute une médaille d’or frappée
du logo SZBA et un certificat honorifique pour l’ouvre primée. Le lauréat
du prix de la Personnalité culturelle de l’année reçoit un prix d’un
million de dirhams (soit 172 000 euros), tandis que les lauréats des autres
catégories reçoivent chacun 750 000 dirhams (environ 130 000 euros).
Les candidatures sont ouvertes aux talents créatifs dont les oeuvres
contribuent à l’épanouissement culturel de la région. Les oeuvres entrant
dans les catégories des écrits devront avoir été publiées au cours des deux
années précédentes.

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur les modalités de
candidature pour le prix 2009, vous pouvez vous rendre sur le site
www.zayedaward.com

Contact presse : Agence Ketchum :
Déborah Laskart - Tél. : 01 53 32 56 50 Email :
deborah.laskart@ketchum.fr

A propos du Sheikh Zayed Book Award
Le Sheikh Zayed Book Award est un prix indépendant créé en octobre 2006
sous le patronage et le soutien des Autorités en charge de la Culture et de
l ?Héritage d’Abu Dhabi. Le prix récompense les penseurs et esprits
innovants dans les domaines du savoir, des arts et des sciences humaines au
sein de la société arabe, d’après des principes scientifiques et objectifs
permettant d’évaluer la créativité de leurs ouvrages.
Créé à la mémoire du Cheikh Zayed ben Sultan qui a régné sur Abu Dhabi et
fut souverain des Emirats Arabes Unis pendant plus de 30 ans, le prix est
destiné à promouvoir le savoir et la créativité, en créant un environnement
dans lequel les réalisations culturelles arabes peuvent être récompensées
et exposées à un public international. Le prix distingue les réalisations
culturelles dans les domaines les plus larges et les plus variés des
récompenses culturelles internationales.

publié le 20 août 2008

L’écrivain tunisien Habib Selim écrit la douleur de l’exil


La nuit de l’étranger nous raconte avec force la misère de ceux qui ont vécu l’immigration des années 60.

La France n’est pas un eldorado. Les personnages de la nuit de l’étranger rappellent des histoires que tous les immigrés et leurs enfants ont connu. Un livre nécessaire. Habid Selim signe avec son dernier ouvrage « la nuit l’étranger » un roman d’une très force émotionnelle. La face cachée de l’immigration est admirablement peinte. L’immigration, l’exil et son cortège de malheur nous apparaissent sous un éclairage réaliste. L’écrivain tunisien nous donne à voir l’immigration maghrébine vue de l’intérieur. Il fait parler admirablement à travers ses personnages le drame de l’exil à travers différentes histoires .

Le personnage principal vit à paris dans une chambre d’hôtel vide et sans âme. La découverte de la France par des pauvres paysans poussés par la misère. La découverte de la vie en banlieue, les cités dortoirs. Le désespoir des personnages confrontés à une France rêvée. Cette période noire dans la quelle des hommes seuls viennent en France occuper des chambres insalubres et occuper des emplois de forçats. C’est dans des histoires écrites dans une langue limpide qu’Habid Selim nous plonge. Un récit qui nous porte dans les pensées, les peurs d’une génération venue en France pour fuir la misère d’une Tunisie paysanne. Mais c’est aussi l’Algérie, le Maroc. Un livre à lire d’urgence.

Né à Kairouan (Tunisie) en 1951, Habib Selmi est agrégé d’arabe et vit à Paris depuis 1983. Il a publié six romans et deux recueils de nouvelles. Il est considéré comme un des meilleurs écrivains tunisiens de langue arabe.

La rédaction

La nuit de l’étranger chez Actes sud
Traduit de l’ arabe (Tunisie)
par Evelyne Larguèche
et Françoise Neyrod
www.actes-sud.fr
prix:19 euros

publié le 8 novembre 2011

L’humour en Méditterrannée

[#Dans le cadre des « Mardis de Marigny », le Conseil culturel de l’union pour la Méditerranée présidé par Renaud MUSELIER a choisi, de traiter de la place de l’humour en Méditerranée le Mardi 15 Novembre à 18h30 en donnant la parole à plusieurs personnalités issues des deux rives de la Méditerranée.#]

[#Dans un contexte de bouleversements politiques et de changements sociaux majeurs, plusieurs artistes et personnalités méditerranéens se sont mobilisés en tant que forces de contestation contre les régimes de leurs pays respectifs.

De nombreuses démarches engagées ont vu le jour en Tunisie, au Maroc, en Syrie, en Algérie, en Lybie, etc, et parfois en utilisant le registre de l’humour. Satire, caricature, parodie, les initiatives se sont multipliées. Pour faire prendre conscience. Par engager le dialogue. Pour dénoncer. Pour lutter.

En présence de :

- Vanessa Rousselot, réalisatrice française du film « Blagues à part, un voyage en Palestine ».
- Nadia Khiari, peintre et dessinatrice tunisienne, auteur des dessins humoristiques « Willis from Tunis ».
- Fouad Laroui, écrivain marocain, auteur de plusieurs livres à succès, dont « La vieille dame du Riad ».
- Plantu, dessinateur français de presse et éditorialiste, est aussi président de « Cartooning for Peace ».

Les débats seront animés par la journaliste Alya Chéhab Ferrero.
#]
Pour plus d’ informations, consultez le dossier de presse ci-dessous.

publié le 25 septembre 2012

Le Louvre Abou Dhabi sera inauguré en 2015

Communiqué de presse

La Compagnie d’Abu Dhabi pour le Développement Touristique et l’Investissement (TDIC), l’organisme en charge du développement de l’île de Saadiyat à Abu Dhabi, a annoncé les dates d’ouverture des musées du District Culturelde Saadiyat : le Louvre Abu Dhabi en 2015, le Musée National Zayed en 2016 et le Guggenheim Abu Dhabi en 2017.

[#TDIC a également confirmé la nature stratégique de ces établissements dans la vision du Gouvernement d’Abu Dhabi. Le calendrier d’ouverture a été finalisé en étroite collaboration avec ses partenaires et conseillers : l’Agence France-Muséums, le British Museum et la fondation Solomon R. Guggenheim. Cette déclaration fait référence à l’annonce faite hier par le Conseil Exécutif d’Abu Dhabi qui stipule que « les musées du district culturel de Saadiyat aideront à positionner Abu Dhabi comme l’une des principales destinations touristiques et culturelles au monde, et encourageront la communication entre les différentes cultures ».
SE Sheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan, Président de TDIC, a insisté sur l’importance de cette annonce en disant que « le District Culturel de Saadiyat va créer une destination culturelle qui attirera sans cesse des visiteurs du monde artistique et culturel. A travers l’éducation et l’emploi qu’ils stimuleront, les musées faciliteront le développement de leaders et experts culturels, en créant des opportunités de carrières pour les ressortissants des EAU. A termes, ils intègreront la culture et l’art dans le quotidien du grand public, en aidant à la mise en valeur et à la préservation du patrimoine culturel ».
Un travail conséquent a déjà été réalisé sur les musées. Les motifs architecturaux sont maintenant finalisés avec précision, de même que les bases et le travail des pieux. Chaque institution est développée par des équipes de plus en plus importantes menées par des experts régionaux. Elles suivent un programme complet de formation. L’acquisition des larges collections d’art et d’artefacts est largement entamée.
TDIC a expliqué qu’en raison de l’immense grandeur du District Culturel de Saadiyat, une planification rigoureuse a été entreprise afin d’assurer la pérennité de ses établissements. Ces dates d’inauguration laissent suffisamment de temps à chaque musée de bâtir sa propre identité sur la scène culturelle nationale et internationale. Cela prend en compte la considération globale des aspects multiples du développement d’un musée tels que la construction, la muséographie, les formations, la construction d’une collection permanente, et l’influence par des programmes scolaires, universitaires, et grand public.

Dessiné par Jean Nouvel, prix Pritzker, le Louvre Abu Dhabi a été conçu pour être le premier musée universel du monde arabe, et se veut vitrine d’un art qui provient de différentes cultures et civilisations. Ce musée exposera des peintures, des sculptures, des arts décoratifs, des manuscrits et des objets d’une valeur historique, culturelle et sociale significative, depuis l’antiquité au monde contemporain.

L’élément le plus distinctif du Louvre Abu Dhabi est son dôme de 180 mètres de diamètre, et particulièrement la perforation complexe de ce dernier, conçu pour ressembler à des rayons du soleil passant à travers les feuilles de palmiers dattiers, et pour diffuser la lumière. Certaines acquisitions qui composeront la collection permanente du Louvre Abu Dhabi ont déjà été annoncées. Des oeuvres d’art supplémentaires viennent d’être dévoilées dans le programme public du « Louvre Abu Dhabi : Talking Art Series” , qui prend la forme d’une série de neuf conférences mensuelles à Manarat Al Saadiyat, le centre d’art et d’expositions qui a déjà ouvert ses portes dans le District Culturel de Saadiyat.

Le Musée National Zayed, établissement conçu comme un lieu pour discuter, apprendre et s’inspirer, racontera l’histoire de la vie de feu Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, en parcourant le passé et la culture des EAU. Lauréat Pritzker, Lord Norman Foster a dessiné le musée et ses tours distinctives, qui rappellent les extrémités d’ailes de faucon, puissant symbole du patrimoine culturel des EAU. Le Musée National Zayed abritera sept galeries d’expositions permanentes ainsi qu’un programme d’expositions temporaires et une bibliothèque. TDIC est en train d’achever une série de voyages de recherche avec le British Museum, pendant lesquels se déroulent des rencontres à travers les EAU, avec des experts Emirati. Ces visites ont révélé une mine d’informations et d’artefacts remontant à de plus de 2000 ans avant J.C., qui complèteront la constitution de ressources importantes pour le musée, tels que des documents, des films, des images, et divers matériels d’archives.
Le Guggenheim Abu Dhabi est une plateforme transnationale pour l’art contemporain, qui montrera des réalisations artistiques des plus importantes de notre temps. Décidé à s’affirmer sur le plan mondial, ce sera une plateforme dominante pour l’art et la culture contemporains locaux, régionaux et mondiaux. Conçu par le prix Pritzker Frank Gehry, le Guggenheim Abu Dhabi fait écho à l’architecture du Golfe, grâce à des formes coniques spectaculaires donnant une touche de modernité aux tours traditionnelles en forme d’ailes. En mai 2011, une série de groupes de recherche les acteurs culturels majeurs. Ceux-ci ont discuté la vision et les futurs programmes du Guggenheim Abu Dhabi, et ont conclu avec un document public : Guggenheim Abu Dhabi : A Transnational Museum for the 21st Century.#]

publié le 23 novembre 2008

Le Qatar inaugure son musée d’art islamique

En présence de dirigeants arabes et d’artistes de renoms, le Qatar a inauguré son musées d’art islamique le samedi 22 novembre à Doha . Sur les traces de l’émirat d’Abou Dhabi qui vise à devenir une destination culturelle internationale d’exception avec la création de son musée du Louvre et du Guggenheim sur l’île de Saadiyat, le Qatar a pour ambition de faire de Doha une capitale des arts de l’islam.

Il s’agit d’une volonté affirmée du Qatar qui a choisi de constituer, depuis quinze ans, un ensemble d’art islamique dans l’objectif d’ouvrir son propre musée.Riche d’une collection décrite comme l’une des plus prestigieuses au monde, ce musée rassemble 800 objets d’art et d’histoire collectés sur trois continents, d’Espagne jusqu’en Inde, et illustrant la civilisation musulmane, du VIIe au XIXe siècle après JC.
L’ambition est "mettre en relief les valeurs de la civilisation musulmane et le rôle de cette civilisation dans le rapprochement entre les cultures et les valeurs humaines", explique à l’AFP cheikha Al-Mayassa Bent Hamad Al-Thani, présidente de l’Autorité des musées du Qatar.

"Nous voulons montrer que l’islam est une civilisation pacifique, qui a toujours appelé à la tolérance et à la cohabitation entre les peuples", a ajouté cheikha Al-Mayassa, fille de l’émir, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani.

Outre des manuscrits, des calligraphies islamiques, le musée compte des objets en céramique, métal, verre, ivoire, textile, bois et des pierres précieuses, dont 42 chefs-d’oeuvre qui avaient été exposés pour la première fois en juin 2006 au musée du Louvre, à Paris.

Le bâtiment de cinq étages, conçu par l’Américain d’origine chinoise, Ieoh Ming Pei, architecte de la Pyramide du Louvre, abrite des salles d’exposition, une bibliothèque et un pavillon dédié à l’enseignement où, selon cheikha Al-Mayassa, seront données à partir de janvier 2009 des conférences sur l’art, l’histoire et la civilisation islamiques.

Les présidents syrien Bachar al-Assad, émirati cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, ainsi que le roi de Bahrain, cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa, étaient parmi les principales personnalités présentes autour de l’émir et de son épouse, la cheikha Mozah bent Nasser al-Masnad.

Des artistes arabes mais aussi occidentaux, comme l’acteur américain Robert De Niro, étaient également présents.

La cérémonie d’inauguration s’est achevée par un énorme feu d’artifice qui a illuminé le littoral de Doha.

Le site

Le musée a été érigé sur une ile artificielle éloignée de 60 mètres de la Corniche de Doha. Deux ponts en assurent l’accès, l’un pour les piétons, l’autre pour les voitures. Cette presqu’île et les jardins (45.000 m2) qui l’entourent créent une impression de sérénité et de beauté. Le bâtiment se compose de cinq étages, ainsi que d’un pavillon de 2700 m2 pour l’enseignement. Deux étages sont consacrés aux salles d’exposition qui totalisent 3870 m2, les salles d’exposition permanentes sont de 3000 m2. Une bibliothèque de 820 m2 donne sur un petit patio. L’auditorium de 200 places jouxte le restaurant 5 étoiles ainsi que le café et la boutique du musée. Enfin les ateliers et des dépôts disposent de 2200 m2.

Les collections

Le Musée d’art islamique regroupera manuscrits, calligraphies islamiques, céramiques, métaux, verres, ivoires, textiles, bois et pierre précieuses. Il accueillera des centaines de pièces rares dont un astrolabe signé par Hamid ibn al-K Khidr al Khujandi construit en Iran ou Irak en 984 ; le tapis en soie Timrud du XIVe siècle probablement de Samarcande ; une amulette en émeraude de 1696 d’Inde ; un décret impérial de Sulaiman le Magnifique du XVIe siècle ; une tête en bronze d’une fontaine du Xe siècle en provenance d’Espagne...

Échanges culturels et éducation

De classe internationale, le musée assurera sauvegarde, etudes et présentation des chefs-d’œuvre provenant de trois continents sur une période de 13 siècles. Des partenariats sont établis avec le British Museum, le Louvre, le musée de New York, le musée d’art islamique d’Egypte, la collection royale du Maroc et la Fondation Cartier, pour proposer des expositions temporaires d’envergure, permettant au musée de devenir un centre international de dialogue et d’échanges culturels, voire un centre d’expertise en art islamique. Le musée se veut également un centre national et international pour la recherche, l’apprentissage et la créativité.

Il accueillera des étudiants, des chercheurs et des visiteurs du monde entier qui partageront l’histoire et la culture de l’art islamique.

Le lancement de ce premier musée sera marqué dimanche par un débat sur "l’architecture islamique entre tradition et modernité", puis lundi par une conférence sous le thème : "Au delà des frontières, l’art islamique à travers les cultures" avec la participation de chercheurs de plusieurs pays, selon les organisateurs.

publié le 15 mai 2011

Le Qatar donne une dimension internationale au cinema arabe

[#Le Doha Film Institute (DFI) a annoncé cette semaine la première mondiale du film « Black Gold » réalisé par Jean-Jacques Annaud en octobre prochain au festival international du film de Doha(Doha Tribeca Film Festival DTFF). A l’affiche Tahar Rahim, l’acteur français
recompensé à Cannes pour « Un prophète ».
#]

[#Co-produit
avec Quinta Communications, Black Gold est la première grande
coproduction internationale pourDFI et le Qatar. Avec en
vedette Antonio Banderas, Freida Pinto, Tahar Rahim, Mark Strong, Riz
Ahmed et Liya Kebede, le film est une adaptation du roman classique
de Hans Reusch. Le film raconte la vie de deux émirs pendant les années 1930, joués respectivement par Antonio Banderas et Mark Strong, avec pour héro principal un dénommé Rahim, déchiré entre ses allégeances aux diverses tribus du désert qu’il tente d’unifier.De nombreuses scènes de batailles ont été tournés dans les dunes du désert de Mesaieed et Shamal, au Qatar durant quatre semaines.

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Antonio Banderas

"DTFF 2011 est la
plateforme de lancement idéale pour l’or noir », a declaré le
Sheikh Bin Jabor Yousuf Al-Thani, membre du conseil DFI
Festival.

La production du film a mobilisé différents
secteurs de l’industrie nationale et poser les jalons d’une industrie
cinématographique locale qui a vocation a devenir une plaque
tournante mondiale du cinéma.

DFI directeur exécutif, Amanda
Palmer, a ajouté : " le contenu du festival de cette année
reflète la volonté du Qatar de construire une industrie du cinéma à
long terme. Le peuple du Qatar soutient fortement son
festival. »

« Black Gold est mon rêve depuis plus
de 30 ans. Je suis ravi que le film va maintenant recevoir sa
première projection mondiale au Qatar avec le soutien de Cheikha
Mayassa qui nous soutient depuis six ans et qui a contribué à
transformer ce rêve en une réalité ", explique Tarak Ben
Ammar, directeur général de la Quinta. « Notre relation avec
l’Institut de Doha film est bien plus qu’un accord financier. Nous
partageons une vision réelle commune : construire le pays en termes
d’infrastructure cinématographique grâce à une main-d’œuvre
hautement qualifiée. "

Depuis sa création, le DFI
(partenariat fructueux avec les entreprises culturelles Tribeca )a
permis de créer au Qatar une plate-forme de création pour
l’expression, l’exposition et la célébration des films arabes et
internationaux.

L’institut qatari continuera à mettre en
vedette une sélection variée de films partout dans le monde. Le
Festival proposera des programmes de compétition pour les films
arabes et internationaux. Il récompensera le meilleur film arabe, le
meilleur réalisateur arabe, la meilleure Audience Awards pour la
meilleure fiction, documentaire et court-métrage arabes, entre
autres.

La dernière édition du Festival
avait présenté 51 films de 35 pays, dont quatre premières
mondiales. Près de 42.000 cinéphiles ont assisté aux
projections du Festival et événements avec plus de 13.000
participants à la très populaire Fête de la famille. De nombreuses
personalités étaient présentes
comme Robert De Niro, Salma Hayek Pinnault, Julian Schnabel, Freida
Pinto, Hiam Abbas, Yosra, Adel Imam, Mira Nair, Kevin Spacey, Rachid
Bouchareb parmi beaucoup d’autres qui ornent les tapis
rouges.

L’édition
2010 du DTFF a attiré près de 50 000 personnes, et le Festival
de cette année devrait être encore plus grand et de meilleure
qualité.#]


La rédaction
Toute reproduction est interdite

publié le 6 juin 2010

Le “Mahfouz de la télé” et la fin du “grand homme de lettres”

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Un des plus célèbres “écrivains” arabes vient de disparaître, mais son nom est à peine connu. Osama Anwar Okasha (أسامة أنور عكاشة), auteur, entre autres immenses succès, des Nuits de Hilmiya, vient en effet de s’éteindre, au Caire, à l’âge de 69 ans.#]
[#
Après avoir publié quelques textes (romans, nouvelles, des pièces de théâtre…) passés largement inaperçus, Okasha a connu la gloire en tant que scénariste de feuilletons, une “profession” qui ne lui a sans doute pas donné la légitimité artistique. Elle aura tout de même fait de lui une étoile de la scène culturelle, gagnant très honnêtement sa vie. (Aujourd’hui, les meilleurs scénarios, ceux du Syrien Fouad Hamira (فؤاد حميرة) par exemple, se négocient aux alentours de 70 000 dollars, un chiffre à faire rêver bien des romanciers : voir cet article en arabe).

La véritable carrière d’Okasha avait débuté avec l’l’ouverture économique des années Sadate dans une Egypte qui s’offrait de plus en plus à la consommation de masse, attisée par les dollars d’un “pétro-islam” puritain d’inspiration wahhabite. Au début des années 1980, alors que la télévision faisait désormais partie des rites familiaux, les studios cairotes réinventèrent totalement l’art du feuilleton en s’inspirant des recettes américaines diffusées à cette époque, le soap opera façon Dallas ou Falcon Crest.

Commencé en 1983 avec Al-shahd wal-dumû’ (الشهد والدموع : Miel et larmes), l’âge d’or du feuilleton égyptien culmine avec Layâli al-hilmiyya (ليالي الحلمية : Les nuits de Hilmiyya, du nom d’un quartier du Caire). Créés entre 1987 et 1991, ses quelque 150 épisodes ont été rediffusés par la plupart des télévisions de la région et c’est en fait toute une génération qui dont l’imaginaire social et politique a été modelé par le savoir-faire d’Okasha, souvent associé à Mohamed Fadel (le réalisateur de Nasser 56, déjà mentionné, dans un précédent billet).

C’est avec ces feuilletons qu’Okasha a gagné son surnom de “Mahfouz de la télévision”. Et il est vrai qu’on trouve plus d’un point commun entre les deux auteurs : chez l’un comme chez l’autre, l’abondante production naît d’un même goût de l’analyse sociale sur fond de saga familiale. Si ce n’est que le scénariste est l’exemple même de ces “scribes” qui, pour reprendre le titre du livre de Richard Jacquemond, ne furent jamais, aux yeux des gardiens de la “république des lettres” des écrivains à part entière, malgré (ou peut-être à cause de) leur immense succès.

Le succès, de toute manière, avait fini par s’éloigner peu à peu. Saluée par de nombreux prix, Al-Masrawiyya (المصراوية : La cairote/ l’égyptianité) aura été diffusée par la télévision égyptienne durant ramadan 2007, mais cela était de moins en moins souvent le cas pour ce scénariste qui s’obstinait à être exigeant sur la qualité, et qui préférait travailler avec de bons acteurs plutôt qu’avec des stars capables d’attirer les spots publicitaires. Faute de faire suffisamment recette, Okasha était un peu devenu l’homme du feuilleton “de qualité” doucement poussé vers les créneaux horaires les moins prisés.

Fidèle à son habitus – pour utiliser les termes de Bourdieu – “d’intellectuel éclairé” (مثقف تنويري), Osama Anwar Okasha pouvait se permettre de traiter ‘Amr Ibn al-’As (un “compagnon” du Prophète, conquérant de l’Egypte au VIIe s.) de “plus vile personnalité de l’islam” (أحقر شخصية في الإسلام) et de dénoncer, à propos des actrices prenant le voile, “une campagne parfaitement organisée des riches milieux salafistes” (حملة منظمة ومرتبة جيدا من دوائر سلفية ثرية : article en arabe sur le site d’Al-Arabiya). Mais il était pareillement capable d’exploser de colère en constatant que Nancy Ajram (voir ce billet), icône de la pop culture arabe et support de pub pour Coca-Cola, faisait désormais partie des dix personnalités les plus influentes du monde arabe.

Arrivé sur le devant de la scène grâce à l’ouverture économique et à l’afflux de pétrodollars dans l’univers de la production culturelle, Osama Anwar Okasha était bien un “Mahfouz à la télévision”, le représentant d’une époque, celle du “grand homme de lettres”, en train de disparaître. Porté sur le devant de la scène par le développement d’une culture de masse, ce nostalgique des années Nasser et de l’arabisme aura en fait contribué, sans en avoir sans doute totalement conscience, à enterrer une certaine image de l’intellectuel sous l’avalanche d’une culture hybride globalisée à l’image des soap opera à l’américaine qu’il avait, en en fin de compte, favorisée en l’adaptant au goût local.#]

Un peu de nostalgie pour ceux qui ont connu cette époque et qui connaissent par coeur le générique des Nuits de Hilmiya…

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/


Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 5 août 2008

Le boom de l´art iranien

En deux ans, Dubai s´est clairement imposée dans la cartographie du marché de l´art mondial avec la première édition de la foire Art Dubai en 2007 invitant une trentaine de galeries venues du monde entier et l´implantation de Christie´s en 2006, suivie de Bonhams en 2008, pour y frapper le marteau. Leurs vacations, intégrant des artistes modernes et contemporains tunisiens, égyptiens, marocains, libanais ou iraniens, ont immédiatement fait décoller les prix.

Portés par la puissance financière des Emirats Arabes et une demande croissante d´investisseurs nationaux qui se répercute rapidement au niveau mondial, les artistes iraniens en particulier font de plus en plus d´émules dans le cénacle des collectionneurs.
Shirin NESHAT, l´artiste contemporaine iranienne la plus connue sur la scène internationale illustre cette nouvelle dynamique : ses œuvres s´échangent certes en salles depuis 2000 de Londres à New-York, mais c´est à Dubai en 2007 qu´elle signait pour la première fois des enchères supérieures à 100 000 dollars.

Le sculpteur iranien le plus connu, Parviz TANAVOLI âgé de 71 ans, était quant à lui absent du monde des enchères avant 2007. Le succès de son cadet Farhad Moshiri dont les œuvres s´arrachèrent en ventes publiques à Dubai dès 2006, fut bénéfique pour une reconnaissance tardive sur le second marché. En effet, ses premières sculptures introduites aux enchères en février 2007 signaient des adjudications entre 65 000 et 85 000 dollars. En octobre de la même année, il décrochait pas moins de 280 000 dollars (Christie´s Dubai) avant de devenir en avril 2008, l´artiste iranien vivant le plus cher grâce à un exemplaire unique créé en 1975 et intitulé The Wall (Oh Persepolis). Cette stèle de bronze de près de deux mètres de haut partait pour 2,5 millions de dollars, bien au-delà de la fourchette d´estimation de 400 000 à 600 000 dollars donnée par Christie´s.

Le travail de Farhad MOSHIRI, artiste de 45 ans né à Shiraz (Iran), est comme son aînée Shirin Neshat, nourri à la fois de culture iranienne et de culture occidentale. Il reçoit une formation artistique en Californie, avant de retourner à Téhéran en 1991 ou il vit désormais. Ses œuvres ont été exposées partout dans le monde : à Rome, Londres, Berlin, New-York ou Genève. En 2003, il fit sensation lors de la sixième Biennale de Sharjah avec l´installation Golden Love super Deluxe, une vitrine de collection ou les objets les plus divers - balles de fusils, téléphones portables, angelots ou figurines de Walt Disney – étaient recouverts d´une fine couche d´or… transformation ironique des objets populaires, guerriers ou technologiques en icônes précieuses. Trois ans après la Biennale, une première toile de l´artiste représentant une vue satellite de l´Iran, était soumise à enchères à Dubai (Christie´s). Cette première adjudication de 40 000 dollars, au quadruple de l´estimation optimiste, donnait le La : les collectionneurs étaient prêts à se battre chèrement pour l´artiste. Dix-sept mois après ce premier résultat, une vue satellite du monde, constituée de 95 000 cristaux Swarovski, explosait une fourchette d´estimation de 60 000 – 80 000 dollars pour un coup de marteau gagnant à 500 0000 dollars ! Une ascension fulgurante qui se poursuit en 2008 avec une œuvre brillante de ces mêmes cristaux : Eshgh (Love) est partie pour 900 000 dollars en mars dernier chez Bonhams Dubai.
La vitalité du marché au Moyen-Orient permet aux jeunes artistes iraniens de s´offrir rapidement une cote sur le second marché. Citons Shirin ALIABADI et Shadi GHADIRIAN, deux femmes nées respectivement en 1973 et 1974, traitant avec humour des contradictions de la condition féminine en Iran. Les photos de Shadi Ghadirian à l´esthétique désuète des clichés XIXème, mettent en scène des femmes voilées avec des objets contemporains. Son œuvre la plus célèbre, Stereo, fut adjugée 9 000 livres sterling, soit plus de 18 000 dollars en 2007 (Sotheby’s, Londres). Autre exemple, celui d´Afshin PIRHASHEMI (né en 1974) qui décrochait 50 000 dollars à Dubai dès sa deuxième présentation aux enchères en octobre 2007, avec sa toile Those four Days (Christie´s Dubai). A peine un mois plus tôt à Paris, Artcurial vendait sa toile Memory pour 6 000 euros seulement… En avril 2008, il fallait pousser les enchères jusqu´à 110 000 dollars pour son triptyque Lonely réalisé en 2005 (Christie´s Dubai).
Agence de presse Artprice
Site web : http://web.artprice.com

publié le 17 octobre 2013

Le boom des musées dans les Emirats

Les musées sont les capsules de temps de la civilisation, préservant et expliquant le meilleur de l’accomplissement humain et stimulant la compréhension de l’ancienne poterie à l’aventure spatiale, en passant par les œuvres d’art et les ordinateurs.
“Mais même si les objets sont souvent intemporels, les musées doivent s’adapter et répondre aux nouveaux défis. Certains des grands développements sont de bonne augure pour le secteur culturel à Abou Dhabi, dans les Emirats et les pays du Golfe,” constate le quotidien en langue anglaise « The National ».

Dans les pays du Golfe, et grâce à des financements solides, une nouvelle gamme d’institutions culturelles est en train de se forger une réputation parmi les musées du monde.
“Le Louvre Abou Dhabi sur l’île de Saadiyat, et les projets du Guggenheim Abou Dhabi et le Zayed National Museum, font partie de ce mouvement, ainsi que le musée d’art moderne prévu dans le cadre du quartier de l’opéra à Dubaï.”
Les Emirats ne sont pas seuls dans cette matière. Le Musée d’Art Islamique de Doha est déjà célèbre, et un nouveau Musée national du Qatar (conçu comme Le Louvre Abou Dhabi par l’architecte français Jean Nouvel) est en construction.
“Dans d’autres parties du monde, par contre, de nombreux musées doivent affronter des moments difficiles et les déficits publics forcent certaines institutions d’imposer ou d’augmenter les frais d’entrée, réduisant la fréquentation. Les musées du Caire, de Damas et de Bagdad ont de graves problèmes et à Detroit, l’Institut d’art appartenant à la ville peut être contraint de vendre aux enchères de nombreuses œuvres d’art. Le Royaume-Uni a réduit les subventions aux musées de 15 pour cent depuis 2010, et en Espagne, 18.700 personnes ont postulé pour 11 postes de garde au Prado.
Bien sûr, les grands musées occidentaux sont toujours bondés, et certains plus que jamais. Comme le démontre le Guggenheim et le Louvre, le reste du monde a encore beaucoup à apprendre de l’expertise occidentale sur le terrain. ‘’Mais il n’est pas difficile de discerner un changement. Le tourisme culturel se développe dans le monde entier et les villes du CCG prennent de l’importance, le monde étant davantage conscient de la culture et de l’histoire arabe. Les musées deviennent donc un élément de plus en plus important pour attirer les visiteurs du monde entier dans la région.”

– Source : Agence de presse des Émirats WAM

publié le 22 février 2007

Le business des fatwas on line

Religion. Téléphone, télévision, Internet : tous les moyens sont bons pour émettre des consignes de conduite sur demande. Au moindre doute, les croyants peuvent se rassurer dans l’anonymat, sans bouger du canapé et en allongeant les billets.

C’est au rez-de-chaussée d’un immeuble au centre-ville du Caire que se trouve le siège de la Société d’Al-Hatef al-islami (le téléphone islamique). L’espace est occupé par de petits bureaux où quatre personnes silencieuses sont assises derrière leur ordinateur. « Nous sommes une hotline d’un nouveau genre, qui permet aux musulmans de demander conseil à des religieux. Nous répondons souvent à des interrogations personnelles du genre : Ma femme ne couche plus avec moi parce que je l’ai trompée. Puis-je demander le divorce ? Une femme musulmane peut-elle s’épiler les sourcils ? Je me masturbe, est-ce un péché ? ». Des questions futiles ou graves, posées par curiosité ou par inquiétude, et reçues par milliers chaque jour par des personnes qui appellent non seulement des quatre coins d’Egypte, mais aussi d’autres pays du monde arabe. La confidentialité et l’anonymat sont assurés, et celui qui appelle reçoit un code pour écouter, vingt-quatre heures plus tard, la réponse d’un imam ou d’un théologien sur une boîte vocale. « Vous avez trompé votre femme et elle ne veut plus coucher avec vous ? Essayez de vous faire pardonner. Si vous n’y parvenez pas, il faut songer à la répudier. Il n’y a pas de mal à s’épiler les sourcils, mais seulement par nécessité hygiénique, ils ne doivent pas être trop dessinés pour ne pas attirer le regard des hommes ; la masturbation n’est pas un grand péché. Je recommande de prier plus souvent et surtout de faire du sport », explique le Dr Mohamad Raafat Osmane, professeur de charia à l’Université d’Al-Azhar et l’un des hommes de religion chargés de répondre aux questions posées sur cette ligne islamique. Ce théologien répond chaque matin avec un conservatisme décontracté aux questions posées.

Noha, enseignante dans une école privée, est une fidèle d’Al-Hatef al-islami. Elle obtient des réponses simples à ses questions, émises par des Azharis comme Khaled Al-Guindi, un cheikh au verbe facile. « Cette ligne ne sert pas seulement à écouter une fatwa. Elle permet aussi de se faire interpréter n’importe quel verset du Coran difficile à comprendre et tout cela sans avoir à me déplacer », indique-t-elle. Peu lui importe de payer la minute 1,5 L.E. et de faire deux appels consécutifs de plusieurs minutes, l’un pour poser sa question, l’autre pour écouter la réponse.

Lancée en Egypte il y a six ans, Al-Hatef al-islami a reçu à ce jour plus d’un million d’appels, émanant souvent de jeunes et d’environ 60 % de femmes. Ce service ne dépend pas d’Al-Azhar ou de Dar Al-Iftaa (siège du mufti de la République). Il a été créé par Chérif Abdel-Méguid, fils de Esmat Abdel-Méguid, ex-ministre des Affaires étrangères et ex-secrétaire de la Ligue arabe. Son but étant de présenter par téléphone un islam convivial, interactif et simple à comprendre. « L’idée m’est venue en 2000, quand le gouvernement égyptien a autorisé l’ouverture de numéros surtaxés. On a vu fleurir tout un tas de services payants pour les résultats sportifs, la météo, l’horoscope, etc. Je me suis dit pourquoi pas concevoir une ligne pour mieux éclairer les musulmans ? », dit-il.

Ce business du conseil religieux ne cesse, en fait, de prospérer. Des imams se servent des nouvelles technologies pour transmettre leur avis. Tout comme d’autres prêcheurs combinant conservatisme oriental et modernisme occidental. Sans compter les simples particuliers ayant ouvert leur propre Hotline. Tous moyens confondus, des fatwas sont ainsi émises 24h sur 24h.

Selon la sociologue Nadia Radwane, ces hotlines attirent de plus en plus de monde pour une raison simple : « Avec un taux d’analphabétisme qui dépasse 35 % dans le pays, les Egyptiens ont sans cesse besoin qu’on leur interprète la religion en fonction de l’évolution de la société. Et comme la plupart des gens sont des accros du téléphone, ces fatwas leur permettent de gagner du temps car ils n’ont plus à se déplacer à Dar Al-Iftaa », poursuit-elle. Tout en ajoutant que les Egyptiens sont parfois perdus dans l’océan de fatwas émises de façon abusive.

Mona, femme au foyer, ne rate aucune émission religieuse tant elle a soif de connaissances sur l’islam. « De chez moi, je peux entrer en contact avec le cheikh qui anime l’émission télé pour lui poser mes questions. Chaque cheikh a sa propre interprétation du halal ou du haram, et c’est à moi de choisir la réponse la plus adaptée à mon cas particulier ». Elle raconte avoir essayé un jour de téléphoner à Dar Al-Iftaa à plusieurs reprises pour obtenir des conseils. En vain.

Ce qui n’empêche pas certains, comme Ahmad, universitaire, de dénoncer ces services. « Ce sont, en fait, des solutions toutes faites, qui n’encouragent pas à la réflexion. De plus, on ne sait pas à qui on a affaire, on ne connaît pas le soi-disant cheikh », estime-t-il.

Bénéfices partagés

Dans une des nombreuses émissions religieuses diffusées en direct sur une chaîne satellite, les appels ne cessent de pleuvoir. Le cheikh répond aux téléspectateurs avec fermeté et parfois une pointe d’humour sur des sujets sensibles. « Si ton futur mari ignore que tu n’es plus vierge et que personne n’est au courant, tu ne risques rien. Si on a les moyens, il existe des méthodes chirurgicales pour redevenir comme avant », répond le cheikh alors que deux autres auditeurs sont en attente au bout du fil pour poser leur question. Car il faut aussi retenir les personnes le plus longtemps possible au téléphone pour réaliser un gain maximum. « Les bénéfices sont partagés entre la société qui loue le local, l’Organisme des télécommunications et la télévision. Chaque partie perçoit le tiers des gains », souligne le responsable d’une société qui organise ce genre d’émissions. « L’objectif est d’attirer le plus grand nombre d’auditeurs », confie-t-il tout en ajoutant que les marges de bénéfices peuvent atteindre plusieurs milliers de L.E.

Il n’y a pas que le téléphone et la télévision. Des sociétés ont trouvé sur Internet un vecteur de choix pour propager la bonne parole musulmane, cette fois dans le monde entier. Des centaines de sites, la plupart rédigés en arabe, ont fleuri sur la Toile ces dernières années. Siham, avocate, est une mordue d’Internet. Elle pense qu’il existe quand même des sites qui présentent une façade respectable et ouverte de la religion musulmane, comme IslamOnLine (IOL). Ce site égyptien, créé en 1999, prône « un islam unifié et vivant, en phase avec les temps modernes » et connaît également un énorme succès. Rédigé en anglais, parfois en français, IOL s’adresse essentiellement aux musulmans qui vivent à l’étranger et qui ne parlent pas arabe. Une vingtaine de personnes se relaient toute la journée pour dialoguer en direct avec les internautes, organiser des débats avec des personnalités politiques ou religieuses, ou ... alimenter le service de conseils religieux en ligne. Le site propose, lui aussi, une version écrite du Téléphone islamique, avec des conseils personnels donnés par des cheikhs. Siham confie recourir à ce genre de sites pour prendre connaissance de différentes fatwas et entrer en contact direct avec le cheikh lui-même. « C’est une plate-forme qui permet à chacun de s’exprimer et de débattre », assure-t-elle. Et de nuancer la portée de cet engouement pour les télé-fatwas : « Parfois il suffit d’interroger son cœur pour connaître le vrai » .
Source :EL-AHRAM

publié le 24 septembre 2006

Le Caire s’offre le plus grand musée du monde

Rien n’est trop beau pour les trésors de l’Egypte ancienne. Et certainement pas l’écrin censé les accueillir. Souffrant du poids des âges et d’une surcharge d’objets, l’actuel musée du Caire sera remplacé en 2011 par un édifice ultra moderne, construit aux pieds des pyramides : le Grand Museum of Egypt sera le plus grand musée du monde.

Traduit en chiffres, le projet fait tourner les têtes. Le budget d’abord, estimé à 600 millions de dollars, dont 25% seulement réglés par l’Etat, qui est allé frapper à la porte de ses traditionnels mécènes. Premier d’entre eux, le Japon s’est engagé à financer la moitié du projet, confirmant sa présence en Egypte, après avoir déjà payé l’hôpital pour enfant et l’Opéra du Caire, ainsi que le pont As-Salam qui enjambe le canal de Suez. Pour le reste, une campagne de financement est ouverte.

Un projet mondial. Avec ses 300 ingénieurs représentant une dizaine de pays différents, le futur Grand Musée a tout d’un projet mondial. Symbole de ce cosmopolitisme, c’est un architecte américain, exilé en Irlande, qui a remporté le concours, au terme d’une compétition mondiale à laquelle plus de 300 architectes ont participé. Mais le futur musée d’Egypte ne se résumera pas en un agrandissement de ce qui existe déjà. "Le concept même de musée a été repensé" explique Yasser Mansour, coordinateur général du projet. "Le musée actuel est riche en pièces mais ne génère que trop peu d’argent. D’où notre volonté de faire du futur musée un véritable centre d’activités, avec ses centres de recherches et de conférences, ses restaurants et ses attractions"

Ramsès déjà sur place. Le ton est donné et il est ambitieux. A terme, les responsables espèrent attirer 5 millions de visiteurs par an, soit plus du double de la fréquentation actuelle. Un objectif qui nécessitera d’inclure le projet du Grand Museum of Egypt dans le cadre plus large d’une nouvelle politique de communication touristique. Un coup de peinture n’a jamais renforcé un mur. Dans sa forme, le projet intègre cette notion de totalité. Sous des lignes épurées, le GEM se vivra comme un complexe intégré, un pont entre l’histoire et la modernité, mélangeant statues millénaires et innovations technologiques. Construit sur le site de Gizeh, aux pieds des pyramides, le GEM ne devra pas dénaturer le site. Un pari compliqué, que les architectes pensent remporter en jouant la carte de la sobriété.

Et en attendant la pose de la première pierre, prévue en 2007, c’est un peu Ramsès en personne qui est venu matérialiser le projet. Après avoir traversé le Caire sous l’œil de millions de spectateurs, la statue géante a déjà pris sa place au cœur du futur complexe.

publié le 30 août 2006

Le cinéma, une autre vitrine du monde arabe

La 8e biennale des cinémas arabes organisée par l’Institut du monde arabe à Paris, vient de s’achever. L’occasion de dresser un bilan de cette production, qui, progresse qualitativement, mais semble toujours prisonnière des mêmes maux.

En ces temps de suspicion, où les seules images en provenance du monde arabe sont celles de la destruction et de la haine, il faut saluer l’initiative de l’Institut du monde arabe (IMA), qui depuis 1992, offre à voir des réalités la plupart du temps ignorées par les médias occidentaux.

Sous la férule de sa déléguée générale, Magda Wassef, la 8e Biennale des cinémas arabes à Paris (décentralisée cette année à Marseille et à Poitiers) a permis aux spectateurs de visionner plus d’une centaine de films : la compétition officielle réunissant des courts, moyens et longs métrages de fiction et documentaires produits depuis 2004, une rétrospective en hommage à l’acteur égyptien Ahmed Zaki, et un gros plan sur la production de documentaires de Hot Spot pour la chaîne Al-Jazeera, évoquant les émigrés arabes en Amérique latine ou la littérature de prison... Alors que le jury présidé par Yves Boisset vient d’établir son palmarès, en octroyant son grand prix au film égyptien L’Immeuble Yacoubian (Marwan Hamed, 2006), plusieurs tendances se dessinent.

Au niveau des thématiques abordées, l’exil, qu’il soit physique ou intérieur, tient une place importante. Notamment dans les films libanais, dont certains dialogues, eût égard au contexte actuel et aux images de réfugiés fuyant le Pays du Cèdre, prennent un relief saisissant. Mais aussi les conflits de toute sorte qui jalonnent l’histoire contemporaine du monde arabe : la résistance des Peshmergas kurdes dans l’Irak et l’Iran de la fin des années 70 (Le temps des Narcisses d’Hussein Hasan et Massoud Arif Salih) ou encore, la « décennie noire » algérienne, celle de la guerre civile, abordée par Djamila Sahraoui de façon très réaliste dans Barakat !

Pour ce qui est des valeurs sûres, la Tunisie, avec Fleur d’oubli de Selma Baccar a démontré l’originalité de son cinéma, tandis que l’Egypte, forte de son industrie cinématographique (la seule du monde arabe, même si elle n’a plus le lustre d’antan), reste le fer de lance dans ce domaine. Ayant accoutumé les spectateurs du Maroc jusqu’au Koweït, depuis plus de 50 ans, au dialecte du Caire, seuls les films du Nil semblent toujours en mesure d’attirer un large public (pour preuve, L’Immeuble Yacoubian, adaptation du best-seller mondial d’Alaa El-Aswany évoquant une Egypte contemporaine éclatée, dans la veine réaliste d’un Naguib Mahfouz, est un des seuls films ayant fait salle comble lors de sa projection à l’IMA). Enfin, du côté des bonnes surprises, on a pu noter l’émergence prometteuse des cinématographies issues du Golfe (Arabie-Saoudite, Oman et Yémen).

Reste que d’une manière générale, et cela est devenu une antienne agaçante, les cinématographies arabes, si elles dénotent d’une technique de plus en plus maîtrisée, pêchent trop souvent dans l’écriture des scénarii. Avec pour résultat des films qui soit ne tiennent pas la distance, soit privilégient un discours intellectuel destiné à une poignée de convertis, négligeant de raconter une histoire et laissant donc de côté une grande partie du public. D’ailleurs, de l’aveu du critique et réalisateur de documentaires algérien Mouloud Mimoun, les longs métrages de la sélection étaient... « corrects » (sic).

Autre rengaine concernant ces films : leur manque de débouchés. Au point que l’IMA organisait en marge de la Biennale un colloque sur « les conditions nécessaires à l’émergence d’un marché euro-arabe ». Faute d’un marché local conséquent, produire un film dans un pays arabe relève du parcours du combattant. D’où la multiplication des coproductions avec les pays européens ou le Canada (la moitié des longs métrages de la sélection). L’exporter en Europe s’avère encore plus compliqué (conséquence des relatives lacunes décrites plus haut, d’une certaine vision occidentale du monde arabe et, parfois, du manque de courage des diffuseurs). Mais plus grave, mis à part les films égyptiens, ces œuvres cinématographiques ont du mal à trouver des débouchés chez leurs voisins arabes, malgré la proximité culturelle (une seule coproduction interarabe dans la sélection).

Une note positive cependant : les critiques ont unanimement souligné la qualité et la diversité des court-métrages d’une jeune génération de cinéastes, qui, en insufflant un tel vent de fraîcheur, augure d’un avenir prometteur.

publié le 27 mai 2010

Le conte du Cheikh Zayed enflamme les planches de la scène Parisienne

par Rahma RACHDI

[#C’est l’histoire du Cheikh Zayed Ben Sultan AL Nahyan, fondateur des Emirats Arabes Unis, que le
célèbre ballet Libanais de Caracalla a choisit de retracer dans son dernier spectacle « Zayed et le rêve »
au Palais des Congrès, à Paris le week-end du 8 mai 2010.#]

Abdel Halim Caracalla nous invite à un voyage historique au coeur du désert d’Arabie dans sa création
théâtrale inspirée de la vie et de l’oeuvre de son Altesse le Cheikh Zayed Ben Sultan AL Nahyan.
Ce projet rendu possible, par l’ADACH (Autorité d’Abu Dhabi pour la culture et le patrimoine) rend ainsi
hommage à son regretté père fondateur qui non seulement a marqué les esprits mais aussi l’histoire du
Moyen Orient, par ses idées de fraternité, au delà de ses réalisations de développement économique et
culturel, qui ont dépassé les frontières d’Arabie.
Selon Yvan Caracalla, le metteur en scène « ce projet est né de la demande de l’ADACH, sans laquelle il
n’aurait pu être possible car c’est la première fois qu’une oeuvre théâtrale sur le cheikh Zayed est
réalisée, même si des histoires ont été narrées, des poèmes contés, auparavant »
Une mise en scène soignée et haute en couleur fait défiler le ballet enchanteur au fil des actes de cette
pièce théâtrale accordée aux échos de la magie de l’Orient.

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Crédit photo : Dany Guerin

La centaine de danseurs composée d’artistes Russes, Espagnols, Chinois et Emiratis aux costumes
somptueux, se partagent la scène au rythme des chants traditionnels sur fond de calligraphies et
ornements féériques, pour nous faire revivre en musique un rêve éveillé des mille et une nuits. Ce rêve
nous raconte une histoire, vraie.

C’est l’histoire d’un prince né pour devenir l’un des plus grands leaders arabes visionnaires et fondateur
d’une nation, celle des Émirats Arabes Unis que ce ballet nous conte, parsemée d’anecdotes glorieuses
et riches en extraits d’archives. L’identité culturelle très forte de cette oeuvre tient à une seule réussite :
celle d’avoir su grouper en un seul corpus des ballets de plusieurs origines, symbolisant ainsi à la fois le
creuset multiculturel que représentent les Émirats actuels (À l‘image de la ville de Dubai qui regroupe le
record de plus de 197 nationalités !) et la richesse d’un melting-pot tolérant et constructif.
C’est sur une musique du chef d’oeuvre aux sept Oscars de Peter O’Toole « Laurence d’Arabie » que
démarre ce show nous contant là aussi le destin d’un homme hors du commun dans le désert d’Arabie ;

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Crédit photo : Dany Guerin

Les danseurs aux gestes lestes et gracieux semblent voler sur la scène, tant la légèreté est de mise pour
ce spectacle quasi aérien. Les sept chevaliers se succèdent et se coordonnent comme par magie pour
évoquer les sept vertus que sont le courage, la sagesse, le droit, la foi, le bien, l’honneur et la patience
qui ont nourri l’esprit du prince Zayed le forgeant à réaliser son rêve. Car en effet le cheikh Zayed avait
un rêve, celui de créer une nation, unie, solidaire, fière, fraternelle et prospère…à l’image des 7 Émirats
qu’il réussit à fédérer pour créer une nation. Bédouin et fier de l’être, il était fin diplomate, habile
négociateur et connaissait parfaitement son peuple dont il a su rester proche, et qu’il encouragea vers la
culture, et la fervente défense des droits de la femme.

Le rêve est désormais réalité, prouvant ainsi que l’espoir et la foi d’un seul homme, suffisent à
transformer des déserts arides en oasis de paix et d’abondance.
Jamais un « Roi, Emir, Sultan, Président … ». Cheikh n’aura autant fasciné et envouté les esprits que le
mythique Cheikh Zayed toujours si présent dans les mémoires, tant ses vestiges de conquérant pacifiste,
clairvoyant fondateur, aussi simple que richissime, font tant honneur à la culture Bédouine. Lui qui
recevait encore avant sa mort, des diplomates et chefs d’État dans sa tente d’Al Ain en plein désert…Lui
dont la fortune n’aurait pu être dignement acquise, s’il n’avait décidé en 1966 de partager ses terres avec
ses citoyens, cédant ainsi aux habitants d’Abu Dhabi des parcelles de terre pour leur résidence et leurs
affaires. Abu Dhabi allait devenir la capitale des Émirats en 1971, l’un des pays les plus riches du golfe.
C’est sans doute ce que feu le Cheikh Zayed, mort en 2004 aurait souhaité voir de son vivant, un
ensemble artistique de génie, multiracial aux vertus multiculturelles évoluant harmonieusement pour le
plaisir généreux offert à des spectateurs conquis, à l’image de sa générosité désormais légendaire. Bravo
aux artistes de Caracalla ayant livré un show épique et flamboyant ! Prochaine performance les 1 et 3
août 2010 au Coliseum de Londres.


La rédaction
Toute reproduction est interdite

publié le 8 décembre 2011

Le DIFF attire les stars à Dubaï

[#« Mission acceptée » pour le Festival International du
Film de Dubaï
(DIFF), alors que les médias du monde entier convergent vers la
ville pour le lancement du plus grand film de l’année.

Plus de 1.100 professionnels du secteur et des centaines de journalistes internationaux se préparent pour voir défiler sur le tapis rouge du DIFF la vedette Tom Cruise et ses camarades du
casting Paula Patton, Simon Pegg et Anil Kapoor, ainsi que le réalisateur Brad
Bird et le producteur Bryan Burk, à l’occasion du lancement de Mission : Impossible - Ghost Protocol. Une grande partie du film a été tourné à Dubaï, et plus spécifiquement au Burj Khalifa – le plus haut bâtiment du monde.

D’autres films utilisant le festival comme rampe de lancement dans la région sont
The Muppets, The Descendants et Ma semaine avec Marilyn, bénéficiant tous de
projections de gala.

La huitième édition du DIFF programme un total de 171 films originaires de 56 pays,
ainsi que toute une série de célébrités, dont Shah Rukh Khan, Owen Wilson et les stars régionales Yousra et Lebleba.#]

publié le 8 décembre 2007

Le DIFF : une célébration du cinéma mondial à Dubai

Dubai s’apprête à accueillir le Festival international du film (DIFF) du 9 au 16 décembre. Pour sa quatrième édition, un nombre considérable de courts métrages et de films documentaires provenants de 52 pays, seront à
l’affiche.

Les organisateurs promettent des surprises. "Nous présentons de nombreuses
améliorations à l’occasion de cette quatrième édition qui devrait nous
permettre d’aller plus loin dans notre volonté de promouvoir les talents
locaux et internationaux (...) et la culture artistique de Dubaï et des
Emirats arabes unis", c’est ce qu’a déclaré Abdulhamid Juma, président du
DIFF.

Il a, en outre ajouté, que "les cinéastes choisissent avec beaucoup de soin
l’endroit où sera présenté la première de leurs films". Ceci dit, le nombre
élevé de réalisateurs qui ont confié leurs produits cinématographiques au
DIFF reflète l’importance de ce festival et sa renommée, devenue
internationale.

Pour le public, le festival est une excellente occasion de voir quelque
chose de nouveau, et de découvrir plus étroitement des réalisateurs
internationonaux ainsi que les stars du grand écran.

C’est ainsi que cet événement verra la participation de plusieurs artistes
venus de toutes parts. Des vedettes hollywoodiennes telles que George
Clooney, Danny Glover ou Sharon Stone seront au rendez vous. Aussi, des noms
du cinéma arabe comme le réalisateur et scénariste égyptien, Youssef
Chahine, le réalisateur marocain Nabil Ayouch, l’actrice libanaise Carmen
Lebbos, et l’acteur jordanien Nadim Sawalha seront attendus pour défiler
sur le tapis rouge.

Le cinéma indien est aussi célébré. Est prévue la projection de trois films
bollywoodiens, à savoir "Shoot Sight" de Naseeruddin Shah, "Story of the Red
Hills" de Remo D’Souza et "Cut of Taj Mahal : An Eternal Love Story" de Akbar
Khan.

Le cinéma africain est représenté par le film "Confessions of a Gambler" du
romancier et cinéaste Rayda Jacobs. Les premières comprennent également
quatre documentaires, dont "90 Millas" réalisé par Emilio Estefan sur la
musique latine aux Etats Unis.

Le Festival du Dubaï décernera de nombreuses récompenses, notamment le Prix
"Muhr" dont le vainqueur décrochera un chèque de 10.000 dollars. Parmi les
courts métrages en compétition pour ce prix, on retrouve "Tenbak" réalisé
par l’émirati Abdallah Hassan, "Jérusalem HD" et "The Birthday Gift".

Notons que le DIFF est sponsorisé par Dubai Duty Free, Dubai Pearl, et
"Emirates and Jumeirah". Il a été lancé en décembre 2004 sous le thème :
"Bridging Cultures. Meeting Minds" dans un but d’échange artistique et de
développement de la vie culturelle dans l’émirat arabe.

Plus de 250 films, documentaires et courts métrages provenant de plus de 48
pays on été préséntés lors des trois précédentes éditions.

Cet événement culturel se tient sous la patronage de Sheikh Ahmed bin Saeed
Al Maktoum. Il est autant une réelle opportunité de découvrir l’excellence
du cinéma du monde entier, qu’une manifestation importante qui permet de
dévoiler des jeunes talents.
Nadia Faris

publié le 25 décembre 2014

Le drapeau saoudien flotte sur les téléréalités arabes

Par Yves Gonzalez-Quijano

Plus se creusent les fractures politiques du monde arabe, et plus apparaît la partialité de ses grands médias régionaux, médiocres relais des puissances politiques et financières qui les gouvernent. Mais ce constat, on le fait en général à partir de l’observation des seules chaînes d’information telles qu’Al-Jazeera ou Al-Arabiyya, alors qu’il conviendrait de l’élargir à l’ensemble du paysage audiovisuel.

En effet, il faut comprendre au contraire que le contrôle de la scène médiatique arabophone par les acteurs du Golfe produit un discours de domination qui est loin de se réduire au seul commentaire politique. Tout autant qu’à travers les récits des journaux télévisés, les grandes chaînes arabes s’emploient avec une belle énergie à diffuser, à travers toutes sortes d’émissions de divertissement, une certaine idée du monde (arabe). Largement inspirés des modèles du marché global, différents concours où le public vote, par le biais de SMS, pour des candidats amateurs sélectionnés semaine après semaine offrent ainsi l’étrange spectacle d’une nation unie dans une même ferveur cathodique, alors que les guerres déchirent toute une région qui s’approche toujours davantage du gouffre.

Il faut dire que l’industrie du diverstissement reste une très bonne affaire. Bien plus que les enjeux artistiques, parfois dénoncés par des candidats soumis à des conditions léonines de la part des producteurs, Star Academy et Super Star autrefois, et aujourd’hui – privilège ou presque de la saoudienne MBC – des émissions telles que Arabs’ Got Talents (depuis 2011), The Voice/Ahlâ Sawt (depuis 2012) ou encore Arab Idol/Mahbûb al-’Arab (depuis 2012 également) sont une occasion, à proprement parler « en or », de gagner beaucoup d’argent. Grâce aux publicités bien entendu mais plus encore avec les messages électroniques envoyés par téléphone, messages dont les revenus (soigneusement tenus secrets) sont partagés entre les opérateurs téléphoniques et les chaînes qui les font travailler. On remarque d’ailleurs qu’il n’y a pas de frontières dans cet univers béni du business as usual des télécommunications globales : lors de la dernière version d’Arab Idol tournée à Beyrouth, la chaîne Syriatel (propriété d’un homme très proche du régime en principe soumis à un strict contrôle financier international) a ainsi appelé ses abonnés, pour son plus grand profit et celui de la chaîne saoudienne MBC, à voter en masse pour le candidat syrien.

Et c’est d’ailleurs ce dernier qui a triomphé de ses deux rivaux (dont un Saoudien). Pas vraiment contre toute attente car sa victoire était pronostiquée par les spécialistes depuis plusieurs semaines. D’ailleurs, on remarque que les grands perdants de la géopolitique arabe sont souvent les gagnants de ces divertissements télévisés, comme s’il fallait leur donner une sorte de compensation symbolique, une « victoire pour rire » en somme, dans le « Grand Jeu » géopolitique régional. Au temps de Star Academy, on a eu ainsi Shadha Hassoun en 2010 (voir ce billet), au plus fort de la catastrophe irakienne, et durant la précédente saison d’Arab Idol, le Palestinien Mohammed Assaf (autre billet), venu de Gaza qui avait subi en 2012, une fois de plus, les foudres de l’armée israélienne (opération « Pilier de défense »). Une autre explication, qui peut croiser la première d’ailleurs, serait de souligner le rôle d’une forte mobilisation nationale en temps de crise grave, alliée à une sympathie des « votants » pour les « frères arabes » les plus faibles, les « damnés de l’histoire », comme une sorte de revanche commune contre les nantis (du Golfe) et tous ceux qui s’acharnent à briser le « rêve arabe »...

Victoire de prestige ou encore « victoire pour de rire » si on ose dire, le triomphe du Syrien Hazem Sharif à l’émission Arab Idol, fleuron du business entertainment saoudien, est par certains aspects une affaire hautement politique. Et ce qui a permis de s’en rendre compte, une fois de plus car c’est un thème récurrent dans l’actualité, c’est la question de l’emblème national. Rompant avec toutes les traditions du genre, qui veulent que l’heureux élu des téléspectateurs brandisse bien haut son drapeau national tout en se livrant au traditionnel couplet sur la « grande nation arabe », le candidat alépin a certes dédié sa victoire à son peuple et à son pays, mais sans sortir le moindre oriflamme. Pas plus le drapeau aux trois étoiles du régime, que celui à deux étoiles de l’opposition (ou même le tristement célèbre drapeau noir de l’Etat islamique)...

Certains ont salué cette habile neutralité, par ailleurs conforme à ses déclarations tout au long des éliminations durant lesquelles Hazim Sharif s’est bien gardé de prendre parti pour tel ou tel camp, histoire de se concilier le soutien de tous. Manière de renchérir sur la nécessaire unité nationale ont même ajouté certains, le choix d’une bannière excluant automatiquement, dans les circontstances actuelles, tous les partisans d’une autre. Tout le monde ne l’a pas vu ainsi cependant. Sur les réseaux sociaux, qui ont bien entendu largement commenté l’affaire, des opposants ont considéré que le refus de brandir le symbole national était évidemment une manière de défier le régime officiel. L’autre camp a sa propre explication : si Hazem Sharif n’a pas sorti le drapeau syrien, c’est qu’il en a été empêché par une chaîne tenue par un pays, l’Arabie saoudite, qui finance les bandes terroristes ravageant le pays depuis bientôt trois ans.

Ceux qui pensent ainsi doivent être assez nombreux car le candidat syrien a visiblement bénéficié d’un fort appui dans son pays. On peut le constater naturellement aux nombreux messages qui ont assuré, en plus de ses qualités artistiques, son élection cathodique. Mais aussi, et contrairement à ce qu’écrit le décidément très partial L’Orient-Le Jour, on a pu voir que la télévision syrienne a retransmis en long et en large les manifestations de joie qui ont accompagné, toute la nuit paraît-il, la victoire du candidat syrien (alors que la chaîne saoudienne en a fait le moins possible, au contraire, se contentant de quelques brèves images). A Damas, comme on peut se l’imaginer, mais également dans la ville natale de la nouvelle « idole des Arabes », Alep. Ou plus exactement dans la partie sous le contrôle de l’armée syrienne où l’événement a été fêté à grand renfort de coups de feu en l’air et même avec quelques fusées (d’artifice). Au point que dans les zones tenues par les rebelles, où l’on ignorait (ou voulait ignorer) tout de l’affaire, ne serait-ce qu’en raison des coupures d’électricité, cette explosion soudaine de détonations a fait penser à certains miliciens qu’une offensive était lancée contre eux !

Il est en réalité assez naturel que la réussite d’un candidat syrien, ne serait-ce qu’à un jeu télévisuel, soit perçue comme une bonne nouvelle par une grande partie de la population privée par ailleurs de toute autre raison d’espérer. Et la « victoire » syrienne – qui est certainement autant le résultat du talent de Hazem Sharif que la conséquence d’un complexe écheveau d’intérêt politico-financiers – ne pouvait profiter qu’aux « autorités légitimes » du pays qui continuent à recevoir (que cela fasse plaisir ou non, c’est un fait) le soutien d’une partie très importante, et même sans doute majoritaire, de sa population. Les Saoudiens ne l’ignoraient pas d’ailleurs, eux qui ont tout fait pour minimiser l’impact de cette réussite.

On a en effet beaucoup commenté sur internet ainsi que dans les médias, l’étonnant spectacle, d’un point de vue vexillologique, de la finale d’Arab Idol. Car non seulement le candidat syrien s’est abstenu de brandir son drapeau national mais, dans le public également, on a pu constater l’absence de tout emblème syrien (alors que le même public scandait en choeur : Syrie, Syrie !) Une explication toute simple à cela : des instructions avaient été données au service d’ordre pour bannir du studio tout drapeau national, à commencer par le syrien. A une exception toutefois, celui du royaume d’Arabie saoudite qu’un appariteur venu des coulisses est venu apporter sur la scène, si bien qu’un des membres du jury, Ahlam, une chanteuse des Emirats arabes unis (!), a vainement tenté de le flanquer dans les bras du vainqueur syrien. Pas vraiment manchot, ce dernier a évité le piège en se cramponnant à son micro. Mais cent millions de téléspectateurs arabes ont tout de même pu assister à ce spectacle assez rare d’un Syrien chantant en hommage à son pays une chanson patriotique (libanaise), intitulée Behebbak ya baladi (Je t’aime ô mon pays, sous le soleil qui jamais ne disparaît...), tandis qu’on n’apercevait à l’écran que le vert du drapeau saoudien, flanqué du sabre et de la shahada !

Scène surréaliste, en vérité, mais à peine plus que la situation actuelle dans laquelle est plongée la région tout entière. Pour s’en convaincre encore un peu plus, il suffit de savoir que, parmi les « vaincus » de la finale, il y avait, outre le Saoudien, un candidat palestinien venu... de l’Etat d’Israël. Bien entendu, cela a suscité des polémiques sans fin entre ceux qui défendent l’idée d’un boycott sans faille et ceux qui estiment que les Palestiniens, fussent-ils (obligés d’être) porteurs d’une carte d’identité israélienne, conservent le droit de participer à une compétition télévisuelle arabe. De retour à Haïfa, le candidat malheureux (il n’avait de toute façon aucune chance après la victoire, l’année précédente, d’un autre Palestinien) a reçu un soutien de poids : celui du porte-parole arabophone de l’armée israélienne qui le félicitait chaudement pour sa prestation.

La géopolitique des téléréalités n’a pas fini de nous surprendre...

Ci-dessous, un lien vers la vidéo de la finale. On y voit (vers la minute 7’40) l’apparition du fameux drapeau saoudien. Je n’ai pas entré les liens vers les différents articles qui m’ont servi à écrire ce billet, mais les références sont disponibles pour ceux qui les voudraient.

publié le 8 décembre 2013

Le festival du film de Dubaï récompense les talents du cinéma arabe

Le Festival international du film de Dubaï (Diff) a honoré dix talents du cinéma arabe, y compris des cinéastes, des acteurs et des directeurs de la photographie, pour leurs contributions remarquables aux 100 meilleurs films du cinéma arabe. La sélection annoncée le 6 novembre a été établi à la suite d’un processus de vote auprès de 475 critiques de films arabes, de professionnels et de personnalités culturelles de toute la région.

Avec la sélection des 100 meilleurs films du cinéma arabe, le Festival International du Film de Dubaï continue ses efforts pour soutenir le cinéma arabe et mettre en valeur ses réalisations passées et présentes.
« Cette initiative met en exergue le meilleur du cinéma arabe à travers la critique profonde et l’analyse du cinéma arabe et vise à mettre en évidence la riche histoire du cinéma arabe, » déclare Abdulhamid Juma, président de Diff.
“Depuis son lancement en 2004, le Diff a centré tous ses efforts sur le soutien au cinéma arabe, et je peux dire en toute fierté que nous avons contribué avec succès au développement du cinéma arabe avec une série d’initiatives. Aujourd’hui, le top 100 des films arabes et Cinéma sert de lien entre le présent et l’avenir du cinéma arabe.’’
Quatre lauréats ont été choisis en raison de leurs films figurant sur la liste des dix meilleurs films : l’acteur Ezzat El Alaili, le réalisateur tunisien Moufida Tlatli, le cinéaste syrien Mohammed Malas, l’actrice libanaise Carmen Lebbos, le réalisateur égyptien Mohammad Khan, l’acteur vétéran Ahmed Bédier, l’actrice égyptienne populaire Yursa, les directeurs de la photographie Ramsees Marzouk et Tariq Telmesani et le cinéaste koweïtien Khalid Siddiq.
La 10e édition du festival projettera plus de 174 fictions, courts et longs métrages, des documentaires, dont 70 premières mondiales et 11 premières internationales de 57 pays dans 43 langues.
Source : WAM

publié le 15 décembre 2011

Le Festival international du Film de Dubai rend hommage à Werner Herzog

[#Le cinéaste allemand Werner Herzog a reçu le
Lifetime Achievement Award au Festival International du Film de Dubaï (DIFF).Herzog est l’un des fondateurs du nouveau cinéma allemand, marquant la renaissance de l’industrie cinématographique du pays.#]

[#Herzog est la personnalité à recevoir cette distinction du DIFF, après l’acteur
vétéran égyptien Gamil Rateb et le compositeur indien AR Rahman.

S’exprimant à cette occasion, le cinéaste affirme : « Ce prix résume presque
50 ans de mon travail en tant que cinéaste, mais je considère que c’est un
événement à mi-chemin, car il reste beaucoup de travail à faire. En fait, je me
prépare à tourner mon prochain film sur la vie de Gertrude Bell dans le
Moyen-Orient. »

Queen of the Desert racontera la vie de Gertrude Bell, une femme britannique active
à l’aube du 20e siècle en tant qu’écrivaine, archéologue, exploratrice,
cartographe, et attaché politique pour l’Empire britannique. Herzog déclare :
« C’est un grand film épique dans le désert, qui traite de l’Islam, des Bédouins
et de la dignité du monde arabe. »

Herzog affiche à son actif 18 longs métrages, plus de 30 documentaires, sept
court métrages de fiction, 18 productions d’opéra et trois productions théâtrales.
Dans sa carrière prolifique, et sur une période de plus de 45 ans, Herzog a
revêtu divers rôles – réalisateur, producteur, scénariste, acteur et directeur
d’opéra. Il est considéré être le seul réalisateur au monde à avoir réalisé un
film sur tous les continents.#]


Source : WAM

publié le 22 février 2009

Le keffieh palestinien : tout un symbole

Par Yves Gonzalez-Quijano

[#Une chronique déjà un peu lointaine avait permis de retracer une partie de l’histoire du keffieh. Récupéré dans les boutiques des grands couturiers occidentaux, l’emblème de la résistance semblait en passe de se transformer en accessoire de mode.

Mais le phénomène concerne aussi le monde arabe. A commencer par la « Palestine historique » (expression que l’on utilise souvent en arabe pour parler de la « Palestine de 48 »), où le keffieh relooké et « tendance » rencontre un franc succès, y compris chez les Israéliens, ce qui n’est pas sans agacer profondément les « habitants historiques » (comprendre, les Palestiniens citoyens israéliens).

En effet, ces derniers craignent que le symbole de leur identité nationale ne finisse par leur échapper à la suite d’autres éléments de leur culture nationale digérés - c’est bien le mot - par la société israélienne qui n’hésite pas à revendiquer pour elle le hommous et le falafel (voir cette autre chronique sur les avatars de la salata baladi).

Du coup, les écoliers palestiniens de Haïfa se sont mis cet hiver à arborer avec ferveur leur keffieh (plutôt dans sa version traditionnelle comme on le comprend à lire cet article). Et quand on a voulu les en dissuader, porteurs de keffiehs traditionnels ou relookés ont protesté avec suffisamment d’énergie pour que l’administration des écoles concernées fasse marche arrière.

Au Liban également, la mode du keffieh étonne, surtout quand on le voit fleurir dans les rues d’Achrafiyyeh ou d’Abou- de ‘Ayn al-Roummaneh, quartiers de Beyrouth peu connus pour leur soutien à la cause palestinienne, c’est le moins qu’on puisse dire ! Bien sûr, dans ce cas, c’est la version « mode » qui est adoptée, mais cela suffit à ce que les petites adolescentes « ressemblent à des Palestiniens », comme le signale cet article, et cela en dérange quelques-uns dans le contexte libanais.

D’ailleurs, dans les camps palestiniens on est loin de se réjouir du phénomène où le keffieh, qui n’existe en cet endroit que dans sa version traditionnelle, doit désormais affirmer sa présence, non seulement par rapport à la version colorée à la mode, mais également par rapport à la version graphiquement « retournée », c’est-à-dire avec des motifs blancs sur fond noir, adoptée paraît-il dans les banlieues chiites du sud de la capitale…

Pour les plus âgés, comme le souligne une des personnes interviewées dans cet article, la transgression du keffieh relookée est moins politique que « morale ». En effet, et c’est également le même écho que l’on entend du côté d’Amman en Jordanie (où le keffieh s’appelle également shimâgh, comme dans toute la région qui s’étend vers l’est), le keffieh, c’est par excellence un truc d’homme. Autrefois, c’est vers ses dix-huit ans qu’on commençait à le porter, comme une marque de l’entrée dans l’âge adulte et dans la société des hommes.

Un symbole qui n’avait pas échappé aux militantes palestiniennes, aux temps héroïques de la révolution palestinienne comme on l’a vu dans le billet précédemment mentionné, et qui fait toute la force d’une des œuvres les plus emblématiques de Mona Hatoum, une artiste de renommée internationale d’origine palestinienne (elle est née à Beyrouth).

Mona Hatoum : “Keffieh”, human hair on cotton (1993-1999)

Dans la rétrospective de son travail présentée, justement, sous le titre Keffieh (كوفية), tout cet hiver à la Darat al-Funun, très important centre artistique de la capitale jordanienne, la pièce maîtresse était sans aucun doute celle qu’elle a produite durant les années 1990 et qui avait déjà été exposée au musée d’Art moderne de New York en mai 2006 : un grand keffieh, parfaitement ordinaire en apparence, si ce n’est que de (vrais) cheveux de femme se mêlent aux piqûres noires qui ornent le tissu, manière tout à la fois de redonner leur place aux femmes et de refuser la répartition des sexes dans la société traditionnelle.

En Palestine, là où Arafat a donné au keffieh toute sa valeur symbolique en arrangeant paraît-il les plis de telle manière qu’ils puissent évoquer la carte historique du pays, le keffieh, adopté par les premiers résistants, au temps du mandat britannique, peut symboliser par sa couleur et ses motifs telle ou telle appartenance politique, notamment à Gaza où il a pu marquer, chez ceux qui le portaient, leur soutien au Fatah.

Baromètre des mouvements politiques, le keffieh reflète les transformations dans l’opinion arabe des terribles bombardements israéliens. Aujourd’hui, après la violence de la guerre, les vedettes des écrans arabes, hommes et femmes confondus, arborent leur keffieh en solidarité avec les souffrances et le combat du peuple palestinien.

L’unité semble retrouvée, au moins au niveau de l’opinion. Est-il encore temps ? En tout cas, pour les fabricants de Palestine, la cause est entendue. Victime de la concurrence des fabricants asiatiques qui profitent de la mode internationale, coupé de ses marchés par l’occupation israélienne, le dernier atelier, à Hébron, survit difficilement.

Tout un symbole ?

Sur la dernière fabrique de keffiehs à Hébron, on peut consulter cet article en anglais et surtout ce beau reportage réalisé par un journaliste français, Benoit Faiveley - sous-titres en anglais - qu’il faut vraiment aller voir, tout comme le blog qui le signale, l’excellent Hawgblawg, dont je recommande absolument la lecture aux anglophones.#]

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/

publié le 7 décembre 2008

Le keffieh palestinien en voit de toutes les couleurs

BEYROUTH, Par Rima Abushakra

[#Le célèbre keffieh noir et blanc porté par le leader palestinien défunt Yasser Arafat a évolué en écharpes de différentes couleurs arborées par les jeunes branchés dans les rues de Beyrouth, au grand dam de l’ancienne génération palestinienne. Mais cette mode, qui semble fasciner également les touristes arabes et étrangers n’est pas du goût de tout le monde. Certains y voient même une insulte à ce symbole traditionnel lié à la cause palestinienne.

"Ces couleurs ne sont pas les nôtres...c’est absurde, cela ressemble à un défilé de mode", s’insurge Salim Ali Kayd, 74 ans, réfugié palestinien au Liban depuis 1948, date de la création de l’Etat d’Israël. Il fait référence à la dernière mode qui ces derniers temps a envahi les cafés chics de Beyrouth, où de jeunes gens arborent des versions rouge, bleu, rose, marron et même violet du traditionnel keffieh. "Le keffieh représente l’honneur et la virilité d’un homme. Son port était un rite de passage à 18 ans", explique Salim, très irrite en référence aux coutumes de sa génération. D’autres Palestiniens vivant dans les ruelles tortueuses du camp de réfugiés de Chatila, dans la banlieue de Beyrouth, sont également agacés de voir leur symbole national devenir en vogue. "Yasser Arafat portait le keffieh pour une raison bien déterminée. Cela voulait dire quelque chose", affirme Kalthoum Ghandour, une Palestinienne de 45 ans. "C’est ce que portaient les révolutionnaires (palestiniens) pour cacher leur identité. C’est notre révolution, notre symbole, et cette mode souille notre héritage", ajoute-t-elle.#]

De notre partenaire iloubnan.com

publié le 13 octobre 2010

Le Koweït donne 3 millions d’euros à l’IMA

[#Le Koweït a fait un don de trois millions d’euros à l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris, a annoncé l’MA dans un communiqué. Cette somme « sera utilisée pour la refonte du musée de l’IMA et la création de sa médiathèque », ajoute le texte. Le chèque a été remis par l’ambassadeur du Koweït en France, Sulaiman Al Saeid, au président de l’IMA, Dominique Baudis, qui a salué le « nouveau geste généreux » de l’Etat koweïtien.#]

[#
L’IMA associe la France et 21 pays arabes (Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen). Il a notamment pour objectif de "développer et approfondir en France l’étude, la connaissance et la compréhension du monde arabe, de sa langue, de sa civilisation" et de "favoriser les échanges culturels, la communication et la coopération entre la France et le monde arabe".#]

Source : AFP

publié le 12 août 2012

Le Louvre inaugurera son nouveau département des Arts de l’Islam le 22 septembre

[#Le département des Arts de l’Islam est le dernier-né des départements du musée du Louvre. Créé en 2003, en chantier depuis 2008, il ouvrira ses portes le 22 septembre 2012 dans des espaces entièrement nouveaux et repensés, donnant ainsi à ses collections la place qu’elles méritent au sein du musée.#]

[# À la fois architectural, culturel, artistique et civilisationnel, ce nouveau département convie le visiteur à un véritable voyage sensible au cœur de sa collection islamique. Carrefour de dialogue entre les cultures, il présente la face lumineuse d’une civilisation qui engloba en son sein une humanité infiniment variée et riche.

« Ce chantier muséographique
sans précédent depuis
la construction de la Pyramide du
Louvre, va mettre en valeur des
collections largement méconnues
depuis vingt-cinq ans », a souligné
le directeur du musée parisien Henri Loyrette.
Plus de 18.000 oeuvres seront
ainsi exposées. Une des plus belles
collections au monde par la
diversité géographique des pièces,
par l’étendue de la période historique
couverte, et par la multiplicité
des matériaux et techniques
représentés : architecture, arts du
livre, céramique, tapis, métal,
ivoire...

D’après la directrice du département des Arts de l’Islam, Sophie Makariou, cette présentation sera la plus importante en Europe en objets d’art de l’Islam.

La construction de ces nouveaux
espaces a été financée par un
montage exceptionnel : aux côtés
de l’Etat, qui a apporté 31 millions
d’euros, et du Louvre, qui a
mis 1,5 million, les dons des particuliers
et des entreprises représentent
30 millions d’euros (dont
17 millions de la Fondation
Alwaleed Bin Talal, 6 de la
Fondation Total, et 4,5 de
Lafarge), et les contributions
d’Etats, 26 millions d’euros.
Parmi ceux-ci, le roi Mohammed
VI du Maroc, l’émir du Koweit, le
sultan d’Oman, la République
d’Azerbaïdjan.
#]
lien : http://www.louvre.fr/le-nouveau-departement-des-arts-de-l-islam/departement#tabs

publié le 4 mars 2007

Le ministre de la culture français signe la création du "Louvre" émirati

Le plus riche des sept émirats en réserves de pétrole, Abou Dhabi, mise désormais sur le tourisme et la culture. Après l’ouverture de la sorbonne c’est un "mini-Louvre" qui sera créé d’ici fin 2012. Le but : faire d’Abou Dhabi la capitale culturelle du golfe arabo-persique.

C’est ainsi que le ministre français de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres se rendra aux Emirats arabes unis (EAU) mardi prochain pour la signature du contrat de création d’une antenne du musée du Louvre à Abou Dhabi. Un projet parmi d’autres qui visent la création d’espaces culturels dans l’île de Saadiyat, destiné à héberger 150.000 personnes en 2018.

Cinq musées y seront alors construits pour un budget estimé à 27 milliards de dollars (20,5 mds d’euros). Le musée Guggenheim de New York a officiellement accordé une franchise. Le coût de la construction de cet ouvrage confié à l’architecte Frank Gehry est estimé aujourd’hui à 400 millions de dollars (303 millions d’euros). Pour ce qui est du Louvre, le contrat rapportera environ 700 millions de dollars (530,5 millions d’euros) aux musées de France, selon le quotidien français, "Le Monde".

Pendant dix ans, la France prêtera à l’émirat des oeuvres de ses établissements régionaux et nationaux pendant qu’il constituera ses propres collections sur les conseils des experts français, et que des spécialistes encadreront la gestion de l’établissement.

Le projet qui a déclenché une polémique dans le milieu des arts français, est vivement soutenu par les autorités françaises. Dans ce sens, Renaud Donnedieu de Vabres avait estimé que cet accord permetterait de "faire rayonner les oeuvres et les talents français, (le) patrimoine et (le) savoir-faire" et que seuls 5% des collections seront exposés.

Nadia Faris

publié le 19 août 2008

Le poète palestinien Mohammed Darwich s’est éteint

Le grand écrivain Darwich est décédé aux Etats unis en laissant derrière lui une œuvre immense. La Palestine lui a offert des funérailles nationales.

« Mais nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir.” Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux Etats-Unis. C’était conscience vivante du désespoir palestinien. Il avait porté très haut la douleur des palestiniens.
Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd’hui dans l’Etat d’Israël. Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants forcés à l’exil. La famille Darwich s’enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël avec un statut précaire. Au début des années 1970, il choisit l’exil. Il part pour Moscou étudier l’économie politique puis Le Caire en 1971. A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), rejoignant l’organisation alors en guerre avec Israël.
Darwich est poussé à l’exil avec les guerres qui embrassent la région. La guerre israélienne au Liban durant l’été 1982 le force la direction de l’OLP à trouver refuge à Tunis, Le Caire, Tunis puis Paris. En 1993, il démissionne de l’OLP pour protester contre les accords d’Oslo, estimant qu’ils n’apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens. En 1995, après l’avènement de l’Autorité palestinienne, il rentre sur sa terre : la bande de Gaza puis Ramallah. En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d’Israël pour la première fois depuis son exil afin d’assister aux funérailles de l’écrivain arabe israélien Emile Habibi. La voix Darwich restera celle qui a donné la fierté aux Palestiens qu’un jour Jérusalem redeviendra leurs capital de deux états en paix.

La rédaction

Source AFP
Bibliographie :
· Comme des fleurs d’amandier ou plus loin, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2007
· Ne t’excuse pas, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2006
· Etat de siège, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2004
· Murale, Arles, Actes Sud, 2003
· Le lit de l’étrangère, Arles, Actes Sud, 2000
· Jidariyya (Murale), 2000
· La terre nous est étroite, et autres poèmes, Paris, Poésie/Gallimard, 2000
· Sareer El Ghariba (Le lit de l’étrangère), 1998
· La Palestine comme métaphore, Paris, Sindbad/Actes Sud, 1997
· Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?, Arles, Actes Sud, 1996
· Au dernier soir sur cette terre, Arles, Actes Sud, 1994
· Une mémoire pour l’oubli, Arles, Actes Sud, 1994
· Chronique de la tristesse ordinaire, suivi de Poèmes palestiniens, Paris, Cerf, 1989
· Plus rares sont les roses, Paris, Minuit, 1989
· Palestine, mon pays : l’affaire du poème, Paris, Minuit, 1988
· Rien qu’une autre année, anthologie 1966-1982, Paris, Minuit, 1988
· Fi wasf halatina, 1987
· Dhakirah li-al-nisyan, 1986
· Hiya ughniyah, 1986
· Madih al-zill al-’ali (Une eulogy pour le grand fantôme), 1983
· Qasidat Bayrut (Ode à Beirouth), 1982
· A’ras, 1977
· Ahmad al-za’tar, 1976
· Tilka suratuha wa-hadha intihar al-ashiq (C’est son image et c’est le suicide de son amant), 1975
· Muhawalah raqm 7, 1974
· Uhibbuki aw la uhibbuki (Je t’aime, je ne t’aime pas), 1972
· Les poèmes palestiniens, Paris, Cerf, 1970
· Allocutions & textes de Mahmoud Darwich
· Ahmad al Arabi Opéra poétique écrit par Mahmoud Darwich, Composé et dirigé par Marcel Khalifé
· Al-’Asafir tamut fi al-jalil (Les oiseaux meurent en Galilée), 1970
· Yawmiyyat jurh filastini (Journal d’une blessure palestinienne), 1969
· Akhir al-layl (La fin de la nuit), 1967
· Ashiq min filastin (Un amoureux de Palestine), 1966
· Awraq Al-Zaytun (Feuilles d’olives), 1964
· Asafir bila ajniha (Oiseaux sans ailes), 1960
· Et la terre, comme la langue un film de Simone Bitton et Elias Sanbar
· A été cité dans un des poêmes de Michael Gluck, "D’une Jérusalem absente", 2007

publié le 19 juin 2010

Le premier Salon sur l’Antiquité saoudienne ouvrira ses portes le 12 juillet prochain au Louvre

[#L’ouverture du Royaume saoudien sur
le monde et la volonté des autorités de
moderniser le pays se confirme tous les
jours. C’est dans le cadre de cette
politique d’ouverture que la
« Commission saoudienne pour le
tourisme et l’Antiquité
 »( SCTA) a été crée et
c’est dans cette même vision que le
gouvernement saoudien met en place
de nombreux projets touristiques,
exploite les atouts du territoire, réaménage
les sites touristiques et crée des
centres de résidences et de loisirs sur la
côte maritime, dans le désert et dans les
montagnes.
#]

[#Rappelons à cet égard qu’il
y a peu de temps encore parler de tourisme
en Arabie saoudite relevait de
l’irréel car les visites dans ce pays ne
pouvaient revêtir, que trois formes : un
visa religieux, un visa d’affaires ou
enfin un visa pour visiter des parents.
En dehors de ces trois formes, le tourisme
en tant que tel était strictement
interdit dans le Royaume. Aujourd’hui,
cette politique fait partie du passé et
avec la création d’une commission
pour le tourisme, l’autorisation de délivrer
des visas de tourisme à des groupes
de voyageurs devient de plus en
plus facile. D’ailleurs les responsables
de cette commission pensent que l’ouverture
au tourisme, devrait aider au
développement du secteur hôtelier. A
cet effet, les autorités ont organisé un
plan national de longue durée pour
encourager le tourisme et inciter les
investissements dans les infrastructures
hôtelières et la construction des appartements
meublés afin de satisfaire une
demande croissante

20 millions de touristes en 2030

Car selon les estimations
de la Commission du tourisme,
plus de 20 millions de touristes
seront attendus chaque année en
Arabie Saoudite pour les 20 années à
venir, ce qui explique le besoin urgent
d’investir dans la construction d’au
moins 50 000 chambres d’hôtel et
75,000 appartements meublés afin de
satisfaire la demande. Dans ce
contexte, certains groupes français
comptent occuper une place de premier
ordre et travaillent pour intensifier leur
présence en Arabie Saoudite. C’est le
cas du groupe Accor qui compte investir
pour la construction de 33 hôtels
dans la région d’ici la fin 2012. Le
groupe prévoit notamment l’ouverture
d’hôtels de cinq étoiles dans la plupart
des grandes villes saoudiennes, et
compte faire passer ses capacités d’accueil
de 1500 actuellement à 5000
chambres dans un future proche. C’est
dans ce cadre du développement de
projets touristiques saoudiens que le« 
Saudi Commission for Tourisme and
antiquities » ( SCTA), inaugurera le
12 juillet prochain son premier salon
au Musée du Louvre, qui sera d’ailleurs
suivi d’autres salons dans d’autres
grandes capitales européenne et
américaines. L’Arabie Saoudite nous
dévoile une nouvelle image et met en
valeur son patrimoine culturel.
#]

CCFA

publié le 16 juillet 2008

Le Prince Alwaleed et le Président Sarkozy au Musée du louvre pour l’art islamique

Rencontre aujourd’hui à Paris avec le Prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud, d’Arabie Saoudite et le Président de la République au Musée du Louvre pour l’inauguration d’une nouvelle collection sur les arts de l’Islam.

Le Président de la République recevra mercredi 16 juillet 2008 à 11 H 30 au Palais de l’Elysée Son Altesse Royale le Prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud, d’Arabie Saoudite.

Le Chef de l’Etat et Son Altesse Royale se rendront ensuite à 12 H 00 au musée du Louvre, Cour Visconti, pour la pose de la première pierre des salles d’Art Islamique.

A l’occasion de cette cérémonie, le Président de la République prononcera un discours en présence du Prince Alwaleed, qui a fait une donation déterminante pour la création de ces salles consacrées aux collections du département des Arts de l’Islam.

Le Chef de l’Etat sera accompagné de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication.

source : l’Elysée

publié le 1er mai 2008

Le Prix du Roman Arabe attribué à Elias Khoury

Le Prix du Roman Arabe a été décerné pour la première fois, lundi 14 avril 2008, à Elias Khoury pour son livre « Comme si elle dormait », publié aux éditions Actes Sud.

La création de ce prix est une initiative culturelle du Conseil des Ambassadeurs Arabes en France destinée à récompenser un ouvrage de haute valeur littéraire traduit de l’arabe en français ou écrit directement en français par un écrivain d’origine arabe. Le Prix est doté de quinze mille euros (15 000 €). Les deux autres ouvrages en lice, « Palestine » d’Hubert Haddad et « Un printemps très chaud » de Sahar Khalifa ont reçu une mention spéciale du jury.

Le Conseil des Ambassadeurs Arabes est composé des ambassadeurs arabes en poste en France, dont le doyen est Madame Dina Kawar, ambassadeur de Jordanie, et qui se trouve être l’initiatrice de l’idée de ce prix dont l’un des objectifs est de consolider le dialogue interculturel entre le monde arabe et la France.

La cérémonie de remise du prix a eu lieu dans la salle du Haut Conseil de l’Institut du Monde Arabe, en présence de son président, Dominique Baudis, de Mme Dina Kawar, des ambassadeurs arabes, des membres du jury ainsi que d’un public composé d’intellectuels et de journalistes.

Elias Khoury est né en 1948 à Achrafieh, le quartier à dominante chrétienne de Beyrouth,. À l’âge de 20 ans, il se rend en Jordanie où il s’émeut au contact des camps palestiniens ce qui l’amène à militer au sein de l’OLP. Après les massacres de Septembre Noir, à Aman, il part pour Paris où il rédige un mémoire sur la guerre civile libanaise de 1860 qui a opposé les Druzes aux Chrétiens. A son retour au Liban, il dirige, aux côtés de Mahmoud Darwich, la revue Shu’un filistiniya (Les Questions Palestiniennes). En 1975, Il prend part activement à la guerre civile durant laquelle il est sérieusement blessé et manque de perdre la vue. En 1977, il publie son premier roman La Petite Montagne où il narre sur un rythme lancinant le chaos de la guerre, la disparition de la ville et la destruction de la vie. Par la suite, il consacre une vaste fresque à l’exode des palestiniens en 1948 avec La Porte du Soleil. Le roman s’inspire de la structure des mille et une nuits et retrace l’aventure des réfugiés et la guerre civile au Liban, avec en contrepoint, une magnifique histoire d’amour. Il sera adapté à l’écran par Yousry Nasrallah. Elias Khoury dirige depuis des années le supplément culturel du quotidien An Nahar dont il a fait la tribune de l’opposition libanaise.

Du même auteur en français :

- Comme si elle dormait, traduit par Rania Samara, éd. Actes Sud, 2007
- Un parfum de paradis, traduit par Luc Barbulesco, éd. Actes Sud-Babel, 2007
- Le petit homme et la guerre : le voyage du petit Gandhi, traduit par Luc Barbulesco, éd. Actes Sud-Babel, 2004
- Yalo, traduit par Rania Samara, éd. Actes Sud-Sindbad, 2004
- La Porte du soleil, traduit par Rania Samara, éd. Actes Sud-Sindbad, 2003 - La petite montagne, traduit par S. Zaïm et C. de Montella, éd. Arléa, 1987 (épuisé)


Source : imarabe.org

publié le 20 avril 2006

Le Prix Sharjah pour la culture arabe 2005

Décerné chaque année par le Directeur général de L’UNESCO, le prix Sharjah récompense les personnalités oeuvrant pour la culture arabe.
En 2005 le prix a été attribué à l’écrivain algérien Tahar Ouettar et au professeur français Michel Lagarde sur recommandation d’un jury international.

Né en 1936 dans un canton rural de l’Est algérien, le journaliste et romancier Tahar Ouettar est une des grandes figures de la littérature algérienne en langue arabe. Il a notamment publié : L’As, Noces de mulet, La Bougie et les cavernes. Comme journaliste Tahar Ouettar a participé à la création des magazines Al-Jamahir et de Al Ahrar. Il a animé le supplément culturel du quotidien Al-Chaab. Il préside depuis 1989 l’association culturelle Aljahidhiya.

Michel Lagarde, né en 1939, appartient à la Société des Pères Blancs. Professeur à l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et Islamiques de Rome (PISAI), il a consacré sa vie à la langue arabe et à l’étude de la religion islamique. Traducteur du Livre des Haltes (Kitâb al-Mawâqif) d’Abd Al-Qâdir al-Djazâirî, une des grandes figures du soufisme au XIXe siècle, il a aussi publié l’Index du Grand Commentaire de Fahr al-Dîn al-Râzi.

Le Prix Sharjah - doté de 25 000 dollars pour chaque lauréat - a été créé par le Conseil exécutif de l’UNESCO en 1998 grâce à des fonds offerts par le gouvernement de l’Emirat de Sharjah. D’abord décerné tous les deux ans, il est aujourd’hui annuel et vise à distinguer des personnalités, groupes ou institutions ayant contribué de manière significative au développement, à la diffusion et à la promotion de la culture arabe dans le monde, ainsi qu’à la préservation et à la revitalisation du patrimoine culturel immatériel arabe. En 2001, lors de la première remise, il avait été décerné aux Professeurs Abdulaziz El Makaleh (Yemen) et Na Zhong (Chine). En 2003, il avait récompensé l’écrivain marocain Bin Salem Himmich et le professeur bosniaque Esad Duraković. Les lauréats 2004 étaient le chercheur tunisien Abdelwahab Bouhdiba et historien espagnol Juan Vernet Ginés.

source : UNESCO

publié le 31 mai 2007

Le Qatar mécène du Yémen

L’Emirat va financer plusieurs projets pour protéger le patrimoine historique et développer le tourisme au Yémen.

Lors d’une visite début mai au Yémen, l’émir qatari Hamad ben Khalifa Al-Thani s’est engagé à financer un projet baptisé "Découvrir, sauver et protéger" le patrimoine archéologique du Yémen, dont plusieurs sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Il vise notamment les sites de Maareb, Hadramaout, Chabwa et Al-Jawf. Le projet prévoit aussi la construction d’installations touristiques dans ces provinces, ainsi qu’une campagne de communication internationale pour promouvoir le Yémen comme destination touristique de premier plan. Une équipe technique du Qatar est attendue en juin à Sanaa, la capitale, pour établir la liste des sites à explorer.

Le Qatar, dans le cadre des préparatifs pour devenir la "capitale culturelle arabe" en 2010, a annoncé l’inauguration d’un musée d’Art islamique à Doha le 22 mars et la construction de cinq autres musées avant fin 2009, consacrés aux œuvres d’Orientalistes, à la Photographie, à l’Histoire naturelle, aux Sciences, et à la Chasse et l’Equitation.

publié le 15 septembre 2007

Le Ramadan a débuté dans les pays arabes

Le mois de jeûne du Ramadan a commencé jeudi dans la plupart des pays arabes, comme l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Liban, la Syrie et l’Egypte, excepté en Libye et au Nigeria où il a débuté hier.

Fait rare, l’Iran chiite a annoncé qu’il serait synchronisé avec les pays arabes majoritairement sunnites, et entamerait aussi le Ramadan jeudi.

Pour les Palestiniens, le Ramadan sera marqué cette année par la scission entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza. Riad Malki, le ministre de l’Information du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a demandé cette semaine aux prédicateurs des mosquées de ne pas faire de sermons politiques ou incendiaires pour l’occasion.

L’Irak, le Bahrein, les EAU, le Koweït, le Qatar, le Soudan, l’Emirat d’Oman et le Yémen font partie des pays qui entameront le Ramadan jeudi

publié le 21 octobre 2009

Le réalisateur de « Casanegra », Noureddine Lakhmari président du 1er Mobile Film Festival marocain

[#
La première édition du Mobile Film Festival au Maroc se déroule du 05 octobre au 17 décembre 2009.

Après Paris, Berlin et Tahiti, l’agence MobilEvent co-produit avec Art Up le premier événement mobile et web
2.0 marocain.
Sur le même principe que les autres Mobile Film Festival, cet événement s’adresse aux amateurs comme aux
professionnels. Les films d’une minute maximum doivent être tournés exclusivement avec la caméra vidéo
d’un téléphone mobile.
Retrouvez les premiers films sur http://maroc.mobilefilmfestival.com/video.php
Pour cette première édition, le jury sera présidé par Noureddine Lakhmari, réalisateur du film Casanegra,
remarqué par la critique Européenne dont le film a connu un énorme succès au Maroc. Casanegra a été
sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars 2010.
La soirée de clôture et de remise des prix du Mobile Film Festival aura lieu le 17 décembre 2009 au Théâtre
Mohamed VI à Casablanca.
Mobile Film Festival
L’appel à candidature de la 5éme édition du Mobile Film Festival en métropole s’ouvre le 9 novembre prochain et se
terminera le 4 janvier 2010.
Les 50 meilleurs films seront présentés sur le site www.mobilefilmfestival.com du 7 au 25 janvier 2010 dans le cadre de
la compétition officielle. Le public sera mis à contribution, puisqu’il pourra voter sur le site pour désigner le Prix du
Public. Le Jury quant à lui décernera 7 prix, qui seront remis le 28 janvier lors de la cérémonie de clôture au cinéma
l’Arlequin (Paris, 6éme).
Mobile Film Festival Polynésie
Association Festival Polynesia & Tahiti Entertainment en accord avec MobilEvent organise la 1ère édition du Mobile Film
Festival Polynésien. Le Festival se déroule du 25 novembre au 9 décembre 2009 . Le lauréat sera sélectionné pour le
Mobile Film Festival à Paris.
Presse#]

publié le 29 mars 2010

Le rose est de rigueur : transports des femmes…

[#Aucune allusion aux élections régionales françaises dans ce billet, qui se rattache malgré tout à l’actualité française à travers les récents propos du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, plaidant pour un “espace dans les trains de banlieues” réservé aux femmes. En effet, dans le monde arabe également on débat de la question du transport des femmes, tout comme on se préoccupe de la sûreté de leurs déplacements dans l’espace public.#]

Depuis sa mise en service à la fin des années 1980, le métro du Caire propose des voitures exclusivement féminines. Malgré cela, la toute récente décision du gouverneur du Caire d’autoriser une société privée à faire rouler des taxis réservés aux femmes fait couler beaucoup d’encre.

Comme pour le métro – même si ce n’est que depuis quelques années que le phénomène du harcèlement sexuel a pris de telles proportions dans le pays –, cette initiative est justifiée par la volonté de protéger les femmes et de faciliter leurs déplacements dans la ville. Les milieux conservateurs s’en félicitent et une autorité d’Al-Azhar (article en arabe) s’est même fendue d’une fatwa pour dire combien la religion louait une telle initiative. En revanche, du côté des associations féministes telles que l’Egypt Center for Women Rights (une association fondée en 1996 par 6 femmes d’un même quartier du Caire), une telle décision, qui pourrait être juridiquement anticonstitutionnelle, est un pas de plus vers la discrimination sexuelle et l’absence d’une véritable reconnaissance de l’égalité entre les sexes. Plus prosaïquement, certains soulignent que les milliers de malheureuses Cairotes qui n’ont pas les moyens de s’offrir un taxi en seront réduites à continuer de se faire peloter dans les autobus et autres minibus (une scène de la vie quotidienne devenue un grand classique de la littérature égyptienne, avec Sonallah Ibrahim notamment).


Curieusement, au regard de certaines idées reçues tout au moins, ce sont les pays les plus « modernes » qui ont ouvert la voie du taxi exclusivement féminin. Sur le modèle des pink ladies cabs londoniens, une flotte de taxis exclusivement féminins a été créée à Dubaï dès 2007 (photo du haut), puis au Liban il y a un an de cela (à droite). Malgré l’hostilité parfois affichée (article en arabe dansElaph) de leurs collègues beyrouthins, ces taxi Banat sont un vrai succès commercial.

Depuis, la formule essaime partout dans le monde arabe. Au Koweït, les Eve taxis, réservés aux femmes, entre 8 heures du matin et 8 heures du soir, viennent ainsi d’être créés par Bedoor Al-Mutairi, une femme d’affaires très avisée ! Et même dans les Territoires palestiniens, à Hébron précisément, des voitures roses devraient être désormais accessibles aux seules femmes.


Malheureusement pour elles, les Saoudiennes ne vont pas pouvoir profiter de cette innovation. En effet, il va de soi que les taxis roses réservés aux femmes ne sauraient être conduits par un homme ! Et comme ceux-ci sont les seuls à avoir le droit de conduire dans le Royaume…

Heureusement, les autorités locales se sont penchées sur une question qui devient un vrai problème de société. En effet, de plus en plus de Saoudiennes vivant seules, par choix ou à cause de la forte augmentation du nombre des divorces (ce que l’on peut interpréter comme le signe de la « modernisation » d’une société où les droits de l’individu l’emportent davantage sur ceux du groupe), elles sont de plus en plus amenées à travailler, et donc à se déplacer. Si ce n’est que, faute de transports publics adaptés à la règle de la séparation des sexes, elles dépensent de véritables fortunes en taxis (35 % de leurs revenus selon une étude (article en arabe dans Elaph). Du coup, on pense à la création de bus réservés aux femmes, un peu comme pour les banlieusardes parisiennes dont se soucie M. Bertrand.

Avec la mondialisation, et les modifications qu’elle entraîne dans les façons de vivre, Riyadh et Paris sont donc plus proches qu’il n’y paraît !

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/
Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 15 mars 2010

Le Royaume et la “république des lettres” arabes

[#Trop peu de titres, pour un public dont les pratiques vont d’autres formes culturelles : l’édition arabe “de qualité” souffre… Même à l’heure d’internet, la région doit faire avec l’absence d’un véritable réseau régional capable d’assurer la distribution du livre auprès de ses lecteurs potentiels, par ailleurs souvent privés des titres qui les intéressent vraiment par une multitude de censures nationales toutes plus frileuses les unes que les autres…#]

Plutôt que de chercher des solutions concrètes à ces vrais problèmes, les autorités en charge des politiques culturelles dans les différents pays ont fait le choix de multiplier les prestigieuses récompenses littéraires (voir ces deux billets : 1 et 2), qui présentent le double avantage de les mettre en valeur tout en leur assurant la docilité des auteurs qui – sauf exception notable (voir ce billet) – se plient bon gré malgré aux “règles de l’art” qui régissent la république des lettres locale.

C’est bien souvent “clés en main” que sont achetés ces prix littéraires pour lesquels on fait appel, pour ce qui est de leur organisation au moins, à des compétences étrangères, à l’image du “Booker arabe”, de son vrai nomInternational Prize for Arabic Fiction, une “déclinaison” arabe (il y en a également une russe, et une africaine) d’un prix littéraire fondé en Grande-Bretagne en 1968.

Avec son inévitable lot de calculs, de polémiques et de rancœurs, la troisième édition du Booker arabe s’est soldée par une petite révolution puisque, pour la première fois dans le cadre d’une compétition interarabe de cette importance, c’est un auteur de la Péninsule qui a été couronné. Le lauréat est saoudien, un pays où le roman est certes apparu, historiquement parlant, dès 1930 (Les Jumeaux التوءمان de Abdel-Qouddous al-Ansari عبد القدوس الأنصاري) mais où l’écriture de fiction n’a vraiment débuté qu’à partir des années 1960, pour connaître un essor fulgurant depuis une bonne décennie, notamment sous l’impulsion de jeunes romancières “scandaleuses” (voir ces trois billets 1 2 et 3).

Révolution en effet car elle marque, selon nombre de commentaires de la presse, un nouvel épisode dans la lutte entre le “centre” et la “périphérie”. Depuis la nahda (renaissance) et la modernisation du monde arabe au XIXe, le centre ne saurait se situer nulle part ailleurs qu’en Egypte, la oum al-dounya cette matrone régionale dont le règne sur la république des lettres arabe s’est prolongé durant tout le XXe siècle, même durant le boycott (مقاطعة) qui a suivi la signature des accords de Camp David par Sadate. Dans cette “république des lettres” gouvernée par le centre, on est fatalement périphérique, à quelques exceptions près, pour peu qu’on soit originaire des marges – les pays du Maghreb, le Soudan, le Yémen… – ou même d’une zone moins périphérique telle que la Syrie, le Liban, la Palestine ou encore l’Irak.


Tout littéraire qu’il soit, le Booker arabe, patronné par les Emirats, comporte aussi une dose de politique. Dès lors que les deux premières éditions avaient consacré des auteurs égyptiens (Baha Taher بهاء طاهر et Youssef Zaidan يوسف زيدان), il était à prévoir que le choix, parmi la short-list des six auteurs retenus, se porterait sur une autre nationalité (bonne présentation dans cet article d’Al-Hayat pour les arabophones). Délaissant les candidats libanais, jordanien et palestinien, le jury (réduit à quatre membres dont deux étaient originaires du Golfe en plus de la Tunisienne Raja Ben Slama et du Français Frédéric Lagrange) a donc fait le choix de la périphérie en retenant Abduh Khal (عبده خال).

Né en 1962 dans un petit village du sud du royaume saoudien et auteur d’une douzaine de romans, cet ancien enseignant d’arabe est aujourd’hui éditorialiste au quotidien Okaz (عكاظ), réputé pour être un organe “libéral”. Les lecteurs français (et pas mal d’autres) vont devoir attendre un peu pour découvrir une œuvre entamé en 1991 avec La mort passe par là (الموت يمر من هنا). Mais dans la presse spécialisée arabe, les avis sont plutôt favorables sans être enthousiastes, en raison d’une écriture qui n’est pas jugée sans faiblesses alors qu’on reconnaît à l’auteur davantage de talent dans le choix de thèmes qui explorent les aspects les plus sombres de la société saoudienne.


Ainsi, le roman retenu par le jury du Booker propose une critique sévère des dérives du pouvoir à travers l’histoire de Tareq, qui quitte “l’enfer”, son quartier déshérité à Jeddah, pour se mettre au service des fantaisies les plus cruelles de son maître, bien à l’abri dans son palais. Quelque peu énigmatique pour celui qui ne connaît pas son Coran par cœur, le titre (Lançant des étincelles…) est une partie d’un verset (77:32) qui décrit l’enfer “lançant des étincelles grosses comme un palais”.

Romancier de la périphérie, décrivant les marges sombres du Royaume, Abduh Khal n’est pas absolument en odeur de sainteté dans son pays, surtout auprès des courants conservateurs religieux exaspérés par ceux qui “décrivent leur société sous ses aspects les plus outranciers et les plus ignobles, qui peignent le monde du sexe et de l’homosexualité et qui s’attachent à toutes les saletés et à toutes les ordures qu’on peut y trouver”.

On s’explique mieux la réaction de ce religieux saoudien (cité dans cet article en arabe) si l’on sait que le précédent roman d’Abduh Khal, Dépravation (Fusûq, 2006), relate les amours impossibles entre une jeune femme en rupture de foyer familial et un ancien jihadiste en Afghanistan qui finit par assouvir sa passion en déterrant le cadavre de l’aimée qu’il conserve au frigo !!!

Annoncé juste au moment où s’ouvrait la foire du livre de Riyadh, la prestigieuse récompense accordée à un romancier local a donc servi de prétexte à une nouvelle empoignade entre “conservateurs” et “libéraux”. Alors que certaines sources affirmaient que le roman primé avait été retiré, les responsables ont énergiquement démenti et, depuis, le livre d’Abduh Khal caracole en tête des ventes (voir cet article en arabe dans Ukaz).

De quoi donner raison à Abduh Khal lorsqu’il explique, dans ce court entretien (en arabe) publié par Al-Quds al-’arabi, que ce prix couronne en réalité la production romanesque de toute une région du monde arabe trop longtemps négligée par la critique. Et qu’il espère qu’il contribuera à faire évoluer le point de vue de la censure locale, pour que les œuvres des écrivains saoudiens puissent circuler librement dans leur propre pays.

En somme, pour que les écrivains ne soient plus tenus en marge du “royaume des lettres arabes” !

Illustration (Ukaz) : à la foire du livre de Riyadh, le stand des éditions Manshurat al-Jamal, une maison fondée par des réfugiés irakiens à Cologne aujourd’hui présente à Beyrouth.

Yves Gonzalez-Quijano est enseignant de littérature arabe moderne à l’université Lyon2, traducteur, chercheur au Gremmo
cpa.hypotheses.org/
Consultant pour France-moyenorient.com

publié le 18 mars 2016

Le Souverain de Sharjah signe la copie française de ses livres

SA Dr. Cheikh Sultan bin Mohammed Al Qasimi, Membre du Conseil suprême et Souverain de Sharjah, a souligné que la France a un rôle de premier plan dans la préservation des documents historiques relatifs à la région du CCG et est un incubateur de diverses cultures et littératures.

Il s’est exprimé lors de la signature des traductions en français de ses livres “Hadith Al Thakira” (Discours de la mémoire) et Hasad Al Seneen (récolte d’années).
L’événement a eu lieu à Paris et était suivi par des personnalités de haut niveau, un certain nombre de ministres de la culture, d’ambassadeurs, et des représentants des centres culturels, ainsi que d’historiens et d’auteurs.
Les deux livres de SA Dr Cheikh Sultan relatent une époque importante dans l’histoire des Émirats Arabes Unis.
L’ancien ministre de la Culture français Frédéric Mitterrand a salué SA Dr. Cheikh Sultan et à faire la lumière sur l’histoire de Sharjah, en soulignant son rôle culturel dans la préservation du patrimoine et de la culture ainsi que son application de l’héritage du regretté Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan.

–Source : Agence de Presse des Emirats, WAM

publié le 10 juin 2009

Le théâtre palestinien s’ouvre aux jeunes

Artsworld théâtre de Mona Ibellini se produit cette semaine à Jénine, ville symbole de la résistance palestinienne.

[#Zakaria Zubeidi a figuré parmi la liste des personnes les plus recherchés par Israël depuis de nombreuses années. Mais le chef de la branche de Jénine de la mosquée Al-Aqsa Martyrs Brigade s’est tourné vers le théâtre pour la jeunesse. « Le théâtre est aussi important, pour obtenir la création d’un État palestinien, que le conflit armé » explique Zubeidi.

« Un de mes premiers souvenirs frappants de ma vie a été le réveil dans un hôpital avec une blessure par balle alors que j’avais treize ans et demi. A 14 ans j’ai été en prison. Avec ces invasions, l’occupation a détruit notre enfance" raconte avec émotion, la résistante palestinienne, passionnée de culture.

Zubeidi consacre aujourd’hui tous ses efforts pour permettre à la jeunesse palestinienne d’accéder au théâtre.L’une des chefs de file des plus populaires de l’Intifada palestinienne, a déposé les armes.

Situé dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, son projet vise à fournir « un espace sécurisé dans lequel les enfants sont libres d’exprimer eux-mêmes et dans lesquels ils peuvent développer leurs compétences, la connaissance de soi et la confiance pour contester la réalité actuelle ».

Dans une communauté qui est souvent forcés de vivre dans la peur, isolés du reste du monde et soumise régulièrement à des raids de l’armée israélienne, le théâtre offre une oasis social dans l’enfer de pauvreté que représente Jénine.

"Au lieu de jouer dans les rues, les enfants du camp de Jénine ont maintenant un endroit où aller. The Freedom Theatre est ouvert à tout le monde. » Le théâtre a vu le jour grâce l’aide Arna Mer Khamis, une israélienne qui a enseigné le théâtre à Zubeidi.

"L’art ne peut pas vous libérer de vos chaînes. Mais l’art peut aider à mobiliser les discours sur la liberté. L’art peut créer le débat, l’art peut l’exposer » soutien Khamis. Le théâtre offre une rare chance d’évacuer les problèmes quotidiens.

Beaucoup de spectacles sont improvisés et dans une société où l’action a souvent été considéré comme tabou, le théâtre offre une rare chance de s’évader des privations quotidiennes.
Le théâtre palestinien permet aux jeunes des camps de porter un message fort : celui de retrouver leurs liberté.#]

La rédaction

Vidéo :http://www.youtube.com/watch?v=KoeBhD6Q_60

publié le 21 mars 2006

Le Top 20 des milliardaires arabes

L’homme le plus riche du monde arabe est le prince saoudien Al Walid Ibn Talal Al Saoud( photo ci-dessous), qui occupe une honorable huitième place mondiale, avec une fortune estimée à 20 milliards - excusez du peu ! -. Le plus jeune milliardaire du classement est originaire également du Monde arabe : Hind Hariri, étudiante de 22 ans, qui a hérité de 1,4 milliard de dollars à la mort de son père, l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, assassiné en février 2005.

Parmi les vingt milliardaires arabes, dix sont des citoyens d’Arabie Saoudite, quatre des Emirats Arabes Unis, trois du Koweït, deux d’Egypte et un du Liban.

Il faut cependant noter que Forbes a classé Saâd et Ayman Hariri parmi les milliardaires saoudiens, parce qu’ils ont la nationalité saoudienne et résident officiellement en Arabie Saoudite. Leur sœur cadette Hind a été classée, pour sa part, comme libanaise, parce qu’elle réside officiellement à Beyrouth.

Pourquoi le Maghreb, qui ne manque pas de richesses naturelles, ne compte-t-il encore aucun milliardaire en billets verts ? Réponse d’un homme d’affaires de la place : “Les deux seuls pays de la région qui auraient pu figurer dans ce classement sont l’Algérie et la Libye, qui ont d’importantes ressources en hydrocarbures. Or, ces deux pays ont longtemps opté pour une économie de type socialiste ou socialisant, qui empêche l’émergence d’un secteur privé digne de ce nom et, par conséquent, la constitution de grandes fortunes”.

Voici, par ailleurs, les portraits succincts des vingt milliardaires arabes identifiés par le magazine Forbes...

1 - Prince Al Walid Ibn Talal Al Saoud (8ème mondial)

Avec 20 milliards de dollars, cet homme d’affaires de 49 ans est certes un héritier, puisqu’il est le petit-fils du roi Abdelaziz, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite, et le fils de Talal Ibn Abdelaziz Al Saoud. Il n’en est pas moins un self made man, puisqu’il a su faire fructifier sa fortune initiale en faisant des bons investissements, notamment dans Citigroup, alors que l’entreprise financière était en difficulté.

Diplômé en arts et sciences de Menlo College et de Syracuse University, cet homme, divorcé et père de deux enfants, est aussi un grand bienfaiteur et un défenseur de l’Islam. En décembre 2005, il a fait don de 20 millions de dollars aux Universités de Harvard et Georgetown aux Etats-Unis afin qu’elles puissent développer leurs départements d’études islamiques.

En janvier 2006, Al-Walid a annoncé le rachat, avec d’autres partenaires, de la chaîne Fairmont Hotel & Resorts pour un montant de 3,9 milliards de dollars. En février, son groupe, Kingdom Holdings, a été introduit à la Bourse de Dubaï. Il prévoit de l’introduire aussi à la Bourse d’Arabie Saoudite au cours de l’année prochaine.

2 - Nasser Al-Kharafi & family (29ème)

Avec 12,4 milliards de dollars, cet homme d’affaires koweïtien de 62 ans a construit sa fortune - c’est le cas de le dire - grâce au bâtiment. Marié mais sans enfants, il a accru sa fortune de 4,3 milliards de dollars en un an grâce au dynamisme économique de son pays, qui passe actuellement par une période faste. Sa holding, M.A. Kharafi & Sons, est constituée de nombreuses entreprises, notamment Mobile Telecommunications Co., National Bank of Kuwait, et Americana, une chaîne de fast food.

Al-Kharafi est un inconditionnel de la BBC. Son frère aîné, Jassim, est membre du Parlement koweïtien. Sa sœur Faiza est présidente de Kuwait University. Son entreprise a des contrats de construction en Irak. L’homme d’affaires a déboursé récemment quelque 250.000 dollars pour sponsoriser les Kharafi Kings, une équipe de softball (un genre de baseball joué avec une balle plus grande et plus molle), qui fait appel à des joueurs américains.

3- Sulaiman Bin Abdul Al Rajhi (37ème)

Ce banquier saoudien de 86 ans, basé à Jeddah, a une fortune nette de 11 milliards de dollars.

Marié et père de vingt-trois enfants, il est diplômé d’arts et science de l’Université du Roi Abdelaziz. Aîné de cinq frères, tous hommes d’affaires (voir aussi Saleh Bin Abdul Aziz Al Rajhi, Abdullah Abdul Aziz Al Rajhi et Mohammed Abdul Aziz Al Rajhi), Sulaiman possède la plus grande part dans le capital de la banque familiale, Al Rajhi Bank, qui opère selon les principes islamiques, c’est-à-dire ne payant pas d’intérêt pour les sommes en dépôt. La valeur de l’action de la banque s’est accrue de 89% au cours des douze derniers mois, grâce au boom des activités bancaires au Moyen-Orient.

La holding de la famille Al Rajhi, Al-Watania, possède également la plus grande chaîne de production aviaire au Moyen-Orient.

4 - Mohammed Al Amoudi (77ème)

Ce self made man de 60 ans a amassé une fortune estimée à 6,9 milliards de dollars grâce au boom pétrolier. Marié, mais sans enfant, cet Ethiopien de naissance devenu citoyen saoudien a amassé sa fortune en construisant des raffineries pétrolières. Son entreprise Svenska Petroleum fait de l’exploration pétrolière de la Mer du Nord à la Côte d’Ivoire. Il est aussi le plus important investisseur privé en Ethiopie, actif dans l’hôtellerie, l’exploitation des mines d’or et la production alimentaire.

5 - Abdul Aziz Al Ghurair & family (77ème)

Banquier de 52 ans basé à Dubai, Al Ghurair possède la plus grande fortune des Emirats arabes unis (6,9 milliards de dollars). Marié et père de cinq enfants, il a fait des études à la California State Polytechnical University, avant de prendre la direction de l’entreprise familiale, Mashreqbank, cotée à la Bourse de Dubai.

Les investissements d’Al Ghurair dans les marchés financiers du Moyen-Orient dépassent 3 milliards de dollars. En septembre dernier, il a créé le Téléthon à la télévision de Dubaï afin de réunir le maximum de fonds pour scolariser 5 millions d’enfants irakiens. Son frère Essa, qui a fait ses études à San Diego, aux Etats-Unis, dirige la plus grande minoterie au Moyen-Orient. La division alimentaire du groupe pilote aussi des programmes pour la préservation des récifs de coraux et des populations de tortues sur les côtes des Emirats Arabes Unis. Son oncle Saif dirige des centres commerciaux géants.

La famille qui commencé dans le commerce perlier a diversifié ses activités et investi dans des domaines aussi diversifiés que la banque et finance, la production alimentaire et l’immobilier.

6 - Saleh Kamel (114ème)

Homme d’affaires saoudien de 64 ans basé à La Mecque, Saleh Kamel a une fortune personnelle estimée à 5 milliards de dollars. Self made man, diplômé en arts, science et gestion administrative de l’Université du roi Abdelaziz, marié et sans enfants, il a fait sa fortune dans les activités bancaires et les médiatiques. Sa holding, Albaraka Banking Group, qui a des intérêts un peu partout en Afrique, de l’Algérie à l’Afrique du Sud, va bientôt être cédée au public. Fervent partisan du développement de la banque islamique à travers le monde, la branche de son groupe active dans l’immobilier, Dallah Al Baraka Group, est actuellement la plus prospère.

Salah Kamel cherche aujourd’hui à mettre fin aux allégations concernant ses relations présumées avec le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden.

7 - Onsi Sawiris (129ème)

Cet industriel copte de 76 ans, patron d’Orascom Telecom, dont la fortune est estimée à 4,8 milliards de dollars, est basé au Caire. Marié et père de trois enfants, il est le fondateur du conglomérat Orascom. Ses trois enfants (voir, plus loin, Naguib Sawiris) opèrent dans les secteurs des télécommunications et du tourisme. Le groupe a passé des accords avec les autorités américaines en Irak pour un montant global de 325 millions de dollars, dont seulement 50 millions ont pu être investis à cause notamment des attaques terroristes et du renchérissement des coûts de la sécurité. Plus récemment, la holding égyptienne a remporté un marché de 355 millions de dollars pour la construction d’un centre de science et de technologie au Qatar.

Orascom Telecom est le leader de la téléphonie mobile en Afrique, au Moyen-Orient et au Pakistan, avec 11 millions d’abonnés.

8 - Saad Hariri (158ème)

Le fils cadet de l’ancien Premier ministre libanais et magnat (saoudien) du bâtiment et des médias, assassiné en février 2005, n’a que 35 ans. Sa fortune - héritée - est estimée à 4,1 milliards de dollars.

Citoyen saoudien, résidant officiellement à Riyadh, la holding de sa famille, Saudi Oger, opère dans l’industrie, les travaux publics, le bâtiment et les médias.

Marié et père de deux enfants, Saâd est diplômé en arts et science de Georgetown University, aux Etats-Unis. Après la mort de son père, il a décidé de marcher dans ses pas en s’engageant dans la vie politique. Leader du Bloc du Futur, qui a remporté la majorité des sièges au Parlement libanais en avril dernier, il aurait dû succéder à son défunt père au poste de Premier ministre. Ses divergences avec l’actuel président prosyrien Emile Lahoud l’empêchent cependant d’accéder à ce poste.

La famille Hariri a de nombreux intérêts en Arabie Saoudite, au Liban, en France et dans de nombreux autres pays européens et arabes. Sa mère Nazek, ses trois frères Bahaa, Fahd et Ayman, ainsi que sa sœur Hind, sont tous, à titre individuel, des milliardaires.

9-Abdullah Al Rajhi (174ème)

Ce banquier saoudien, dont la fortune s’élève à 3,8 milliards de dollars, marié et sans enfant, est le principal actionnaire de Al Rajhi Bank, qu’il possède avec ses trois frères (Sulaiman Bin Abdul Al Rajhi, Saleh Bin Abdul Aziz Al Rajhi et Mohammed Abdul Aziz Al Rajhi).

Il possède aussi Al Rajhi Factories qui fabrique divers produits en PVC (polychlorure de vinyle), comme les tuyaux ou les bouteilles d’eau minérale.

10 - Khalid Bin Mahfouz & family (214ème)

Agé de 59, ce Saoudien, basé à Jeddah, qui a fait fortune dans les activités financières, est marié et père de trois enfants. Ses parts dans la Saudi Arabia’s National Commercial Bank s’élèvent à 1,8 milliard de dollars. Avec ses deux enfants, il dirige Capital Investments, un groupe d’investissement basé à Jeddah, qui a des intérêts importants dans l’immobilier et les activités bancaires. L’année dernière, cet homme d’affaires prospère, qui a des relations personnelles avec le clan Bush, a gagné son procès en diffamation contre l’écrivain Rachel Ehrenfeld et l’éditeur Bonus Books, qui l’avaient accusé, ainsi que ses fils, de financer des organisations terroristes. La Haute Cour de justice britannique (English High Court Judgment) lui a donné raison.

11 - Ayman Hariri (258ème)

A 27 ans, ce riche héritier - il est l’un des cinq enfants de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri -, marié et père d’un enfant, est l’une des plus grosses fortunes du Moyen-Orient. Citoyen saoudien, sa fortune est évaluée par Forbes à 2,7 milliards de dollars. Il est diplômé en arts et science de Georgetown University, aux Etats-Unis.

12 - Naguib Sawiris (278ème)

Ce Copte égyptien, qui dirige Orascom Telecom, holding fondée par son père, Onsi Sawiris, est à la tête d’une fortune personnelle estimée à 2,6 milliards de dollars. Marié sans enfant, l’entreprise qu’il dirige est le premier opérateur de télécommunication au Moyen-Orient et en Afrique. Au cours de l’année écoulée, Orascom Telecom a pris le contrôle de l’opérateur italien de téléphonie fixe et mobile Wind Telecommunicazioni. Sa filiale Iraqna, opérateur de téléphonie mobile en Irak, fait face cependant à de gros problèmes, à cause de la situation sécuritaire difficile dans ce pays. Beaucoup d’employés de l’entreprise ont été pris en otage au cours des deux dernières années. Arguant de ces problèmes, Orascom Telecom a demandé au gouvernement irakien d’étendre la durée de sa licence de GSM de trois à cinq ans. La holding a aussi acheté des parts dans Hutchi son Whampoa pour 1,3 milliard de dollars, suscitant ainsi des inquiétudes chez de nombreux Israéliens qui ne voudraient pas que des groupes arabes aient des intérêts dans Hutchison’s Israeli, propriétaire de l’opérateur GSM israélien Partner Communications.

13 - Khalaf Al Habtoor (335ème)

Ce citoyen des Emirats Arabes Unis, opérant dans le secteur de la construction, gère une fortune personnelle estimée à 2,3 milliards de dollars. Marié et sans enfant, il est le représentant aux Emirats de nombreuses firmes internationales : Ford, Aston Martin, Bentley et Mitsubishi. Khalaf qui se soucie du sort de son groupe après sa mort - il craint surtout des disputes entre les membres de sa famille qui provoqueraient l’émiettement de sa holding - pourrait cependant liquider toutes ses affaires de son vivant.

Durant l’été, lorsqu’il fait très chaud dans la région du Golfe, Khalaf se réfugie dans la banlieue de Londres. En décembre, il séjourne au Liban, où il s’apprête à investir 80 millions de dollars pour ériger un parc à thème.

14 - Mohammed Al Issa (335ème)

Citoyen saoudien qui a amassé sa fortune évaluée à 2,3 milliards de dollars dans les industries alimentaires, Al Issa est marié et sans enfant. Il est, avec le prince Al Waleed, l’un des principaux actionnaires de Savola Group, leader de l’agroalimentaire au Moyen-Orient. Ses parts dans le capital de ce groupe ont dépassé 40% l’année dernière. Il est aussi l’actionnaire majoritaire de la Saudi Construction Company, fondée dans les années 1970.

15 - Mohammed Al Rajhi (365ème)

La fortune personnelle de ce citoyen saoudien, qui s’est enrichi dans la banque, est évaluée à 2,1 milliards de dollars. Marié sans enfant, il est avec ses frères (voir aussi Sulaiman Bin Abdul Al Raiji, Saleh Bin Abdul Aziz Al Rajhi, Abdullah Abdul Aziz Al Rajhi) l’un des principaux actionnaires de la banque familiale Al Rajhi Bank. La holding familiale, Mohammed Abdulaziz Al Rajhi & Sons, a des intérêts dans la sidérurgie, l’immobilier et d’autres secteurs.

16 - Abdulla Al Futtaim (562ème)

Avec une fortune estimée à 1,4 milliard de dollars, cet homme d’affaires des Emirats Arabes Unis a des intérêts dans divers secteurs industriels. Marié et père d’un enfant, il dirige une entreprise commerciale vieille de 54 ans, qui emploie plus de 10.000 employés et représente plusieurs firmes multinationales : Toyota, Dodge, IBM, Volvo, Jeep, Chrysler, Fossil, Black & Decker, Seiko and Panasonic. Il est le plus important concessionnaire de véhicules et de machines aux Emirats. Il a aussi des affaires en commun avec son frère Majid Al Futtaim.

17 - Bassam Alghanim (562ème)

Marié et sans enfant, ce Koweïtien, qui gère une fortune estimée à 1,4 milliard de dollars est à la tête d’une entreprise familiale qui a des alliances commerciales avec Xerox, American Express, Minolta et autres multinationales. Son entreprise emploie quelque 4.000 employés de 32 pays à travers le monde. Son fère Kutuyba est, lui aussi, milliardaire.

18 - Kutayba Alghanim (562ème)

Le frère cadet de Bassam Alghanim a 49 ans. Il gère une fortune personnelle évaluée à 1,4 milliard de dollars. Marié et père d’un enfant, il a fait des études d’arts et de science à l’University of California Berkeley, avant d’intégrer le milieu des affaires où sa famille était déjà largement impliquée. Il a ainsi aidé son frère Bassam à développer Alghanim Industries, l’entreprise fondée par leur père Yusef. Celle-ci, créée dans les années 1970, a des accords commerciaux avec Hitachi, British Airways, Philips and Frigidaire, entre autres.

19 - Hind Hariri (562ème)

Cette Libanaise bien née n’a que 22 ans. Sa fortune personnelle, héritée de son père Rafic Hariri, le Premier ministre libanais assassiné dans un attentat à la bombe en février 2005, est évaluée à 1,4 milliard de dollars. Avec un tel matelas, la belle Hind - un beau parti s’il en est !- a le temps de vivre et de voir venir. En juin dernier, elle a eu son diplôme de l’Université américaine de Beyrouth. Elle a aussi fait campagne pour la liste du Bloc du Futur, aux côtés de son frère Saâd, au cours des dernières élections législatives libanaise. Elle est la plus jeune milliardaire sur la liste établie par Forbes.

20 - Majid Al Futtaim (746ème)

Citoyen des Emirats arabes unis, cet homme d’affaires, basé à Dubaï, opère dans les travaux publics et l’immobilier. Sa fortune personnelle est évaluée à 1 milliard de dollars.

Marié et sans enfant, il a construit de nombreux centres commerciaux. Le dernier en date, ouvert à Dubaï en 2005, comprend une station de ski indoor, qui fait déjà le bonheur des touristes européens et des habitants du Golfe. Il est associé avec le milliardaire égyptien Naguib Sawiris, avec lequel il a fondé Oasis Capital, un fond d’investissement privé opérant en Egypte.

Fondée en 1992, la holding qui porte son nom emploie 6.500 personnes et gère des centres commerciaux, des supermarchés, des hôtels et d’autres propriétés un peu partout dans le Moyen-Orient (Emirats, Egypte, Bahrain, Liban, Oman, Arabie Saoudite et Qatar). Son frère Abdulla Al Futtaim figure aussi dans ce classement.

publié le 6 octobre 2006

Les dattes "Nasrallah" les plus prisées pour le Ramadan au Caire

Situé sur les bords du Nil, au Caire, ancien port par lequel transitaient les bateaux et très fréquenté en cette période de Ramadan, le marché des Dattes est aujourd’hui un véritable lieu d’expression politique.

Le vrai baromètre de l’humeur

Voulez-vous savoir la cote de popularité du secrétaire général du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah, du président américain Georges Bush, du premier ministre britannique Tony Blair ou encore du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ? Vous n’avez nullement besoin de suivre les sondages ni de regarder les programmes de télévision consacrés à ces ténors de la politique internationale. Il suffit de vous rendre au marché des dattes du Caire. Situé sur la corniche du Nil dans le quartier populaire de Rod Al-Farag, ce marché est devenu un véritable lieu d’expression politique. En arpentant les ruelles du marché, on a l’impression d’être dans une galerie de portraits. Des photos de Hassan Nasrallah, leader de la résistance libanaise, sont accrochées ici et là. Les voix des marchands s’élèvent. « Venez acheter des missiles Hassan Nasrallah, et voici les fusées nucléaires du courageux Ahmadinejad », lance l’un d’eux. Nasrallah et Ahmadinejad ne sont pas les premiers à faire partie de cette bourse d’hommes politiques. Depuis quelques années, les différentes variétés de dattes sont appelées d’après les noms des célèbres personnalités de la politique et des arts. Il y a eu Ossama bin Laden, dont le nom a été donné à une variété de dattes longues et fines, Saddam Hussein, l’actrice Leïla Eloui et la chanteuse Haïfaa. Les noms les plus populaires sont donnés aux dattes de meilleure qualité. Cette année, Hassan Nasrallah, considéré comme le héros de la résistance libanaise face à l’offensive israélienne, a fait une entrée fracassante sur le marché. La variété de dattes qui porte son nom est la meilleure en terme de qualité et par là la plus chère du marché. « Nous aimons M. Nasrallah. Cet homme a fait ce que personne d’autre n’a pu faire. Il a pu seul avec son parti du Hezbollah vaincre Israël et l’obliger à sortir du Liban. C’est pour cela qu’on a mis son nom sur la variété de dattes la plus chère et la plus succulente du marché », explique Ahmad Khachkouch, grand marchand de dattes. Il affirme que malgré leur prix élevé (25 L.E. le kilo), les dattes de Hassan Nasrallah se vendent très bien. Au marché des dattes, les clients n’ont pas besoin de demander aux marchands quelles sont les meilleures variétés. Il leur suffit de lire les noms qui sont écrits sur chaque variété. « Les dattes Hassan Nasrallah sont les meilleures, c’est vrai qu’elles sont chères mais je vais en acheter », indique Aymane, jeune client. Cette année, deux autres personnalités sont en compétition avec Nasrallah : le président iranien Ahmadinejad. « C’est un homme courageux, il défend son droit avec force et il ne veut pas céder aux pressions américaines sur le nucléaire, c’est pour cela que son nom a été donné à une variété de dattes de très bonne qualité », explique Mohamad, marchand. La troisième personnalité dans ce hit-parade est le président vénézuélien Hugo Chafez. « Il a pris le côté des Arabes et il a défendu le droit du peuple libanais à la résistance. Il n’a pas eu peur des Etats-Unis. Il a expulsé l’ambassadeur israélien et a rappelé le sien de Tel-Aviv en signe de protestation contre l’offensive israélienne au Liban », affirme Am Sayed, un autre marchand.

Promouvoir le produit

Le marché des dattes était autrefois un lieu desservi par les bateaux qui venaient de Haute-Egypte en remontant le Nil, remplis de dattes. Au fil des années, le port a disparu et les bateaux ont été remplacés par des camions de tous genres venus livrer leurs marchandises. Des commerçants venus des quatre coins de l’Egypte s’y rendent pour vendre leurs marchandises. Autrefois, les différentes variétés de dattes avaient leurs propres noms et n’étaient pas appelées d’après les noms des personnalités politiques ou artistiques. Cette tendance est apparue il y a quelques années seulement, note Am Sayed. Et d’expliquer que pour les commerçants c’est un bon moyen de promouvoir les produits. Les marchands de dattes n’ont pas oublié les personnalités les plus détestées. Et George Bush et Tony Blair font bonne figure parmi celles-là. « Nous avons mis les noms de Bush et de Blair sur les plus mauvaises variétés de dattes. D’ailleurs, personne ne les achète », explique Mahmoud, un marchand. Cette année, les noms des artistes et des chanteurs sont en recul par rapport à l’année dernière en raison de l’actualité. L’année dernière, les dattes Nancy Agram et Haïfaa Wahbi, les deux chanteuses libanaises, étaient en effet très en vogue. Plus aujourd’hui, car ne vous détrompez pas, les marchands analysent la situation politique avant de choisir. « Les résistances palestinienne et iraqienne sont absentes cette année car il n’y a eu de vraie lutte de la part des Palestiniens et des Iraqiens », explique Khachkouch, qui est l’un des plus anciens vendeurs au marché.

Le marché des dattes est devenu en quelque sorte un lieu d’expression politique. Un hit-parade où s’exprime l’humeur politique des Egyptiens. Donner aux dattes des noms de personnes célèbres n’est pas nouveau. Cela existe depuis les années 1980. « A l’époque, on utilisait surtout des noms d’artistes comme Safiya Al-Emari et Leïla Eloui », note Bilal Fadl, journaliste, écrivain humoristique et auteur de plusieurs articles sur le sujet. Ce qui est nouveau, selon lui, c’est l’usage de noms de personnalités de la politique internationale. Cette tendance est apparue après les attentats du 11 septembre. Ce phénomène montre que les Egyptiens sont sensibles à ce qui se passe dans la région et dans le monde. Cela montre aussi que le sentiment anti-américain est très fort, explique Bilal Fadl. Le phénomène peut également avoir une signification au niveau de la liberté d’expression. En effet, acheter ou rejeter ces produits est un moyen de s’exprimer et de se défouler pour le citoyen ordinaire qui ne dispose pas de canaux d’expression. Bilal Fadl note un point très important, l’absence de personnalités politiques égyptiennes. Sûrement, à cause de la crainte des commerçants d’être poursuivis par les appareils de sécurité.
source : el arham hebdo

publié le 31 mars 2007

Les EAUs pour la réintroduction des oryx arabes en milieu naturel

Les Emirats arabes unis ont lâché dans le désert 98 oryx arabes, des antilopes blanches qui avaient disparu à l’état sauvage en 1972. Ce plan de réintroduction prévoit de libérer chaque année une centaine de ces gazelles à longues cornes élevées en captivité, et ce jusqu’en 2012, soit un total d’environ 500 oryx.

"Notre centre de recherche environnemental relâche ces oryx dans l’espoir de créer une population durable évoluant librement dans nos déserts", explique Majid al-Mansouri, le secrétaire général de l’Agence de l’environnement d’Abou Dhabi, dans un communiqué publié dimanche.

Toute une région va être déclarée zone protégée. Des abris et des points d’alimentation aideront les oryx à s’adapter progressivement à leur nouvel habitat. Ils seront retirés au fur et à mesure. AP

publié le 29 décembre 2009

Les festivals du film s’imposent dans le Golfe

Par Julie Schneider

[#Après le festival d’Abou Dhabi qui se tient tous les ans depuis trois ans en octobre, place au festival de Dubaï. Organisé du 9 au 16 décembre 2009, il est devenu, en six ans, un évènement incontournable pour les cinéphiles du Moyen-Orient.#]

[#Dans quelques jours va s’ouvrir la sixième édition du Festival international du film de Dubaï (DIFF). Alors que la situation économique de l’émirat a fait plonger les places financières mondiales fin novembre, le DIFF devrait se tenir sans encombre. Ce festival, qui cherche à promouvoir, à travers le cinéma, le dialogue entre les cultures et les Etats du monde entier, ciblant plutôt un échange « est-ouest », sera marqué, cette année, par le troisième Gala du Cinéma de Dubaï contre le SIDA le 10 décembre prochain –journée de la lutte contre le SIDA. Quelque 4,8 millions de dollars ont été déboursés pour la tenue de ce gala organisé sous le patronage de la Princesse Haya, fille de Al-Hussein.
Depuis sa création en 2004, le DIFF réuni pendant huit jours les stars d’Hollywood, de Bollywood et du monde arabe. Cette année, la section « In Focus » met à l’honneur les films français. « Les plages d’Agnès » d’Agnès Varda, retracera, par exemple, l’histoire personnelle de cette réalisatrice française. A l’affiche également, « Le Hérisson » de Mona Achache, « Le Refuge » de François Ozon, ou encore « le Dernier vol » de Karim Dridi. Cinq courts métrages seront également présentés dans cette section : « Bomba » de Mohamed Zemaïch, « La Morsure » de Joyce Nashawati, « L’Année de l’Algérie » de May Bouhada, « La Marche des crabes » d’Hafid Aboulahyane ou encore « La Raison de l’autre » de Foued Mansour.

Abou Dhabi se place en concurrent

A croire que les festivals du cinéma au Moyen-Orient ont un faible pour les films français. Quelques semaines plus tôt, lors de la troisième édition du Festival international du Moyen-Orient à Abou Dhabi, le film français « Océans » de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, qui avait également produit « Microcosmos », était présenté en marge de la compétition. Une première mondiale qui a eu lieu le 13 octobre. Cette production Disney Nature, tournée avec 18 caméras sous-marines haute définition, sortira dans les salles en avril 2010.
Mais, le festival d’Abou Dhabi, le plus riche des sept émirats et la capitale administrative des Emirats Arabes Unis, met généralement en valeur les productions cinématographiques en provenance du Moyen-Orient. Du 8 au 17 octobre, ce festival, qui se veut un concurrent direct du festival de Dubaï, prenait place dans les décors luxueux de l’hôtel Emirates Palace. Dix-huit longs métrages du Proche-Orient et d’Afrique du Nord étaient en compétition, dont deux inédits : « Le fils de Babel » de l’Irakien Mohamad Daraji et « Couleurs naturelles » de l’Egyptien Oussama Fawzi. Parmi les autres films figuraient « Le Temps qui reste » du Palestinien Elia Souleiman, sur la vie d’un Arabe israélien de 1948 à nos jours, « Personne ne sait rien sur les chats persans » de l’Iranien Behman Ghobadi, qui relate les vicissitudes des musiciens en Iran, et « La longue nuit » du Syrien Hatem Ali sur les prisonniers politiques.
A l’issue de ce festival, un jury composé de 16 personnes de 11 nationalités différentes, a décerné sa Perle Noir à « Hipster » de Valeri Todorovski , et sa Perle Noire du meilleur film du Moyen-Orient à « Le Temps qui reste » d’Elia Suleiman. Ces prix, d’une valeur d’un million de dollars, font référence au passé perlier des Emirats Arabes Unis.#]


La rédaction
France-moyenorient.com

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Les français à l’assaut des Emirats

Les français découvrent depuis quelques années les Emirats et son cadre de vie unique. Nombreux sont ceux qui viennent pour vacances ou pour (...)
publié le 25 octobre 2006

Les musulmans fêtent la fin du Ramadan

La fête de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan, a été célébrée ce lundi en France et dans les pays du golfe, mardi pour le maghreb.

Les musulmans du monde entier ont célébrés la fête de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan. Du Caire à Beyrouth, en passant par Dubaï et la bande de Gaza, les rues, les cinémas et autres parcs d’attraction étaient pleins de familles qui s’étaient mises sur leur trente-et-un.
Dans la capitale égyptienne, des centaines de milliers de personnes ont envahi les rives du Nil pour une balade à pied ou une promenade en bateau. A Beyrouth, des familles affluaient dans les parcs d’attraction, tandis que les Libanais aisés préféraient s’attarder dans les quartiers chic aux terrasses des cafés.
La fête de l’Aïd el-Fitr, qui dure trois jours et commence par une prière rituelle à la mosquée, est l’occasion de réjouissances pour les musulmans mais aussi le moment de faire preuve de générosité envers les pauvres, après un mois au cours duquel les pratiquants se sont abstenus de manger, boire et fumer du lever au coucher du soleil.

publié le 26 novembre 2006

Les réalisateurs saoudiens se lancent... en attendant les salles obscures

Les premiers films d’Arabie Saoudite font cette semaine l’événement au festival des Trois continents de Nantes, mais ne sont pas encore visibles dans le royaume, privé de projections publiques au nom de principes moraux et religieux.

"On assiste à la naissance d’un cinéma. Car le film saoudien est quelque chose qui n’existait pas" explique Philippe Jalladeau, responsable du festival de Nantes, qui projette quatre films et documentaires saoudiens réalisés en 2005 et 2006.

Depuis quelques années, les ventes de DVD explosent et les systèmes "home cinéma" se multiplient chez les particuliers, témoignent les réalisateurs invités à Nantes.

Les salles obscures existent aussi mais, faute de montrer des longs métrages, accueillent surtout des conférences.

C’est la société elle-même qui a choisi » de refuser les projections publiques, assure Abdallah Moheissen, 59 ans, auteur de plusieurs documentaires dont »L’islam, un pont pour l’avenir », et d’une fiction, »Les ombres du silence » (2006). "Si la société saoudienne veut voir les films, les salles ouvriront. Le mouvement sera initié par l’opinion, pas par le gouvernement ", affirme celui qui regarde avec un oeil bienveillant la jeune génération de réalisateurs saoudiens, "les petites pierres qui vont construire l’édifice".

Passionnés par le cinéma, ces derniers ont émergé depuis deux ans, persuadés que les salles ouvriront leurs portes aux projections publiques d’ici quelques années.

"Je suis sûre que, dans cinq ans, il y aura des salles de cinéma ouvertes au public. Depuis le 11 septembre 2001, les choses ont beaucoup changé mais on ne peut pas bouleverser un pays en une nuit", relève Haïfa Mansour, réalisatrice de "Nissa Bila Thil" ("Femmes sans ombre", 2005).

Ce documentaire, qui dénonçait la condition de la femme et notamment le port du voile, a choqué les religieux conservateurs mais a été »très bien accueilli » par le gouvernement, assure-t-elle. Son prochain film, une fiction, sera produit par le groupe Rotana, propriété du prince saoudien Al-Walid Ben Talal, milliardaire et membre de la famille royale.

Comme Haïfa Mansour, Abdullah Eyaf, 30 ans s’est lui-aussi lancé dans l’aventure avec un film-documentaire de 45 minutes, "Cinéma 500 km". Tourné avec des comédiens amateurs, il raconte l’histoire d’un groupe de jeunes accompagnant un ami vivre sa »première fois » au cinéma, à Bahreïn, à 500 km de Riyad.

Abdullah Eyaf est encore plus optimiste, pariant sur l’ouverture des salles de cinéma d’ici deux ans. "Elles n’attendent que l’autorisation du gouvernement", assure le jeune réalisateur.

Dans son film, il rappelle que, pour voir un film sur grand écran, un Saoudien doit effectuer un voyage de 1.012 km depuis Ryad pour rejoindre Bahreïn où, lors des vacances et jours de fête, les Saoudiens représentent 80% des spectateurs des salles obscures.


Festival des trois continents Nantes

publié le 6 décembre 2013

Les Rolling Stones en concert à Abou Dhabi

The Rolling Stones termineront leur tournée « 14 ON FIRE » (#StonesOnFire) avec un spectacle unique, le vendredi 21 février 2014au du Arena, sur l’île de Yas.

Une scène spécialement créée pour l’occasion en forme d’ « intérieur de bouche », offrira l’opportunité d’un concert à 360° lorsque le groupe jouera ses grands classiques, tels que ‘Gimme Shelter’, ‘Paint It Black’, ‘Jumping Jack Flash’, ‘Tumbling Dice’ et ‘It’s Only Rock ‘N’ Roll’, certaines perles peu connues et une ou deux reprises inattendues.

Les billets seront disponibles à la vente le jeudi 12 décembre sur www.ticketmaster.ae et dans des Virgin Megastores choisis à travers les E.A.U. Un nombre limité de pré-ventes de billets ‘Admission générale’ commencent au prix de 395 AED (80 €).

publié le 30 mars 2009

Liban, petit royaume du piratage

BEYROUTH, Par Rana Moussaoui

[#Plus de 50% des CD, DVD et logiciels vendus au Liban ne sont que des copies : c’est ce qu’affirme un récent rapport de l’Alliance internationale pour la propriété intellectuelle (IIPA). Selon les instances gouvernementales libanaises concernées, cette situation serait l’une des principales causes empêchant le Liban d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce. Les cinémas libanais se sentent quant à eux menacés d’extinction.
#]

[#Tarek ne se déplacera pas aujourd’hui pour aller voir "Walkyrie" ou "Revolutionary Road" au cinéma : comme la plupart des Libanais, il peut les voir sur son canapé pour un dollar, grâce à un piratage galopant qui nuit à l’économie du pays. "Pourquoi paierais-je 30 dollars pour m’acheter un film alors que je peux en obtenir une copie à trois dollars ?", dit cet adolescent en parcourant un paquet de copies des derniers succès d’Hollywood dans une échoppe de Beyrouth. Selon un récent rapport de l’Alliance internationale pour la propriété intellectuelle (IIPA), plus de 50% des CD, DVD et logiciels vendus au Liban sont des copies. "Cette situation est l’une des principales causes empêchant le Liban d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce" (OMC), assure Wissam al Aamil, responsable au département de la protection de la propriété intellectuelle rattaché au ministère de l’Economie. Il y a quelques années, la société Microsoft voulait installer son centre régional à Beyrouth, mais ce phénomène l’en aurait dissuadé. Pour les professionnels du 7e art, le piratage a eu un effet dévastateur. Les cinémas libanais, souvent déserts, "ont vu leur chiffre d’affaires diminuer de plus de 50% en 10 ans", déplore Bassam Eid, directeur de production pour Cinémas Empire et agent de Columbia/Sony et 20th Century Fox. "Pour moi, ils sont menacés d’extinction", dit-il. Sous le nez des policiers, les disques piratés sont vendus à la sauvette et même dans des boutiques ayant pignon sur rue, avec des façades aussi alléchantes que n’importe quel magasin de CD et de DVD qui se respecte. "Comment voulez-vous que je gagne ma vie si je vends des films ou des CD originaux ?", demande "Karim", un vendeur qui s’exprime sous un faux nom. "Regardez, dit-il en montrant des caisses au coin de son magasin. Cela vaut 5.000 dollars et ils sont là depuis une éternité !".#]

Une loi non appliquée

[#Les copies vendues sur le marché concernent de vieux films mais aussi des productions qui ne passent pas encore sur grand écran au Liban. Dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila ou dans la banlieue sud, bastion du Hezbollah, et qui échappent au contrôle de l’Etat, "L’Etrange histoire de Benjamin Button", nommé pour plusieurs Oscars, ou encore "Pink Panther 2" sont déjà disponibles. "+Walkyrie+ a été acheté pour sa distribution au cinéma à un million de dollars et on le retrouve partout", s’insurge M. Eid. Bien que le Liban ait adopté en 1999 une loi sur la protection de la propriété intellectuelle et artistique, son application laisse à désirer. "De temps à autre, la police détruit les disques saisis, mais ces derniers ne représentent que 1% de ce qui circule", affirme M. Eid. "Le pire, ce sont les films piratés qui passent sur des chaînes de télévision étrangères... elles-mêmes piratées !", s’indigne-t-il. Les quelque 700 opérateurs du pays captent des centaines de chaînes mondiales après les avoir décodées et les distribuent à 80% de la population via le câble, pour 15 dollars par mois en moyenne, une situation tolérée par l’Etat. Le laxisme des autorités provient d’une certaine "compréhension" à l’égard des clients. "Du point de vue du consommateur, il est normal qu’il n’achète pas un logiciel à 800 dollars alors qu’il peut l’obtenir à 20 dollars", explique Walid Habr, responsables aux douanes, qui admet ne pas être très strict sur la saisie de disques.
"Nous ne pouvons pas interdire l’accès à la technologie pour les gens qui ne peuvent pas se permettre d’acheter un programme original", souligne M. Aamil.#]

De notre partenaire iloubnan.info

publié le 12 septembre 2009

Liban : À Tyr, laissez-vous aller à la tranquillité

Par Fanny André