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publié le 3 mars 2012

Dossier : l’économie de Dubai dopée par les révolutions arabes en 2011

Dubai sera t-elle affecté par la crise de l’euro en 2012 ?

[#2011 a été l’année des révolutions arabes, certaines ville du Golfe comme Dubai, Abou Dhabi ou Doha tirent profit du climat mondial morose et des troubles dans la région. Ces villes sont devenues en quelques années des oasis de richesses mêlant à la fois sécurité, tourisme, luxe et business. Dès l’automne, touristes, hommes d’affaires, diplômés, entreprises, festivaliers, conférenciers du monde entier s’y pressent pour voir de près ces nouvels eldorados du business.#]


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[#Ainsi la banque régionale d’investissement EFG-Hermes souligne que l’émirat de Dubai a profité de la désaffection des autres pays de la région (Egypte, Bahrein, Syrie, Tunisie, Yemen) secoués par des révoltes. Le nombre de touristes a progressé de 14% durant la première moitié de 2011 et le taux d’occupation des hôtels est passé au-dessus de 80%. Le deuxième semestre 2011 devrait enregistrer des taux record dans le secteur du tourisme, de la culture et du sport avec le grand prix de F1 d’Abou Dhabi, les festivals internationaux du film d’Abou Dhabi, de Doha et de Dubai en décembre, des jeux arabes qui se déroulent en ce moment à Doha, du tourisme de croisière en vogue depuis quelques années dans le Golfe ou encore du traditionnel Dubai Shopping Festival.

Du côté du commerce, le trafic de conteneurs a augmenté de 11% durant les six premiers mois de l’année, les ports de l’émirat profitant là encore des troubles régionaux, d’après EFG-Hermes."Dubaï s’est démarqué des autres pays de la région, en apparaissant comme un havre de paix", souligne la banque à l’AFP. Plusieurs institutions financières en Egypte ou au royaume de Bahrein se sont relocalisées au Dubai International Financial Center comme BNP Paribas ou encore le Crédit Agricole.
L’indice de confiance du business à Dubai a bondi au troisième trimestre 2011 selon le Département du Développement Economique(DED) de l’émirat avec un indice de 115 au lieu de 100 l’année dernière soit une croissance de 15%. Cette hausse des niveaux de confiance se reflète aussi dans l’augmentation des ventes prévue pour le reste de l’année.
Sur un échantillon de 500 entreprises interrogées, comprenant des PME et des entreprises d’exportation, le sondage réalisé par la DED à essayer d’évaluer les perceptions et les perspectives d’avenir entre les entrepreneurs et les investisseurs à Dubaï. 57 % des sondés ont prévue des revenus plus élevés au cours du quatrième trimestre, tandis que 30% y voient leurs chiffres de ventes se stabiliser. De meilleurs bénéfices sont prévues pour 44%, d’entre eux tandis 39% voit leurs bénéfices rester stable au troisième trimestre.

Effet ou pas de la crise en Europe, des zones franches comme le Dubai Multi Commodities Centre(DMCC) ou plus loin lazone franche de Ras al Khaimah (RAK FTZ) connaissent des taux d’enregistrement de sociétés étrangères en hausse constante.

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Almas Tower

Enblême du DMCC, la tour Almas de 363 mètres de hauteur, situé dans le quartier Jumeirah Lakes Towers(JLT) est le second plus haut gratte-ciel de Dubaï après la fameuse Burj Khalifa. Ce gratte-ciel est le siège ultra sécurisé du Dubai Multi Commodities Centre(DMCC) qui gère le négoce international des pierres précieuses, des métaux précieux, du Thé, du Cotton et des matières premières. Alors que L’Inde taille et polit aujourd’hui environ 60 % des diamants du monde en valeur et 95 % en nombre de pièces, Dubai veut détrôner la ville d’Anvers (Belgique) ou Tel Aviv(Israel) bien connu des diamantaires et devenir le futur pôle de négoce des pierres et métaux précieux au Moyen-Orient.
Dubai, connu depuis longtemps comme plateforme pour le commerce de la perle possède aussi désormais une bourse du diamant et une usine de nettoyage de diamants ultramoderne.

Vers une reprise de l’immobilier ?

Après avoir ouvert son marché immobilier aux étrangers en 2022, l’émirat de Dubai a connu six années de folle spéculation immobilière alimentée par les investisseurs de la région du Golfe, britanniques et russes. A l’époque, on faisait la queue pour acheter un morceau du rêve dubaiote notamment des projets comme Palm Deira ou Dubai Waterfront aujourd’hui enterré avec la crise immobilière. L’émirat a vu trop grand et n’a pas hésité a emprunté massivement auprès de grandes banques comme Royal Bank of Scotland, Lloyds, Barclays, BNP Paribas et Crédit Suisse pour financer ces projets monumentaux.

La crise financière mondiale 2008 et la panique boursière suite à l’annonce d ’un moratoire sur la dette de 59 milliards de dollars
de son plus grand conglomérat Dubaï World dont sa filiale immobilière Nakheel (Palm Jumeirah, Jumeirah Islands, Discovery Gardens, The World) ont fait plongé l’économie de Dubai. Conséquence, l’économie s’est contractée de 2,4% cette année-là
et les prix de l’immobilier ont été divisé par deux.

"L’état d’esprit a complètement changé ; l’orgueil démesuré du passé s’est envolé, les gens sont maintenant beaucoup plus réalistes", note Simon Williams, économiste en chef pour la région à HSBC.

Sonné mais pas chaos, Dubaï a commencé à remonter la pente. Dès 2010 l’ émirat entame une restructuration de sa dette dans un contexte de croissance molle autour de 0,5%. Un an plus tard, en aout 2011,
Le promoteur immobilier Nakheel qui détenait autrefois un portefeuille d’une valeur comptable de 100 milliards de dollars finalise la dernière étape d’un accord complexe de restructuration à hauteur de 90 % sa dette avec ses créanciers.
« C’est la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère pour Nakheel, » déclare Ali Rashid Lootah, Président de Nakheel.
« L’achèvement de notre restructuration financière marque la
confiance des marchés financiers et des investisseurs dans le leadership
dynamique et la vision des dirigeants de Dubaï et des Émirats Arabes Unis. »

Début 2011, l’économie de Dubai s’est accélérée grâce à ses secteurs clés du commerce, du tourisme, des transports, des infrastructures et à la vente de détail. La croissance du PIB a eu une influence positive sur le ratio de la dette .

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Face aux soubresaults des révolutions arabes, l’émirat a montré qu’il possédait de loin les meilleures infrastructures, le système social le plus tolérant du Golfe et le secteur privé le plus entreprenant de la région. La chute de l’ immobilier en 2008 et la baisse des loyers jusqu’à 50% dû à la surabondance de l’offre immobilière a permis d’attirer de nouveaux les entreprises et de salariés souhaitant être proche de leurs lieux de travail. Après des années d’inflation, l’émirat - qui ne prélève pas d’impôts - est également devenu l’un des meilleurs marché de la région pour la location notamment grâce à ses lignes de métro dernières générations qui voient transiter des centaines milliers de personnes par jour.

« Pour la première fois depuis la crise
financière de 2008, les prix de certaines propriétés
de Dubaï ont augmenté entre le 2nd et
le 3e trimestre 2011. A la vente l’augmentation
est de1% ; à la location de 0,7%. La
hausse ne concerne que le haut du marché,
soit les propriétés les mieux situées. »

Selon le président du groupe Emaar, Mohamed Alabbar, les prix de l’immobilier sont en voie de stabilisation. Les transactions immobilières ont augmenté de 37 % depuis 2009 et les troubles dans la région ont permis le retour de certains investisseurs. Mais l’accès difficile aux crédits et l’arrivée prévue pour fin 2012 de 10 000 nouveaux logements (12 000 selon Asteco) selon le RERA(Real Estate Regulatory Agency), l’autorité de régulation immobilière pourrait encore faire baisser les prix des loyers.

Dubai sera t-elle affecté par la crise de l’euro en 2012 ?

Selon la banque d’affaires américaine Merill Lynch, la croissance des Émirats Arabes Unis devrait être de 2,6% en 2012 contre 3,6% l’année dernière. L’ensemble des facteurs négatifs qui pourrait impacter l’économie émirati sont essentiellement externes notamment la crise de la dette en europe. "La menace sur Dubaï demeure s’il y a une détérioration marquée de l’accès aux fonds étrangers", met en garde EFG-Hermes. Le montant de fonds propres demandé aux banques européennes pour faire face à la crise de la dette souveraine européenne devrait dépasser les 110 milliards d’euros et pourrait réduire les volumes des prêts vers les pays du Golfe. Des banques françaises très implantées dans les pays du Golfe comme BNP Paribas, ou Crédit Agricole viennent d’être rétrogradrées d’un cran par l’agence de notation Moody’s trop exposées à la dette italienne et grecque.
Le volume des offres de prêt au sein du Conseil de coopération du Golfe ( Arabie saoudite, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman) est tombé de façon spectaculaire, avec 5,5 milliards de dollars de prêts au deuxième semestre comparativement à 15,8 milliards de dollars au premier semestre 2010 et de 26,9 milliards de dollars au cours des six derniers mois de 2010, selon les données Thomson Reuters PLC.

En 2008, le marché des prêts dans les pays du CCG totalisait 44,2 milliards de dollars, avec 28,5 milliards de dollars pour les seuls Émirats Arabes Unis.

Les projets des grandes entreprises du Golfe dans les secteurs de l’énergie, l’aéronautique, les infrastructures risquent de faire face un marché du prêt plus réduit et se tourner vers les banques asiatiques
notamment de Malaisie, l’un des principaux acteurs mondiaux de la finance islamique. Pour diminuer leurs dettes, les principales banques françaises vont devoir réduire leurs bilans. En se désengageant d’activités et de marchés extérieurs notamment dans le secteur de l’aéronautique. La compagnie aérienne de Dubai, Emirates pourrait le cas échéant avoir recours à l’ émission de sukuk pour financer l’achat de ses 50 Boeing 777-300ER a précisé son président Tim Clark lors du salon aéronautique de Dubai en novembre dernier.

Devant la crainte d’une récession en Europe et un ralentissement de la croissance mondiale, l’agence de notation Mood’ys, bien qu’elle souligne
les progrès faits par le gouvernement de Dubai sur la question de la dette, s’inquiète aussi des refinancements à venir, en particulier sur certaines entités. Quelque 10 milliards de dollars doivent arriver à maturité en 2012 et Dubaï est dépendant des investisseurs internationaux pour sa dette.

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Riyal d’Oman

Dans le sillage de la crise de la dette en Europe et des révolutions arabes, les bourses du golfe ont chuté et affichent des volumes boursiers au plus bas depuis 2004. Face à la baisse des transactions et un contexte économique difficile, plusieurs établissements financiers internationaux ont annoncé des compressions de personnels Bank of America, Crédit Agricole,HSBC ou encore Deutsche Bank. La banque de Dubai Shuaa Capital a accusé une perte de 43 millions de dollars au troisième trimestre 2011 et prévoit une trentaine de licenciements. La banque centrale d’Oman vient de mettre en place des stress tests pour mesurer la résistance des banques omanaises à l’impact de la crise de la zone euro même si elles sont peu exposées.

Toutefois les Émirats Arabes Unis sont dans une position bien meilleure en termes de respect de ses obligations et la conduite des investissements nationaux, a déclaré Bill O’Neill, responsabe de la région chez de Merrill Lynch Wealth.

Abou Dhabi minimise la crise de l’euro et investit dans bons du Trésor américain

"Les opérations bancaires et les relations d’affaires avec l’Eurozone sont limitées car (seuls) 20% de nos échanges commerciaux se font avec cette zone", a déclaré le gouverneur de la Banque centrale des Emirats, Sultan Nasser al-Suwaidi, lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi.
Al Suwaidi a annoncé que l’actif net total des allocations à la Banque centrale, composés de liquidités, de dépôts et de créances nettes, ainsi que les investissements et le total des prêts et avances s’élevait fin octobre à environ 1.659 milliards de dirhams soit 332 milliards d’euros.
Avec un baril à 100 dollars, Abou Dhabi et les pétromonarchies du Golfe disposent d’importantes liquidités pour financer leurs projets de développement. Abou Dhabi dispose du fonds souverain le plus riche
au monde avec l’Abou Dhabi Investment Authority (ADIA) et pourrait en cas de besoin venir en aide à son voisin Dubai.
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La rédaction

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