[#Ceci dit, l’envers du décor de cet essor fabuleux n’est pas toujours réjouissant et en premier lieu en matière écologique. L’émirat fait figure, comme ses voisins et notamment les Émirats Arabes Unis, de pays le plus pollueur de la planète. L’empreinte énergétique par habitant est la plus lourde dans ces pays où la plupart des habitants roulent en 4x4 et où les transports en commun se font très rares. L’abondance de cette région en hydrocarbures n’incite pas beaucoup les autorités et les particuliers à prendre les mesures nécessaires d’économie d’énergie. Il est vrai que pour le Qatar, ses fabuleuses réserves lui garantissent du gaz pour une durée de près de deux siècles (si le rythme actuel d’extraction reste constant)
Néanmoins, il est intéressant de noter que le pays prend peu à peu la mesure de la nécessité de se doter d’une politique énergétique en accord avec les préoccupations du moment autour de la lutte contre le changement climatique. Le quotidien Qatar Tribune faisait état il y a quelques jours d’une réunion d’experts chargés de discuter d’un projet pour établir une stratégie cohérente en matière environnementale. Ce colloque qui réunissait experts, responsables ministériels et consultants avait également pour objectif de jeter les bases du « Qatar National Vision ». Il s’agit du plan d’action que le gouvernement souhaite mettre en place pour se projeter jusqu’en 2030 et dans lequel la question énergétique aura une importance capitale.
Ici plus qu’ailleurs dans le monde, les autorités souhaitent trouver l’équilibre adéquat entre croissance économique et respect de l’environnement. Le Qatar veut, comme c’est déjà le cas pour les pays de l’OCDE, adopté la devise des « trois E » initiée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Elle consiste à trouver le juste milieu entre la sécurité d’approvisionnement (Energy security of supply), l’efficacité économique (Economic efficiency) et la protection de l’environnement (Environment protection). Le tout dans une démarche qui permet de ne pas « sacrifier un objectif aux autres ».
Pour arriver à un niveau qui ferait de lui un bon élève de la cause écologique, le Qatar devra faire beaucoup d’efforts. Car qui visite le pays est frappé par le nombre de projets en construction et par le boom économique, immobilier, industriel et sportif qui fait de Doha, la capitale, un immense chantier à ciel ouvert. Les ouvriers travaillent même la nuit pour satisfaire une soif inextinguible de dynamisme. Il est bon que les autorités se soucient du bilan carbone du pays car on ne peut s’ériger en modèle pour les pays du Golfe et délaisser la lutter contre le réchauffement climatique qui demeure l’un des enjeux planétaires majeurs de ce nouveau siècle.#]
ENNASRI Nabil, Doctorant, spécialiste du Qatar.




Qatar : Doha Airport City, projet d’une cité aéroportuaire